Cinéaste, critique et scénariste français né le 6 février 1932 à Paris, François Truffaut est l'un des fondateurs de la Nouvelle Vague. Décédé en 1984, il a réalisé vingt et un longs-métrages dont Le Dernier Métro, qui co-détient le record des César avec dix prix.
François Truffaut naît de père inconnu le 6 février 1932 dans le 17e arrondissement de Paris, de Janine de Monferrand, secrétaire au magazine L'Illustration. Sa mère épouse en 1933 Roland Truffaut, dessinateur dans un cabinet d'architecte-décorateur, qui reconnaît l'enfant à l'état civil. Élevé jusqu'en 1942 par sa grand-mère maternelle Geneviève de Monferrand, morte de tuberculose, il rejoint ses parents pour la première fois à la mort de cette dernière. Il quitte l'école en juin 1946 à l'issue d'un certificat d'études primaires et survit de petits emplois. En 1947, il fonde un ciné-club à Paris et rencontre le critique André Bazin, qui deviendra son mentor et l'aidera lors de ses démêlés avec la justice. Grâce à Bazin, Truffaut publie ses premières critiques dans les Cahiers du cinéma à partir de 1953. En janvier 1954, il y signe l'article Une Certaine Tendance du Cinéma Français, texte qui pose les bases de la politique des auteurs et annonce la Nouvelle Vague.
De 1955 à 1956, Truffaut assiste le réalisateur Roberto Rossellini sur plusieurs projets. En 1957, il fonde sa société de production Les Films du Carrosse, dont le nom est un hommage au Carrosse d'or de Jean Renoir, et réalise le court-métrage Les Mistons. Son beau-père Ignace Morgenstern, distributeur de films, contribue à financer ses débuts. En 1959, son premier long-métrage, Les Quatre Cents Coups, récit semi-autobiographique interprété par Jean-Pierre Léaud, remporte le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Suivent Jules et Jim (1962), Fahrenheit 451 (1966), La Nuit américaine (1973), Oscar du meilleur film étranger en 1974, et Le Dernier Métro (1980) avec Gérard Depardieu et Catherine Deneuve, sacré à la 6e cérémonie des César avec dix récompenses. En 1966, Truffaut publie Hitchcock/Truffaut, long entretien avec Alfred Hitchcock traduit en plusieurs langues.
En 1973, à la suite de la sortie de La Nuit américaine, Jean-Luc Godard adressa à François Truffaut une lettre de quatre pages l'accusant d'avoir réalisé un film politiquement complaisant et lui demandant implicitement un financement pour ses propres projets. Truffaut répondit par une lettre de six pages, publiée dans Correspondances (Gallimard, 1990), dans laquelle il dénonçait l'hypocrisie de son ancien ami et rappelait les aides financières passées. La dispute, relayée par la presse spécialisée internationale, ne connut aucune réconciliation. Lors d'une rencontre à New York peu avant la mort de Truffaut, Godard refusa de lui serrer la main.
1932 : naissance le 6 février dans le 17e arrondissement de Paris
1942 : décès de sa grand-mère maternelle ; rejoint ses parents pour la première fois
1946 : quitte l'école après son certificat d'études primaires
1947 : fonde un ciné-club à Paris ; rencontre André Bazin
1954 : publie Une Certaine Tendance du Cinéma Français dans les Cahiers du cinéma (no 31)
1957 : épouse Madeleine Morgenstern ; fonde Les Films du Carrosse
1959 : Les Quatre Cents Coups - Prix de la mise en scène au Festival de Cannes
1966 : Fahrenheit 451 ; publication de Hitchcock/Truffaut
1973 : La Nuit américaine - Oscar du meilleur film étranger (1974) ; rupture définitive avec Jean-Luc Godard
1977 : rôle dans Rencontres du troisième type de Steven Spielberg
1980 : Le Dernier Métro - dix César en 1981
1982 : naissance de Joséphine Truffaut, fille de Fanny Ardant
1983 : dernier long-métrage, Vivement dimanche ! ; premiers symptômes de la tumeur cérébrale
1984 : décès le 21 octobre à l'American Hospital of Paris, Neuilly-sur-Seine
Fils de Janine de Monferrand et de Roland Truffaut, son père adoptif, François Truffaut apprend à l'âge de douze ans, en feuilletant le livret de famille lors d'une randonnée, qu'il est né hors mariage. En 1957, il épouse Madeleine Morgenstern, fille du distributeur Ignace Morgenstern, avec qui il a deux filles : Laura (née en 1959) et Eva (née en 1961). Le couple divorce en 1965. Truffaut entretient ensuite une relation avec l'actrice Claude Jade, qui incarne le personnage de Christine dans trois films de la série Antoine Doinel.
Dans ses dernières années, Truffaut partage la vie de l'actrice Fanny Ardant, qui incarne les rôles féminins principaux de ses deux derniers films. Leur fille Joséphine naît en 1982. Parmi ses proches figure Robert Lachenay, ami d'enfance et collaborateur sur plusieurs productions. Truffaut est également lié aux cinéastes Éric Rohmer et Jacques Rivette, avec qui il a partagé la rédaction des Cahiers du cinéma au début de sa carrière. Passionné de littérature, il réunit ses critiques dans Les Films de ma vie (1975) et sa correspondance est publiée à titre posthume en 1990.
