Albert Dupontel, de son vrai nom Philippe Guillaume, est un acteur, réalisateur et scénariste français né le 11 janvier 1964 à Saint-Germain-en-Laye. Auteur de comédies noires depuis Bernie (1996), il détient cinq César dont ceux du meilleur réalisateur pour Au revoir là-haut et Adieu les cons.
Né dans une famille de médecins, Albert Dupontel grandit à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) et obtient son baccalauréat en 1982. Il entame quatre ans d'études médicales à l'UFR de médecine de l'université Paris-Diderot (CHU Bichat-Claude-Bernard), mais son chef de service en neurochirurgie refuse de valider ses stages en raison d'absences répétées pour aller au cinéma. Il se tourne alors vers le théâtre, suit des cours avec Yves Pignot et rejoint l'École du Théâtre National de Chaillot, où il se forme deux ans (1986-1988) sous la direction d'Antoine Vitez. Il est brièvement l'élève d'Ariane Mnouchkine, qui lui propose d'intégrer sa compagnie théâtrale, proposition qu'il décline. Adoptant le pseudonyme Albert Dupontel pour préserver sa famille, il débute au cinéma en 1988 dans Encore de Paul Vecchiali et La Bande des quatre de Jacques Rivette, avant d'écrire les Sales Histoires pour Canal+ en 1990, série de sketches courts au ton décapant.
Découvert par Patrick Sébastien, qui l'invite sur son émission Sébastien c'est fou (TF1, 1990), Dupontel connaît le succès avec Sale spectacle 1 (1990-1991, théâtre Tristan Bernard) et Sale spectacle 2 (1992, Olympia). Son premier long métrage comme réalisateur, Bernie (1996), suscite l'enthousiasme de Terry Gilliam et Terry Jones des Monty Python, qui demandent à figurer dans ses films suivants. La même année, il tient un rôle dans Un héros très discret de Jacques Audiard, aux côtés de Jean-Louis Trintignant et Mathieu Kassovitz. En 1999, Michel Deville lui offre son premier grand rôle sérieux dans La Maladie de Sachs. En 2013, 9 Mois ferme avec Sandrine Kiberlain dépasse 2 millions d'entrées et lui vaut le César du meilleur scénario original en 2014. L'adaptation du roman de Pierre Lemaitre Au revoir là-haut (2017) lui vaut les César du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation en 2018. Adieu les cons (2020), comédie portée par Virginie Efira, remporte sept César lors de la 46e cérémonie en 2021.
1988 : premiers rôles au cinéma dans Encore (Paul Vecchiali) et La Bande des quatre (Jacques Rivette)
1990 : popularité nationale grâce à Patrick Sébastien (TF1) ; Sale spectacle 1 au théâtre Tristan Bernard
1992 : Sale spectacle 2 à l'Olympia ; premier court métrage, Désiré
1996 : réalisation de Bernie ; rôle dans Un héros très discret de Jacques Audiard
1998 : Bernie remporte le Grand Prix du 9e Yubari International Fantastic Film Festival (Japon)
1999 : réalisation de Le Créateur ; première nomination aux César pour La Maladie de Sachs de Michel Deville
2007 : nommé Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres
2013 : réalisation de 9 Mois ferme avec Sandrine Kiberlain (plus de 2 millions d'entrées)
2014 : César du meilleur scénario original pour 9 Mois ferme (39e cérémonie)
2017 : réalisation de Au revoir là-haut, adaptation du roman de Pierre Lemaitre (plus de 2 millions d'entrées)
2018 : César du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation pour Au revoir là-haut (43e cérémonie)
2021 : Adieu les cons avec Virginie Efira remporte sept César dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario original (46e cérémonie)
2023 : réalisation de Second Tour avec Cécile de France et Nicolas Marié
2026 : sortie d'Il faut brûler maman le 11 novembre, avec Artus, Louise Coldefy et Julia Piaton
Albert Dupontel est le fils d'un médecin originaire de Trégomeur (Côtes-d'Armor) et d'une dentiste. Il grandit à Conflans-Sainte-Honorine jusqu'à ses 20 ans, fréquente l'école Paul-Bert et pratique la gymnastique et le judo. Très discret sur sa vie privée, il adopte le pseudonyme Albert Dupontel pour préserver son père des retombées médiatiques. Il partage sa vie avec l'actrice Claude Perron, avec qui la collaboration artistique débute sur Bernie en 1996 et se poursuit sur plusieurs films. Il est le père d'un fils dont il protège l'identité. Il réside principalement à Paris.
