Laurence Badie, de son nom complet Laurence Dolorès Badie-Lopes, est une actrice française née le 15 juin 1928 à Boulogne-Billancourt et décédée le 11 janvier 2024 à Morlaix, dans le Finistère, à 95 ans, après sept décennies de carrière entre théâtre, cinéma, télévision et doublage.
Inscrite une année à HEC sur insistance familiale, Laurence Badie abandonne rapidement les études commerciales pour suivre des cours de comédie avec le comédien Julien Bertheau. Lors d'une audition au Théâtre national populaire, un éclat de franchise lui ouvre les portes de la compagnie : le metteur en scène Georges Wilson, séduit par son aplomb, la recrute au TNP de Jean Vilar à 19 ans. Elle y demeure une décennie, interprétant Shakespeare, Tchekhov, Beaumarchais, Gide et Molière au Festival d'Avignon et au théâtre de Chaillot, aux côtés de Gérard Philipe, Philippe Noiret et Maria Casarès. C'est Jean Vilar lui-même qui, sensible à son sens du comique, l'oriente ensuite vers le théâtre de boulevard. Elle fait ses débuts au cinéma en 1952, à 24 ans, dans La Vie d'un honnête homme de Sacha Guitry, puis dans Jeux interdits de René Clément la même année, film qui installe sa notoriété. Sa carrière cinématographique se construit alors essentiellement sur des seconds rôles, souvent des soubrettes ou des personnages populaires, dans plus d'une centaine de films, séries et téléfilms.
En 1956, Laurence Badie tourne aux côtés de Kirk Douglas dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, réalisé par Vincente Minnelli, y incarnant Adeline Ravoux. La même année, elle apparaît dans La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara. Elle collabore avec François Truffaut (notamment La Peau douce en 1964), Alain Resnais (Muriel en 1963, Mon oncle d'Amérique en 1980) et Vittorio De Sica (Sept fois femme en 1967). Au théâtre de boulevard, elle s'impose dans des pièces de Sacha Guitry, Marc Camoletti, Françoise Dorin et, plus tardivement, Laurent Ruquier et Isabelle Mergault. A la télévision, elle devient une figure familière de L'Académie des neuf dans les années 1980 sur Antenne 2, puis rejoint la sitcom Le Miel et les Abeilles sur TF1 dans les années 1990, où son rôle de tante Marthe marque toute une génération. Comédienne de doublage prolifique, elle prête sa voix au personnage de Véra dans les séries d'animation Scooby-Doo des années 1970 aux années 1990, et à Casper le gentil fantôme dans les courts métrages des années 1950.
1928 : naissance le 15 juin à Boulogne-Billancourt (Seine)
1947 : entrée au Théâtre national populaire de Jean Vilar, premier festival d'Avignon avec La Tragédie du roi Richard II de William Shakespeare
1952 : débuts au cinéma dans La Vie d'un honnête homme de Sacha Guitry et dans Jeux interdits de René Clément
1956 : tourne avec Kirk Douglas dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh de Vincente Minnelli ; apparaît dans La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara
1963 : rôle dans Muriel d'Alain Resnais
1964 : apparition dans La Peau douce de François Truffaut
1967 : rôle dans Sept fois femme de Vittorio De Sica
1968 : joue dans les pièces de Sacha Guitry Le Renard et la Grenouille et Désiré au théâtre du Gymnase puis au Palais-Royal
1971 : Oscar de Claude Magnier, mise en scène de Pierre Mondy, au théâtre du Palais-Royal
1980 : apparaît dans Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais
1980 : L'Intoxe de Françoise Dorin aux Variétés, mise en scène Jean-Laurent Cochet
1990 : rejoint la sitcom Le Miel et les Abeilles sur TF1, rôle de tante Marthe
1997 : On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset, mise en scène Jean-Claude Brialy, festivals d'Anjou et de Ramatuelle
2024 : décès le 11 janvier à Morlaix (Finistère), à 95 ans
Laurence Badie naît à Boulogne-Billancourt dans une famille qui l'oriente d'abord vers HEC, à l'instigation de sa grand-mère. Ses origines ibériques transparaissent dans son nom de naissance complet, Laurence Dolorès Badie-Lopes. Pendant près d'une décennie, elle fréquente assidûment le Festival d'Avignon et le théâtre de Chaillot, partageant la scène avec des personnalités comme Gérard Philipe, Philippe Noiret et Maria Casarès. Dans sa vie intime, elle entretient une longue relation avec le compositeur Maurice Jarre, père du musicien Jean-Michel Jarre, décédé le 28 mars 2009 à Malibu. Elle épouse ensuite François Rollet, employé chez Bosch, avec qui elle partage plus de quarante ans de vie commune.
