Naissance
Toul (54), France
Décès
Nationalité
Astrologie

Anniversaire historique

Cette année marque le 110ᵉ anniversaire de sa naissance.

Biographie

Marcel Bigeard, né le 14 février 1916 à Toul et mort le 18 juin 2010 dans la même ville, est un général de corps d'armée et homme politique français, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre d'Indochine et de la guerre d'Algérie, décoré de la grand-croix de la Légion d'honneur.


Parcours

Marcel-Maurice Bigeard naît à Toul en Meurthe-et-Moselle dans une famille modeste. Son père, Charles Bigeard, est aiguilleur à la Compagnie des chemins de fer de l'Est ; sa mère, Marie-Sophie Ponsot, est au foyer. À quatorze ans, il quitte l'École supérieure de Toul après l'obtention de son brevet d'études élémentaires et entre à la succursale touloise de la Société générale, où il gravit les échelons de coursier à employé aux titres durant six ans. Rappelé sous les drapeaux en 1939 au 23e régiment d'infanterie de forteresse, il est fait prisonnier en juin 1940 et passe dix-huit mois au Stalag 12A à Limbourg, en Allemagne. Il parvient à s'évader à sa troisième tentative en décembre 1941. Formé avec les commandos britanniques près d'Alger, il est parachuté en juillet 1944 dans l'Ariège sous le nom de code « commandant Aube » pour encadrer les maquis de la Résistance intérieure française, contribuant à la libération du département avec un bilan de 1 420 prisonniers et 230 soldats allemands mis hors de combat. Il reçoit à cette occasion la Légion d'honneur et le Distinguished Service Order britannique. C'est lors de ses séjours en Indochine, à partir de 1945, qu'il adopte son indicatif radio « Bruno », qui deviendra son surnom au sein des troupes aéroportées.

Parachuté à Diên Biên Phu le 16 mars 1954 alors que le sort de la bataille est scellé, le commandant Bigeard est promu lieutenant-colonel sur le terrain et codirige les troupes d'intervention du camp retranché aux côtés du colonel Pierre Langlais. Fait prisonnier le 7 mai 1954 lors de la chute du camp, il est libéré quatre mois plus tard. Débarqué en Algérie en octobre 1955, il prend le commandement du 3e bataillon de parachutistes coloniaux dans la région de Constantine. Le 21 février 1956, son unité, devenue le 3e RPC, réalise la première opération héliportée de l'histoire lors de l'opération 744 en Kabylie. Il est grièvement blessé à deux reprises en 1956 : une balle au thorax dans les Nememchas, puis deux balles lors d'un attentat. Au sein de la 10e division parachutiste du général Jacques Massu, il participe à la bataille d'Alger début 1957. La popularité de sa casquette de commandement, dont il n'est pas l'inventeur, lui vaut d'être immortalisé sous le nom de colonel Raspéguy dans le roman Les Centurions de Jean Lartéguy, paru en 1960. Promu général de corps d'armée en 1973, il est nommé secrétaire d'État à la Défense nationale par Valéry Giscard d'Estaing de 1975 à 1976, puis élu député de Meurthe-et-Moselle de 1978 à 1988 sous l'étiquette UDF. Il publie une vingtaine d'ouvrages sur sa carrière, dont ses mémoires Pour une parcelle de gloire (Plon, 1975), grand succès de librairie, et son autobiographie Ma vie pour la France, parue à titre posthume en 2010.


Controverse

Les accusations de torture pendant la guerre d'Algérie constituent la principale controverse publique autour de Marcel Bigeard. En juin 2000, la militante indépendantiste algérienne Louisette Ighilahriz publie dans Le Monde un témoignage, repris dans son livre Algérienne (Calmann-Lévy, 2001), l'identifiant comme l'un de ses tortionnaires lors de son arrestation en septembre 1957. Bigeard nie catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « tissu de mensonges » dans le même journal, et menace la rédaction de poursuites sans y donner suite. Dans un entretien au Monde, le général Jacques Massu reconnaît pour sa part avoir observé personnellement l'emploi d'une génératrice électrique - procédé dit « gégène » - dans les locaux du régiment de Bigeard, déclarant : « j'ai vu chez Bigeard employer la gégène ». Marcel Bigeard admet que la torture représentait un « mal nécessaire » dans le contexte de la bataille d'Alger, tout en affirmant n'y avoir jamais personnellement recouru. Aucune condamnation judiciaire n'a été prononcée à son encontre de son vivant. L'historien Alain Ruscio estime, dans ses travaux académiques, que la construction de la figure héroïque de Bigeard relève en partie d'une « construction idéologique ». La question de ses cendres relance le débat : la proposition du ministre Gérard Longuet de les déposer aux Invalides en 2011 soulève une polémique, un collectif regroupant la LDH, le MRAP et plusieurs partis politiques s'y opposant ; le gouvernement renonce finalement au projet, et les cendres sont transférées au Mémorial des guerres en Indochine à Fréjus le 20 novembre 2012. En 2024, l'inauguration d'une statue à son effigie à Toul suscite de nouveaux débats.


