Daniel Ceccaldi, acteur et metteur en scène français d'origine corse, né le 25 juillet 1927 à Meaux, a construit une carrière de plus de cinquante ans entre théâtre de boulevard et cinéma, notamment aux côtés de François Truffaut. Il est mort en 2003.
Fils d'un fonctionnaire de l'Enregistrement d'origine corse, Daniel Ceccaldi grandit à Crécy-la-Chapelle, en Seine-et-Marne. Élève au lycée Henri-IV de Paris, il y découvre le théâtre en interprétant Le Misanthrope de Molière. Il suit une formation d'art dramatique au cours Tania Balachova et auprès d'Henri Rollan au Théâtre du Vieux-Colombier, parallèlement à des études de droit. En 1946, il fait ses débuts sur scène dans Les Vivants d'Henri Troyat, mis en scène par Raymond Rouleau, et dans Ubu Roi d'Alfred Jarry. Il entre au cinéma en 1948 dans Le Diable boiteux de Sacha Guitry. En 1954, il obtient un premier rôle notable en incarnant Henri d'Anjou dans La Reine Margot de Jean Dréville, aux côtés de Jeanne Moreau. Sa polyvalence lui permet d'enchaîner des genres variés : le film de René Clair Les Grandes Manoeuvres en 1955, puis Les Aventures d'Arsène Lupin de Jacques Becker en 1956.
La rencontre avec François Truffaut marque un tournant. Repéré sur les rushs de L'Homme de Rio de Philippe de Broca, Ceccaldi est engagé pour La Peau douce en 1964, puis pour Baisers volés en 1968 et Domicile conjugal en 1970, où il incarne Lucien Darbon, père de Christine interprétée par Claude Jade. Il collabore aussi avec Eric Rohmer dans L'Amour l'après-midi en 1972. Au théâtre, il triomphe dans Folle Amanda de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy, créée en septembre 1971 au Théâtre des Bouffes-Parisiens avec Jacqueline Maillan, dans une mise en scène de Jacques Charon : la pièce dépasse trois cents représentations. Dans les années 1970 et 1980, il tourne pour Jean Girault, Edouard Molinaro, Francis Veber et Alain Delon, pour lequel il joue dans Pour la peau d'un flic en 1981. En 1982, il passe à la réalisation avec Jamais avant le mariage. De 1977 à 1997, il participe à l'émission Les Grosses Têtes animée par Philippe Bouvard sur RTL.
1927 : naissance le 25 juillet à Meaux, Seine-et-Marne
1946 : débuts sur scène dans Les Vivants au Théâtre du Vieux-Colombier
1948 : premier film, Le Diable boiteux, sous la direction de Sacha Guitry
1954 : rôle d'Henri d'Anjou dans La Reine Margot de Jean Dréville, aux côtés de Jeanne Moreau
1963 : joue dans L'Homme de Rio de Philippe de Broca et dans Pouic-Pouic de Jean Girault
1964 : premier film sous la direction de François Truffaut, La Peau douce
1966 : début de la série télévisée Vive la vie, dans laquelle il tient le rôle d'un père de famille veuf pendant quatre ans
1968 : rôle de Lucien Darbon dans Baisers volés de François Truffaut
1971 : création de Folle Amanda au Théâtre des Bouffes-Parisiens avec Jacqueline Maillan, plus de 300 représentations
1977 : devient membre régulier des Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL
1978 : prête sa voix à Lucky Luke dans le film d'animation La Ballade des Dalton de René Goscinny et Morris
1981 : tourne dans Pour la peau d'un flic d'Alain Delon
1982 : réalise son premier long métrage, Jamais avant le mariage
2000 : rôle dans la série Julie Lescaut (père de Véronique Genest)
2003 : décès le 26 mars à Villejuif des suites d'un cancer du foie
Daniel Ceccaldi épouse Laurence, dont le nom de famille n'a pas été rendu public. Ensemble, ils ont deux enfants : Laurent, né en 1969, et Laetitia, née en 1972. La famille s'établit notamment à Séguret, village du Vaucluse, où Ceccaldi retrouvait son ami l'acteur Jean-Pierre Darras, installé à quelques kilomètres. Ceccaldi y pratiquait le jardinage et y passait une partie de l'année. Discret sur sa vie privée, il assumait néanmoins publiquement son attachement à sa famille, déclarant avoir refusé de quitter sa femme ou ses enfants, à rebours des clichés de la vie artistique.
