Fanny Ardant, actrice et réalisatrice française née le 22 mars 1949 à Saumur, a obtenu sa première reconnaissance internationale avec La Femme d'à côté de François Truffaut en 1981. Double lauréate du César (1997 et 2020), elle totalise plus de quatre-vingts films en cinquante ans de carrière.
Née dans une famille originaire de Limoges, Fanny Marguerite Judith Ardant grandit à Monaco où son père, le colonel Jean Ardant, officier de cavalerie, occupe le poste de gouverneur du palais princier. Cadette de cinq enfants, décrite comme une lectrice vorace dès l'adolescence, elle découvre notamment Proust à quinze ans. À dix-sept ans, après la disparition de son père, elle intègre l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence pour y étudier les relations internationales. Un bref passage comme attachée à l'ambassade de France à Londres - dont elle est congédiée pour mauvaise ponctualité - précède sa décision de se consacrer au théâtre. En 1974, elle rejoint la troupe du metteur en scène Dominique Leverd. La réalisatrice Nina Companeez lui offre son premier rôle de notoriété dans le feuilleton télévisé Les Dames de la côte (1979), aux côtés de Francis Huster. François Truffaut, frappé par son jeu à l'écran, la convoque pour La Femme d'à côté (1981), face à Gérard Depardieu. Le film lui vaut sa première nomination au César de la meilleure actrice.
La relation entre Fanny Ardant et François Truffaut, à la fois professionnelle et sentimentale, débouche sur Vivement dimanche ! (1983) avec Jean-Louis Trintignant, qui lui vaut une seconde nomination au César. La mort de Truffaut en octobre 1984, d'une tumeur au cerveau, marque une rupture profonde dans sa vie. Elle tourne avec Alain Resnais (L'Amour à mort, 1984 ; Mélo, 1986), Ettore Scola (La Famille, 1987) et Costa-Gavras (Conseil de famille, 1986). En 1997, le César de la meilleure actrice couronne son rôle dans la comédie Pédale douce de Gabriel Aghion ; le Prix Lumières de la meilleure actrice récompense la même année son interprétation dans Ridicule de Patrice Leconte. En 2002, 8 Femmes de François Ozon lui vaut l'Ours d'argent à Berlin avec l'ensemble de la distribution. En 2009, elle passe à la réalisation avec Cendres et sang, puis signe Le Divan de Staline (2016) avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre. En 2020, La Belle Époque de Nicolas Bedos, aux côtés de Daniel Auteuil, lui apporte son second César dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle. Maîtrisant l'anglais et l'italien, elle tourne régulièrement hors de France.
En août 2007, lors d'une interview, Fanny Ardant exprime son admiration pour Renato Curcio, fondateur des Brigades rouges, qu'elle qualifie de héros et dont elle dit trouver le phénomène émouvant et passionné. Ces déclarations provoquent une vive réaction en Italie : Piero Mazzola, fils d'un policier abattu par les Brigades rouges en 1974, dépose plainte contre l'actrice devant les juridictions italiennes. Fanny Ardant présente des excuses publiques à la télévision italienne, reconnaissant avoir été mal informée sur l'histoire politique de l'Italie. En 2009, elle signe la pétition de soutien au réalisateur Roman Polanski, mis en cause aux États-Unis pour des faits de rapport sexuel illicite sur mineure remontant à 1977. En mars 2025, citée comme témoin de la défense lors du procès de Gérard Depardieu pour agressions sexuelles présumées commises sur le tournage des Volets verts en 2021, elle déclare devant le tribunal correctionnel de Paris n'avoir jamais assisté à un geste choquant de la part de l'acteur. La comédienne Charlotte Arnould, plaignante dans une procédure distincte visant Depardieu, interpelle publiquement Fanny Ardant pour dénoncer son choix de lui confier un rôle lors d'un tournage simultané aux Açores. Le 13 mai 2025, Gérard Depardieu est condamné à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis ; il annonce faire appel.
