Résumé biographique

Raúl Damonte Botana, dit Copi, est un écrivain, dramaturge et dessinateur argentin installé à Paris, figure du mouvement gay et de la contre-culture, connu pour ses pièces en français et ses bandes dessinées, notamment la série La Femme assise et des œuvres théâtrales comme La journée d’une rêveuse, Eva Perón ou L’Homosexuel ou la Difficulté de s’exprimer.


Parcours

Né à Buenos Aires en 1939, Copi grandit dans une famille d’intellectuels et de journalistes marquée par l’engagement politique, et passe une grande partie de son enfance à Montevideo. Dès l’adolescence, il publie des caricatures dans le journal familial et dans le magazine satirique Tía Vicenta. Les activités anti-péronistes de son père entraînent l’exil familial en Uruguay, à Haïti puis à New York, avant son installation à Paris en 1962. Il y commence comme dessinateur de presse pour Le Nouvel Observateur, où naît la série La Femme assise. À partir de la fin des années 1960, il s’impose comme dramaturge avec des pièces jouées en France, en Argentine et en Europe, tout en poursuivant une œuvre de romancier et de nouvelliste.


Repères de carrière

20/11/1939 : Naissance de Raúl Damonte Botana à Buenos Aires (Argentine).
1955 : Retour à Buenos Aires, débuts de caricaturiste pour Tribuna Popular et Tía Vicenta.
1961 : Première pièce lue en public à Buenos Aires, Lamento pour un ange.
1962 : Installation définitive à Paris, début de carrière dans le dessin de presse.
1964 : Création de la série La Femme assise dans Le Nouvel Observateur.
1967 : Tour Guinigi d’or au salon de Lucca, premier grand prix européen de bande dessinée partagé avec d’autres auteurs.
1968 : Création de La journée d’une rêveuse, qui révèle son théâtre en France.
1969 : Création d’Eva Perón, pièce politique autour de la figure péroniste.
1971 : Première de L’Homosexuel ou la Difficulté de s’exprimer mise en scène par Jorge Lavelli.
1973 : Création de Les Quatre Jumelles et Loretta Strong.
1975 : Première de La Pyramide.
1978 : Création de La Tour de la Défense à Paris.
1979 : Dessins de la créature Libérett’ dans le quotidien Libération.
1982 : Réception du Premio Konex, catégorie humour graphique, en Argentine.
14/12/1987 : Mort à Paris lors des répétitions d’Une visite inopportune.


Vie personnelle et engagements

Issu d’une lignée de journalistes et d’écrivains argentins, Copi est le fils de Raúl Damonte Taborda, député et directeur du journal Tribuna Popular, et de Georgina Botana, petite-fille de l’éditeur Natalio Félix Botana et de la dramaturge Salvadora Medina Onrubia. Cette double culture politique et littéraire façonne tôt son rapport au théâtre et au dessin. Exilé avec sa famille, il vit entre Montevideo, Haïti, New York et Buenos Aires avant de se fixer à Paris, où il compose l’essentiel de son œuvre en français. Compagnon de l’écrivain et militant Guy Hocquenghem, il s’implique dans les luttes homosexuelles des années 1970, notamment autour du FHAR et de la presse militante. Sa vie personnelle reste étroitement liée aux milieux artistiques, théâtraux et intellectuels de Paris et de Buenos Aires.


Anecdotes

1 – Son pseudonyme « Copi » vient d’un surnom affectueux donné dans l’enfance, dérivé de « copito de nieve » ou « copita de nieve », « petit flocon de neige » en espagnol.
2 – Le personnage de La Femme assise, créé en 1964 dans Le Nouvel Observateur, est resté dix ans dans l’hebdomadaire et l’a imposé comme dessinateur majeur de la presse française.
3 – En 1967, il reçoit au salon de bande dessinée de Lucques la Tour Guinigi d’or, l’un des premiers grands prix européens de bande dessinée, aux côtés de Guido Crepax et Jules Feiffer.
4 – Proche de Guy Hocquenghem, il rejoint Libération dans les années 1970, où il crée la créature Libérett’ puis le personnage de Kang le kangourou, figures satiriques liées à l’actualité politique et sexuelle.
5 – Il meurt des suites du sida alors qu’il répète Une visite inopportune, pièce dont le personnage principal est lui-même un malade du sida hospitalisé, faisant se rejoindre sa vie et sa fiction.
6 – En 2019, la Ville de Paris fait apposer une plaque au 10, rue Cauchois (18e arrondissement), dernière adresse où il a vécu, mentionnant « Raúl Damonte Botana dit Copi (1939-1987), romancier, dramaturge et dessinateur ».


Lieux de mémoire

Né à Buenos Aires et élevé en partie à Montevideo, Copi garde un lien constant avec le Río de la Plata tout en vivant principalement à Paris à partir de 1962. Il réside notamment rue Cauchois, dans le 18e arrondissement, où une plaque commémorative rappelle sa présence. Ses archives théâtrales et manuscrits des dernières années sont conservés à l’IMEC, à l’abbaye d’Ardenne près de Caen, devenu un lieu de référence pour l’étude de son œuvre.


Contexte du décès

Copi meurt le 14 décembre 1987 à Paris, à l’âge de 48 ans, des suites du sida. Il est alors en pleine répétition d’Une visite inopportune, pièce centrée sur un malade du sida hospitalisé, qui sera publiée et montée après sa disparition. Cette coïncidence entre sa maladie et le thème de la pièce marque fortement la réception de son œuvre. Sa mort intervient dans un contexte de crise sanitaire et de stigmatisation des personnes concernées par le VIH, particulièrement dans les milieux homosexuels auxquels il est publiquement associé. Des hommages lui sont rendus dans la presse culturelle, les milieux du théâtre et du dessin de presse en France et en Argentine.


Points clés

• Métier(s) : romancier, dramaturge, dessinateur de presse, auteur de bande dessinée, acteur occasionnel
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Guy Hocquenghem (compagnon de longue date, milieu littéraire et militant gay parisien)
• Enfants : non renseignés publiquement
• Distinctions : Tour Guinigi d’or (Salon international de la bande dessinée de Lucques, 1967) ; Premio Konex, catégorie humour graphique, 1982