Acteur français au jeu physique immédiatement reconnaissable, Roland Blanche a marqué le cinéma et le théâtre par des seconds rôles puissants, souvent ambigus. Roland Blanche s’est illustré dans des films populaires et des créations scéniques exigeantes, entre auteur et grand public.
Né le 31 décembre 1943 à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Roland Blanche débute très jeune au théâtre dans sa ville avant d’intégrer le Cours Simon. À 19 ans, il s’éloigne pourtant des planches pendant dix ans : il devient sacristain au temple de Boulogne-Billancourt, encadre des scouts protestants et joue de l’harmonium. De retour à la scène, il s’impose par une diction précise, une énergie sombre et un goût pour les personnages contrastés. Sa relation artistique avec Jean-Michel Ribes compte parmi ses repères majeurs : il joue sous sa direction dans plusieurs spectacles et retrouve, au fil des saisons, un théâtre exigeant. Il apparaît aussi dans des mises en scène de Patrice Chéreau, notamment Le Temps et la chambre (1991), et développe une réputation de comédien capable d’allier intensité et comique noir. Cette trajectoire atypique nourrit ensuite ses compositions, entre réalisme et stylisation, sur scène comme à l’écran.
Au cinéma, il tourne dans une soixantaine de films depuis les années 1970 et devient l’un des « grands seconds rôles » du cinéma français, souvent associé à des figures de flics, truands ou hommes de main qu’il nuance par un jeu nerveux et ironique. Il est notamment remarqué dans Trop belle pour toi (1989), qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle en 1990. Il apparaît ensuite dans Nikita (1990), Le Jaguar (1996) et Bernie (1996), parmi des succès où son physique et sa voix deviennent des signatures. Parallèlement, il poursuit une carrière scénique active : en 1994, il reçoit le Molière du comédien dans un second rôle pour La Résistible Ascension d'Arturo Ui. En 1999, il prépare la reprise en tournée du monologue Tedy, créé au Poche-Montparnasse.
1943 : naissance à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne, France)
1965 : première apparition au cinéma avec Cent Briques et des tuiles
1972 : tournage de L'Attentat, début d’une filmographie régulière
1983 : rôle dans Les Compères
1986 : apparition dans Les Fugitifs
1989 : rôle remarqué dans Trop belle pour toi
1990 : nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Trop belle pour toi
1990 : rôle de flic dans Nikita
1991 : théâtre avec Le Temps et la chambre
1994 : Molière du comédien dans un second rôle pour La Résistible Ascension d'Arturo Ui
1996 : rôles dans Le Jaguar et Bernie
1999 : Salsa lui est dédié ; décès à Thiais (Val-de-Marne, France)
Issu d’un milieu modeste, il est le fils d’un chaudronnier qui l’oriente très tôt vers le théâtre pour enfants à Choisy-le-Roi. À la fin de son adolescence, il s’éloigne un temps du métier : il devient sacristain au temple de Boulogne-Billancourt, encadre des scouts protestants et pratique l’harmonium. Cette parenthèse, rarement commune chez un acteur, est l’un des éléments les mieux documentés de sa vie hors scène. Par la suite, il protège davantage sa sphère privée et communique peu sur son quotidien familial. Sur le plan artistique, cette expérience nourrit son goût pour des personnages ancrés et contrastés.
Roland Blanche est père de trois enfants, sans que leurs prénoms ou dates de naissance ne soient durablement documentés dans des sources publiques accessibles. Il évoque, dans des propos rapportés par ses proches, une « bande de copains » et des complicités de travail avec des acteurs comme Jacques Villeret, Richard Bohringer ou Niels Arestrup, ainsi qu’avec le metteur en scène Jean-Michel Ribes. Son attachement au Val-de-Marne est attesté : il vit à Thiais, où il meurt en 1999. Le film Salsa lui est dédié. Ces liens s’inscrivent dans une carrière partagée entre scène, cinéma et télévision.
Roland Blanche meurt subitement à son domicile de Thiais, dans son sommeil, après une carrière très active partagée entre théâtre et cinéma. Selon des informations rapportées par ses proches et reprises par la presse, il avait subi quelques années auparavant une opération à cœur ouvert. Sa disparition intervient alors qu’il devait reprendre en tournée le monologue Tedy, créé la saison précédente à Paris. Elle met fin à un parcours d’acteur reconnu pour ses compositions de caractère et sa présence scénique, souvent associée à des seconds rôles marquants.
Pour se recueillir, le lieu de mémoire le plus direct est sa sépulture au cimetière communal de Thiais (Val-de-Marne), où il est inhumé. Dans la ville, certains équipements publics portent aussi son nom, rappelant son ancrage local.
1 - À 19 ans, alors qu’il a déjà goûté au théâtre, il interrompt la scène pendant dix ans pour devenir sacristain au temple de Boulogne-Billancourt, encadrer des scouts protestants et jouer de l’harmonium, avant de revenir au métier.
2 - En 1994, il reçoit le Molière du comédien dans un second rôle pour La Résistible Ascension d'Arturo Ui, où il interprète Roma, confirmant une reconnaissance scénique parallèle à sa popularité au cinéma.
3 - Cantonné au cinéma à des figures de truand ou de policier, souvent décrites comme des « mal rasés » antipathiques, il imprime pourtant à ces personnages une touche ironique et une énergie singulière, ce qui en fait un second rôle très identifié.
4 - Le film Salsa (1999) lui est dédié, signe de l’empreinte qu’il laisse à ses partenaires au moment où il poursuit encore une activité soutenue entre tournages et scène.
- Métier(s) : acteur
- Résidence principale : Thiais (Val-de-Marne, France)
- Relations : —
- Enfants : trois enfants
- Distinctions : Molière du comédien dans un second rôle (1994) ; nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle (1990)