Cette année marque le 90ᵉ anniversaire de sa naissance.
Geneviève Fontanel, actrice française née à Bordeaux en 1936, construit sa carrière principalement au théâtre. Pensionnaire de la Comédie-Française de 1958 à 1962, elle remporte le César du meilleur second rôle féminin en 1978 pour L'homme qui aimait les femmes de François Truffaut.
Née le 27 juin 1936 à Bordeaux sous le nom de Geneviève Paule Clairette Fontanel, elle quitte la France à l'âge de quatre mois avec ses parents pour Casablanca, alors sous protectorat français. Elle y passe toute son enfance et une partie de son adolescence avant de rentrer en métropole à dix-sept ans, d'abord à Bordeaux où elle fréquente le conservatoire municipal. Elle rejoint ensuite Paris et intègre le Centre d'art dramatique de la rue Blanche, puis entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1958. Elle y obtient le premier prix de Comédie Classique et le premier prix de Comédie Moderne. La même année, elle devient pensionnaire de la Comédie-Française, où elle joue dix-neuf pièces du répertoire en quatre ans, partageant les planches avec Jean Piat et découvrant Jacques Destoop, son futur époux. Elle quitte l'institution en 1962, décrivant par la suite une impression de captivité ressentie au fil des années.
Libérée de la Comédie-Française, Geneviève Fontanel multiplie les scènes parisiennes, abordant Feydeau, Pirandello, Ionesco ou Jean Anouilh. Elle devient une figure régulière de l'émission Au théâtre ce soir aux côtés de Roger Pierre. Au cinéma, les rôles restent secondaires : elle tourne avec Henri Verneuil dans Un singe en hiver en 1962 aux côtés de Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo, puis avec Claude Bernard-Aubert dans L'affaire Dominici en 1973. François Truffaut lui offre son rôle le plus remarqué dans L'homme qui aimait les femmes en 1977, aux côtés de Charles Denner, Brigitte Fossey et Nathalie Baye, ce qui lui vaut le César du meilleur second rôle féminin en 1978. Elle tourne également avec Moshé Mizrahi dans La vie devant soi en 1977 et Bertrand Blier dans Notre histoire en 1984. Son dernier film au cinéma est Une pour toutes de Claude Lelouch en 1999. En parallèle, sa carrière télévisuelle est abondante, avec plus de cent rôles en plus de cinquante ans.
1936 : naissance le 27 juin à Bordeaux ; part à l'âge de quatre mois avec ses parents pour Casablanca
1954 : retour en métropole à dix-sept ans ; entre au conservatoire municipal de Bordeaux, puis rejoint Paris
1958 : obtient le premier prix de Comédie Classique et le premier prix de Comédie Moderne au Conservatoire national supérieur d'art dramatique ; entre à la Comédie-Française
1960 : premiers pas au cinéma dans Quai Notre-Dame de Jacques Berthier
1962 : quitte la Comédie-Française ; rôle dans Un singe en hiver d'Henri Verneuil aux côtés de Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo
1965 : épouse le comédien et peintre Jacques Destoop
1973 : rôle dans L'affaire Dominici de Claude Bernard-Aubert
1977 : tourne dans L'homme qui aimait les femmes de François Truffaut et dans La vie devant soi de Moshé Mizrahi
1978 : obtient le César du meilleur second rôle féminin pour L'homme qui aimait les femmes à la 3e cérémonie des César
1984 : tourne dans Notre histoire de Bertrand Blier
1991 : enregistrement d'une adaptation audio du Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau, publiée aux éditions Des Femmes
1999 : récompensée du Molière de la comédienne dans un second rôle pour Délicate Balance d'Edward Albee, mise en scène de Bernard Murat au théâtre Antoine ; dernier film au cinéma, Une pour toutes de Claude Lelouch
2000 : obtient le Molière de la comédienne dans un second rôle pour Raisons de famille
2008 : élue conseillère municipale de Pouilly (Oise), mandat exercé jusqu'en 2014
2018 : décède le 17 mars à Draveil, à l'âge de 81 ans
Geneviève Fontanel rencontre Jacques Destoop en 1954 dès son arrivée à Paris. Comédien et artiste peintre, ancien sociétaire de la Comédie-Française formé au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il devient son époux en 1965. Ils ont ensemble une fille, Isabelle, qui deviendra danseuse. Le couple partage entre un appartement du parc Montsouris à Paris et une maison dans l'Oise, à Pouilly. Geneviève Fontanel conserve tout au long de sa vie un lien fort avec le Maroc, pays de son enfance, qu'elle continue à visiter régulièrement. Sa famille maternelle demeure installée au Maroc.
