Bernard Giraudeau, acteur, réalisateur et écrivain français né en 1947 à La Rochelle et mort en 2010, mena une double vie d'ancien marin de la Royale et de comédien avant de se consacrer à l'écriture comme écrivain de marine.
Né à La Rochelle, petit-fils d'un cap-hornier et fils d'un militaire de carrière, Bernard Giraudeau s'engage à seize ans, en 1963, dans la Marine nationale. Il sort major de l'École des apprentis mécaniciens de Toulon et embarque sur le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc, la frégate Duquesne puis le porte-avions Clemenceau, bouclant deux fois le tour du monde avant de quitter la Royale au bout de sept ans. Il entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1971 et y obtient un premier prix de comédie en 1974. Au cinéma, il débute en 1973 dans Deux Hommes dans la ville, aux côtés de Jean Gabin et Alain Delon. Les rôles s'enchaînent ensuite à la télévision, au théâtre et à l'écran, où il interprète des personnages d'hommes séduisants et aventuriers, notamment dans La Boum de Claude Pinoteau en 1980, face à Sophie Marceau et Claude Brasseur.
En 1983, Le Ruffian de José Giovanni, avec Lino Ventura et Claudia Cardinale, dépasse les trois millions d'entrées et le range parmi les acteurs du cinéma d'action des années 1980, dans la lignée de Jean-Paul Belmondo. Il enchaîne avec Les Spécialistes de Patrice Leconte (1985), aux côtés de Gérard Lanvin, nouveau succès en salles. À partir de la fin de la décennie, il réoriente sa carrière vers le cinéma d'auteur, tournant pour Nicole Garcia, Claude Miller et François Ozon. En 1987, il passe à la réalisation, puis signe L'Autre (1991), adapté d'un roman d'Andrée Chedid, et Les Caprices d'un fleuve (1996). Au théâtre, il interprète notamment Le Libertin d'Éric-Emmanuel Schmitt. Dans les années 2000, il se consacre de plus en plus à l'écriture et rejoint les Écrivains de Marine, publiant plusieurs récits et romans.
1947 : naissance le 18 juin à La Rochelle
1963 : engagement à seize ans dans la Marine nationale
1971 : entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique
1973 : débuts au cinéma dans Deux Hommes dans la ville
1979 : Le Toubib, première nomination au César
1980 : rôle d'Éric Lehman dans La Boum
1983 : premier rôle dans Le Ruffian, succès au box-office
1985 : Les Spécialistes, aux côtés de Gérard Lanvin
1991 : réalisation de son premier long métrage, L'Autre
1996 : Ridicule et réalisation des Caprices d'un fleuve
2000 : ablation d'un rein à la suite d'un cancer
2001 : publication du Marin à l'ancre
2005 : nommé Écrivain de Marine par la Marine nationale
2009 : présidence de la Nuit des Molières et Prix Pierre Mac Orlan pour Cher amour
2010 : mort le 17 juillet à Paris
Bernard Giraudeau naît le 18 juin 1947 à La Rochelle, petit-fils d'un cap-hornier et fils d'un militaire de carrière de l'infanterie, souvent en mission pendant les guerres d'Indochine et d'Algérie. Après sept années dans la Marine nationale, il se forme au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris. Sa première compagne est l'actrice Anny Duperey, avec qui il partage quinze ans de vie commune avant leur séparation en 1991. De cette union naissent deux enfants, Gaël, né en 1982, et la comédienne Sara Giraudeau, née en 1985, révélation féminine aux Molières en 2007.
Profondément attaché à la mer, Giraudeau reste lié à la Marine nationale tout au long de sa vie : en octobre 2009, il assiste à la réouverture de l'école des mousses de Brest aux côtés du ministre Hervé Morin. Ami du fondateur des Francofolies Jean-Louis Foulquier et proche de l'acteur Richard Bohringer, il s'engage publiquement dans la lutte contre le cancer, parrainant le site La Maison du cancer et soutenant l'Institut Curie et l'Institut Gustave-Roussy. Après son premier diagnostic, il pratique la méditation de pleine conscience avec Jon Kabat-Zinn, dont il lit les textes sur un disque paru en 2010.
