Résumé biographique
Figure marquante du théâtre et de l’audiovisuel français du XXe siècle, Hélène Duc incarne une comédienne engagée, dont le parcours relie la scène, le cinéma, la télévision, la radio et la mémoire de la Résistance, de Bergerac à Paris en passant par Saint-Brice-sous-Forêt.
Parcours
Née Marcelle Geneviève Hélène Duc le 22 mars 1917 à Bergerac, elle grandit dans un milieu protestant marqué par l’enseignement, sa mère étant institutrice. D’abord professeure de français à la fin des années 1930, elle compte parmi ses élèves Juliette Gréco, qu’elle retrouvera à Paris pendant l’Occupation. Après la Seconde Guerre mondiale, elle s’oriente pleinement vers le théâtre et rejoint plusieurs compagnies, en province puis à Paris. Elle se fait connaître sur scène dans un large répertoire, avant d’aborder le cinéma à partir de Falbalas de Jacques Becker, puis la télévision. Elle s’impose durablement avec son rôle de Mahaut d’Artois dans la série Les Rois maudits et poursuit une carrière régulière jusque dans les années 2000, tout en intervenant à la radio et en publiant ses mémoires.
Repères de carrière
1917 : Naissance à Bergerac (Dordogne).
Fin des années 1930 : Professeure de français à Bergerac, Juliette Gréco figure parmi ses élèves.
1944 : Débuts au cinéma dans Falbalas de Jacques Becker.
1951 : Rôle dans Édouard et Caroline de Jacques Becker.
1955 : Apparition dans Les Grandes Manoeuvres de René Clair.
1959 : Interprétation dans Le Déjeuner sur l’herbe de Jean Renoir.
1960 : Rôle dans Le Caïd de Bernard Borderie.
1972-1973 : Mahaut d’Artois dans la série télévisée Les Rois maudits de Claude Barma.
1986 : Participation au film Miss Mona de Mehdi Charef.
1999 : Second rôle dans Un ange de Miguel Courtois.
2001 : Grand-mère du héros dans Tanguy d’Étienne Chatiliez.
2003 : Rôle dans Laisse tes mains sur mes hanches de Chantal Lauby.
2005 : Reconnaissance comme Juste parmi les nations et apparition dans le remake des Rois maudits en Madame de Bouville.
2009-2011 : Promotion à la Légion d’honneur, de chevalier puis d’officier.
2014 : Décès à Paris, fin d’une carrière active de 1944 à 2005.
Vie personnelle et engagements
Issue d’une famille protestante, Hélène Duc perd très tôt son père médecin et grandit auprès de sa mère Jeanne, institutrice. Elle se marie avec René Catroux, diplomate et dramaturge, fils du général Georges Catroux, avec qui elle a deux filles, dont la comédienne Élisabeth Catroux et sa cadette Laurence. Installée un temps à la tour de Nézant, à Saint-Brice-sous-Forêt, elle partage ensuite sa vie entre Bergerac, la région parisienne et le quartier de Saint-Sulpice à Paris. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle participe avec sa mère au sauvetage de personnes juives à Bergerac puis à Marseille, engagement reconnu par le titre de Juste parmi les nations en 2005. Elle demeure par la suite associée aux actions de mémoire liées à la Résistance et à la Shoah.
Anecdotes
1 – Elle a été professeure de français de Juliette Gréco à Bergerac, puis l’a accueillie et soutenue à Paris pendant l’Occupation, devenant une figure de référence dans sa vie.
2 – Avec sa mère Jeanne, elle organise le passage et l’hébergement de personnes juives recherchées à Bergerac et à Marseille, ce qui conduit Yad Vashem à la reconnaître Juste parmi les nations en 2005.
3 – Son rôle de Mahaut d’Artois dans Les Rois maudits reste associé à son nom au point qu’elle est invitée à figurer, dans un autre rôle, dans le remake télévisé de 2005.
4 – Elle publie en 2005 ses mémoires, Entre cour et jardin, où elle revient sur son travail de comédienne, ses engagements pendant la guerre et son parcours dans les grandes institutions théâtrales.
5 – Elle vit dans la tour de Nézant à Saint-Brice-sous-Forêt dans les années 1950, lieu où naissent ses deux filles et qui constitue un ancrage important de sa vie familiale.
6 – Elle est décorée de la Légion d’honneur lors de la promotion du 14 juillet 2009, reconnaissance officielle de son action de résistante et de son itinéraire artistique, puis élevée officier et commandeur des Arts et Lettres.
Lieux de mémoire
Les principaux lieux de référence d’Hélène Duc sont Bergerac, sa ville natale, où un lycée professionnel porte son nom, et la tour de Nézant à Saint-Brice-sous-Forêt, où elle réside dans les années 1950. À Paris, elle vit longtemps près de Saint-Sulpice et ses cendres reposent au columbarium du Père-Lachaise. Une rue à Rennes et un pont à Paris rappellent désormais son nom.
Contexte du décès
Hélène Duc meurt le 23 novembre 2014 à Paris, à l’âge de 97 ans, après une longue période marquée par des problèmes respiratoires. Le décès, survenu un an après la disparition de sa fille Élisabeth, intervient dans un contexte de fragilisation liée au grand âge et au deuil. Ses cendres sont déposées au columbarium du cimetière du Père-Lachaise (case 8 742), après une cérémonie organisée au crématorium du Père-Lachaise le 28 novembre 2014, en présence de sa famille et de proches du monde artistique et de la Résistance.
Points clés
• Métier(s) : comédienne de théâtre, actrice de cinéma et de télévision, interprète à la radio, autrice de mémoires
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : René Catroux (époux, milieu du XXe siècle–1993)
• Enfants : Élisabeth Catroux (1953-2013), Laurence Catroux
• Distinctions : Juste parmi les nations (2005) ; chevalier (2009) et officier (2011) de la Légion d’honneur ; commandeur des Arts et Lettres