1949 : Naissance le 22 mars à Saumur, Maine-et-Loire
1966 : Départ pour Aix-en-Provence après la mort de son père ; entre à l'Institut d'études politiques
1974 : Premières apparitions sur scène ; rejoint la troupe du metteur en scène Dominique Leverd
1975 : Naissance de sa première fille, Lumir, avec Dominique Leverd
1979 : Révélation télévisée dans Les Dames de la côte de Nina Companeez
1981 : La Femme d'à côté de François Truffaut - première nomination au César
1983 : Joséphine Truffaut naît le 28 septembre ; Vivement dimanche ! - seconde nomination au César
1984 : Mort de François Truffaut en octobre, d'une tumeur au cerveau
1990 : Naissance de Baladine Ardant Conversi, avec le directeur de la photographie Fabio Conversi
1997 : César de la meilleure actrice pour Pédale douce ; Prix Lumières de la meilleure actrice pour Ridicule
2002 : 8 Femmes de François Ozon - Ours d'argent à Berlin ; Callas Forever de Franco Zeffirelli (rôle de Maria Callas)
2007 : Polémique en Italie suite aux déclarations sur Renato Curcio et les Brigades rouges
2009 : Premier film en tant que réalisatrice, Cendres et sang
2020 : César de la meilleure actrice dans un second rôle pour La Belle Époque de Nicolas Bedos
2025 : Témoigne en faveur de Gérard Depardieu lors de son procès à Paris ; tourne aux Açores le film Ela olhava sem nada ver
Fanny Ardant est la fille du colonel Jean Ardant, officier de cavalerie devenu gouverneur du palais princier de Monaco, et de Jacqueline Lecoq. Cadette de cinq enfants, elle grandit dans l'entourage du prince Rainier III, dont son père fut l'instructeur militaire et le témoin de mariage lors de l'union avec Grace Kelly en 1956. Elle est mère de trois filles nées de relations successives avec trois hommes différents : Lumir (née en 1975) avec le metteur en scène Dominique Leverd, Joséphine (née le 28 septembre 1983) avec François Truffaut, et Baladine Ardant Conversi (née en 1990) avec le directeur de la photographie Fabio Conversi. Fanny Ardant n'a jamais été mariée.
Résidant à Paris, dans le quartier de la Rive Gauche, Fanny Ardant cite Homère, Proust et Dostoïevski parmi ses influences littéraires. Elle est engagée dans la défense des droits du peuple rom, cause documentée dans son court métrage Chimères absentes (2010). Elle a mis en scène plusieurs productions lyriques, dont l'opérette Véronique d'André Messager (2008), la comédie musicale Passion de Stephen Sondheim au Théâtre du Châtelet à Paris (2016), et l'opéra Lady Macbeth de Mtsensk de Chostakovitch à l'Opéra national de Grèce en 2019. En 2012, elle enregistre un duo avec la chanteuse Véronique Sanson, intitulé Amoureuse.
1 - Avant de se consacrer au théâtre, Fanny Ardant travaille comme attachée à l'ambassade de France à Londres. Elle en est congédiée pour sa mauvaise ponctualité et sa tenue jugée négligée, un épisode qu'elle a relaté dans plusieurs entretiens biographiques.
2 - Le chanteur-compositeur Vincent Delerm lui a consacré une chanson intitulée Fanny Ardant et moi, parue sur son premier album éponyme en 2002. La chanson figure parmi les titres les plus diffusés de cet album, révélant l'actrice comme référence de la culture populaire française.
3 - En 2023, Fanny Ardant prête sa voix au documentaire Rainier III par lui-même, diffusé sur Planète+, en raison d'un lien direct : son père fut l'instructeur militaire du prince Rainier III et son témoin de mariage lors de l'union avec Grace Kelly en 1956.
4 - En 2011, Fanny Ardant tient le rôle principal du clip vidéo Elle me dit du chanteur Mika. Sa présence dans cette production pop confirme une notoriété dépassant les seuls cercles cinématographiques.
- Métier(s) : Actrice, réalisatrice, scénariste, metteuse en scène
- Résidence principale : Paris (Rive Gauche)
- Relations de couple : Dominique Leverd (années 1970), François Truffaut (1981-1984), Fabio Conversi (fin des années 1980)
- Enfants : Lumir Leverd (1975), Joséphine Truffaut (1983), Baladine Ardant Conversi (1990)
- Distinctions : César de la meilleure actrice 1997 (Pédale douce), César de la meilleure actrice dans un second rôle 2020 (La Belle Époque), Prix Lumières de la meilleure actrice 1997 (Ridicule), Prix Stanislavski au Festival international du film de Moscou 2003
Si j'aime un rôle, je peux tout jouer car je n'ai pas besoin qu'on m'aime.
— La Libre Belgique, 9 août 2017
Ce n'est pas la nostalgie du temps qui est passé, c'est la mélancolie de ce qui ne sera plus.
— Le Temps, interview à l'occasion de Hiroshima mon amour, ca. 2019
Je suis ici comme amie de Gérard, je le connais depuis tout le temps donc je peux parler pour lui devant cette cour.
— Audience du tribunal correctionnel de Paris, rapportée par Paris Match, 26 mars 2025
Quand on arrête d'essayer de plaire, on touche.
Le succès, c'est comme le parfum : c'est agréable, mais pas essentiel.
La vie serait plus douce si on se levait plus tard parce que les soirées seraient plus longues.
En amour, il y a un temps pour plonger, mais il faut attendre que la piscine se remplisse si l'on ne veut pas plonger dans un bain de pieds.