Résumé biographique

Acteur français, Philippe Noiret traverse plus de cinquante ans de théâtre et de cinéma, du Théâtre national populaire aux films Alexandre le Bienheureux, Le Vieux Fusil, Coup de torchon, La Vie et rien d'autre ou Cinema Paradiso, qui jalonnent l’histoire du cinéma francophone et européen.


Parcours

Né le 1er octobre 1930 à Lille, Philippe Noiret grandit dans une famille de petits commerçants et passe l’essentiel de son enfance à Toulouse. Élève au lycée Janson-de-Sailly puis au collège de Juilly, il renonce finalement au baccalauréat pour suivre des cours de théâtre. En 1953, il rejoint le Théâtre national populaire de Jean Vilar, où il joue pendant sept ans les grands classiques sur la scène de Chaillot et au Festival d’Avignon. Au cinéma, il obtient un premier rôle important dans La Pointe courte d’Agnès Varda en 1956, puis se fait remarquer dans Zazie dans le métro de Louis Malle. Les années 1960-1970 confirment sa place avec La Vie de château, Alexandre le Bienheureux et La Grande Bouffe. Il poursuit une carrière soutenue jusqu’aux années 2000, entre cinéma français et productions internationales.


Repères de carrière

1953 : Entrée au Théâtre national populaire de Jean Vilar, début d’une importante activité scénique.
1956 : Premier rôle principal au cinéma dans La Pointe courte d’Agnès Varda.
1960 : Rôle marquant dans Zazie dans le métro de Louis Malle.
1966 : Confirmation au cinéma avec La Vie de château de Jean-Paul Rappeneau.
1968 : Accès au premier plan populaire avec Alexandre le Bienheureux d’Yves Robert.
1973 : Interprétation dans La Grande Bouffe de Marco Ferreri.
1976 : César du meilleur acteur pour Le Vieux Fusil de Robert Enrico.
1981 : Rôle central dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier.
1988 : Reconnaissance internationale avec le rôle d’Alfredo dans Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore.
1989 : Interprétation du commandant Dellaplane dans La Vie et rien d'autre.
1990 : Deuxième César du meilleur acteur pour La Vie et rien d'autre.
1994 : Rôle de Pablo Neruda dans Le Facteur (Il Postino) de Michael Radford.
1996 : Partage l’affiche avec Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle dans Les Grands Ducs de Patrice Leconte.
1996 : Tient le rôle principal dans Fantôme avec chauffeur de Gérard Oury.
2006 : Dernières apparitions à l’écran peu avant son décès, clôturant une filmographie de plus de cent trente films.


Vie personnelle et engagements

Philippe Noiret naît dans un milieu de petite bourgeoisie commerçante, avec un père passionné de littérature et une mère d’origine belge. Élevé dans la tradition catholique, il connaît plusieurs déménagements avant que la famille s’installe durablement à Toulouse, ville à laquelle il reste attaché. En 1962, il épouse la comédienne Monique Chaumette, rencontrée au Théâtre national populaire ; le couple a une fille, Frédérique, qui travaille dans le secteur du cinéma et du spectacle. Noiret mène une vie centrée sur le travail, la lecture et la campagne. Cavalier passionné, il acquiert le domaine de Turcy, près de Montréal dans l’Aude, où il élève des chevaux et se ressource entre deux tournages. Il prête également sa voix au spectacle nocturne La Cinéscénie du Puy du Fou, participant à un important dispositif de narration historique populaire.


Anecdotes

1 – Après plusieurs redoublements de terminale, il abandonne le baccalauréat pour se consacrer au théâtre, choix décisif qui le conduit rapidement au Théâtre national populaire.
2 – Bien qu’il n’ait pas étudié au Conservatoire de Paris, il est associé à la « bande du Conservatoire » aux côtés de Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, avec lesquels il formera un trio récurrent au cinéma.
3 – À partir de 1978, il prête sa voix au spectacle nocturne La Cinéscénie du Puy du Fou, dont la bande-son contribue à ancrer la mémoire du lieu auprès de millions de spectateurs.
4 – Propriétaire du domaine de Turcy près de Montréal (Aude), il y élève des chevaux et y passe de longues périodes, entretenant un lien durable avec le Sud-Ouest et la région de la Malepère.
5 – Pour son interprétation d’Alfredo dans Cinema Paradiso, il reçoit notamment un European Film Award et un BAFTA du meilleur acteur, ce qui renforce sa visibilité dans le cinéma européen.
6 – Il compte parmi les tout premiers lauréats des César du cinéma, obtenant en 1976 le César du meilleur acteur pour Le Vieux Fusil, lors de la première cérémonie de cette distinction.


Lieux de mémoire

Né à Lille, Philippe Noiret passe sa jeunesse principalement à Toulouse avant de poursuivre sa carrière entre Paris et les tournages. Il a longtemps résidé rue de Bourgogne, dans le 7e arrondissement de Paris, et possédait le domaine de Turcy près de Montréal, dans l’Aude. Décédé en 2006, il est inhumé au cimetière du Montparnasse, division 3, face à la tombe de Jean Poiret.


Contexte du décès

Philippe Noiret meurt le 23 novembre 2006, vers la fin de l’après-midi, à son domicile parisien, à l’âge de 76 ans, des suites d’un cancer généralisé décrit publiquement comme une longue maladie. Ses obsèques sont célébrées le 27 novembre 2006 en la basilique Sainte-Clotilde, à Paris, en présence de nombreux acteurs, réalisateurs et responsables politiques, dont le Premier ministre Dominique de Villepin. Il est ensuite inhumé au cimetière du Montparnasse, dans la 3e division, non loin de la tombe du réalisateur Francis Girod et face à celle de Jean Poiret. Sa sépulture, sobre, constitue un point de passage régulier pour les amateurs de cinéma français.


Points clés

• Métier(s) : acteur de théâtre et de cinéma
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Monique Chaumette (mariage à partir de 1962, jusqu’au décès en 2006)
• Enfants : Frédérique Noiret
• Distinctions : 2 César du meilleur acteur (1976 pour Le Vieux Fusil, 1990 pour La Vie et rien d'autre), European Film Award et BAFTA du meilleur acteur pour Cinema Paradiso