Geneviève Fontanel cultive une passion pour la campagne et les animaux dans sa résidence de l'Oise. Avec Jacques Destoop, elle entretient une collaboration artistique durable : en 1991, il réalise une adaptation audio du roman Le Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau dans laquelle elle tient le premier rôle, publiée aux éditions Des Femmes dans la collection La Bibliothèque des voix. Il met également en scène Ce soir, on improvise de Luigi Pirandello en 1974. La comédienne s'engage aussi dans la vie civique de Pouilly, dans l'Oise, où elle exerce les fonctions de conseillère municipale de 2008 à 2014.
Geneviève Fontanel décède le 17 mars 2018 à Draveil, en Essonne, à l'âge de 81 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. L'annonce est faite par ses proches à l'Agence France-Presse le lendemain, 18 mars. Les obsèques se déroulent le 23 mars 2018 en l'église Saint-Roch à Paris, paroisse des artistes. Parmi les comédiens présents pour accompagner Jacques Destoop, son veuf, figurent Bernard Menez et Patrick Préjean. Elle est ensuite incinérée au crématorium du Père-Lachaise.
Geneviève Fontanel est inhumée dans la 44e division du cimetière du Père-Lachaise à Paris, après incinération au crématorium de ce même cimetière. Son époux Jacques Destoop, décédé en 2022, la rejoint dans la même sépulture. La tombe se situe juste derrière celle de l'acteur et producteur Jacques Perrin.
1 - Geneviève Fontanel tourne son premier film, Quai Notre-Dame en 1960, alors qu'elle est encore pensionnaire de la Comédie-Française. La maison lui permet ainsi de débuter au cinéma avant qu'elle ne la quitte deux ans plus tard.
2 - Pour le tournage d'Un singe en hiver en 1962, Henri Verneuil lui confie le rôle de la serveuse d'un hôtel. Le film, réunissant Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo, est l'un de ses premiers contacts avec les grandes vedettes du cinéma français.
3 - En 1991, Geneviève Fontanel et son époux Jacques Destoop collaborent à une adaptation audio du Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau, parue aux éditions Des Femmes dans la collection La Bibliothèque des voix, dirigée par Antoinette Fouque. Cette version sonore reste une trace rare de son travail de lectrice.
4 - Pendant son mandat de conseillère municipale à Pouilly (Oise) de 2008 à 2014, le maire Daniel Cauchies signale publiquement, lors de son décès en 2018, que le village perdait une voisine très investie dans la vie locale.
5 - Geneviève Fontanel enregistre un disque humoristique avec le comédien Roger Pierre chez RCA, intitulé Z'êtes Belge, vous ?, témoignage d'une complicité scénique nouée dans les émissions d'Au théâtre ce soir.
- Métier(s) : actrice (théâtre, cinéma, télévision)
- Résidence principale : Paris (parc Montsouris) ; résidence secondaire à Pouilly (Oise)
- Relations de couple : Jacques Destoop (époux, 1965-2018)
- Enfants : Isabelle Destoop (danseuse)
- Distinctions : César du meilleur second rôle féminin (1978, pour L'homme qui aimait les femmes) ; Molière de la comédienne dans un second rôle (1999, pour Délicate Balance) ; Molière de la comédienne dans un second rôle (2000, pour Raisons de famille)
Quand je ne joue pas, je suis infernale.
— Déclaration citée par Profession Spectacle, mars 2018 (source d'origine non datée précisément)
Je n'en garde pas un mauvais souvenir, puisque cela m'a permis de jouer une quantité de pièces du répertoire, de débuter au cinéma, de faire des tournées. Mais au bout d'un certain temps, on a une impression de captivité à la Comédie-Française.
— Déclaration citée par Purepeople, France Info et Profession Spectacle, mars 2018 (source d'origine non datée précisément)
Quand je ne joue pas, je suis infernale.
— Déclaration citée par Profession Spectacle, mars 2018 (source d'origine non datée précisément)
Je n'en garde pas un mauvais souvenir, puisque cela m'a permis de jouer une quantité de pièces du répertoire, de débuter au cinéma, de faire des tournées. Mais au bout d'un certain temps, on a une impression de captivité à la Comédie-Française.
— Déclaration citée par Purepeople, France Info et Profession Spectacle, mars 2018 (source d'origine non datée précisément)