Biographie
Figure majeure du théâtre français, Judith Magre, née Simone Dupuis à Montier-en-Der, s’impose depuis la fin des années 1940 comme une actrice et chanteuse présente au cinéma, au cabaret et sur les grandes scènes parisiennes, régulièrement récompensée par la profession et toujours active à un âge avancé.
Parcours
Née en 1926 à Montier-en-Der dans une famille d’industriels, Judith Magre étudie la philosophie à la Sorbonne avant de se tourner vers le théâtre. Elle suit les cours de comédie au cours Simon et des cours de danse classique, puis débute au cinéma à la fin des années 1940 sous le pseudonyme de Simone Chambord. Dans le courant de 1953, elle adopte définitivement le nom de scène Judith Magre et entame une carrière parallèle au théâtre et au cabaret. En 1955, elle se fait remarquer dans le personnage de Marie-Chantal au théâtre Fontaine. Elle rejoint ensuite la compagnie Renaud-Barrault, puis le TNP dans les années 1960, tout en poursuivant une filmographie continue et des rôles marquants au théâtre jusqu’aux années 2020.
Repères de carrière
20 novembre 1926 : Naissance à Montier-en-Der (Haute-Marne).
Fin des années 1940 : Débuts au cinéma sous le nom de Simone Chambord, notamment dans Clochemerle.
1953 : Adoption du pseudonyme Judith Magre.
1955 : Rôle de Marie-Chantal au théâtre Fontaine, écrit pour elle par Jacques Chazot.
1961-1962 : Engagement dans la compagnie Renaud-Barrault, avec notamment La Cerisaie et L’Orestie.
1963-1971 : Période au TNP, dans des pièces de Brecht, Euripide, Gorki ou Jean Vauthier.
1971 : Prix du Syndicat de la critique pour Les Prodiges de Jean Vauthier.
1972 : Prix du Syndicat de la critique pour Eugénie Kopronime de René Ehni.
1976 : Sortie de l’album Judith Magre chante Esther Prestia.
1990 : Molière de la comédienne dans un second rôle pour Greek.
2000 : Molière de la comédienne pour Shirley.
2006 : Molière de la comédienne pour Histoires d’hommes.
2011 : Brigadier d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
2021-2023 : Tournée d’Une vie allemande au Théâtre de Poche-Montparnasse.
2024-2025 : Spectacles Judith prend Racine au Poche puis Judith Magre dit Baudelaire, avant Judith Magre dit Aragon au Théâtre de Poche-Montparnasse.
Vie personnelle et engagements
De son vrai nom Simone Dupuis, Judith Magre grandit dans une famille d’industriels de Haute-Marne, aînée d’une fratrie de cinq enfants. Installée à Paris pour ses études, elle rompt des fiançailles jugées trop conformistes et construit sa vie dans le milieu artistique. Elle épouse en 1963 le réalisateur et journaliste Claude Lanzmann, dont elle divorce en 1971. Par la suite, elle vit une relation longue avec un compagnon de vingt ans son cadet, mort d’un infarctus à 43 ans, puis rencontre un autre partenaire autour de ses 85 ans. Elle a affirmé publiquement n’avoir jamais souhaité avoir d’enfants et assume cette position. Sur le plan public, elle signe en 2023 une tribune défendant la présomption d’innocence de Gérard Depardieu, marquant son implication dans les débats autour des artistes.
Anecdotes
1 – Jeune femme, elle rompt ses fiançailles lors d’un dîner réunissant les deux familles, puis rentre à Paris en stop et est hébergée chez la sœur d’Andrée Putman, vivant de petits boulots.
2 – Elle se confectionne elle-même des robes remarquées dans les bals mondains, chez Charles de Beistegui et Marie-Laure de Noailles, qui devient une proche, renforçant ses liens avec les milieux artistiques parisiens.
3 – Le personnage de Marie-Chantal, jeune bourgeoise jouée au théâtre Fontaine, est écrit sur mesure pour elle par Jacques Chazot, avec Guy Bedos en partenaire de scène débutant.
4 – En 1976, elle enregistre l’album Judith Magre chante Esther Prestia, qui témoigne de sa dimension de chanteuse au-delà du théâtre et du cinéma.
5 – La médiathèque de Montier-en-Der, sa ville natale, porte son nom, inscrivant son parcours d’actrice dans la mémoire locale.
6 – À plus de 98 ans, elle continue de monter sur scène et intervient dans les médias, où elle évoque sans détour son rapport à la maternité, à la vieillesse et à la mort.
Lieux de référence
Les lieux de référence de Judith Magre s’articulent autour de Montier-en-Der, en Haute-Marne, où elle naît et où la médiathèque municipale porte son nom, et de Paris, où elle vit depuis des décennies. Elle est particulièrement associée au quartier du Marais et aux théâtres parisiens, notamment le Théâtre de Poche-Montparnasse, le TNP et le Théâtre du Rond-Point.
Points clés
• Métier(s) : actrice, comédienne de théâtre, actrice de cinéma, actrice de télévision, chanteuse
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Claude Lanzmann (mariage 1963-1971) ; compagnon plus jeune (environ 15 ans de vie commune, décédé à 43 ans) ; compagnon rencontré vers 85 ans
• Enfants : aucun
• Distinctions : Prix du Syndicat de la critique (1971, 1972) ; Molière de la comédienne dans un second rôle (1990) ; Molière de la comédienne (2000, 2006) ; Brigadier d’honneur (2011) ; distinctions dans l’ordre national de la Légion d’honneur







