Bernard-Pierre Donnadieu, acteur français né à Paris le 2 juillet 1949, est reconnu pour ses rôles de criminels et personnages inquiétants au cinéma des années 1980, notamment le psychopathe Raymond Lemorne dans L'Homme qui voulait savoir (1988), primé à Madrid et à Oporto.
Né dans le 4e arrondissement de Paris, Bernard-Pierre Donnadieu étudie le théâtre et le cinéma à l'université Paris-III-Sorbonne-Nouvelle. Pour financer sa formation, il travaille en équipes de nuit dans une usine de bouchons (un accident du travail lui coûte deux doigts dans une presse hydraulique), puis occupe un poste de surveillant à l'institution Bouteilly de Montlhéry. En 1975, il rejoint la troupe théâtrale de Robert Hossein à Reims, aux côtés de Gérard Desarthe et d'une jeune Isabelle Adjani, pour des pièces de García Lorca et de Gorki. Il débute au cinéma à vingt-cinq ans, dans des petits rôles chez Roman Polanski (Le Locataire, 1976), Claude Lelouch (Si c'était à refaire, 1976), Jean-Jacques Annaud (Coup de tête, 1979) et Patrice Chéreau (Judith Therpauve, 1978). La consécration arrive en 1981 avec Le Professionnel de Georges Lautner, où il affronte Jean-Paul Belmondo dans le rôle de l'inspecteur Farges, puis en 1982 avec Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne, aux côtés de Gérard Depardieu.
Les années 1980 consacrent Bernard-Pierre Donnadieu dans des rôles de personnages violents : chef de bande dans Rue barbare de Gilles Béhat (1984), rôle nominé au César du meilleur acteur dans un second rôle en 1985 ; néo-nazi dans Urgence (1985), avec Richard Berry ; baron médiéval dans La Passion Béatrice de Bertrand Tavernier (1987), face à Julie Delpy. En 1988, il interprète Raymond Lemorne dans le thriller franco-néerlandais L'Homme qui voulait savoir de George Sluizer, tiré du roman de Tim Krabbé, et obtient les prix d'interprétation aux festivals de Madrid et d'Oporto. À partir des années 1990, il se tourne principalement vers le théâtre et la télévision, incarnant des figures historiques pour Yves Boisset et Marcel Bluwal : Charlemagne, Napoléon, Jean Jaurès, Jean Monnet, Roger Salengro. En 2008, il retrouve le cinéma dans Faubourg 36 de Christophe Barratier et reçoit un FIPA d'or du meilleur acteur pour le téléfilm À droite toute (Marcel Bluwal).
1949 : naissance le 2 juillet à Paris (4e arrondissement)
1975 : intègre la troupe théâtrale de Robert Hossein à Reims, avec Gérard Desarthe et Isabelle Adjani
1976 : premiers rôles au cinéma dans Le Locataire (Roman Polanski) et Si c'était à refaire (Claude Lelouch)
1981 : rôle de l'inspecteur Farges dans Le Professionnel de Georges Lautner face à Jean-Paul Belmondo
1982 : incarne le vrai Martin Guerre dans Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne
1984 : rôle principal dans Rue barbare de Gilles Béhat
1985 : nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Rue barbare
1987 : baron médiéval dans La Passion Béatrice de Bertrand Tavernier
1988 : psychopathe Raymond Lemorne dans L'Homme qui voulait savoir de George Sluizer
1989 : prix d'interprétation aux festivals de Madrid et d'Oporto pour L'Homme qui voulait savoir
2003 : incarne Charlemagne dans le téléfilm Au Temps de Charlemagne
2005 : FIPA d'or du meilleur acteur au festival de Biarritz pour Jusqu'au bout
2008 : retour au cinéma dans Faubourg 36 de Christophe Barratier ; FIPA d'or du meilleur acteur pour À droite toute (Marcel Bluwal)
2009 : incarne Roger Salengro dans le téléfilm L'Affaire Salengro d'Yves Boisset
2010 : décès le 27 décembre au Chesnay (Yvelines), des suites d'un cancer de la prostate
Bernard-Pierre Donnadieu a été marié à trois reprises : à Andrée Redureau, à Catherine Fournier, puis à Claire Gompertz. Sa fille Ingrid Donnadieu, née vers 1983, a suivi une carrière d'actrice et de doubleuse ; après la séparation de ses parents, elle choisit de vivre avec son père jusqu'à son décès. Ingrid Donnadieu est notamment connue pour doubler Gal Gadot et Zoe Saldana en version française. Les identités de ses parents et ses établissements scolaires antérieurs à l'université Paris-III-Sorbonne-Nouvelle ne sont pas documentés dans les sources disponibles.
