Michel Modo, né Michel Henri Louis Goi le 30 mars 1937 à Carpentras et décédé le 24 septembre 2008 à Vaires-sur-Marne, en Seine-et-Marne, est un acteur, humoriste, scénariste et comédien de doublage français. Il demeure célèbre pour avoir formé dès la fin des années 1950 un duo comique avec Guy Grosso et pour avoir incarné le maréchal des logis Jules Berlicot dans six films de la saga des Gendarmes aux côtés de Louis de Funès, rôle qui l'a imposé dans le paysage du cinéma populaire français. S'il mentionne son épouse dans cetrains interviews, il reste discret sur sa vie privée.
Michel Modo se forme au Cours Simon, à Paris, à la fin des années 1950. C'est là qu'il rencontre Guy Sarrazin, futur Guy Grosso, avec lequel il forme un duo comique dont la complicité ne se démentira jamais. Ensemble, ils se produisent dans des cabarets parisiens avant de s'imposer dans les émissions télévisées de Jean-Christophe Averty, pour lequel ils jouent leurs propres sketches. Ils sont notamment Lecoing et Laflûte dans le téléfilm Le Songe d'une nuit d'été réalisé par Averty, qui les dirigera à maintes reprises dans ses téléfilms et shows musicaux expérimentaux. Modo déclarera en 2003 avoir écrit avec Grosso plus de 800 sketches, notamment pour les émissions d'Averty et de Philippe Bouvard.
Le tournant de sa carrière cinématographique intervient en 1964, quand Jean Girault le recrute pour incarner le gendarme Berlicot dans Le Gendarme de Saint-Tropez, aux côtés de Louis de Funès (Cruchot), Michel Galabru (Gerber), Jean Lefebvre (Fougasse) et Christian Marin (Merlot). Il reprend ce rôle dans cinq suites : Le Gendarme à New York (1965), Le Gendarme se marie (1968), Le Gendarme en balade (1970), Le Gendarme et les Extraterrestres (1979) et Le Gendarme et les Gendarmettes (1982). Ces six films s'imposent durablement dans le patrimoine comique français.
Parallèlement à la saga, Michel Modo construit avec Louis de Funès une collaboration régulière. Il joue un travailleur de l'Est dans La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry, un douanier dans Le Corniaud (1965), le soldat allemand loucheur dans La Grande Vadrouille (1966), et compose avec talent le personnage du petit Roger, lèche-bottes détestable et rapporteur, dans Le Grand Restaurant (1966). Il joue également le serveur d'Arpagon dans L'Avare (1980). Avec Guy Grosso, il est aussi gagman de Gérard Oury sur Le Corniaud et La Grande Vadrouille, un rôle d'invention dans l'ombre qu'il affectionne autant que le jeu. En 1968, il signe avec Robert Dhéry et Pierre Tchernia les dialogues du Petit Baigneur. Les cinéphiles se souviennent également de lui dans On a retrouvé la 7ème compagnie (1975) et dans les deux films d'Yves Robert, La Gloire de mon père et Le Château de ma mère (1990), où il incarne le facteur.
Au théâtre, le duo Grosso et Modo signe et interprète plusieurs pièces, dont Les Coucous (1978, théâtre Daunou) et Faites comme chez nous (1993, avec Jean Lefebvre). Modo joue également dans SOS homme seul (1984, théâtre Daunou) et dans plusieurs spectacles au Théâtre des Mathurins dans les années 1990.
À partir de la fin des années 1980, Michel Modo se consacre de plus en plus au doublage. Il prête sa voix à une quinzaine de personnages récurrents dans la version française des Simpson, dont Charles Montgomery Burns, le chef Wiggum, Krusty le Clown, le principal Skinner et le docteur Hibbert. Il décrit le doublage comme une discipline à part entière : "C'est une technique, tu la chopes ou tu la chopes pas. Si tu la chopes pas, tu la choperas jamais." (interview Hervé Meillon, 2004). Sur les Simpson, série qu'il déclare "adorer", il prend un plaisir particulier à habiter des personnages très différents les uns des autres. Il travaille sur la série de 1989 jusqu'à sa mort, en cours de doublage des derniers épisodes de la saison 19, et est remplacé au pied levé par Gérard Rinaldi. Entre 1993 et 1997, il joue le personnage récurrent de Maurice, incarnation humoristique du Français moyen, dans la série télévisée Highlander. En décembre 2005, il incarne un clochard déguisé en Père Noël dans quelques épisodes de Plus belle la vie. En 2000, il co-signe les paroles de "J'ai vu" sur l'album Chambre avec vue d'Henri Salvador, certifié disque de diamant.
Derrière le comédien au jeu efficace et discret se cache un homme chaleureux, sensible et d'une fidélité rare. La figure qui revient le plus dans ses témoignages, c'est Guy Grosso. Ils se rencontrent au Cours Simon à la fin des années 1950, deux inconnus destinés aux planches, et ne se quitteront plus pendant un demi-siècle. Ni rupture, ni rivalité : une complicité qui ne s'est jamais démentie. Ils co-écrivent leurs sketches, co-signent leurs pièces, se retrouvent sur les mêmes plateaux. Modo résume cette longévité sans emphase : dans le travail, c'était pour eux "la meilleure façon de se voir tout le temps." (interview Hervé Meillon, 2004). Plus de 800 sketches écrits à deux en quarante ans, une longévité que le milieu du spectacle, habitué aux ruptures d'ego, n'a guère d'équivalent à offrir.