À l'été 1983, peu après la sortie de Vivement dimanche !, Truffaut s'évanouit dans sa résidence de Normandie après de violentes céphalées. Diagnostiqué d'une tumeur cérébrale maligne, il est opéré à l'American Hospital of Paris, à Neuilly-sur-Seine, en septembre 1984. Il décède dans cet établissement le 21 octobre 1984 à l'âge de cinquante-deux ans. Les obsèques ont lieu le 24 octobre 1984 au cimetière de Montmartre, en présence de plusieurs centaines de personnes. Jean-Pierre Léaud déclara vouloir lui rendre l'hommage que Truffaut avait lui-même rendu à Jean Renoir lors de sa mort. Parmi les personnalités présentes : Catherine Deneuve, Charles Aznavour, Nathalie Baye, Fanny Ardant, Éric Rohmer, Jacques Rivette, Claude Berri et Bertrand Tavernier.
Incinéré au cimetière du Père-Lachaise, François Truffaut a vu ses cendres inhumées au cimetière de Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris. En août 2024, l'Union astronomique internationale a nommé un cratère de la planète Mercure en son honneur : le cratère Truffaut, d'un diamètre de 79 kilomètres, situé dans le quadrant Kuiper.
1 - Entre 1945 et 1946, le jeune Truffaut a vu douze fois Le Roman d'un tricheur de Sacha Guitry au cinéma Champollion, rue des Écoles à Paris. Cette pratique répétitive illustre l'obsession cinéphile qui remplaça pour lui, dès l'adolescence, toute autre forme de sociabilité.
2 - En 1958, Truffaut était le seul critique de cinéma français à ne pas être accrédité au Festival de Cannes, ce qui lui valait le surnom de « Fossoyeur du cinéma français ». Il triompha au même festival l'année suivante avec son premier long-métrage.
3 - Steven Spielberg, admirateur de Truffaut, lui offrit en 1977 le rôle du scientifique Claude Lacombe dans Rencontres du troisième type. Truffaut, qui se déclarait mauvais acteur, accepta ce personnage central, l'une des rares participations d'un réalisateur de la Nouvelle Vague à un grand film hollywoodien.
4 - Truffaut est l'auteur du traitement original d'À bout de souffle (1960), le premier long-métrage de Jean-Luc Godard, et a participé à son financement. Cette collaboration antérieure à leur brouille de 1973 reste l'une des contributions méconnues de Truffaut à la Nouvelle Vague.
5 - André Bazin, qui lança Truffaut aux Cahiers du cinéma et l'aida à sortir de prison lors de sa désertion militaire, mourut de leucémie en novembre 1958, avant la fin du tournage des Quatre Cents Coups. Truffaut lui dédia le film à titre posthume.
- Métier(s) : cinéaste, scénariste, critique de cinéma, acteur
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Madeleine Morgenstern (1957-1965), Claude Jade (fiancés à partir de 1968), Fanny Ardant (jusqu'en 1984)
- Enfants : Laura (1959), Eva (1961), Joséphine (1982, avec Fanny Ardant)
- Distinctions : Prix de la mise en scène Cannes (1959), BAFTA du meilleur film (1974), Oscar du meilleur film étranger (1974), César du meilleur film et du meilleur réalisateur (1981)
86 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Ma religion, c'est le cinéma.
— Le Cinéma selon François Truffaut, Anne Gillain, Flammarion, 1988
Je veux que mes films donnent l'impression d'avoir été tournés avec 40° de fièvre.
— Interview, Cinématographe, 1959
Antoine Doinel, c'est la synthèse de deux personnes réelles, Jean-Pierre Léaud et moi.
— Encyclopédie Larousse, rubrique François Truffaut (citation attribuée à Truffaut)
Le travail du metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolies femmes.
— Attribué à Truffaut dans la presse spécialisée, cité notamment par Allocine
La vie a beaucoup plus d'imagination que nous.
La vie est faite de morceaux qui ne se joignent pas.
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Le cinéma c'est de l'art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes.
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Cannes : un échec constant dominé par les compromis, les combines et les faux pas...
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Pendant longtemps, je croyais qu'il se passait des choses extraordinaires sous les jupes des femmes.
Le bonheur est la chose la plus simple, mais beaucoup s'échinent à la transformer en travaux forcés !
Il y a tant de choses sur la Terre que nous ne comprenons pas, et tant de choses incroyables qui sont vraies.
Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n'y a pas d'embouteillage dans les films, il n'y a pas de temps mort.
Oui, l'amour fait mal : comme les grands oiseaux rapaces, il plane au-dessus de nous, il s'immobilise et nous menace.
Je fais des films pour réaliser mes rêves d'adolescent, pour me faire du bien et, si possible, faire du bien aux autres.
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Dans la vie, quand une femme te dit : "J'ai rencontré des êtres exceptionnels", ça veut dire simplement, : "Je me suis tapé un tas de types !".
Qu'on écrive un roman ou un scénario, on organise des rencontres, on vit avec des personnages ; c'est le même plaisir, le même travail, on intensifie la vie.