Résumé biographique

Françoise Dolto, pédiatre et psychanalyste française née le 6 novembre 1908 à Paris et décédée le 25 août 1988 dans la même ville, est une figure pionnière de la psychanalyse de l’enfant, connue pour son approche originale centrée sur le langage, le corps et la relation parent-enfant.

Parcours

Françoise Marguerite Marette naît dans une famille d’ingénieurs catholiques et royalistes à Paris. Elle suit des études de médecine après avoir obtenu son baccalauréat en philosophie. Elle obtient un diplôme d’infirmière en 1930 puis s’engage dans des études de médecine. En 1934-1937 elle effectue une psychanalyse auprès de René Laforgue, ce qui oriente sa vocation vers la psychanalyse. Elle soutient sa thèse intitulée « Psychanalyse et pédiatrie » en 1939, mettant en relation médecine, pédiatrie et psychanalyse.

Elle travaille ensuite comme pédiatre et psychanalyste, notamment avec Sophie Morgenstern, et se spécialise dans la prise en charge psychanalytique des enfants. Dans les années 1960-70 elle se fait connaître du grand public avec ses émissions radio (« Lorsque l’enfant paraît ») et plusieurs ouvrages. Elle est membre fondatrice de l’École freudienne de Paris en 1964. Ses thèmes majeurs : « l’enfant est une personne », «tout est langage», «l’image inconsciente du corps». Elle abandonne progressivement la consultation hospitalière après 1978 et poursuit ses écrits et conférences jusqu’à son décès en 1988.

Repères de carrière

1908 : naissance à Paris.
1930 : diplôme d’infirmière.
1939 : soutenance de la thèse « Psychanalyse et pédiatrie ».
1964 : co-fondation de l’« École freudienne de Paris ».
1976-1978 : animation de l’émission radio « Lorsque l’enfant paraît ».
1985 : publication de « La Cause des enfants ».
1988 : décès à Paris le 25 août.

Vie personnelle et engagements

Françoise Dolto épouse Boris Dolto en décembre 1942. Le couple a trois enfants : Jean-Chrysostome (dit Carlos, 1943-2008), Grégoire (né 1944) et Catherine (née 1946). Elle est membre active de l’Église catholique et assume dans ses travaux la question de la spiritualité dans la psychanalyse, proposant que foi et inconscient peuvent coexister.

Engagée dans la cause des enfants et de la parole parentale, elle défend que chaque enfant, même tout-petit, est sujet, que le corps communique avant le langage, et que l’adolescence se vit comme « le complexe du homard ». Ses positions suscitent aussi des critiques autour de la responsabilité parentale, de l’autisme et du lien entre psychanalyse et droit des mineurs.

Lieu de mémoire

Françoise Dolto est inhumée dans le cimetière de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), dans un caveau familial aux côtés de son mari Boris. Plusieurs établissements et rues en France portent son nom depuis les années 1990 en hommage à son œuvre sur l’enfant et la parentalité.

Anecdotes

1 - Dans son livre « La Cause des enfants » (1985) elle note que « on ne peut pas mentir à l’inconscient », soulignant l’importance de la vérité adressée à l’enfant.
2 - Elle fait partie des signataires, en 1977, d’une pétition relative à l’âge de consentement aux relations entre adultes et mineurs, ce qui suscite un débat important dans les années 2020.
3 - Elle présente le concept du « complexe du homard » pour évoquer l’adolescence, image désormais largement reprise dans la littérature éducative.

Points clés

- Métier(s) : pédiatre, psychanalyste, auteure
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations : Boris Dolto (époux depuis 1942)
- Enfants : Jean-Chrysostome « Carlos » (1943-2008), Grégoire (1944), Catherine (1946)
- Distinctions : reconnue figure de la psychanalyse d’enfant, auteure de nombreux ouvrages de référence