Philippe Lucas, né le 15 avril 1963 à Melun (Seine-et-Marne), est entraîneur de natation français. Autoproclamé "tringle" en tant que nageur, il devient coach à 20 ans et forge sa réputation au Cercle des nageurs de Melun, où il prépare Laure Manaudou jusqu'à sa médaille d'or olympique sur 400 mètres nage libre aux Jeux d'Athènes en 2004. Biographie, compagne, enfants, carrière, controverses : portrait d'un entraîneur atypique à la longévité peu commune dans la natation française.
Philippe Lucas grandit à Melun, où sa grand-mère tient un bistrot pendant trente ans. C'est là qu'il passe son enfance, servant et plaçant les clients dès l'âge de dix ans : "Quand tel mec arrivait, je savais qu'il fallait le mettre ici. L'autre, c'était à l'opposé. Lui, il ne fallait pas qu'il se mette à côté d'untel car au bout de dix canons, il allait l'emmerder." Il attribue à cette école de terrain son aisance à gérer des sportifs de haut niveau (Sphères Magazine, septembre 2025). Vers 16 ans, il quitte l'école et passe ses diplômes de maître-nageur. Il effectue un an de service militaire, puis débute l'entraînement à 20 ans. À 14 ans, il nettoie déjà les toilettes de la piscine de Melun pour gagner quelques francs. Il confie à Gala en 2007 : "Quand vous regardez le chemin parcouru, ouais, vous vous dites que c'est pas trop mal !" Nageur licencié à l'US Melun, il se qualifie lui-même de "tringle" et découvre le haut niveau en 1977 lors d'un passage à l'INSEP (Wikipedia ; Gala, août 2007).
En 1983, il devient entraîneur à l'US Melun, puis passe au CN Melun-Dammarie en 1990, club devenu ensuite le Cercle des nageurs de Melun Val de Seine. Il y obtient ses premiers résultats probants à l'international : Julia Reggiany, sélectionnée aux JO de Barcelone 1992 et future compagne, Nadège Cliton et David Abrard sélectionnés aux JO de 1996, Alena Popchanka deux fois titrée aux Championnats d'Europe en petit bassin en 2002. C'est dans ce club qu'il prend en charge la jeune Laure Manaudou. Après des rapports conflictuels avec la Fédération française de natation, il est intégré comme entraîneur associé à l'Équipe de France en 2004, année où Manaudou remporte l'or olympique à Athènes sur 400 mètres nage libre. Sur ce moment, Lucas déclare en 2024 : "C'est un soulagement, parce qu'elle devait gagner. Oui, c'est un bon souvenir, mais j'en ai eu d'autres après." (Vinci Autoroutes, avril 2024). En août 2006, il rejoint Canet 66 natation à Canet-en-Roussillon en emmenant tout son groupe. En mai 2007, Manaudou le quitte pour rejoindre son compagnon Luca Marin en Italie. Lucas réagit à Gala : "Les athlètes de très très haut niveau sont des fauves. La plupart n'ont aucun respect. Et c'est justement pour ça qu'ils sont les plus forts." En février 2009, il est mis à pied par Canet pour faute grave après avoir affirmé ne pas avoir été payé depuis des mois ; ses nageurs Xavier Leprêtre, Camelia Potec et Magali Rousseau refusent de reprendre l'entraînement en signe de soutien (Wikipedia ; Gala, août 2007).
Il s'installe à Narbonne en 2012, puis à Paris avec le groupe Lagardère Paris Racing, où il entraîne notamment Federica Pellegrini, Sharon van Rouwendaal et Amaury Leveaux, puis à Montpellier. En 2015, il devient consultant pour France Télévisions et commente les Championnats du monde, les Championnats d'Europe 2016 et les JO de Rio avec Laure Manaudou et Nelson Monfort. Depuis septembre 2021, il dirige un groupe de nageurs à Martigues (Bouches-du-Rhône), axé sur la vitesse, le demi-fond et l'eau libre, avec notamment Charlotte Bonnet, Anastasiia Kirpichnikova (médaillée d'argent aux JO de Paris 2024 sur 1 500 mètres nage libre), Jérémy Desplanches et Ahmed Jaouadi. En mars 2025, son contrat est prolongé jusqu'aux JO de 2028 (Maritima, mars 2025 ; JDD, décembre 2023 ; Vinci Autoroutes, avril 2024).
En août 2007, le Cercle des nageurs de Melun Val de Seine dépose trois plaintes contre X pour irrégularités présumées dans les comptes du club sur la période 2001-2006, période pendant laquelle Philippe Lucas en était l'entraîneur et son père Jean le président. Le club dénonce notamment l'émission de chèques litigieux, dont deux à hauteur de 25 000 euros au bénéfice de Lucas. Le 16 mai 2008, Lucas est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour "faux et usage de faux, vol et abus de confiance" après 24 heures en garde à vue. Il a toujours nié les faits, affirmant que les sommes correspondaient à des "primes de résultats pour les JO de 2004, validées par le bureau du club", sans produire de justificatifs. Au tribunal, il déclare : "J'ai servi ce club 22 ans de ma vie, j'ai fait parler de Melun dans le monde entier. Quand je pars, je pense à ce qu'ils me doivent et c'est normal." Le 12 mai 2014, le tribunal correctionnel de Melun le relaxe. Le parquet fait appel. En juin 2015, la cour d'appel le condamne à une amende de 2 500 euros (Wikipedia ; Eurosport, 2014 ; France 3 Occitanie, 2014). En février 2009, à Canet-en-Roussillon, son licenciement pour faute grave donne lieu à une version contradictoire : Lucas affirme ne pas avoir été payé depuis des mois ; le président du club Pierre Rollin le décrit comme "un personnage sulfureux et ingérable n'ayant jamais respecté les budgets" (Wikipedia).
