Résumé biographique
Héros de la Libération et maréchal de France à titre posthume, Jean de Lattre de Tassigny est l'une des figures militaires les plus prestigieuses du XXe siècle. Chef charismatique de la Première Armée française, il a conduit ses troupes de la Provence jusqu'au cœur de l'Allemagne nazie.
Parcours
Né à Mouilleron-en-Pareds en Vendée, Jean de Lattre de Tassigny sort diplômé de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1908. Jeune officier de cavalerie, il se distingue par sa bravoure héroïque durant la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est blessé à plusieurs reprises. Entre les deux guerres, il alterne des postes en état-major et des commandements sur le terrain, notamment au Maroc lors de la guerre du Rif. En 1939, il devient le plus jeune général de brigade de l'armée française. Lors de la campagne de 1940, il commande la 14e division d'infanterie et parvient à maintenir la cohésion de ses troupes malgré la débâcle générale. Resté dans l'armée d'Armistice après la défaite, il manifeste rapidement son hostilité envers l'occupant et tente d'organiser une résistance armée lors de l'invasion de la zone libre en novembre 1942.
Condamné puis évadé de la prison de Riom, il rejoint Londres puis Alger en 1943. Il prend alors le commandement de l'Armée B, qui deviendra la Première Armée française, et orchestre le débarquement de Provence en août 1944. Sous son impulsion, ses troupes libèrent Toulon et Marseille avant de remonter la vallée du Rhône et de participer à la libération de l'Alsace. Le 8 mai 1945, il représente la France à Berlin pour signer l'acte de capitulation de l'Allemagne aux côtés des Alliés. Après la guerre, il occupe des fonctions de chef d'état-major avant d'être nommé haut-commissaire et commandant en chef en Indochine en 1950. Il parvient à redresser une situation militaire compromise grâce à son énergie et ses réformes tactiques, avant d'être emporté par la maladie au sommet de sa gloire internationale.
Repères chronologiques
1908 : Sortie de l'école de Saint-Cyr au sein de la promotion "Mauritanie"
1914 : Capitaine au 12e régiment de dragons, blessé par un éclat d'obus
1921 : Mariage avec Simonne Calary de Lamazière le 22 mars
1939 : Nommé général de brigade et chef d'état-major de la 5e Armée
1942 : Tentative de résistance armée à Montpellier et arrestation par Vichy
1943 : Évasion de la prison de Riom et ralliement au général de Gaulle
1944 : Débarquement en Provence et libération de Marseille et Toulon
1945 : Signature de l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie à Berlin le 8 mai
1948 : Nommé commandant en chef des forces terrestres de l'Europe occidentale
1950 : Nommé haut-commissaire et commandant en chef en Indochine
1951 : Décès de son fils unique Bernard au combat en Indochine le 30 mai
1952 : Décès à Paris le 11 janvier et élévation à la dignité de Maréchal
Vie personnelle et engagements
Jean de Lattre de Tassigny est le fils de Roger Joseph de Lattre de Tassigny, maire de Mouilleron-en-Pareds, et d'Anne-Marie Louise Hénault. En 1921, il épouse Simonne Calary de Lamazière, issue d'une famille de la bourgeoisie parisienne. Leur fils unique, Bernard de Lattre de Tassigny, naît en 1928. Le général vouait une admiration sans borne à son fils, dont la mort héroïque en Indochine en 1951 fut une épreuve dévastatrice dont il ne se remit jamais. Sa famille est originaire de la noblesse de robe du nord de la France, bien qu'il ait toujours revendiqué son attachement viscéral aux paysages vendéens de son enfance.
Parmi ses relations influentes, on compte le maréchal Lyautey, qui fut l'un de ses mentors au Maroc, ainsi que le général de Gaulle, malgré des relations parfois orageuses liées à leurs tempéraments respectifs. Très soucieux de la formation de la jeunesse, il fonde en 1945 le centre d'instruction d'Uriage afin de forger les cadres de la France nouvelle. Passionné d'équitation et d'histoire, il était réputé pour son exigence absolue en matière de tenue et de discipline, ce qui lui valut le surnom de "Roi Jean" parmi ses officiers. Son engagement au sein de l'armée française s'accompagnait d'une vision humaniste de la colonisation, cherchant à instaurer un dialogue politique en Indochine tout en maintenant l'ordre militaire face à l'insurrection communiste du Vietminh.
Contexte du décès
Jean de Lattre de Tassigny est décédé le 11 janvier 1952 à la clinique du Belvédère à Neuilly-sur-Seine. La cause du décès est un cancer de la hanche aggravé par une embolie pulmonaire à l'âge de 62 ans. Ses funérailles nationales furent célébrées à la cathédrale Notre-Dame de Paris en présence de la famille royale britannique et des plus hauts représentants alliés. Le général de Gaulle et le maréchal Juin ont salué la mémoire du "grand soldat". La postérité immédiate fut marquée par son élévation à la dignité de Maréchal de France le jour de ses obsèques. Un hommage national aux Invalides suivit la cérémonie religieuse avant son inhumation définitive en Vendée.
Lieux de mémoire
Sépulture située dans le cimetière de Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, aux côtés de son fils Bernard. Sa maison natale a été transformée en musée national, constituant avec celle de Georges Clemenceau, né dans le même village, un mémorial historique majeur. De nombreuses places et avenues portent son nom à travers toute la France, notamment le pont de Lattre-de-Tassigny à Lyon.
Anecdotes
1 - Jean de Lattre de Tassigny est le seul général français à avoir été blessé par une lance de cavalerie allemande lors d'un affrontement au corps à corps au début de la Grande Guerre, un fait d'armes qui forgea sa légende.
2 - À Berlin, lors de la signature de la capitulation allemande, le feld-maréchal Keitel se serait exclamé en voyant Lattre : "Quoi ! Les Français aussi ?", soulignant sa ténacité à imposer la présence de la France à la table des vainqueurs.
3 - Il avait une telle obsession pour le prestige de l'uniforme qu'il n'hésitait pas à réprimander des officiers supérieurs en plein défilé si un bouton de leur vareuse n'était pas parfaitement aligné avec leur ceinturon de cuir.
4 - En Indochine, pour galvaniser ses troupes, il n'hésitait pas à se rendre en première ligne sous le feu ennemi, debout dans sa jeep, refusant de se mettre à l'abri pour prouver que le moral était la clé de la victoire.
Points clés
- Métier(s) : Militaire, Maréchal de France
- Résidence principale : Paris / Mouilleron-en-Pareds, France
- Relations de couple : Simonne Calary de Lamazière (épouse)
- Enfants : Bernard de Lattre de Tassigny
- Distinctions : Grand-Croix de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, Military Cross