Bernard Giraudeau meurt le 17 juillet 2010 à l'Hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, à l'âge de 63 ans, des suites d'un cancer diagnostiqué dix ans plus tôt : un cancer du rein, opéré en 2000, suivi de métastases pulmonaires en 2005 et de plusieurs rechutes. Conformément à sa volonté, il est incinéré après une cérémonie intime célébrée à l'église Saint-Eustache, à Paris, en présence de sa famille et de ses proches. Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand lui rend hommage, de même que l'animateur Michel Drucker. En 2011, le réalisateur Olivier Marchal dédie son film Les Lyonnais à sa mémoire.
Incinéré, Bernard Giraudeau n'a pas de sépulture publiquement identifiée. Sa mémoire se perpétue à travers le Fonds de dotation portant son nom, dédié aux malades du cancer, et par la promotion « Frégate Thétis » de l'École des mousses, qu'il avait parrainée en 2010. Le biographe Bertrand Tessier lui a consacré l'ouvrage Le baroudeur romantique, paru en 2011.
1 - Avant de devenir comédien, il avait bouclé deux fois le tour du monde sur le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc et était sorti major de sa promotion à l'École des apprentis mécaniciens de la Marine, à seulement vingt-deux ans.
2 - Sa voix a accompagné les premiers pas français de Harry Potter : il a enregistré les versions audio des quatre premiers tomes de la saga avant d'être remplacé par Dominique Collignon-Maurin.
3 - En 1985, pour lancer les Francofolies de La Rochelle aux côtés de son ami Jean-Louis Foulquier, il descendit en rappel la tour de la Chaîne, l'un des monuments du Vieux-Port de sa ville natale.
4 - Nommé Écrivain de Marine par la Marine nationale en 2005, il obtint le grade honorifique de capitaine de frégate, qui lui permettait d'embarquer à nouveau sur des bâtiments militaires selon les disponibilités.
5 - Acteur reconnaissable à sa voix grave, il prêta exceptionnellement la sienne au doublage de l'acteur américain John Travolta dans Mad City, où ce dernier incarnait Sam Baily, un agent de sécurité devenu preneur d'otages.
- Métier(s) : acteur, réalisateur, scénariste, producteur et écrivain
- Résidence principale : Paris, avec des attaches durables à La Rochelle
- Relations de couple : compagne l'actrice Anny Duperey, séparés en 1991
- Enfants : deux, dont la comédienne Sara Giraudeau
- Distinctions : cinq nominations aux César, trois aux Molière, Prix Pierre Mac Orlan 2009
« Un marin n'a pas de liaison à part la mer. »
— Les Hommes à terre, Métailié (cité par Le Journal du Dimanche)
« Je vais pouvoir errer à ma guise sur l'acier gris. »
— Le Marin à l'ancre, Métailié, 2001 (cité par la Fondation La Poste)
« Le cancer est arrivé et je n'étais pas trop étonné. »
— Interview Libération (Eric Favereau), 10 mai 2010
La violence est une absence d'amour.
Finalement, l'agressivité, ça s'éjacule.
J'aime les errances attentives, les voyages éveillés.
Il faudrait des vies pour connaître celle des autres.
La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
Le bonheur du voyage, c'est de faire tout pour la première fois.
L'enfance a le mérite sublime de rester seulement curieuse de la vie.
L'amour, ça doit se lire tout de suite. Ce n'est pas une partie de cache-cache.
La vraie séduction de l'acteur, c'est faire admettre au public qu'il est vraiment le personnage.
Est-ce qu'on se connaît trop? Non, jamais. On tente de se reconnaître et on finit avec un inconnu.
A quinze ans on ne sait pas grand-chose, on gobe encore, mais la graine de révolte germe doucement.