Le couple acquiert une maison à Plougoulm, dans la région bretonne, où Laurence Badie et François Rollet séjournent régulièrement, trouvant dans ce cadre rural un contrepoint à leur vie parisienne. Elle réside principalement à Paris, ville dont elle se déclare profondément attachée. Sa carrière, entièrement dévolue au registre comique, ne s'accompagne d'aucun engagement associatif ou militant documenté dans les sources disponibles. Sur le plan de ses collaborations de plateau, elle partage notamment la scène avec Jacques Balutin, Pierre Palmade et Isabelle Mergault dans plusieurs productions de boulevard.
Laurence Badie décède le jeudi 11 janvier 2024 à Morlaix, dans le Finistère, à l'âge de 95 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. L'information est annoncée par son agent Patrick Goavec, confirmée par l'Agence France-Presse via le manager Jacques Metgès. Ses obsèques se tiennent le vendredi 19 janvier 2024, à 14h30, en l'église Saint-Pierre-de-Chaillot, avenue Marceau dans le 16e arrondissement de Paris, suivies de l'inhumation au cimetière du Père-Lachaise (division 94) dans le caveau de famille. La presse française et les médias spécialisés saluent unanimement la disparition d'une voix unique et d'une longue carrière de comédienne de caractère.
Laurence Badie repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris, division 94, dans le caveau de la famille. La cérémonie religieuse s'est déroulée en l'église Saint-Pierre-de-Chaillot, dans le 16e arrondissement de Paris, le 19 janvier 2024.
1 - Inscrite à HEC à la demande de sa grand-mère, Laurence Badie quitte l'école au bout d'un an. Selon la version qu'elle répétait volontiers, elle aurait même été renvoyée avant d'y renoncer d'elle-même.
2 - C'est un juron lâché pendant une audition qui lui ouvre les portes du TNP : le metteur en scène Georges Wilson, impressionné par son naturel, tranche en déclarant "Il faut prendre celle qui a dit merde."
3 - Pour La Vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956) de Vincente Minnelli, Laurence Badie devait prononcer l'annonce du décès du peintre dans la scène finale. Un problème de décor modifie la fin du film, et sa séquence est coupée au montage, privant l'actrice d'une conclusion remarquée dans cette coproduction hollywoodienne.
4 - Lors d'une représentation de La Bonne Adresse, une perruque de travers provoque un fou rire incontrôlable entre elle, Jean-Pierre Darras et Perrette Pradier. Le public, perturbé, commence à protester avant d'être emporté par le rire collectif.
5 - Des générations d'enfants français ont grandi en entendant sa voix sans savoir que c'était elle : Laurence Badie prête sa voix au personnage de Véra dans Scooby-Doo pendant près de vingt ans, des années 1970 au milieu des années 1990.
6 - Interrogée sur sa spécialisation dans les rôles de soubrettes, elle commente sans amertume : "Comme les gens manquent d'imagination, dès qu'il fallait jouer une petite bonne, j'étais engagée. J'en ai joué beaucoup."
- Métier(s) : actrice de théâtre, cinéma et télévision ; comédienne de doublage
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Maurice Jarre (compositeur, relation non maritale documentée) ; François Rollet (époux, plus de 40 ans de mariage)
- Enfants : non documentés
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée dans les sources consultées
« Comme les gens manquent d'imagination, dès qu'il fallait jouer une petite bonne, j'étais engagée. J'en ai joué beaucoup. »
— Interview INA au Plaza Athénée, 1989, retranscrite par l'INA (ina.fr, janvier 2024)
« Les plus belles années de ma vie ! Là où j'ai tout appris, au contact des grands acteurs : Gérard Philipe, Philippe Noiret, Maria Casarès. »
— Déclaration sur ses années au TNP, citée par franceinfo, 11 janvier 2024
« Je pense que j'ai un don comique. Moi, je n'ai pas travaillé mon comique. Je suis une nature comique, je n'imite personne. C'est moi. C'est comme ça... »
— Interview INA au Plaza Athénée, 1989, retranscrite par l'INA (ina.fr, janvier 2024)
« Comme les gens manquent d'imagination, dès qu'il fallait jouer une petite bonne, j'étais engagée. J'en ai joué beaucoup. »
— Interview INA au Plaza Athénée, 1989, retranscrite par l'INA (ina.fr, janvier 2024)
« Les plus belles années de ma vie ! Là où j'ai tout appris, au contact des grands acteurs : Gérard Philipe, Philippe Noiret, Maria Casarès. »
— Déclaration sur ses années au TNP, citée par franceinfo, 11 janvier 2024
« Je pense que j'ai un don comique. Moi, je n'ai pas travaillé mon comique. Je suis une nature comique, je n'imite personne. C'est moi. C'est comme ça... »
— Interview INA au Plaza Athénée, 1989, retranscrite par l'INA (ina.fr, janvier 2024)