Repères chronologiques

1916 : naissance le 14 février à Toul (Meurthe-et-Moselle)
1930 : entre comme coursier à la succursale de Toul de la Société générale
1936 : service militaire au 23e régiment d'infanterie de forteresse à Haguenau
1940 : fait prisonnier en juin lors de la débâcle ; envoyé au Stalag 12A à Limbourg
1941 : évasion à sa troisième tentative en décembre ; rejoint la zone libre
1942 : mariage avec Gabrielle Grandemange à Nice le 6 janvier
1944 : parachuté en Ariège en juillet pour encadrer les maquis de résistance
1946 : naissance de sa fille Marie-France, le 13 février
1952-1954 : troisième séjour en Indochine ; combat à Tu Lê, Na San, puis Diên Biên Phu
1954 : promu lieutenant-colonel au combat à Diên Biên Phu ; fait prisonnier le 7 mai, libéré en septembre
1956 : dirige au 3e RPC la première opération héliportée de l'histoire, en Kabylie (21 février)
1957 : participation à la bataille d'Alger au sein de la 10e division parachutiste
1973 : promu général de corps d'armée
1974 : remise des insignes de grand-croix de la Légion d'honneur par Valéry Giscard d'Estaing (27 septembre)
1975 : publication de Pour une parcelle de gloire (Plon) ; nommé secrétaire d'État à la Défense nationale
1978 : élu député de Meurthe-et-Moselle ; réélu en 1981 et 1986
2000 : mise en cause publique par Louisette Ighilahriz dans Le Monde sur la question de la torture en Algérie
2010 : décès le 18 juin à Toul ; obsèques à la cathédrale de Toul, puis hommage aux Invalides
2012 : transfert de ses cendres au Mémorial des guerres en Indochine à Fréjus (20 novembre)


Vie personnelle et engagements

Issu d'une famille ouvrière de Toul, Marcel Bigeard est le fils de Charles Bigeard, aiguilleur à la Compagnie des chemins de fer de l'Est, et de Marie-Sophie Ponsot. Il a une soeur aînée, Charlotte, de quatre ans son ainée. Le 6 janvier 1942, il épouse à Nice Gabrielle Grandemange, dite Gaby, née à Toul le 5 décembre 1919, amie d'enfance avec qui il avait grandi dans la même ville. Leur union, célébrée après l'évasion de Marcel d'Allemagne et avant son départ pour la Résistance, sera la seule de sa vie ; il citera régulièrement « Gaby, son grand et seul amour » dans ses discours et ouvrages. Leur unique enfant, Marie-France, naît le 13 février 1946 et exercera la profession de pharmacienne à Toul. Gaby Grandemange décède le 4 juillet 2011 à Toul.

Marcel Bigeard entretient des liens étroits avec le milieu des parachutistes des troupes de marine, dont il préside plusieurs associations de vétérans entre 1963 et 1994. Sa proximité avec Valéry Giscard d'Estaing, dont il fut le secrétaire d'État, est publiquement assumée ; il accepte à plusieurs reprises de se représenter à l'Assemblée nationale à la demande de l'ancien président. Il est proche de Jean-Jacques Servan-Schreiber, président du conseil régional de Lorraine, qui l'encourage à entrer en politique en 1978. Son engagement littéraire se traduit par une vingtaine d'ouvrages publiés entre 1957 et 2010, dont plusieurs centaines de milliers d'exemplaires vendus pour ses mémoires. La Fondation Général Bigeard, créée en 2011 avec Giscard d'Estaing comme président d'honneur, est clôturée en décembre 2024 ; ses actions sont poursuivies par l'association Les Amis du Général Bigeard.


