Delphine Seyrig

Naissance
Beyrouth, Liban
Nationalité
Astrologie
Taille 170 cm

Autre personnalité née le 10/04/1932

Biographie

Delphine Seyrig, actrice et réalisatrice française née le 10 avril 1932 à Beyrouth, est l'une des présences les plus singulières du cinéma d'auteur européen des années 1960 à 1980, révélée par Alain Resnais dans L'Année dernière à Marienbad et militante fondatrice du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir.


Parcours

Née à Beyrouth le 10 avril 1932 dans une famille d'intellectuels cosmopolites, Delphine Seyrig passe son enfance au Liban, en Suisse et aux États-Unis, où son père Henri Seyrig, archéologue et directeur du service des Antiquités du Liban, est nommé envoyé spécial de la France libre à New York en 1942. La famille y séjourne jusqu'en 1945, ce qui vaut à l'actrice une maîtrise parfaite de l'anglais. De retour en Europe, elle fréquente plusieurs établissements : le collège Cévenol en Haute-Loire, le lycée de Sèvres, puis le collège Sévigné à Paris. En 1950, à 17 ans, elle renonce à passer son baccalauréat et s'inscrit à l'EPJD (Éducation par le jeu dramatique), où elle a pour professeurs Roger Blin, Pierre Bertin et Tania Balachova, et pour camarades Philippe Noiret, Laurent Terzieff et Michael Lonsdale. Elle débute au théâtre en 1952 dans L'Amour en papier de Louis Ducreux, puis intègre la Comédie de Saint-Étienne dirigée par Jean Dasté, où elle interprète Chérubin, Ariel, Ondine et d'autres rôles classiques exigeants.

En 1956, Delphine Seyrig part à New York avec son mari, le peintre Jack Youngerman, et leur fils Duncan. Elle suit les cours de Lee Strasberg en auditrice à l'Actors Studio, où elle croise Marilyn Monroe, et obtient des rôles off-Broadway. C'est là qu'Alain Resnais la découvre à l'automne 1959 alors qu'elle joue dans An Enemy of the People d'Ibsen, dans une traduction d'Arthur Miller. Il lui offre le rôle principal de L'Année dernière à Marienbad (1961), Lion d'Or à la Mostra de Venise, qui lui apporte une notoriété internationale immédiate. Resnais lui confie ensuite le rôle d'Hélène Aughain dans Muriel ou le Temps d'un retour (1963), pour lequel elle reçoit la Coupe Volpi de la meilleure actrice à Venise. Les années suivantes la voient collaborer avec François Truffaut (Baisers volés, 1968), Luis Buñuel (La Voie lactée, 1969 ; Le Charme discret de la bourgeoisie, 1972), Jacques Demy (Peau d'âne, 1970), Marguerite Duras (India Song, 1975 ; Baxter, Vera Baxter, 1977) et Chantal Akerman (Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles, 1975), autant de films qui dessinent un parcours délibérément ancré dans le cinéma d'auteur et la représentation des femmes.


Repères chronologiques

1932 : naissance le 10 avril à Beyrouth (Syrie mandataire, Liban actuel) ; père Henri Seyrig, archéologue, mère Hermine de Saussure, navigatrice
1942 : départ de la famille pour New York, où Henri Seyrig est nommé envoyé spécial de la France libre en Amérique
1950 : formation à l'EPJD (Roger Blin, Pierre Bertin, Tania Balachova) ; mariage avec le peintre américain Jack Youngerman en juillet
1952 : premier rôle au théâtre dans L'Amour en papier de Louis Ducreux ; engagement à la Comédie de Saint-Étienne sous Jean Dasté
1956 : installation à New York avec Jack Youngerman et leur fils Duncan, né en juin de la même année à Paris
1959 : premier rôle au cinéma dans Pull My Daisy de Robert Frank et Alfred Leslie, écrit par Jack Kerouac ; découverte par Alain Resnais
1961 : L'Année dernière à Marienbad d'Alain Resnais remporte le Lion d'Or à la Mostra de Venise ; notoriété internationale
1963 : Coupe Volpi de la meilleure actrice à Venise pour Muriel ou le Temps d'un retour d'Alain Resnais
1968 : rôle de Fabienne Tabard dans Baisers volés de François Truffaut, aux côtés de Jean-Pierre Léaud
1971 : signature du Manifeste des 343 en faveur de la légalisation de l'avortement, aux côtés de Simone de Beauvoir, Jeanne Moreau et Gisèle Halimi
1974 : rencontre de Carole Roussopoulos ; création du collectif vidéo féministe Les Insoumuses avec Roussopoulos et Ioana Wieder
1975 : Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman ; India Song de Marguerite Duras — nomination au César de la meilleure actrice en 1976
1976 : réalisation de Sois belle et tais-toi, documentaire sur la condition des actrices dans l'industrie cinématographique, avec Jane Fonda, Maria Schneider, Shirley MacLaine et vingt autres actrices
1982 : cofondation du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir avec Carole Roussopoulos et Ioana Wieder
1988 : Molière de la comédienne (nomination) pour Un jardin en désordre d'Alan Ayckbourn au Théâtre de la Renaissance
1990 : décès le 15 octobre à Paris des suites d'un cancer du poumon, à 58 ans


