Frédérique Hébrard, née Frédérique Chamson, est une actrice, romancière et scénariste française (7 juin 1927, Nîmes - 7 septembre 2023, Morainvilliers), fille de l'académicien André Chamson, lauréate du Grand Prix du roman de l'Académie française en 1987 pour Le Harem et auteure de fresques télévisées populaires.
Frédérique Chamson naît à Nîmes en 1927 dans une famille protestante d'origine cévenole profondément ancrée dans la vie intellectuelle française. Son père, André Chamson, académicien et romancier, et sa mère, Lucie Mazauric, historienne et conservatrice de musée, font de leur foyer un passage obligé pour les figures de la vie culturelle et politique de l'entre-deux-guerres. Pendant la Seconde Guerre mondiale, André Chamson supervise le transfert des chefs-d'oeuvre du Louvre vers le château de Chambord pour les mettre à l'abri, puis rejoint les maquis du Lot. La famille entre en résistance et cache chez elle l'arrière-petite-nièce du capitaine Dreyfus. Après des études au lycée Henri-IV à Paris, puis dans les lycées de Versailles, Nîmes et Montauban, Frédérique Chamson entre en 1949 au Conservatoire national d'art dramatique de Paris, où elle a pour camarade Jean Le Poulain. Elle adopte comme pseudonyme le nom de sa grand-mère maternelle, Jeannette Hébrard, et débute à la Comédie-Française en 1949 dans Jeanne la Folle, sous la direction de Jean Meyer. Elle joue ensuite quelques rôles au théâtre et au cinéma, dont une apparition dans Le Crime des justes de Jean Gehret en 1950.
C'est l'écriture qui devient rapidement son activité centrale. En 1971, La Demoiselle d'Avignon, feuilleton télévisé coécrit avec son époux Louis Velle et réalisé par Michel Wyn, rencontre un large succès public et révèle l'actrice Marthe Keller dans le rôle principal. Le modèle est posé : Frédérique Hébrard écrit, souvent en étroite collaboration avec Louis Velle ou leurs enfants, des récits familiaux aux lourds secrets, pensés d'emblée pour la transposition audiovisuelle. Suivent notamment Un mari, c'est un mari (1976, adapté au cinéma), Le Mari de l'ambassadeur (1990), Le Château des Oliviers (1993, 7 d'or de la meilleure série télévisée), Le Grand Batre (1997) et Les Châtaigniers du désert (2010, réalisé par Caroline Huppert). Parallèlement à cette oeuvre télévisuelle, elle publie chez Flammarion des romans au succès commercial confirmé, dont La Chambre de Goethe (1981, prix Roland-Dorgelès) et Le Harem (1987), qui lui vaut le Grand Prix du roman de l'Académie française. Candidate à l'Académie française en 2001, elle ne parvient pas à obtenir le siège qui revient à l'écrivain Angelo Rinaldi. L'Académie française lui avait déjà décerné le prix Dumas-Millier en 1980 pour l'ensemble de son oeuvre. En 2017, à l'occasion de ses quatre-vingt-dix ans, elle publie ses mémoires, Elle était une fois, aux éditions Flammarion.