Contexte du décès

Marcel Bigeard décède le 18 juin 2010 à son domicile de Toul, à l'âge de 94 ans. Les informations rendues publiques font état d'un affaiblissement progressif dans les mois précédant sa mort, sans que la cause précise ait été officiellement communiquée par la famille. La date de son décès coïncide avec le soixante-dixième anniversaire de l'Appel du 18 juin du général Charles de Gaulle. Ses funérailles ont lieu le 21 juin 2010 en la cathédrale de Toul, en présence de l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing et du ministre de la Défense Hervé Morin. Le cercueil est exposé dans une chapelle ardente à la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides dans la nuit du 21 au 22 juin. Le Premier ministre François Fillon rend les honneurs militaires au général dans la cour d'honneur de l'hôtel national des Invalides, après une messe célébrée par Mgr Luc Ravel, évêque aux armées françaises. Le président Nicolas Sarkozy déclare que Bigeard « restera un modèle pour la République ».


Lieux de mémoire

Bigeard avait exprimé le souhait que ses cendres soient dispersées au-dessus de Diên Biên Phu, pour rejoindre ses compagnons d'armes tombés en 1954 ; les autorités vietnamiennes ont refusé. Après une polémique sur un éventuel transfert aux Invalides, ses cendres reposent depuis le 20 novembre 2012 au Mémorial des guerres en Indochine à Fréjus (Var), sur le site du jardin du souvenir. Une statue est inaugurée en 2024 à Toul, sa ville natale.


Anecdotes

1 - Entré à la Société générale de Toul comme simple coursier à quatorze ans en 1930, Bigeard y conserve son compte bancaire pendant quatre-vingt ans, fidélité qu'il mentionne lui-même dans Ma vie pour la France : « Quatre-vingts ans plus tard, j'avais toujours mes comptes à la même banque, dans la même agence. »
2 - Son indicatif radio en Indochine était « Bruno » ; ce surnom, qui ne le quittera plus, donne son titre à l'ouvrage Avec Bigeard de Tu Lê à Diên Biên Phu, publié par la Fondation Général Bigeard. Il est l'un des rares surnoms militaires à être passé dans les biographies officielles et les encyclopédies.
3 - La « casquette Bigeard », dont le nom lui est associé dans la presse et les ouvrages militaires, n'est pas une création personnelle : c'est un modèle existant qu'il popularise lors de ses campagnes en Algérie, de la même manière que la « casquette Bugeaud » un siècle avant lui, rapporte le site de la SNEMM.
4 - Jean Lartéguy s'inspire directement de Marcel Bigeard pour créer le personnage du colonel Pierre-Noël Raspéguy dans son roman Les Centurions (1960), ouvrage qui sera adapté au cinéma en 1966 avec Anthony Quinn et Alain Delon.
5 - Bigeard est l'un des trois généraux de recrutement interne à avoir reçu la grand-croix de la Légion d'honneur en deuxième section alors qu'il était encore en service actif, en 1974, aux côtés de Paul Gandoet et d'Alain Le Ray - distinction unique dans la hiérarchie militaire française d'après-guerre.


Points clés

- Métier(s) : militaire (général de corps d'armée), homme politique (secrétaire d'État, député), écrivain
- Résidence principale : Toul (Meurthe-et-Moselle)
- Relations de couple : Gabrielle Grandemange, dite Gaby (mariée le 6 janvier 1942 à Nice ; décédée le 4 juillet 2011)
- Enfants : Marie-France Bigeard (née le 13 février 1946, pharmacienne à Toul)
- Distinctions : grand-croix de la Légion d'honneur (1974), Croix de guerre 1939-1945, Médaille de la Résistance, Distinguished Service Order britannique (1944), brevet général de parachutisme


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Autres militaires nés dans les années 1910

Citations

« Je suis le dernier des cons glorieux. »

— propos rapportés par Wikipédia et plusieurs sources de presse, tenus quelque temps avant sa mort en 2010

« Cette Légion d'Honneur, c'est moi qui la porterai, mais ce sont mes paras qui l'ont gagnée. »