Philippe Lucas est en couple avec Julia Reggiany, ancienne nageuse qu'il a entraînée et qui a représenté la France aux JO de Barcelone en 1992. Ils ont deux enfants : Tom, né en octobre 2005, et Lou, née en 2007. Laure Manaudou est la marraine de Tom, bien que Lucas confie à Gala en 2007 qu'elle n'a pas pris de nouvelles de l'enfant depuis son départ du club. Il résume ses priorités sans détour : "A l'exception de ma femme et de mes enfants, je ne m'attache à rien. Je ne suis pas un sentimental." (Gala, août 2007). Sa journée type à Martigues : lever à 4h50, séance de musculation et de cardio avec du Johnny Hallyday dans les enceintes, puis deux sessions d'entraînement de 7h15 à 10h et de 14h à 18h (JDD, décembre 2023 ; Maritima, mars 2025). Il conteste fermement l'étiquette d'entraîneur dur qui lui colle depuis l'ère Manaudou : "Ça fait 42 ans que tu entraînes, c'est pas le hasard. Quand ça fait des années que tu as des nageurs à haut niveau qui sont médaillés dans les grands championnats, c'est que tu sais manager les mecs." (Maritima, mars 2025). Son film préféré est Un singe en hiver pour les dialogues d'Audiard et le jeu de Jean-Paul Belmondo, qu'il considère comme "un monstre sacré" (JDD, décembre 2023). Supporter du Paris Saint-Germain, il a été chroniqueur pour France 2 Foot pendant la saison 2007-2008. En avril 2008, Alain Cayzac, alors président du PSG, avait envisagé de le solliciter pour "motiver les mecs" lors d'une période difficile du club ; la piste n'avait pas abouti (Wikipedia ; Sphères Magazine, septembre 2025).
Lucas ne revendique pas d'engagements associatifs ou politiques publics. Il définit la natation comme sa seule passion : "Je ne jardine pas, je ne lis pas. C'est ma vie. Pour d'autres, c'est la peinture ou la musique." (Vinci Autoroutes, avril 2024). À Narbonne entre 2012 et 2015, il contribue au rayonnement de la ville selon les termes de son contrat avec l'agglomération du Grand Narbonne. À Martigues, il s'implique dans le développement de la natation en eau libre, notamment en soutenant l'organisation des Championnats de France d'eau libre sur la base de Toulon (Maritima, mars 2025).
Philippe Lucas est né et a construit sa carrière à Melun (Seine-et-Marne), ville où il passe plus de vingt ans. Il s'installe ensuite successivement à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), Narbonne (Aude), Paris (Lagardère Paris Racing), Montpellier, puis depuis septembre 2021 à Martigues (Bouches-du-Rhône), où le complexe nautique Avatica dispose d'un bassin olympique de 50 mètres en plein air. Il décrit les conditions de Martigues comme exceptionnelles : "Quand les gens nagent ici, ils sont dans des conditions exceptionnelles pour nager en plein air. Ils sont quatre ou cinq dans les lignes d'eau, c'est un super outil pour tout le monde." Son contrat y est prolongé jusqu'aux JO 2028 (Maritima, mars 2025 ; Vinci Autoroutes, avril 2024).
J'entends dire partout que les jeunes ont changé, c'est des conneries. Ce qui cloche, c'est l'éducation, le rapport à l'autorité. Mes gamins dans le bassin, je ne suis pas là pour les fliquer, mais je les recadre dès qu'il le faut. Et on avance ensemble.
— JDD, décembre 2023
Nager 5 à 6 heures par jour, tous les jours, la tête dans l'eau, ça use. J'ai eu des nageurs en fin de parcours qui étaient au top physiquement. Ils faisaient leur meilleur temps sur la piste. Mais dans l'eau, ils n'acceptaient plus le travail car ils étaient usés mentalement.
— olympics.com, Tokyo 2021
Les Jeux Olympiques, vous attendez tout le temps. C'est un village qui fait 16 000 personnes, 10 000 athlètes. Vous attendez pour manger, prendre le car, l'ascenseur. Parfois, vous êtes six par appartement, avec deux ou trois personnes par chambre, donc vous n'êtes pas dans le confort.
— Vinci Autoroutes, avril 2024
J'entends dire partout que les jeunes ont changé, c'est des conneries. Ce qui cloche, c'est l'éducation, le rapport à l'autorité. Mes gamins dans le bassin, je ne suis pas là pour les fliquer, mais je les recadre dès qu'il le faut. Et on avance ensemble.
— JDD, décembre 2023
Nager 5 à 6 heures par jour, tous les jours, la tête dans l'eau, ça use. J'ai eu des nageurs en fin de parcours qui étaient au top physiquement. Ils faisaient leur meilleur temps sur la piste. Mais dans l'eau, ils n'acceptaient plus le travail car ils étaient usés mentalement.
— olympics.com, Tokyo 2021
Les Jeux Olympiques, vous attendez tout le temps. C'est un village qui fait 16 000 personnes, 10 000 athlètes. Vous attendez pour manger, prendre le car, l'ascenseur. Parfois, vous êtes six par appartement, avec deux ou trois personnes par chambre, donc vous n'êtes pas dans le confort.
— Vinci Autoroutes, avril 2024