1927 : naissance le 7 juin à Nîmes (Gard) sous le nom de Frédérique Chamson
1940 : son père André Chamson supervise le transfert des oeuvres du Louvre vers le château de Chambord ; la famille entre en résistance
1949 : entrée au Conservatoire national d'art dramatique de Paris (promotion 1949) ; mariage le 6 septembre avec le comédien Louis Velle ; début à la Comédie-Française dans Jeanne la Folle
1950 : premier rôle au cinéma dans Le Crime des justes de Jean Gehret
1966 : premier feuilleton télévisé, Comment ne pas épouser un milliardaire, coécrit avec Louis Velle
1971 : diffusion de La Demoiselle d'Avignon (coécrit avec Louis Velle, réalisé par Michel Wyn), succès télévisuel national
1976 : parution d'Un mari, c'est un mari, adapté au cinéma la même année par Serge Friedman
1980 : prix Dumas-Millier de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre
1981 : La Chambre de Goethe, prix Roland-Dorgelès ; membre honoraire de l'Académie de Nîmes l'année suivante
1987 : Grand Prix du roman de l'Académie française pour Le Harem (Flammarion)
1993 : diffusion de Le Château des Oliviers, 7 d'or de la meilleure série télévisée
2001 : candidate à l'Académie française ; Angelo Rinaldi est élu à sa place
2006 : témoignage dans le documentaire Le Musée d'Hitler (Hannes Schuler) sur le transfert de la Joconde en 1940
2012 : témoignage public sur un viol dont elle a été victime, dans le documentaire Viol, elles se manifestent (France 2, 25 novembre)
2017 : publication de ses mémoires, Elle était une fois, chez Flammarion, à l'occasion de ses quatre-vingt-dix ans
2023 : décès le 7 septembre à Morainvilliers (Yvelines), sept mois après son époux Louis Velle
Frédérique Hébrard est la fille d'André Chamson, académicien, historien et directeur des Archives de France en fin de carrière, et de Lucie Mazauric, archiviste et conservatrice de musée. Issue d'une famille protestante d'origine cévenole, elle fréquente successivement les lycées Henri-IV (Paris), de Versailles, de Nîmes et de Montauban. Au Conservatoire, elle rencontre le comédien Louis Velle, qu'elle épouse le 6 septembre 1949 et avec qui elle reste liée jusqu'au décès de ce dernier en février 2023. Le couple a trois enfants : Catherine, écrivaine, Nicolas (né en 1959), acteur et producteur, et François Velle (né en 1961), scénariste et réalisateur. En juillet 2015, Frédérique Hébrard est opérée d'un cancer du sein, ce qui interrompt temporairement son travail d'écriture.
Frédérique Hébrard et Louis Velle sont présidents d'honneur de l'association "Les Chats libres" de Nîmes, dont ils défendent publiquement la cause. Le couple séjourne chaque été dans la maison familiale des Bressous à Valleraugue (Gard), dans les Cévennes, région à laquelle Frédérique Hébrard reste attachée toute sa vie. La famille Chamson, protestante de gauche engagée contre le fascisme, reçoit dans sa jeunesse André Malraux, André Gide et Antoine de Saint-Exupéry. En 2012, Frédérique Hébrard choisit de témoigner publiquement du viol dont elle a été victime dans le documentaire de France 2 Viol, elles se manifestent, déclarant à cette occasion qu'il y a "toute une éducation à refaire".
Frédérique Hébrard décède le 7 septembre 2023 en fin de soirée à son domicile à Morainvilliers (Yvelines), sept mois après son époux Louis Velle, mort en février 2023. Son décès est annoncé par son assistante à l'AFP. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Ses obsèques se déroulent le 14 septembre 2023 à l'oratoire du Louvre à Paris. Elle est incinérée aux Mureaux. Parmi les personnalités ayant rendu hommage à sa disparition figurent la commune de Val-d'Aigoual, dont elle fréquentait chaque été la maison familiale des Cévennes, ainsi que les milieux littéraires et télévisuels ayant salué l'ensemble de son oeuvre romanesque et scénaristique.
Frédérique Hébrard est incinérée aux Mureaux (Yvelines). Ses obsèques ont lieu le 14 septembre 2023 à l'oratoire du Louvre à Paris, temple protestant du coeur de la capitale, en accord avec les convictions religieuses de la famille Chamson-Velle. Aucun monument ou lieu de mémoire dédié n'est documenté à ce jour.
1 - Pendant la guerre, son père André Chamson supervise la mise à l'abri de la Joconde au château de Chambord. Il faisait ouvrir les caisses chaque mois pour aérer les toiles : Frédérique Hébrard se souvient d'avoir "eu la chance de dormir avec la Joconde".