— Fondation Général Bigeard, citations officielles

« Dans une guerre, ce qui se passe, ce n'est jamais ce qu'on avait prévu. Alors, ce qui compte, c'est d'avoir le moral ! »

— Fondation Général Bigeard, citations officielles

« Mais j'ai toujours pensé qu'on réussit mieux par le travail et par l'effort qu'en râlant et en faisant porter toutes les difficultés et les fautes sur les autres. »

— Ma vie pour la France, Editions du Rocher, 2010, chap. I, p. 20

« Je préfère vivre à fond, et tant pis pour ce qui arrivera. C'est l'esprit qui décide, la volonté. Le corps suit, quand il peut. S'il lâche, tant pis. Marche ou crève. »

— Fondation Général Bigeard, citations officielles (propos recueillis et publiés)

« Je suis le dernier des cons glorieux. »

— propos rapportés par Wikipédia et plusieurs sources de presse, tenus quelque temps avant sa mort en 2010

« Cette Légion d'Honneur, c'est moi qui la porterai, mais ce sont mes paras qui l'ont gagnée. »

— Fondation Général Bigeard, citations officielles

« Dans une guerre, ce qui se passe, ce n'est jamais ce qu'on avait prévu. Alors, ce qui compte, c'est d'avoir le moral ! »

— Fondation Général Bigeard, citations officielles

« Mais j'ai toujours pensé qu'on réussit mieux par le travail et par l'effort qu'en râlant et en faisant porter toutes les difficultés et les fautes sur les autres. »

— Ma vie pour la France, Editions du Rocher, 2010, chap. I, p. 20

« Je préfère vivre à fond, et tant pis pour ce qui arrivera. C'est l'esprit qui décide, la volonté. Le corps suit, quand il peut. S'il lâche, tant pis. Marche ou crève. »

— Fondation Général Bigeard, citations officielles (propos recueillis et publiés)

Questions autour de Marcel Bigeard

Quel était le surnom de Marcel Bigeard ?
Marcel Bigeard était surnommé « Bruno », son indicatif radio utilisé lors de ses campagnes en Indochine à partir de 1945. Ce surnom l'a suivi tout au long de sa carrière militaire.
Marcel Bigeard a-t-il pratiqué la torture en Algérie ?
Marcel Bigeard a toujours nié avoir personnellement pratiqué la torture. Il a cependant reconnu que c'était, selon lui, « un mal nécessaire » dans le contexte de la bataille d'Alger en 1957. Plusieurs témoignages, dont celui de Louisette Ighilahriz et du général Jacques Massu, l'ont mis en cause, sans qu'aucune condamnation judiciaire ne soit prononcée.
Où reposent les cendres de Marcel Bigeard ?
Les cendres de Marcel Bigeard reposent au Mémorial des guerres en Indochine à Fréjus (Var), depuis leur transfert le 20 novembre 2012. Bigeard souhaitait qu'elles soient dispersées à Diên Biên Phu, demande refusée par les autorités vietnamiennes.
Marcel Bigeard a-t-il été député ?
Oui. Marcel Bigeard a été député de la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle de 1978 à 1988, sous l'étiquette UDF, après avoir exercé les fonctions de secrétaire d'État à la Défense nationale de 1975 à 1976.
Quels livres a écrits Marcel Bigeard ?
Marcel Bigeard a publié une vingtaine d'ouvrages. Les plus connus sont ses mémoires Pour une parcelle de gloire (Plon, 1975), grand succès de librairie, et son autobiographie Ma vie pour la France, parue aux Editions du Rocher à titre posthume en 2010. Il a également publié Ma guerre d'Indochine, Lettres d'Indochine et plusieurs ouvrages de réflexion militaire et politique.
Qui est né le même jour que Marcel Bigeard ?
Roland Giraud, Jocelyn Quivrin, Kevin Keegan, Berthe Morisot et Zach Galligan sont nés le 14 février comme Marcel Bigeard.
À quel âge est mort Marcel Bigeard ?
Marcel Bigeard est mort à 94 ans, le 18 juin 2010.
Qui est mort le même jour que Marcel Bigeard ?
Anouk Aimée, Curd Jürgens, José Saramago, XXXTentacion et Gaston Doumergue sont morts le 18 juin comme Marcel Bigeard.
Quels militaires sont du signe Verseau comme Marcel Bigeard ?
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