Cette année marque le centenaire de sa naissance.
Klaus Kinski, de son vrai nom Klaus Günter Karl Nakszynski, acteur allemand né le 18 octobre 1926 à Zoppot (aujourd'hui Sopot, Pologne), décédé le 23 novembre 1991, est connu pour ses cinq collaborations avec le réalisateur Werner Herzog et une filmographie de plus de 130 films en quarante ans de carrière.
Klaus Günter Karl Nakszynski naît le 18 octobre 1926 à Zoppot, cadet de quatre enfants. Son père, Bruno Nakszynski, avait exercé comme chanteur d'opéra avant de se reconvertir en pharmacien ; sa mère, Susanne Lutze, était infirmière et fille d'un pasteur protestant. En 1931, la famille s'installe à Berlin, dans le quartier de Schöneberg, où Kinski fréquente le Prinz-Heinrichs-Gymnasium à partir de 1936. Incorporé dans la Wehrmacht en 1943 au sein d'une unité de Fallschirmjäger, il est fait prisonnier par les forces britanniques dès son deuxième jour de combat aux Pays-Bas en 1944 et interné à Berechurch Hall, près de Colchester (Essex). C'est là qu'il participe à ses premières représentations scéniques dans des spectacles organisés au camp. Libéré en 1946, il apprend en rentrant à Berlin que son père est mort pendant la guerre et que sa mère a été tuée lors d'un bombardement allié sur la ville.
De retour en Allemagne, Kinski adopte son pseudonyme au sein d'une petite troupe théâtrale à Offenburg. En 1946, le Schlosspark-Theater de Berlin l'engage, puis le renvoie rapidement pour comportement imprévisible. Il se tourne vers le monologue et le spoken word, interprétant François Villon, William Shakespeare et Oscar Wilde en tournée dans toute l'Europe germanophone. En 1948, il obtient son premier rôle au cinéma dans Morituri. Durant les années 1950 et 1960, il enchaîne westerns spaghetti, films policiers et adaptations d'Edgar Wallace, dont sept réalisées par Alfred Vohrer. Il apparaît dans des productions internationales telles que Le Docteur Jivago de David Lean (1965) et Pour une poignée de dollars de plus (1965). Sa collaboration avec Werner Herzog débute en 1972 avec Aguirre, la colère de Dieu, suivie de Woyzeck (1979), Nosferatu, fantôme de la nuit (1979), Fitzcarraldo (1982) et Cobra Verde (1987). En 1989, il écrit, réalise et interprète Kinski Paganini, son unique film comme réalisateur.
En janvier 2013, Pola Kinski, fille aînée de l'acteur issue de son premier mariage avec la chanteuse Gislinde Kühlbeck, publie son autobiographie Kindermund dans laquelle elle accuse son père de l'avoir abusée sexuellement de l'âge de cinq à dix-neuf ans, lui offrant régulièrement des cadeaux coûteux pour acheter son silence. Sa demi-soeur Nastassja Kinski déclare le 13 janvier 2013 dans Bild am Sonntag que leur père avait eu des comportements à caractère sexuel sur elle dès l'âge de quatre ou cinq ans et affirme que si son père était encore en vie, elle aurait cherché à le faire condamner. Par ailleurs, le réalisateur espagnol Fernando Colomo, dans un article publié dans El País le 27 novembre 1991, allègue que Kinski avait tenté de violer l'actrice Maria Lamor lors du tournage du Chevalier du dragon.
1926 : Naissance le 18 octobre à Zoppot, territoire de Dantzig (aujourd'hui Sopot, Pologne)
1931 : Installation de la famille à Berlin, quartier de Schöneberg
1943-1944 : Incorporation dans la Wehrmacht ; capture par les forces britanniques aux Pays-Bas ; internement à Berechurch Hall (Colchester, Essex)
1946 : Retour en Allemagne ; adoption du pseudonyme Klaus Kinski
1948 : Premier rôle au cinéma dans Morituri
1950 : Internement psychiatrique de trois jours au Karl-Bonhoeffer-Nervenklinik de Berlin-Ouest après agression de sa mécène ; diagnostic de trouble de la personnalité antisociale
1955 : Partage pendant trois mois une pension à Munich avec le jeune Werner Herzog, alors âgé de 13 ans
1965 : Rôles dans Le Docteur Jivago de David Lean et dans Pour une poignée de dollars de plus
1971 : Spectacle solo Jesus Christus Erlöser à la Deutschehalle de Berlin (20 novembre) ; troisième mariage avec Minhoi Geneviève Loanic
1972 : Aguirre, la colère de Dieu, première collaboration au cinéma avec Werner Herzog
1979 : Nosferatu, fantôme de la nuit et Woyzeck avec Werner Herzog
1982 : Fitzcarraldo de Werner Herzog
1988 : Publication de l'autobiographie All I Need Is Love, republié en 1996 sous le titre Kinski Uncut
1989 : Kinski Paganini, unique film dont il est à la fois l'auteur, le réalisateur et l'interprète
1991 : Décès le 23 novembre d'une crise cardiaque à Lagunitas (Californie), à l'âge de 65 ans
Cadet de quatre enfants, Klaus Kinski grandit à Berlin dans le quartier de Schöneberg. Son père, Bruno Nakszynski, fut d'abord chanteur d'opéra avant de se reconvertir en pharmacien ; sa mère, Susanne Lutze, était infirmière et fille d'un pasteur. Sa fratrie comprend trois aînés : Inge, Arne et Hans-Joachim. Il se marie trois fois : avec la chanteuse Gislinde Kühlbeck (1952-1955), mère de Pola Kinski ; avec l'actrice Ruth Brigitte Tocki (1960-1971), mère de Nastassja Kinski ; et avec le mannequin d'origine vietnamienne Minhoi Geneviève Loanic (1971-1979), mère de Nikolai Kinski. Ses trois enfants, Pola, Nastassja et Nikolai, poursuivent des carrières d'acteurs.
