Claude Berri, né Claude Berel Langmann le 1er juillet 1934 à Paris et décédé le 12 janvier 2009 dans la même ville, est un réalisateur, producteur, scénariste et acteur français, auteur de Jean de Florette et producteur de Bienvenue chez les Ch'tis.
Issu d'une famille juive ashkénaze installée au 8 passage du Désir dans le 10e arrondissement de Paris, Claude Berel Langmann grandit dans un milieu modeste. Son père, Hirsch Langmann, est fourreur, sa mère, Beila Bercu, est ouvrière. Pendant l'Occupation, ses parents le confient en 1943 à Raymonde Letournel, une femme de la campagne ignorant qu'il est juif. Cette expérience fondatrice inspire directement son premier long-métrage. Il suit des cours d'art dramatique au cours Simon, puis au théâtre Caumartin, où il se lie avec Gérard Lebovici. Il joue au théâtre de Poche-Montparnasse dans Tchin-Tchin de François Billetdoux, et noue une amitié avec la comédienne Katharina Renn, dont il empruntera le prénom pour sa société de production. Figurant non crédité dans Rue de l'Estrapade de Jacques Becker en 1953, il tourne ensuite pour Claude Autant-Lara. Le tournant survient avec le court-métrage Le Poulet, réalisé en 1962 : médaille d'argent à Venise en 1963 et Oscar du meilleur court-métrage à la 38e cérémonie en 1966.
Fort de cette reconnaissance, Claude Berri réalise en 1967 son premier long-métrage, Le Vieil Homme et l'Enfant, avec Michel Simon, récit partiellement autobiographique sur la relation entre un enfant juif et un vieil antisémite pendant l'Occupation. Il fonde alors Renn Productions, qui devient l'une des maisons de production majeures du cinéma français. En produisant les films de Roman Polanski, Jean-Jacques Annaud, Maurice Pialat, Patrice Chéreau et Costa-Gavras, il s'impose durablement dans le paysage industriel. En 1983, Tchao Pantin avec Coluche réunit plus de 3 800 000 entrées. En 1986, son adaptation de Marcel Pagnol, Jean de Florette et Manon des sources, avec Gérard Depardieu, Yves Montand, Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart, rencontre un succès critique et populaire international. Il dirige ensuite Germinal en 1993 d'après Émile Zola, avec Gérard Depardieu et Renaud Séchan, puis Lucie Aubrac en 1997. En 2008, il produit Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon, qui dépasse 20 millions d'entrées.
1934 : naissance le 1er juillet à Paris, passage du Désir, 10e arrondissement
1943 : confié pendant l'Occupation à une famille de la campagne pour échapper aux persécutions
1953 : premiers rôles non crédités au cinéma, notamment dans des films de Claude Autant-Lara
1962 : réalisation du court-métrage Le Poulet, médaille d'argent à la Mostra de Venise en 1963
1966 : Oscar du meilleur court-métrage en prises de vues réelles pour Le Poulet
1967 : sortie de Le Vieil Homme et l'Enfant avec Michel Simon ; fondation de Renn Productions
1979 : production de Tess de Roman Polanski, nommé à l'Oscar du meilleur film
1983 : sortie de Tchao Pantin avec Coluche (César du meilleur acteur 1984)
1986 : sortie de Jean de Florette et Manon des sources d'après Marcel Pagnol
1988 : BAFTA du meilleur scénario adapté pour Jean de Florette (avec Gérard Brach)
1993 : sortie de Germinal d'après Émile Zola
2003 : publication de Autoportrait (éditions Léo Scheer) ; élection à la présidence de la Cinémathèque française
2008 : ouverture de l'Espace Claude Berri à Paris ; production de Bienvenue chez les Ch'tis, premier du box-office français
2009 : décès le 12 janvier à Paris des suites d'un accident vasculaire cérébral
Fils de Hirsch Langmann, fourreur d'origine polonaise, et de Beila Bercu, ouvrière d'origine roumaine, Claude Berri grandit dans le 10e arrondissement de Paris. Il vécut avec l'actrice Marlène Jobert au début des années 1960. Il épousa Anne-Marie Rassam, avec qui il eut deux fils : l'acteur Julien Rassam et le producteur Thomas Langmann. Son second mariage avec la costumière Sylvie Gautrelet lui donna un troisième fils, Darius Langmann. De 1998 à sa mort, il vécut avec l'écrivaine Nathalie Rheims. Sa soeur, Arlette Langmann, collabora avec lui comme scénariste et monteuse sur plusieurs films.
