Artiste aux multiples talents, Albert Dupontel est l'un des cinéastes et acteurs les plus originaux du cinéma français. D'abord connu pour ses spectacles d'humour noir, il a ensuite réalisé des films à succès qui mélangent émotion, critique de la société et fantaisie, s'imposant comme un créateur indépendant et très apprécié du public.
Né Philippe Guillaume en 1964 à Saint-Germain-en-Laye, il abandonne des études de médecine en cinquième année pour se consacrer au théâtre. Formé par Antoine Vitez, il se fait connaître à la fin des années 1980 sur scène avec ses premiers seuls-en-scène, dont le mémorable Sale spectacle, où son humour noir et son sens de l'absurde font mouche. Parallèlement à une carrière d'acteur très demandée, notamment chez Audiard ou Blier, il passe derrière la caméra en 1996 avec Bernie. Ce premier long-métrage, devenu culte, impose son style : un cinéma visuellement inventif, souvent violent et profondément tendre envers les marginaux. Il poursuit cette exploration d'un univers décalé et poétique avec des films comme Le Créateur ou Enfermés dehors, consolidant une identité visuelle marquée par des mouvements de caméra complexes et un montage rythmé.
La consécration critique et publique atteint des sommets avec 9 mois ferme en 2013, qui lui vaut le César du meilleur scénario original. Il change ensuite d'envergure en 2017 en adaptant le roman de Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut. Cette fresque spectaculaire sur l'après-guerre est un triomphe total, récompensé par cinq César, dont celui de la meilleure réalisation. En 2020, il confirme son statut de cinéaste majeur avec Adieu les cons, une tragi-comédie bouleversante sur la quête d'identité dans une société bureaucratique déshumanisée, qui rafle sept trophées aux César. En 2023, il revient sur le devant de la scène avec Second Tour, une fable politique aux accents de conte moderne. Malgré les honneurs, il refuse systématiquement d'assister aux cérémonies de remise de prix, préférant se concentrer sur son prochain projet dans le secret de ses ateliers de montage.
1986 : Abandon de ses études de médecine pour rejoindre l'école du théâtre de Chaillot
1990 : Début du succès sur scène avec son premier seul-en-scène Sale spectacle
1996 : Réalisation de son premier long-métrage, le film culte Bernie
1999 : Incarne un rôle dramatique marquant dans La Maladie de Sachs
2006 : Sortie de sa comédie sociale et burlesque Enfermés dehors
2013 : Succès critique et public de 9 mois ferme avec Sandrine Kiberlain
2017 : Sortie de la fresque historique Au revoir là-haut, immense succès national
2020 : Triomphe aux César avec Adieu les cons (7 récompenses)
2023 : Parution de son film Second Tour avec Cécile de France
2024 : Préparation de nouveaux projets cinématographiques en tant que réalisateur
Albert Dupontel est le fils de médecins, un milieu qu'il a quitté pour la scène mais qui imprègne parfois son regard sur la société. Très pudique sur sa vie privée, il est le père d'un fils né d'une première union avec l'actrice Catherine Bozorgan, qui est également sa productrice fidèle depuis de nombreuses années. Il partage aujourd'hui sa vie avec une compagne travaillant dans le milieu du cinéma, tout en veillant à protéger son entourage de toute curiosité médiatique. Il réside principalement à Paris, où il mène une vie axée sur le travail et l'artisanat du cinéma, s'impliquant personnellement dans chaque étape technique de ses films.
Ses engagements sont essentiellement artistiques et citoyens. Il défend une vision du cinéma comme un outil de réflexion sociale, n'hésitant pas à dénoncer les injustices et l'absurdité du système moderne à travers ses fables satiriques. Bien qu'il se tienne à l'écart des pétitions et des cercles mondains, ses films parlent pour lui, prônant souvent l'empathie pour les "oubliés" de la société. Passionné par l'image et le son, il est connu pour son érudition cinématographique et son respect profond pour ses collaborateurs techniques. Il a souvent exprimé son admiration pour les grands maîtres du cinéma muet et de la comédie italienne, dont il tente de perpétuer l'esprit à travers une mise en scène moderne et exigeante.
Paris demeure son port d'attache professionnel, notamment les studios de post-production où il passe l'essentiel de son temps. On peut le croiser dans le quartier de la Bastille ou près des grands théâtres parisiens qu'il a fréquentés à ses débuts. Fidèle à ses racines franciliennes, il apprécie également les lieux de tournage insolites en région parisienne qui servent de décor à ses univers souvent baroques et singuliers.
1 - Albert Dupontel a exercé le métier de professeur de judo avant de percer dans le spectacle, une discipline qui explique sans doute la dimension très physique de son jeu d'acteur et sa rigueur sur les tournages.
2 - Sa taille est de 175 cm. Sur un plateau, il est réputé pour son perfectionnisme extrême, pouvant recommencer des dizaines de fois la même prise pour obtenir le rythme visuel exact qu'il a en tête dès l'écriture du scénario.
3 - Il n'a jamais récupéré un seul de ses nombreux César en personne. Pour lui, la récompense réside dans la réalisation du film et la rencontre avec le public, estimant que la compétition artistique est une notion superflue.
- Métier(s) : Réalisateur, scénariste, acteur, humoriste
- Résidence principale : Paris, France
- Relations : Catherine Bozorgan (productrice historique)
- Enfants : 1 fils
- Distinctions : 2 César du meilleur réalisateur, 3 César du meilleur scénario
La télévision a pour but de transformer le téléspectateur en consommateur.
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