Figure majeure du théâtre anglophone du XXe siècle, le dramaturge et scénariste Tom Stoppard s’impose comme une référence des arts de la scène et du cinéma, avec des pièces et scénarios joués et diffusés dans le monde entier, de Rosencrantz and Guildenstern Are Dead à Leopoldstadt en passant par Shakespeare in Love.
Né Tomáš Sträussler le 3 juillet 1937 à Zlín, en Tchécoslovaquie, Tom Stoppard passe son enfance en exil à Singapour puis en Inde avant de s’installer au Royaume-Uni en 1946, où il est scolarisé notamment à Pocklington School. Il commence sa carrière comme journaliste régional et critique dramatique au début des années 1960, tout en écrivant ses premières pièces, dont A Walk on the Water, futur Enter a Free Man. Sa notoriété internationale se consolide avec Rosencrantz and Guildenstern Are Dead, créé à la fin des années 1960, qui l’impose durablement sur la scène britannique et américaine. Parallèlement, il développe une activité soutenue de scénariste pour le cinéma, la radio et la télévision, et collabore à des films tels que Brazil, Empire of the Sun ou Shakespeare in Love, poursuivant une production dramatique continue jusqu’à Leopoldstadt au début des années 2020.
3 juillet 1937 : Naissance à Zlín, Tchécoslovaquie, sous le nom de Tomáš Sträussler.
1939–1942 : Fuite de la famille vers Singapour puis l’Inde pour échapper aux persécutions nazies.
1946 : Installation définitive en Angleterre et adoption du nom Stoppard après le remariage de sa mère.
1960 : Achèvement de la pièce A Walk on the Water, qui deviendra Enter a Free Man et marque ses débuts reconnus de dramaturge.
1966–1967 : Création de Rosencrantz and Guildenstern Are Dead à l’Edinburgh Festival Fringe puis au National Theatre de Londres.
1968 : Tony Award pour la production américaine de Rosencrantz and Guildenstern Are Dead à Broadway.
1972–1974 : Présentation de Jumpers puis de Travesties, qui s’imposent dans le répertoire anglophone.
1977 : Création d’Every Good Boy Deserves Favour et diffusion du téléfilm Professional Foul, lié à la campagne « Prisoners of Conscience » d’Amnesty International.
1989 : Co-écriture du scénario de Indiana Jones and the Last Crusade pour le cinéma.
1993 : Création d’Arcadia au National Theatre de Londres.
1997–2000 : Adoubement comme chevalier (Knight Bachelor) puis admission dans l’Order of Merit du Royaume-Uni.
1998–1999 : Succès international de Shakespeare in Love et Oscar du meilleur scénario original partagé.
2002–2007 : Cycle de la trilogie The Coast of Utopia et Tony Award du meilleur spectacle pour la production new-yorkaise.
2020 : Première de Leopoldstadt à Londres, pièce centrée sur une famille juive viennoise et la mémoire de la Shoah.
29 novembre 2025 : Décès à son domicile du Dorset, en Angleterre, à l’âge de 88 ans.
Tom Stoppard est issu d’une famille juive tchécoslovaque déplacée par la guerre, expérience qui marque ultérieurement ses pièces consacrées aux exils et aux droits humains. Devenu citoyen britannique, il se marie en 1965 avec l’infirmière Jose (Josie) Ingle, avec qui il a deux fils, Oliver et Barnaby, avant un divorce en 1972. La même année, il épouse la médecin et autrice Miriam Stern (Miriam Moore-Robinson) dont il a deux fils, Ed, devenu acteur, et Will, musicien. Le couple se sépare au début des années 1990, période où Stoppard entretient une relation stable avec l’actrice Felicity Kendal. En 2014, il se remarie avec la productrice Sabrina Guinness, avec laquelle il réside principalement dans le Dorset. Parallèlement, il s’implique durablement dans des organisations comme Amnesty International, Index on Censorship et divers comités de soutien aux dissidents d’Europe de l’Est.
1 – Grâce à une bourse de la Ford Foundation en 1964, il séjourne plusieurs mois à Berlin, où un premier projet intitulé Rosencrantz and Guildenstern Meet King Lear évolue vers Rosencrantz and Guildenstern Are Dead.
2 – Au début des années 1960, il signe des critiques théâtrales pour le magazine londonien Scene sous le pseudonyme « William Boot », emprunté au roman Scoop d’Evelyn Waugh.
3 – Le téléfilm Professional Foul, diffusé en 1977, est écrit pour l’Année des prisonniers de conscience d’Amnesty International et dédié à Václav Havel, alors surveillé et emprisonné par les autorités tchécoslovaques.
4 – En tant que scénariste, il co-écrit le film Indiana Jones and the Last Crusade et intervient ensuite, de manière non créditée, sur des projets comme Sleepy Hollow ou Star Wars: Episode III – Revenge of the Sith.
5 – Dans les années 1990, il établit précisément le sort de ses grands-parents et d’autres membres de sa famille, victimes de la Shoah, recherche qui nourrit directement l’écriture de Leopoldstadt.
6 – En plus de son Oscar, il reçoit cinq Tony Awards pour des pièces telles que Rosencrantz and Guildenstern Are Dead, Travesties, The Real Thing, The Coast of Utopia et Leopoldstadt, ainsi que le Praemium Imperiale en 2009 pour l’ensemble de son œuvre dramatique.
Les lieux associés à Tom Stoppard couvrent son parcours d’exil et de travail : Zlín en Tchécoslovaquie, Singapour et l’Inde de son enfance, puis l’Angleterre où il grandit et se forme. Installé ensuite à Londres, il demeure étroitement lié aux scènes du West End et du National Theatre, avant de résider principalement dans le Dorset, où il meurt en 2025, région désormais centrale dans les hommages qui lui sont rendus.
Tom Stoppard meurt le 29 novembre 2025 à son domicile du Dorset, en Angleterre, à l’âge de 88 ans. Son agence et sa famille indiquent un décès de cause naturelle, survenu paisiblement et entouré de ses proches. L’annonce entraîne de nombreux hommages dans la presse internationale, au sein de la communauté théâtrale et cinématographique. Plusieurs théâtres londoniens et de Broadway prévoient l’extinction symbolique de leurs lumières de façade, tandis que des institutions culturelles rappellent son rôle de dramaturge et de défenseur de la liberté d’expression.
• Métier(s) : dramaturge, auteur dramatique, scénariste pour le cinéma, la radio et la télévision
• Résidence principale : Dorset, Angleterre, Royaume-Uni
• Relations : Jose (Josie) Ingle (mariage 1965–1972) ; Miriam Stern (mariage 1972–1992) ; relation avec Felicity Kendal (années 1990) ; Sabrina Guinness (mariage à partir de 2014)
• Enfants : Oliver, Barnaby, Ed, Will Stoppard
• Distinctions : chevalier (Knight Bachelor, 1997) ; membre de l’Order of Merit (2000) ; cinq Tony Awards ; trois Laurence Olivier Awards ; Oscar du meilleur scénario original pour Shakespeare in Love ; Praemium Imperiale pour le théâtre (2009)