Vie personnelle et engagements

Delphine Seyrig est la fille de Henri Seyrig (1895-1973), archéologue et directeur du service des Antiquités du Liban sous mandat français, et d'Hermine de Saussure (1901-1984), navigatrice suissesse du canton de Genève et spécialiste de Jean-Jacques Rousseau, descendante du linguiste Ferdinand de Saussure. Son frère aîné est le compositeur Francis Seyrig (1927-1979). En juillet 1950, elle épouse le peintre américain Jack Youngerman, alors étudiant aux Beaux-Arts de Paris ; leur fils Duncan Youngerman naît à Paris en juin 1956. Le couple divorce ultérieurement. Dans les dernières années de sa vie, Delphine Seyrig partage la vie de l'acteur Sami Frey, avec lequel elle tourne notamment dans Le Journal d'un suicidé (1971) et La Bête dans la jungle (1988).

Engagée dans le Mouvement de libération des femmes dès 1968, elle signe le Manifeste des 343 en 1971 et ouvre en août 1972 son appartement parisien pour la première démonstration en France de la méthode d'avortement par aspiration devant des membres du MLF. Avec Carole Roussopoulos et Ioana Wieder, amie d'enfance, elle fonde en 1974 le collectif Les Insoumuses, puis en 1982 le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir, consacré à l'archivage et à la diffusion des luttes des femmes. Elle est également récitante sur des enregistrements de Vivaldi et Debussy, témoignant d'un goût documenté pour la musique classique.


Contexte du décès

Delphine Seyrig décède le 15 octobre 1990 dans le 10e arrondissement de Paris des suites d'un cancer du poumon, à l'âge de 58 ans. Le lieu précis de décès (domicile ou établissement hospitalier) n'a pas été rendu public par la famille. La nature des obsèques n'est pas documentée dans les sources consultées. Parmi les personnalités ayant rendu hommage à son décès figurent notamment Chantal Akerman et Ulrike Ottinger, avec lesquelles elle avait collaboré étroitement durant la dernière décennie de sa vie. La presse cinématographique française et internationale publia de nombreux portraits à sa mort, saluant à la fois son parcours d'actrice et son engagement militant féministe.


Lieux de mémoire

Delphine Seyrig est inhumée au cimetière du Montparnasse à Paris. Dans le 19e arrondissement de Paris, une rue et une station de la ligne de tramway T3b, inaugurée le 15 décembre 2012, portent son nom. La grande salle du théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis a été baptisée en son honneur en 2022.


Anecdotes

1 - Refusée au Théâtre national populaire pour un timbre de voix jugé trop particulier, Delphine Seyrig vit cette exclusion se retourner en marque distinctive : Michael Lonsdale, partenaire de scène à cinq reprises, compara publiquement sa voix à celle d'un violoncelle.
2 - Lors du tournage de Chacal (1973) de Fred Zinnemann, les responsables de la Warner lui proposèrent décoloration, prothèses mammaires, opération du nez et cassage de la mâchoire pour l'adapter aux standards hollywoodiens ; elle n'accepta que la teinture et le port de postiches.
3 - En août 1972, Delphine Seyrig ouvrit son propre appartement parisien pour la première démonstration en France de la méthode d'avortement par aspiration du Dr Harvey Karman, en présence de membres du MLF, alors que l'interruption volontaire de grossesse restait illégale.
4 - Lors du tournage de Pull My Daisy (1959) à New York, son nom figura au générique sous l'orthographe "Beltiane", son second prénom : une des très rares occurrences documentées de cette variante.
5 - En 1981, pour financer la création théâtrale La Bête dans la jungle au Théâtre Gérard-Philipe, Delphine Seyrig avança une partie des fonds nécessaires à la production, selon la biographie de Mireille Brangé, attestée par une source unique.
6 - Elle enregistra en 1970 un 45 tours de chansons composées par son frère Francis Seyrig sur des textes de Jean-Claude Carrière, dont Quoi de plus beau qu'une marche militaire, édité chez Polydor — une facette musicale quasi inconnue du grand public.


Points clés

- Métier(s) : actrice, réalisatrice, militante féministe
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Jack Youngerman (marié en 1950, divorcés) ; Sami Frey (compagnon, années 1970-1990)
- Enfants : Duncan Youngerman (né en juin 1956 à Paris)
- Distinctions : Coupe Volpi de la meilleure actrice, Mostra de Venise 1963 (Muriel ou le Temps d'un retour) ; nomination BAFTA meilleure actrice dans un second rôle 1974 (Chacal) ; trois nominations aux César (1976, 1978, 1981) ; nomination au Molière de la comédienne 1988 (Un jardin en désordre) ; prix du Syndicat de la critique 1967 et 1983

Postérité

10 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Questions autour de Delphine Seyrig

Qui est né le même jour que Delphine Seyrig ?
Ged Marlon, Barbara Pravi, Hapsatou Sy, Charlie Hunnam et Vincent Kompany sont nés le 10 avril comme Delphine Seyrig.
À quel âge est morte Delphine Seyrig ?
Delphine Seyrig est morte à 58 ans, le 15 octobre 1990.
Qui est mort le même jour que Delphine Seyrig ?
Jean-René Godart, Mata Hari, Norodom Sihanouk, Michael Benjamin et Suzanne Somers sont morts le 15 octobre comme Delphine Seyrig.
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