Grand amateur de sport, Daniel Ceccaldi pratiquait le football, le rugby et le tennis. Il était également passionné de lecture et de cigares. Il comptait parmi ses amis proches Michel Galabru et Jean-Pierre Marielle, qu'il recevait dans sa propriété provençale. Ardent défenseur du théâtre de boulevard, il déclarait que ce genre répondait à une demande authentique du public, en dépit des critiques que ce registre suscitait dans les milieux artistiques français. Ses dernières années le ramènent à Crécy-la-Chapelle, où il s'installe de nouveau avant sa mort.
Daniel Ceccaldi décède le 26 mars 2003 à Villejuif, Val-de-Marne, des suites d'un cancer du foie, à l'âge de 75 ans. L'établissement hospitalier précis dans lequel il est décédé n'a pas été confirmé dans les sources primaires consultées. Ses obsèques ont lieu le mardi 1er avril 2003 en l'intimité de l'église Saint-Roch à Paris. Le ministre de la Culture et de la Communication Jean-Jacques Aillagon salue sa mémoire dans un communiqué officiel, le décrivant comme l'un des acteurs les plus attachants et l'un des hommes de spectacle les plus populaires de sa génération. Le quotidien Le Parisien le qualifie de gentleman acteur, doté d'élégance, de faconde et d'humour.
Daniel Ceccaldi est inhumé au cimetière ancien de Meaux, en Seine-et-Marne, ville où il est né le 25 juillet 1927 et qu'il avait quittée pour Paris avant d'y revenir en fin de vie. Aucun monument ou musée à sa mémoire n'est répertorié dans les sources consultées. Son nom reste attaché aux scènes des Bouffes-Parisiens et à la filmographie de François Truffaut.
1 - Son dernier rôle au théâtre, La Jalousie de Sacha Guitry joué en Belgique en mars 2002, ferme ainsi la boucle : son tout premier film avait également été tourné en 1948 sous la direction de Guitry, dans Le Diable boiteux.
2 - En 1978, il prête sa voix à Lucky Luke dans le film d'animation La Ballade des Dalton, co-réalisé par René Goscinny et Morris aux studios Idefix, s'éloignant du registre dramatique qui était le sien à l'écran.
3 - Membre régulier des Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL pendant vingt ans, de 1977 à 1997, il participe à l'émission aux côtés notamment de Sim, Josiane Balasko et Olivier de Kersauson.
4 - Formé d'abord aux cours d'Henri Rollan puis de Tania Balachova, il avait tenté des études de droit et de lettres avant de choisir définitivement la scène, à la déception initiale de ses parents qui l'imaginaient avocat.
- Métier(s) : acteur, metteur en scène, écrivain, réalisateur
- Résidence principale : Crécy-la-Chapelle (Seine-et-Marne), avec résidence secondaire à Séguret (Vaucluse)
- Relations de couple : marié à Laurence (prénom uniquement documenté)
- Enfants : Laurent (né en 1969), Laetitia (née en 1972)
- Distinctions : aucune distinction officielle répertoriée dans les sources consultées
On se fait beaucoup d'idées sur les gens. Au fond, personne n'est simple. Moi en tout cas, je n'ai pas quitté ma femme ni abandonné mes enfants !
— Déclaration rapportée dans la presse, citée dans AmoMama.fr d'après sources d'époque
En France, cela fait vingt-cinq ans que l'on essaie de dégoûter le public, les acteurs et les organisateurs du théâtre de boulevard. Or c'est ce que le public demande. Et très peu d'auteurs savent écrire cela.
— Nécrologie, La DH/Les Sports+, 28 mars 2003 (propos recueillis antérieurement)