Cette année marque le 10ᵉ anniversaire de sa disparition.
Sonia Flis, dite Sonia Rykiel, est une grande couturière et écrivaine française née le 25 mai 1930 à Paris et morte le 25 août 2016 dans la même ville. Surnommée la « reine du tricot », fondatrice en 1968 de la maison de couture éponyme, elle a inventé la « démode ».
Sans formation de styliste, Sonia Rykiel commence sa vie professionnelle en 1948, à dix-sept ans, comme étalagiste à la Grande Maison de Blanc, magasin de textile parisien. En 1962, enceinte et ne trouvant pas de pulls assez souples, elle dessine ses propres tricots, fabriqués chez un fournisseur vénitien utilisé par son mari Sam Rykiel, propriétaire de la boutique Laura située rue de Grenelle. Son Poor Boy Sweater, pull court et moulant, fait la couverture du magazine Elle en 1963 et lui ouvre les portes du marché américain. En 1967, le magazine américain Women's Wear Daily la sacre « reine du tricot ». Le 24 mai 1968, en pleins événements parisiens, elle ouvre sa première boutique au 6 rue de Grenelle à Paris, sur la rive gauche, avec le soutien de sa fille Nathalie Rykiel.
Au cours des années 1970, elle systématise les coutures apparentes à l'envers, l'absence de doublure et l'absence d'ourlet, signes distinctifs durables de la maison. Audrey Hepburn fait du Poor Boy Sweater l'une de ses pièces signatures. Sonia Rykiel développe ensuite des lignes hommes, enfants, accessoires, parfums et arts de la table. En 1990, elle ouvre son magasin amiral au 175, boulevard Saint-Germain. En 1995, sa fille Nathalie Rykiel reprend la direction artistique et managériale de la maison ; Sonia Rykiel conserve une présence dans les défilés et les communications jusqu'en 2009. En décembre 2009, la maison signe avec H&M une collaboration inédite portant sur une collection de lingerie présentée au Grand Palais, en présence de la créatrice.
En janvier 2012, la famille Rykiel cède 80 % du capital de la maison au fonds hongkongais Fung Brands, devenu ensuite First Heritage Brands, tout en conservant 20 % et le patrimoine immobilier. Après plusieurs années de pertes, la société Sonia Rykiel Création et Diffusion de Modèles est placée en redressement judiciaire en avril 2019. Le 25 juillet 2019, le tribunal de commerce de Paris prononce sa liquidation judiciaire faute de repreneur viable, entraînant le licenciement des 131 salariés et la fermeture des sept boutiques en France et à Monaco. Les salariés sont représentés par l'avocat Thomas Hollande. Fin 2019, les frères Eric et Michael Dayan rachètent la marque pour environ dix millions d'euros.
1930 : naissance à Paris, le 25 mai, dans une famille juive d'origine polonaise et roumaine
1948 : étalagiste à la Grande Maison de Blanc, à Paris
1953 : mariage avec Sam Rykiel, propriétaire de la boutique Laura
1962 : création du Poor Boy Sweater, vendu chez Laura
1967 : sacrée « reine du tricot » par Women's Wear Daily
1968 : ouverture de la première boutique, rue de Grenelle, à Paris ; divorce de Sam Rykiel
1979 : parution de son premier livre
1985 : faite chevalier de la Légion d'honneur par François Mitterrand
1990 : ouverture du magasin amiral au 175, boulevard Saint-Germain
1993 : officier de l'ordre des Arts et des Lettres, remis par Jack Lang
1995 : Nathalie Rykiel reprend la direction artistique de la maison
2008 : élevée au grade de grand officier de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy
2009 : collaboration lingerie avec H&M, lancée au Grand Palais
2012 : Fung Brands rachète 80 % de la maison ; parution de N'oubliez pas que je joue, révélant sa maladie de Parkinson
2016 : mort à Paris le 25 août, à l'âge de 86 ans
Sonia Flis naît dans une famille juive d'origine polono-roumaine ; sa mère est polonaise, son père horloger venu de Roumanie. Elle est l'aînée d'une fratrie de cinq sœurs. En 1953, elle épouse Sam Rykiel, propriétaire de la boutique de prêt-à-porter Laura à Paris ; le couple a deux enfants, Nathalie Rykiel, née en 1957, et Jean-Philippe Rykiel, né en 1961 et devenu compositeur et claviériste, aveugle de naissance à la suite d'une négligence en couveuse. Sam et Sonia Rykiel divorcent en 1968. Sa fille Nathalie a elle-même trois filles, Lola, Tatiana et Salomé Burstein, nées de son union avec Simon Burstein.
Installée à Saint-Germain-des-Prés, à Paris, Sonia Rykiel est une figure du quartier et fréquente le monde littéraire, cinématographique et politique français. Elle est proche de Régine Deforges et compte parmi ses amies les éditrices des éditions des femmes ainsi que des militantes du Mouvement de libération des femmes, qui rendront hommage à sa « révolutionnaire » dans le carnet du Monde. Elle apparaît dans le film Prêt-à-Porter de Robert Altman en 1994, qui s'inspire en partie de son parcours via le personnage incarné par Anouk Aimée.