Sur le plan professionnel, Bernard-Pierre Donnadieu entretient une collaboration récurrente avec Yves Boisset, réalisateur avec qui il tourne de nombreux téléfilms engagés entre 1995 et 2009, ainsi qu'avec Peter Kassovitz et Marcel Bluwal. Il mène en parallèle une importante activité de doublage : voix française attitrée de Harvey Keitel dans dix productions, il prête également sa voix à Michael Rooker, Brendan Gleeson, et à des personnages animés dans Cars (Doc Hudson, 2006) et Bee Movie (2007). Il intervient aussi régulièrement comme narrateur dans des documentaires et comme comédien pour France Culture.
Bernard-Pierre Donnadieu décède le 27 décembre 2010 au Chesnay (Yvelines), des suites d'un cancer de la prostate diagnostiqué plusieurs années auparavant. Ses obsèques se déroulent le 3 janvier 2011 à l'église de Sceaux. Il est ensuite inhumé au cimetière communal de Fontenay-aux-Roses, porté en terre par ses amis. À l'éloge funèbre, Yves Boisset déclare qu'il ne faisait pas de compromis avec sa passion, tandis que Fanny Cottençon évoque un personnage tendre que le cinéma français ne méritait pas. Son décès est annoncé le jour même par Paris Match et Le Nouvel Observateur.
Bernard-Pierre Donnadieu repose au cimetière communal de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Ses obsèques avaient été célébrées le 3 janvier 2011 à l'église de Sceaux, en présence de ses proches et d'amis du monde du cinéma qui l'ont porté en terre. Aucun mémorial public dédié n'est documenté dans les sources consultées.
1 - Pour financer ses études à Paris-III-Sorbonne-Nouvelle, Bernard-Pierre Donnadieu travaille en équipes de nuit dans une usine de bouchons, où un accident de presse hydraulique lui coûte deux doigts de la main, une blessure jamais commentée publiquement par l'acteur.
2 - Dans Rue barbare (1984), Bernard-Pierre Donnadieu n'était pas le premier choix du réalisateur Gilles Béhat : c'est Jean-Roger Milo qui tourne les premières scènes avant d'être remplacé après une rixe qui le plonge dans le coma.
3 - Bernard-Pierre Donnadieu a doublé Harvey Keitel dans dix films francophones, dont La Dernière Tentation du Christ, Smoke et Clockers, une fidélité vocale rare pour un comédien de cinéma de premier plan.
4 - Sa carrière radiophonique est peu connue : en 1987, il tient le rôle principal du feuilleton Marine Drive, la fin du Voyage en 15 épisodes sur France Culture, puis incarne le héros d'une adaptation du Dahlia noir de James Ellroy en 1991.
5 - En 2004, Bernard-Pierre Donnadieu participe à une comédie musicale sur le thème du monde des marins, Le Cabaret marin d'Alain Quemper, jouée à Paimpol (Côtes-d'Armor), à l'écart de sa carrière télévisuelle habituelle.
- Métier(s) : acteur, scénariste, comédien de doublage
- Résidence principale : Le Chesnay (Yvelines) au moment de son décès
- Relations de couple : Andrée Redureau, Catherine Fournier, Claire Gompertz
- Enfants : Ingrid Donnadieu (née vers 1983)
- Distinctions : nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle (1985, Rue barbare) ; prix d'interprétation aux festivals de Madrid (1989) et d'Oporto (1990) pour L'Homme qui voulait savoir ; FIPA d'or du meilleur acteur (2005, Jusqu'au bout) ; FIPA d'or du meilleur acteur (2008, À droite toute) ; prix du meilleur acteur aux Rencontres internationales de programmes de télévision de Reims (2005, Clochemerle)