Actrice française des années 1960 et 1970, Lyne Chardonnet s’est imposée par un mélange singulier de grâce lumineuse et de fragilité, du théâtre au cinéma populaire. Figure discrète mais marquante, elle reste associée à plusieurs films cultes et séries télévisées.
Formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où elle obtient deux seconds prix de comédie, Lyne Chardonnet débute sur les planches avant de se faire remarquer par la télévision. Dès le milieu des années 1960, elle enchaîne les rôles dans des dramatiques et séries, notamment dans Les Sept de l’escalier 15, où elle incarne la jeune Sophie Blouin. Parallèlement, elle s’affirme au théâtre dans des mises en scène de Jean-Laurent Cochet, Jean Le Poulain ou Robert Hossein, jouant aussi bien Feydeau que Anouilh ou Musset. Cette formation exigeante affine un jeu mêlant fraîcheur, précision et humour, qui séduit rapidement réalisateurs et metteurs en scène, tout en installant son image de jeune première vive, moderne et très demandée sur les plateaux français, du théâtre de boulevard aux grandes productions télévisées et aux fictions populaires de l’époque diffusées en prime time national.
Au cinéma, elle apparaît dès la fin des années 1960 dans plusieurs productions marquantes. Elle tourne notamment dans Mayerling de Terence Young, puis trouve un de ses rôles emblématiques avec Arabelle Minxit dans Mon oncle Benjamin d’Édouard Molinaro, face à Jacques Brel et Claude Jade. Elle donne également la réplique à Jean Gabin et Louis de Funès dans Le Tatoué, et s’illustre dans des comédies comme Clérambard, L’Œuf ou Le Jouet, où son emploi de jeune femme blonde et pétillante est pleinement exploité. Dans les années 1970, l’évolution des normes de casting la cantonne à des seconds rôles, souvent de femme moderne ou de figure de passage, mais elle reste présente dans des films populaires tels que Dracula père et fils, L’Homme pressé, Trois hommes à abattre ou encore Chanel solitaire, qui sera son ultime apparition à l’écran, marquée par une grande sobriété.
1943 : Naissance de Lyne Catherine Jeanne Chardonnet à Paris, dans un foyer franco-irlandais tourné vers l’éducation.
1964 : Premiers pas remarqués au théâtre dans Chat en poche de Feydeau, au théâtre Daunou, à Paris.
1967 : Sortie du Conservatoire national avec deux seconds prix et rôle récurrent dans la série Les Sept de l’escalier 15.
1968 : Année charnière avec des rôles au cinéma dans Benjamin, Le Tatoué, Mayerling, et mariage avec Paul-Loup Sulitzer en Grande-Bretagne.
1969 : Présence au générique de films comme Clérambard et Bruno, l’enfant du dimanche, qui renforcent sa visibilité.
1972 : Rôle d’Herminie dans la saga télévisée Les Gens de Mogador et participation au film L’Œuf.
1974 : Naissance de sa fille Léa et rôles importants dans des téléfilms, dont Une mort comme la mienne.
1976 : Apparitions marquantes dans Dracula père et fils et Le Jouet, où elle impose son registre comique.
1977 : Rôle d’hôtesse de l’air dans L’Homme pressé, aux côtés d’Alain Delon, dans un registre plus dramatique.
1979 : Participation comme invitée au bal dans Lady Oscar et présence régulière dans l’émission « Les Jeux de 20 heures ».
1980 : Tournage de Trois hommes à abattre et d’Une merveilleuse journée, avant son décès à Enghien-les-Bains.
1981 : Sortie du film Chanel solitaire, où elle apparaît à titre posthume dans le rôle d’une jeune nonne.
2002 : Jacques Cortal lui rend un nouvel hommage avec le film Quand je vois le soleil, inspiré par son combat contre la maladie.