Albert Dupontel entretient des liens étroits avec plusieurs collaborateurs récurrents : Nicolas Marié (six films ensemble), Michel Vuillermoz, Philippe Uchan et la productrice Catherine Bozorgan, présidente de Manchester Films et d'ADCB Films, qui accompagne ses projets depuis Bernie (1996). Parrain depuis 2012 du festival War on Screen (festival international du film de guerre de Châlons-en-Champagne), il n'affiche pas d'engagements militants publics mais exprime dans ses films, par le prisme de la comédie noire, une vision critique des institutions. Il cite Charlie Chaplin comme sa principale référence cinématographique, appréciant sa capacité à traiter le drame par le registre comique.
1 - À quatre ans et demi, Albert Dupontel est renvoyé de l'école maternelle pour refus de discipline. Il a lui-même raconté cet épisode lors de l'émission Tout le monde en parle du 10 avril 2004.
2 - En 1990, avant sa percée artistique, Albert Dupontel tourne des spots publicitaires pour la Lada Samara afin de financer sa vie quotidienne. Ces publicités, archivées en ligne, contrastent radicalement avec l'univers décalé de ses longs métrages.
3 - En février 1998, Bernie remporte le Grand Prix du 9e Yubari International Fantastic Film Festival au Japon, festival spécialisé dans le cinéma de genre. Albert Dupontel se déplace pour y assister, franchissant pour la première fois une frontière internationale pour défendre son oeuvre.
4 - Après une dizaine de jours de formation, Ariane Mnouchkine propose à Albert Dupontel d'intégrer sa compagnie théâtrale. Il décline l'invitation pour mener une carrière indépendante, bien qu'il reconnaisse l'influence durable de cet enseignement sur sa manière de travailler.
5 - Albert Dupontel n'assiste jamais aux cérémonies des César, y compris lors du triomphe d'Adieu les cons en mars 2021 (sept statuettes). Il a déclaré publiquement ne pas savoir où se trouvaient ses récompenses, ne les ayant jamais récupérées.
6 - Terry Gilliam et Terry Jones des Monty Python, enthousiasmés par Bernie à sa sortie en 1996, ont demandé eux-mêmes à figurer dans ses films. Terry Gilliam est ainsi présent en cameo dans Enfermés dehors (2006), 9 Mois ferme (2013) et Adieu les cons (2020).
- Métier(s) : Réalisateur, scénariste, acteur, humoriste
- Résidence principale : Paris, France
- Relations de couple : Claude Perron (actrice)
- Enfants : un fils
- Distinctions : cinq César (meilleur scénario original 2014 et 2021, meilleur réalisateur 2018 et 2021, meilleure adaptation 2018) ; Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (2007)
Je préfère qu'on soit contre moi que pour moi.
— L'Obs, 18 octobre 2020
Je commente à ma façon, tout à fait discutable, les déviances d'un monde que je traverse.
— Interview Centre national du cinéma (CNC), 17 mai 2021
Je suis juste un petit gars qui aime le cinéma et qui trouve des sujets d'inspiration en regardant le monde environnant. Je n'ai aucune prétention, ma seule position, c'est de distraire les gens.
— La Libre Belgique (lavenir.net), 23 octobre 2017
Des fois, j'entends des gens dire : Ah, je préférais Bernie... J'entends bien, Monsieur, mais si je refaisais pareil, vous seriez le premier à me dire que je fais toujours la même chose. Et puis, ça ne serait pas sincère. Je ne referais pas Bernie.
— La Libre Belgique, 1er novembre 2023
La télévision a pour but de transformer le téléspectateur en consommateur.