2 - Avant d'opter pour le théâtre, Frédérique Hébrard envisageait une carrière de danseuse. C'est la guerre qui l'en dissuade, selon le témoignage qu'elle livre en 1999 sur la Radio Télévision Suisse dans l'émission Racines.
3 - Son pseudonyme, "Hébrard", est emprunté au nom de sa grand-mère maternelle Jeannette Hébrard, et non à un personnage de ses oeuvres : un choix de filiation féminine qu'elle assume, selon plusieurs sources, comme un geste féministe avant l'heure.
4 - Lorsqu'André Chamson, son père, était conservateur du musée de Versailles, les invités du dimanche portaient les noms d'André Malraux, André Gide et Antoine de Saint-Exupéry. André Chamson la présente un jour au metteur en scène Louis Jouvet, figure du théâtre français de l'époque.
5 - Le feuilleton La Demoiselle d'Avignon (1971) révèle au grand public l'actrice Marthe Keller, alors peu connue, dans le rôle principal. Ce lancement de carrière est l'un des effets collatéraux les plus documentés de l'oeuvre télévisuelle d'Hébrard et Velle.
- Métier(s) : romancière, scénariste, actrice
- Résidence principale : Morainvilliers (Yvelines)
- Relations de couple : Louis Velle (époux, 1949-2023)
- Enfants : Catherine Velle (écrivaine), Nicolas Velle (né en 1959, acteur et producteur), François Velle (né en 1961, scénariste et réalisateur)
- Distinctions : Grand Prix du roman de l'Académie française (1987, pour Le Harem), prix Roland-Dorgelès (1981, pour La Chambre de Goethe), prix Dumas-Millier de l'Académie française (1980, ensemble de l'oeuvre), chevalière de la Légion d'honneur, membre honoraire de l'Académie de Nîmes (1982)
« Je me souviens avoir eu la chance de dormir avec la Joconde. »
— Repris par Franceinfo Culture (AFP), 9 septembre 2023, à propos de la période de la Seconde Guerre mondiale
« Je suis née dans un encrier. Je suis enfant de la plume comme on est enfant de la balle. »
— Repris par l'AFP dans la dépêche nécrologique, 9 septembre 2023 (déclaration habituelle de Frédérique Hébrard en interview)
« Comme tous les amis de mes parents étaient écrivains, je croyais que, quand on était grand, on était écrivain. »
— Repris par l'AFP dans la dépêche nécrologique, 9 septembre 2023 (déclaration habituelle de Frédérique Hébrard en interview)
« Je suis obsédée par l'amour, c'est mon moteur. Je ramasse toutes les miettes de bonheur et j'essaie d'en distribuer aux autres. »
— Repris par l'AFP dans la dépêche nécrologique, 9 septembre 2023 (déclaration habituelle de Frédérique Hébrard en interview)
« Je me souviens avoir eu la chance de dormir avec la Joconde. »
— Repris par Franceinfo Culture (AFP), 9 septembre 2023, à propos de la période de la Seconde Guerre mondiale
« Je suis née dans un encrier. Je suis enfant de la plume comme on est enfant de la balle. »
— Repris par l'AFP dans la dépêche nécrologique, 9 septembre 2023 (déclaration habituelle de Frédérique Hébrard en interview)
« Comme tous les amis de mes parents étaient écrivains, je croyais que, quand on était grand, on était écrivain. »
— Repris par l'AFP dans la dépêche nécrologique, 9 septembre 2023 (déclaration habituelle de Frédérique Hébrard en interview)
« Je suis obsédée par l'amour, c'est mon moteur. Je ramasse toutes les miettes de bonheur et j'essaie d'en distribuer aux autres. »
— Repris par l'AFP dans la dépêche nécrologique, 9 septembre 2023 (déclaration habituelle de Frédérique Hébrard en interview)