Née à Paris le 5 mai 1943, Lyne Catherine Jeanne Chardonnet grandit dans un milieu où l’éducation et la culture tiennent une place importante. Son père, Léopold Chardonnet, est originaire du centre de la France, tandis que sa mère, Ellen Shapiro, d’origine irlandaise, dirige un cours commercial installé au « Château Écossais ». Ce cadre familial structuré, tourné vers l’enseignement et l’ouverture internationale, favorise très tôt son goût pour les arts. Attirée par la scène, elle s’oriente résolument vers le théâtre, puis prépare le Conservatoire, où elle développe une discipline de travail exigeante.
Sur le plan privé, elle épouse en 1968, en Grande-Bretagne, l’écrivain et homme d’affaires Paul-Loup Sulitzer, dont elle divorce deux ans plus tard. Elle partage ensuite la vie du comédien et metteur en scène Jacques Cortal, avec lequel elle a une fille, Léa, née le 28 juillet 1974. Très discrète médiatiquement, Lyne Chardonnet protège sa vie familiale et se concentre sur son travail d’actrice, entre tournages et répétitions. Atteinte d’un cancer du foie à la fin des années 1970, elle poursuit malgré tout ses engagements professionnels jusqu’aux derniers mois précédant sa disparition prématurée.
La trajectoire de Lyne Chardonnet est étroitement liée à l’Île-de-France. Née à Paris et formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, elle fréquente durablement les plateaux de télévision et les théâtres parisiens. Hospitalisée puis décédée à Enghien-les-Bains, elle repose au cimetière communal de Soisy-sous-Montmorency. Pour qui souhaite suivre ses traces, ces trois villes constituent les principaux points de repère de sa vie artistique et personnelle.
Lyne Chardonnet est emportée le 11 décembre 1980 par un cancer du foie, à Enghien-les-Bains, dans le Val-d’Oise, à seulement trente-sept ans. La maladie, évoquée par certains témoins et reflétée dans l’un de ses derniers rôles télévisés, la fragilise progressivement alors même qu’elle continue à tourner pour le cinéma et la télévision. Son décès met brutalement fin à une carrière encore active, marquée peu auparavant par sa participation à Trois hommes à abattre et par le tournage de Chanel solitaire. Sa disparition précoce laisse le souvenir d’un talent prometteur interrompu en pleine maturité.
Les personnes souhaitant se recueillir en mémoire de Lyne Chardonnet peuvent se rendre au cimetière de Soisy-sous-Montmorency, dans le Val-d’Oise, où l’actrice est inhumée. Ce lieu de repos, facilement accessible depuis Paris, constitue aujourd’hui le principal point de mémoire matérielle autour de sa vie et de sa carrière, entretenu par quelques admirateurs fidèles.
1 - Dans Mon oncle Benjamin, Lyne Chardonnet incarne Arabelle Minxit, rôle qui lui est proposé après le refus de Claude Jade, préférant le personnage de Manette. Sa composition vive et tendre contribue à faire du film une comédie historique devenue culte.
2 - À la fin des années 1970, elle sacrifie sa longue chevelure blonde, souvent décrite comme une « chevelure de sylphide ». Ce changement d’image, mal perçu par certains directeurs de casting, est souvent cité comme une cause de la réduction de ses rôles.
3 - Touché par sa maladie et leur vie commune, Jacques Cortal lui rend hommage avec le court métrage Le Dernier Jour, tourné en 1980, puis le film Quand je vois le soleil, sorti en 2002, qui évoque le combat d’une danseuse contre la maladie.
4 - Dans les années 1970, le grand public la voit régulièrement comme invitée de l’émission télévisée « Les Jeux de 20 heures ». Sa spontanéité et son humour y renforcent son image de comédienne proche du public, au-delà de ses seconds rôles au cinéma.
- Métier(s) : Actrice, comédienne
- Résidence principale : Enghien-les-Bains (Val-d’Oise, France)
- Relations : Ex-épouse de Paul-Loup Sulitzer ; compagne de Jacques Cortal
- Enfants : Une fille, Léa (née le 28 juillet 1974)
- Distinctions : Deux seconds prix de comédie (classique et moderne) au Conservatoire national supérieur d’art dramatique