Amateur d'art moderne et contemporain, Claude Berri devint collectionneur à la suite du cambriolage de son domicile pendant le tournage de Jean de Florette. Il ouvrit en mars 2008 l'Espace Claude Berri, une galerie dans le quartier du Marais à Paris. Fondateur de la Cinémathèque universitaire de l'université Sorbonne-Nouvelle, il présida la Cinémathèque française de 2003 à 2007. Il publia en 2003 son Autoportrait (éditions Léo Scheer), dans lequel il relatait les drames de sa vie personnelle. Avec Nathalie Rheims, il cofonda la société Hirsch Production, qui coproduit notamment La Graine et le Mulet d'Abdellatif Kechiche et Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon.
Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2009, Claude Berri est admis en réanimation chirurgicale à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, souffrant selon l'établissement d'un hématome intracrânien. Il décède le matin du 12 janvier 2009 des suites d'un accident vasculaire cérébral, à 74 ans. Il avait déjà subi un premier AVC en 2006. Il venait d'entamer le tournage de Trésor avec Alain Chabat et Mathilde Seigner, film que le réalisateur François Dupeyron achève à sa place. Les obsèques, célébrées le 15 janvier 2009, rassemblent Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Alain Delon, Roman Polanski et Jean-Jacques Annaud, parmi de nombreuses personnalités du cinéma français. Le président Nicolas Sarkozy et l'ancien ministre de la Culture Jack Lang rendirent hommage au cinéaste dans des communiqués officiels.
Claude Berri est inhumé le 15 janvier 2009 au cimetière parisien de Bagneux, dans la 23e division. Son nom a été donné au centre culturel d'Aniche (Nord), construit en 1995, intégrant l'Idéal Cinéma-Jacques Tati. La salle de la fosse Arenberg à Wallers, site de tournage de Germinal, porte également son nom depuis 2011.
1 - Le nom de scène "Berri" n'est pas une invention : il s'agit de la transcription administrative du prénom roumain "Berel" que l'état civil français avait retranscrit "Beri". Claude Langmann l'adopta pour sonner plus français à ses débuts de comédien.
2 - La société Renn Productions tire son nom de la comédienne Katharina Renn, rencontrée lors de la pièce Tchin-Tchin au théâtre de Poche-Montparnasse à la fin des années 1950. Berri lui emprunta simplement le prénom pour baptiser sa structure de production.
3 - Claude Berri devint collectionneur d'art à la suite d'un cambriolage survenu à son domicile pendant le tournage de Jean de Florette en 1985. Après sa mort, ses fils Thomas Langmann et Darius Langmann revendirent la collection à l'émirat du Qatar pour 50 millions d'euros, alors qu'une dation au Centre Pompidou avait été initialement envisagée.
4 - Pour Je vous aime (1980), Claude Berri s'était inspiré de la vie de Catherine Deneuve, avec son accord explicite. Il traversait lui-même une séparation et voulait comprendre comment une femme reconstruit plusieurs fois sa vie amoureuse.
5 - Interrogé en 2005 par AlloCiné sur son rêve de producteur le plus fou, Claude Berri répondit : "Les rêves, je les réalise. Les rencontres m'importent plus." Cette formule résumait sa méthode fondée sur le choix des metteurs en scène avant celui des projets.
6 - Claude Berri avait participé en 1962 à la coréalisation du court-métrage Janine avec Maurice Pialat, alors futur beau-frère par alliance des Rassam. Ce film constitue l'un de ses tout premiers engagements en tant que coscénariste et acteur.
- Métier(s) : réalisateur, producteur, scénariste, acteur
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Marlène Jobert (début années 1960), Anne-Marie Rassam (1re épouse, divorcée), Sylvie Gautrelet (2e épouse), Nathalie Rheims (compagne de 1998 à 2009)
- Enfants : Julien Rassam (1968-2002), Thomas Langmann (né en 1972), Darius Langmann
- Distinctions : médaille d'argent Mostra de Venise 1963 (Le Poulet), Oscar du meilleur court-métrage 1966 (Le Poulet), BAFTA du meilleur scénario adapté 1988 (Jean de Florette, avec Gérard Brach), prix Daniel Toscan du Plantier 2008
« Les rêves, je les réalise. Les rencontres m'importent plus. »
— Interview AlloCiné, propos recueillis par Didier Verdurand, janvier 2005
« Si j'avais ce choix à faire, je choisirais de ne plus produire. »
— Interview Écran Large, propos recueillis par Didier Verdurand, janvier 2005 (en réponse à la question "si vous deviez choisir entre production et réalisation")
« Dès que j'ai pu revenir, avec La Débandade, à un cinéma plus proche de ma vie, je l'ai fait. »
— Interview Écran Large, propos recueillis par Didier Verdurand, janvier 2005
« Je ne suis pas grand consommateur de DVD. Je considère que les films sont faits pour être vus en salles. »
— Interview Écran Large, propos recueillis par Didier Verdurand, janvier 2005