Sonia Rykiel meurt le 25 août 2016, à cinq heures du matin, à son domicile parisien, des suites de la maladie de Parkinson, diagnostiquée à la fin des années 1990 et révélée publiquement en 2012 dans son livre N'oubliez pas que je joue, coécrit avec la journaliste Judith Perrignon. Sa fille Nathalie Rykiel annonce le décès à l'AFP. Le président François Hollande lui rend hommage par communiqué de l'Élysée et sur Twitter, saluant « une femme libre, une pionnière ». Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre Marisol Touraine publient également des messages officiels. Les obsèques, publiques, se tiennent au cimetière du Montparnasse, à Paris, le jeudi 1er septembre 2016 à 14h30.
Sonia Rykiel est inhumée au cimetière du Montparnasse, à Paris, division 2, sa tombe étant située à gauche de celle de Paul Belmondo. Le 29 septembre 2018, la ville de Paris inaugure l'allée Sonia-Rykiel, entre la rue de Sèvres et la rue de Rennes ; elle devient ainsi la première créatrice de mode à donner son nom à une rue parisienne.
1 - Le tout premier pull Poor Boy a été renvoyé sept fois en atelier pour modifications avant que Sonia Rykiel n'obtienne la coupe ajustée qu'elle voulait, ce qui l'a conduite à expérimenter coutures, ourlets et doublures.
2 - Elle n'a jamais suivi de formation de couture ni de stylisme : elle s'est appuyée sur un fournisseur vénitien utilisé par la boutique de son mari pour produire ses premiers tricots en 1962.
3 - En 1991, un rosier rose pâle est baptisé « Sonia Rykiel » en son honneur par un horticulteur, hommage rare pour une créatrice de mode vivante.
4 - Le manga JoJo's Bizarre Adventure : Stone Ocean, dessiné par Hirohiko Araki, comporte un personnage prénommé Rikiel, en référence directe à la créatrice.
5 - Dans son livre paru en 2012, elle surnomme sa maladie « P de P », pour « putain de Parkinson », expression qu'elle reprendra dans plusieurs entretiens.
6 - Toujours vêtue de noir, elle ne se séparait jamais de sa chevelure flamboyante orange-roux, devenue avec le temps un véritable signe distinctif de sa silhouette publique.
- Métier(s) : couturière, créatrice de mode, écrivaine
- Résidence principale : Paris, quartier Saint-Germain-des-Prés
- Relations de couple : mariée à Sam Rykiel de 1953 à 1968
- Enfants : Nathalie Rykiel et Jean-Philippe Rykiel
- Distinctions : grand officier de la Légion d'honneur, officier des Arts et des Lettres, sacrée « reine du tricot » par Women's Wear Daily en 1967
« Je ne pouvais plus cacher ce P de P. »
— Entretien magazine Elle, 2012
« Il faut porter le vêtement pour son propre corps, et non en fonction des diktats que la mode lui impose. »
— N'oubliez pas que je joue, éditions L'Iconoclaste, 2012
« Je ne veux pas montrer ma souffrance. J'ai résisté, j'ai hésité, j'ai essayé de me rendre invisible, de faire comme si rien n'allait. C'est impossible, ça ne me ressemble pas. »
— N'oubliez pas que je joue, éditions L'Iconoclaste, 2012 (traduit de l'anglais via Women's Wear Daily, version originale française)
Comment voulez-vous avoir un train de vie élevé sans avoir des hauts talons ?
Parkinson, c'est un nom de scène, un nom de rose, pas un mot pour être malade, c'est pour ça que je l'ai rebaptisée.
Le chocolat en tête à tête c'est somptueux, à la fin d'un dîner c'est superbe, c'est le bonheur, un rite, une cérémonie.
« Je ne pouvais plus cacher ce P de P. »
— Entretien magazine Elle, 2012
« Il faut porter le vêtement pour son propre corps, et non en fonction des diktats que la mode lui impose. »
— N'oubliez pas que je joue, éditions L'Iconoclaste, 2012
« Je ne veux pas montrer ma souffrance. J'ai résisté, j'ai hésité, j'ai essayé de me rendre invisible, de faire comme si rien n'allait. C'est impossible, ça ne me ressemble pas. »
— N'oubliez pas que je joue, éditions L'Iconoclaste, 2012 (traduit de l'anglais via Women's Wear Daily, version originale française)
Comment voulez-vous avoir un train de vie élevé sans avoir des hauts talons ?
Parkinson, c'est un nom de scène, un nom de rose, pas un mot pour être malade, c'est pour ça que je l'ai rebaptisée.
Le chocolat en tête à tête c'est somptueux, à la fin d'un dîner c'est superbe, c'est le bonheur, un rite, une cérémonie.