Yves Robert, né le 19 juin 1920 à Saumur et mort le 10 mai 2002 à Paris, est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur français, auteur de 21 longs métrages dont La Guerre des boutons, Le Grand Blond avec une chaussure noire et Un éléphant ça trompe énormément, parmi les comédies françaises les plus vues du XXe siècle.
Né dans une famille modeste à Saumur, Yves Robert passe une partie de son enfance à Pouancé, dans le nord du Maine-et-Loire, au contact de la nature et de la vie rurale. Il débute dans la vie professionnelle à l'âge de 13 ans comme apprenti typographe, puis enchaîne les petits métiers : pâtissier, livreur, modèle au musée Grévin. Arrivé à Paris en 1939, il se forme au mime et découvre l'univers du spectacle avant de rejoindre, en 1943 à Lyon, la troupe Grenier-Hussenot fondée par Jean-Pierre Grenier et Olivier Hussenot. Il s'y révèle comme acteur en participant à la création de La Tête des autres de Marcel Aymé et de Colombe de Jean Anouilh, sous la direction d'André Barsacq au Théâtre de l'Atelier. Il reçoit en 1949 le prix du meilleur comédien pour ce rôle. Entre 1948 et 1952, il anime les cabarets parisiens, notamment celui de La Rose Rouge à Saint-Germain-des-Prés, aux côtés de Michel Serrault, Jean Poiret, Jean Carmet et Louis de Funès. Engagé par Marcel Carné pour son premier grand rôle au cinéma, il participe au total à une cinquantaine de films comme acteur, dont Les Grandes Manoeuvres de René Clair (1955) et Un mauvais fils de Claude Sautet (1980).
Attiré par la réalisation, Yves Robert tourne son premier court métrage en 1951 avec Claude Sautet comme assistant. Son premier long métrage en tant que réalisateur, Ni vu, ni connu (1958), adapté d'Alphonse Allais, marque l'une des premières apparitions de Louis de Funès dans un rôle de premier plan. En 1961, La Guerre des boutons, adapté du roman de Louis Pergaud, remporte le prix Jean Vigo 1962 et s'impose comme un succès populaire et critique. Avec sa maison de production La Guéville, fondée en 1961 avec son épouse Danièle Delorme et son associé Gilbert de Goldschmidt, il produit Le Distrait (1970) et Les Malheurs d'Alfred (1971), contribuant à lancer la carrière de Pierre Richard. En 1972, Le Grand Blond avec une chaussure noire, co-écrit avec Francis Veber et mettant en scène Pierre Richard, Bernard Blier et Jean Rochefort, remporte l'Ours d'argent au Festival de Berlin 1973. La collaboration avec le scénariste Jean-Loup Dabadie donne ensuite naissance à la comédie de moeurs Un éléphant ça trompe énormément (1976) et à sa suite Nous irons tous au paradis (1977), portraits de quadragénaires portés par Jean Rochefort, Claude Brasseur, Guy Bedos et Victor Lanoux. En 1990, il adapte simultanément deux romans de Marcel Pagnol, La Gloire de mon père et Le Château de ma mère, tous deux accueillis comme des succès publics en France. Sur ses 21 films réalisés entre 1954 et 1993, 17 dépassent le million d'entrées. La musique de ses films est composée à treize reprises par Vladimir Cosma, et il est à l'origine de la commande de Les Copains d'abord à Georges Brassens pour le film Les Copains (1965), ainsi que du morceau de flûte de pan de Gheorghe Zamfir pour Le Grand Blond avec une chaussure noire.
1920 : naissance le 19 juin à Saumur (Maine-et-Loire)
1933 : début de la vie professionnelle comme apprenti typographe, à 13 ans
1943 : entrée dans la troupe Grenier-Hussenot à Lyon
1948 : première apparition au cinéma dans Les Dieux du dimanche de René Lucot ; début de la relation avec Rosy Varte
1949 : prix du meilleur comédien pour Colombe de Jean Anouilh
1951 : premier court métrage de réalisation, Les Bonnes Manières, avec Claude Sautet comme assistant
1956 : début de la relation avec Danièle Delorme ; mariage l'annee suivante
1958 : premier long métrage, Ni vu, ni connu
1961 : sortie de La Guerre des boutons ; fondation de La Guéville avec Danièle Delorme et Gilbert de Goldschmidt
1962 : prix Jean Vigo pour La Guerre des boutons
1972 : sortie du Grand Blond avec une chaussure noire, co-écrit avec Francis Veber
1973 : Ours d'argent au Festival international du film de Berlin pour Le Grand Blond avec une chaussure noire
1976 : Un éléphant ça trompe énormément, plus de 3 millions d'entrées en France
1977 : Nous irons tous au paradis, nomination au César du meilleur film
1986 : prix du jury du court métrage au Festival de Cannes pour Les Petites Magiciennes
1990 : sortie simultanée de La Gloire de mon père et Le Château de ma mère
1996 : publication du livre de mémoires Un homme de joie, dialogue avec Jérôme Tonnerre (Flammarion)
2002 : mort le 10 mai à Paris d'une hémorragie cérébrale, à 81 ans
2011 : inauguration du Jardin Yves Robert à Armenonville-les-Gâtineaux (Eure-et-Loir), village ayant servi de cadre à La Guerre des boutons
| Année | Titre | Entrées France |
|---|---|---|
| 1954 | Les Hommes ne pensent qu'à ça | 714 240 |
| 1958 | Ni vu, ni connu | 2 510 837 |
| 1959 | Signé Arsène Lupin | 1 682 026 |
| 1961 | La Famille Fenouillard | 1 375 366 |
| 1962 | La Guerre des boutons | 9 936 391 |