À partir de 1982, Kinski vit reclus dans une propriété de seize hectares à Lagunitas (comté de Marin, Californie), sans télévision ni radio, en compagnie de son seul chien berger allemand Apollo. Il publie en 1975 une autobiographie au contenu controversé (Crever pour vivre, Belfond, Paris, 1976), que sa famille renie. Cette publication pousse Nastassja Kinski à engager une action en diffamation contre son père, finalement retirée. En fin de vie, Kinski entretient une relation avec l'actrice italienne Debora Caprioglio (1987-1989). Son fils Nikolai Kinski demeure le seul de ses enfants présent à ses funérailles.
Klaus Kinski meurt le 23 novembre 1991 d'une crise cardiaque à son domicile privé de Lagunitas, dans le comté de Marin (Californie). Il est découvert seul dans sa propriété forestière. Le corps est incinéré conformément à ses souhaits. Seul son fils Nikolai Kinski assiste aux funérailles en Californie. Le New York Times publie un obituaire signé Caryn James le 27 novembre 1991. Werner Herzog lui consacre en 1999 le documentaire Mon ennemi intime (Mein liebster Feind), dans lequel il revient sur vingt ans de collaboration commune.
Les cendres de Klaus Kinski sont dispersées dans l'océan Pacifique, au large de San Francisco, en février 1992, conformément à ses dernières volontés. Il n'existe aucune sépulture monumentale ni lieu de pèlerinage identifié. Le documentaire Mon ennemi intime (1999) de Werner Herzog constitue le principal mémorial cinématographique consacré à sa carrière et à leur collaboration.
1 - En 1955, Kinski partage une pension à Munich avec un adolescent de 13 ans nommé Werner Herzog. Il s'y enferme quarante-huit heures d'affilée dans la salle de bain commune, la dévastant entièrement, événement que Herzog relate dans Mon ennemi intime.
2 - Sur le tournage de Fitzcarraldo (1982) en Amazonie péruvienne, le chef d'une tribu Machiguenga propose à Werner Herzog d'éliminer physiquement Kinski. Herzog décline au motif qu'il a encore besoin de l'acteur pour achever le tournage.
3 - En 1980, Steven Spielberg propose à Kinski le rôle du major Arnold Toht dans Les Aventuriers de l'arche perdue. Kinski rejette le scénario par écrit, le qualifiant d'ennuyeux à mourir et d'une bêtise moronique, selon son autobiographie Kinski Uncut (1996).
4 - Werner Herzog a déclaré en 2025, dans un entretien télévisé accordé à Anderson Cooper sur CBS, avoir aidé Kinski à rédiger les passages de son autobiographie où celui-ci l'insultait, en lui apportant le Roget's Thesaurus pour trouver des termes encore plus virulents.
5 - Les archives psychiatriques du Karl-Bonhoeffer-Nervenklinik de Berlin, rendues publiques en 2008, révèlent que les médecins avaient d'abord posé un diagnostic préliminaire de schizophrénie en 1950, avant de conclure à un trouble de la personnalité antisociale.
- Métier(s) : acteur, réalisateur, scénariste
- Résidence principale : Lagunitas (Californie, États-Unis), de 1982 à 1991
- Relations de couple : Gislinde Kühlbeck (1952-1955), Ruth Brigitte Tocki (1960-1971), Minhoi Geneviève Loanic (1971-1979), Debora Caprioglio (1987-1989)
- Enfants : Pola Kinski, Nastassja Kinski (née en janvier 1961), Nikolai Kinski (né en 1976)
- Distinctions : aucune récompense officielle documentée
« Un fatras ennuyeux à mourir, d'une connerie moronique. »
— Kinski Uncut, Bloomsbury, Londres, 1996, p. 294 (traduit de l'anglais ; à propos du scénario des Aventuriers de l'arche perdue proposé par Steven Spielberg)
« J'aurais aimé ne pas être acteur. J'aurais préféré faire le tapin et vendre mon corps, au lieu de vendre mes larmes, mes éclats de rire, mes joies et mes peines. »
— Autobiographie Crever pour vivre (Rogner & Bernhard, Munich, 1975), reprise dans Encyclopaedia Universalis, article "Kinski Klaus (1926-1991)