Georges Descrières, acteur français né le 15 avril 1930 à Bordeaux et décédé le 19 octobre 2013, doit sa notoriété populaire au rôle d'Arsène Lupin qu'il incarne à la télévision de 1971 à 1974, tout en consacrant trente ans de carrière à la Comédie-Française.
Né à Bordeaux sous le nom de Georges René Bergé, il prend comme nom de scène Descrières, patronyme de sa mère. Après sa formation au conservatoire de Bordeaux, où il est récompensé de deux prix de comédie et de tragédie, il monte à Paris en 1952, passe par le cours Simon, puis intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique dans les classes de Denis d'Inès et Georges Le Roy. Il y côtoie Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo, Françoise Fabian et Annie Girardot. Il fait ses débuts au cinéma en 1954 dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara. En 1955, il entre comme pensionnaire à la Comédie-Française et en devient le 430e sociétaire en 1958, à vingt-huit ans. Il joue aux côtés de Brigitte Bardot dans Voulez-vous danser avec moi ? (1959) et interprète le comte Almaviva dans Le Mariage de Figaro sous la direction de Jean Meyer.
À la Comédie-Française, il aborde au fil de trente ans plus de soixante rôles du répertoire classique, de Corneille à Molière, de Marivaux à Musset. En 1979, il devient le plus jeune doyen de l'institution, à quarante-neuf ans. Parallèlement, il poursuit une carrière au cinéma : il donne la réplique à Anna Karina dans Ce soir ou jamais de Michel Deville (1961) et à Audrey Hepburn dans Voyage à deux de Stanley Donen (1967). En 1971, il incarne Arsène Lupin dans le feuilleton télévisé diffusé sur la deuxième chaîne de l'ORTF jusqu'en 1974. Malgré le succès de la série et les sollicitations de réalisateurs comme Gérard Oury et Claude Sautet, il décline les propositions de premiers rôles au cinéma, indiquant que sa préférence va vers le théâtre. Il quitte la Comédie-Française en 1985, puis fonde et dirige le conservatoire de théâtre de Grasse, dans les Alpes-Maritimes.
1930 : naissance le 15 avril à Bordeaux
1952 : montée à Paris, formation au cours Simon puis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique
1954 : débuts au cinéma dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara
1955 : entrée comme pensionnaire à la Comédie-Française
1958 : accession au sociétariat (430e sociétaire de l'institution)
1961 : rôle d'Athos dans Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie
1967 : rôle dans Voyage à deux de Stanley Donen, aux côtés d'Audrey Hepburn
1971-1974 : incarnation d'Arsène Lupin dans le feuilleton télévisé de l'ORTF
1976 : mariage avec Nicolette Felbert le 16 février
1979 : nomination comme doyen de la Comédie-Française, à quarante-neuf ans
1985 : départ de la Comédie-Française après trente ans de carrière
1989 : installation dans les Alpes-Maritimes ; création et direction du conservatoire de théâtre de Grasse
2004 : promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur (décret du 31 décembre 2003)
2011 : élévation à la dignité de grand officier de l'ordre national du Mérite
2013 : décès le 19 octobre au Cannet, des suites d'un cancer, à l'âge de 83 ans
De son vrai nom Georges René Bergé, il adopte le nom de scène Descrières, patronyme de sa mère. Il épouse en premières noces la comédienne Geneviève Brunet, avec qui il a une fille, Sylvia Bergé, née le 21 décembre 1962 à Boulogne-Billancourt, qui deviendra à son tour sociétaire de la Comédie-Française en 2003. Le 16 février 1976, il se marie avec Nicolette Felbert, union qui dure jusqu'à sa mort. Il réside à Paris durant ses années à la Comédie-Française, puis à Cravant dans l'Yonne, avant de s'établir dans les Alpes-Maritimes à la fin des années 1980.
Après son départ de la Comédie-Française en 1985, il fonde et dirige le conservatoire de théâtre de Grasse, institution dédiée à la formation aux arts dramatiques. Ses liens amicaux depuis le Conservatoire national supérieur d'art dramatique comprennent Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Jean-Paul Belmondo, ce dernier ayant regretté publiquement de ne pas avoir vu Descrières davantage exploiter sa carrière au cinéma. Reconnu par l'État, il reçoit la décoration de l'ordre national du Mérite en 1995 des mains du ministre Philippe Douste-Blazy, est promu officier de la Légion d'honneur en 2004, puis grand officier de l'ordre national du Mérite en 2011.
Georges Descrières meurt le 19 octobre 2013 au matin dans sa résidence du Cannet, dans les Alpes-Maritimes, des suites d'un cancer, à l'âge de 83 ans, auprès de son épouse Nicolette Felbert. L'annonce est confirmée le 20 octobre par Le Figaro et Europe 1. Son agent indique que l'inhumation est prévue dans les jours suivants, sans précision publique sur le lieu ni la nature de la cérémonie. Jean Rochefort, ancien condisciple au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, salue sur Europe 1 l'élégance et la voix de Descrières, évoquant un comédien voué à son métier.
Le lieu précis de sépulture de Georges Descrières n'a pas été rendu public. Sa mémoire reste associée à la Comédie-Française à Paris, dont il fut sociétaire et doyen de 1958 à 1985, et au conservatoire de théâtre de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, qu'il a fondé après sa retraite de la scène nationale.
1 - Au Conservatoire national supérieur d'art dramatique au début des années 1950, Descrières partage les mêmes classes que Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo, Françoise Fabian et Annie Girardot, une génération qui marquera durablement le cinéma et le théâtre français.
2 - En 1979, nommé doyen de la Comédie-Française à quarante-neuf ans, il est le plus jeune à avoir occupé cette fonction dans l'histoire de l'institution. Il conserve ce titre jusqu'à son départ de la troupe en 1985.
3 - À la suite du succès de la série Arsène Lupin, des réalisateurs comme Gérard Oury et Claude Sautet lui proposent des premiers rôles au cinéma. Il décline, indiquant que sa préférence va vers le théâtre.
4 - Sur Europe 1 à l'annonce du décès de Descrières, Jean Rochefort révèle que celui-ci lui avait déclaré au Conservatoire national d'art dramatique dans les années 1950 : « Tu ne réussiras jamais, tu t'habilles trop mal. »
5 - En 1982, sa participation au film Mon curé chez les nudistes de Robert Thomas suscite les regrets des Cahiers du cinéma, qui déplorent le gâchis d'un comédien qui, selon eux, aurait pu prétendre à une carrière comparable à celle de Jean-Paul Belmondo.
- Métier(s) : Acteur (théâtre, cinéma, télévision)
- Résidence principale : Le Cannet (Alpes-Maritimes)
- Relations de couple : Geneviève Brunet (premier mariage) ; Nicolette Felbert (1976-2013)
- Enfants : Sylvia Bergé (née le 21 décembre 1962)
- Distinctions : ordre national du Mérite (1995) ; officier de la Légion d'honneur (2004) ; grand officier de l'ordre national du Mérite (2011)
« Tu ne réussiras jamais, tu t'habilles trop mal. »
— Propos de Georges Descrières rapportés par Jean Rochefort, Europe 1, 20 octobre 2013