| 1963 | Bébert et l'omnibus | 3 012 415 |
| 1965 | Les Copains | 1 353 735 |
| 1966 | Monnaie de singe | 1 334 372 |
| 1968 | Alexandre le Bienheureux | 2 219 405 |
| 1969 | Clérambard | 418 882 |
| 1972 | Le Grand Blond avec une chaussure noire | 3 471 266 |
| 1973 | Salut l'artiste | 578 702 |
| 1974 | Le Retour du Grand Blond | 2 195 219 |
| 1976 | Un éléphant ça trompe énormément | 2 925 868 |
| 1977 | Nous irons tous au paradis | 2 080 789 |
| 1979 | Courage fuyons | 1 165 584 |
| 1984 | Le Jumeau | 1 737 306 |
| 1990 | La Gloire de mon père | 6 291 402 |
| 1990 | Le Château de ma mère | 4 269 318 |
| 1992 | Le Bal des casse-pieds | 1 333 914 |
| 1994 | Montparnasse-Pondichéry | 298 266 |
| Total cumulé (21 films) | 50 905 303 | |
Yves Robert est le fils de Henry Robert, originaire de la Mayenne, et de Madeleine Croissant. Son père, décrit par ses proches comme un homme aux activités changeantes, a influencé par son caractère certains personnages de ses films. Yves Robert grandit à Pouancé (Maine-et-Loire) avant de rejoindre Paris. Il se marie une première fois, union de laquelle naissent deux enfants, Anne et Jean-Denis Robert. A partir de 1948, il vit avec l'actrice Rosy Varte, rencontrée dans la troupe Grenier-Hussenot. Il entame ensuite une relation avec l'actrice Danièle Delorme, connue lors de la création de Colombe, et l'épouse en 1956. Avec Danièle Delorme, anciennement mariée à Daniel Gélin, il devient le beau-père de Xavier Gélin, acteur et producteur, décédé en 1999.
Yves Robert noue des amitiés professionnelles durables avec Claude Sautet, Jean-Loup Dabadie et Jean Rochefort, qui traversent plusieurs décennies de sa carrière. Partisan d'un cinéma populaire, il s'engage comme producteur au service de cinéastes débutants, permettant notamment à Bertrand Tavernier et Jean-Paul Rappeneau de tourner leurs premiers films. Avec Gilbert de Goldschmidt, il fait découvrir les films des Monty Python et de Terry Gilliam au public francophone dans les années 1970. Jardinier passionné, il reçoit pour cette activité la seule distinction officielle qu'il conserve : la médaille de chevalier du mérite agricole.
Yves Robert meurt le 10 mai 2002 dans le 6e arrondissement de Paris d'une hémorragie cérébrale, à l'âge de 81 ans. Son décès est brutal et inattendu. Aucune information sur un lieu médicalisé précis ou sur les cérémonies funèbres n'a été rendue publique de manière détaillée dans les sources consultées. Son épouse Danièle Delorme, décédée le 17 octobre 2015, est inhumée à ses côtés.
Yves Robert est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris, 9e division, avec pour épitaphe "Un homme de joie..." Des visiteurs déposent régulièrement sur sa tombe des boutons de toutes les couleurs, en référence à La Guerre des boutons. Le 24 septembre 2011, un Jardin Yves Robert est inauguré à Armenonville-les-Gâtineaux (Eure-et-Loir), commune ayant servi de cadre au tournage du film. Une auberge de jeunesse du 18e arrondissement de Paris porte également son nom depuis 2013.
1 - Avant de devenir réalisateur, Yves Robert a servi de modèle au musée Grévin à Paris, parmi d'autres petits métiers exercés à l'adolescence avant de découvrir le monde du spectacle via les Auberges de Jeunesse.
2 - Claude Sautet a débuté comme assistant réalisateur sur le premier court métrage d'Yves Robert en 1951. Cinq ans plus tard, Yves Robert co-adaptait à son tour le premier long métrage de Sautet, Bonjour sourire (1956).
3 - La Guéville, la maison de production fondée avec Danièle Delorme, doit son nom à une petite rivière prenant sa source dans le parc du château de Rambouillet. Elle permet à des cinéastes alors inconnus comme Jean-Paul Rappeneau et Jacques Doillon de réaliser leurs premiers films.
4 - Yves Robert attendait depuis 1963 les droits d'adaptation des romans de Marcel Pagnol pour La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Leur obtention lui aura pris près de vingt-sept ans de démarches.
5 - Pour Le Grand Blond avec une chaussure noire, Yves Robert commande une musique originale au jeune compositeur Vladimir Cosma pour son premier long métrage. C'est le début d'une collaboration qui se poursuit sur treize films.
6 - Membre convaincu du mouvement des Auberges de Jeunesse dans sa jeunesse, Yves Robert monte sur scène pour la première fois en zone libre au debut de la guerre pour "amuser la galerie", avant même d'intégrer la troupe Grenier-Hussenot en 1943.
- Métier(s) : réalisateur, scénariste, producteur, acteur
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : premier mariage (prénom inconnu) ; Rosy Varte (1948-vers 1956) ; Danièle Delorme (1956-2002, décès)
- Enfants : Anne Robert, Jean-Denis Robert (du premier mariage)
- Distinctions : prix Jean Vigo 1962 (La Guerre des boutons) ; Ours d'argent au Festival de Berlin 1973 (Le Grand Blond avec une chaussure noire) ; nomination au César du meilleur film 1977 (Nous irons tous au paradis) ; prix du jury court métrage Festival de Cannes 1986 (Les Petites Magiciennes) ; chevalier du mérite agricole