Sa relation avec Louis de Funès est d'une autre nature, mais tout aussi forte. De Funès les impose, Grosso et lui, sur chaque film où il a son mot à dire. Modo en parle sans ambiguïté : "Il nous aimait beaucoup. Moi j'adorais Louis. Il me faisait beaucoup rire, mais j'avais aussi la chance de le faire beaucoup rire." (interview Hervé Meillon, 2004). Une relation à double sens, rare avec une star de cette dimension. Il résume vingt ans de travail commun en une formule : "Les relations que j'ai eues avec Louis de Funès pendant 20 ans ont été fabuleuses." (témoignage transmis au site autourdelouisdefunes.fr, 2007).
Quand on lui demande si de Funès pouvait être difficile sur les tournages, Modo ne botte pas en touche. Il explique : l'homme portait le poids du budget entier d'un film sur ses épaules. Quand un film de de Funès ne marchait pas, ce n'était pas "le film" qui avait raté, c'était lui personnellement. "Il voulait tout voir, tout diriger, et par moment ça pouvait passer pour quelqu'un qui emmerde tout le monde, mais c'est normal, faut l'accepter." (interview Hervé Meillon, 2004). Une lucidité sans condescendance. Quand on lui demande si de Funès avait besoin d'être aimé, il répond simplement : "Ah oui, beaucoup." (interview Hervé Meillon, 2004).
Modo est amateur de vins et ne s'en cache pas. Un soir chez de Funès, il goûte un vin blanc et l'admire à voix haute : "Ce vin, Louis ! Alors où vous l'avez trouvé ?" Deux jours plus tard, une caisse de vingt-quatre bouteilles arrive chez lui, sans un mot, sans ostentation. (interview Hervé Meillon, 2004). Il classe de Funès parmi les trois personnes qui ont le plus compté dans sa vie professionnelle, avec Francis Blanche et Henri Salvador.
En 1978, une émission télévisée de "30 Millions d'amis" tournée à son domicile révèle un homme profondément attaché aux animaux et sensible à leur détresse. Il partage alors son foyer avec sa femme, deux chiens et un chat, tous recueillis dans des circonstances qui en disent long sur son caractère. Nuage, chat de gouttière, a été sauvé un soir où l'animal avait surgi devant les roues de son épouse en pleine rue : "Au moment de remonter dans sa voiture, elle a vu Nuage derrière qui l'avait resuivi." Roméo, lui, a été arraché à une mort certaine lors de vacances en famille à Sainte-Maxime : "On a vu sur la place un chien qui était en train de mourir. Il mourait littéralement de faim, il tenait plus sur ses jambes. On l'a sauvé, on l'a emmené." Benjamin, le troisième, est un pékinois. Modo parle de chacun avec tendresse. (30 Millions d'amis, INA, 1978).
Au-delà de ces témoignages, où il évoque sa femme, Michel Modo est resté strictement discret. On sait qu'il était marié en 1978 ; aucune autre information publique confirmée n'est disponible sur sa situation familiale.
Michel Modo décède le 24 septembre 2008 à Vaires-sur-Marne, en Seine-et-Marne, à l'âge de 71 ans, des suites d'un cancer. Son décès survient alors qu'il enregistre les derniers épisodes de la saison 19 des Simpson, où il prête sa voix à une quinzaine de personnages depuis 1989. Gérard Rinaldi lui succède au pied levé pour achever le doublage, avant de disparaître à son tour d'un lymphome en 2012. La disparition de Michel Modo suscite de nombreux hommages dans la presse spécialisée et parmi ses pairs, saluant un demi-siècle de présence fidèle et efficace dans le cinéma et l'audiovisuel français. Les obsèques se sont déroulées dans l'intimité.
Michel Modo est né à Carpentras, commune du Vaucluse dans le sud de la France, où il a passé ses premières années avant de rejoindre Paris pour y suivre le Cours Simon et développer sa carrière. Il réside dans la capitale durant plusieurs décennies, lieu central de son activité professionnelle au théâtre, au cinéma et en studio de doublage. Il décède à Vaires-sur-Marne, en Seine-et-Marne. Les lieux précis de sa sépulture n'ont pas été rendus publics, conformément à la discrétion qui a caractérisé toute sa vie privée. La ville de Saint-Tropez reste associée à sa mémoire à travers la saga des Gendarmes, tournée en partie dans ses rues.
Il avait des gestes extrêmement délicats que personne ne connaissait en fait.
— Sur la générosité discrète de de Funès (interview Meillon, 2004)
Des fois tu fais de l'alimentaire, mais par exemple j'ai une série que j'adore, c'est les Simpson. Une bonne douzaine de voix différentes."
— (interview Meillon, 2004
L'ambiance était excellente, ponctuée de fous-rires comme pour cette scène où Louis de Funès n'arrivait pas à désigner un volontaire pour se mettre tout nu parmi les nudistes.
— Sur le tournage du Gendarme de Saint-Tropez (autourdelouisdefunes.fr, 2007)
Il avait des gestes extrêmement délicats que personne ne connaissait en fait.
— Sur la générosité discrète de de Funès (interview Meillon, 2004)
Des fois tu fais de l'alimentaire, mais par exemple j'ai une série que j'adore, c'est les Simpson. Une bonne douzaine de voix différentes."
— (interview Meillon, 2004
L'ambiance était excellente, ponctuée de fous-rires comme pour cette scène où Louis de Funès n'arrivait pas à désigner un volontaire pour se mettre tout nu parmi les nudistes.
— Sur le tournage du Gendarme de Saint-Tropez (autourdelouisdefunes.fr, 2007)