L'acteur et metteur en scène français Georges Wilson, né le 16 octobre 1921 à Champigny-sur-Marne, fut l'un des piliers du théâtre public français. Successeur de Jean Vilar à la tête du Théâtre National Populaire (TNP), il a consacré sa vie à l'exigence du texte et à la transmission d'un art dramatique populaire et rigoureux.
D'origine irlandaise par son père, Georges Wilson commence sa formation au cours de Charles Dullin avant de rejoindre la compagnie de Pierre-Arnaud Boutain. En 1952, il intègre la troupe du Théâtre National Populaire sous la direction de Jean Vilar. Sa stature imposante, sa voix d'une profondeur rare et son autorité naturelle en font l'interprète idéal des grands rôles du répertoire, de L'Alcade de Zalamea à Turcaret. En 1963, lorsque Vilar quitte le TNP, il en reprend la direction. Durant dix ans, il maintient l'exigence d'un théâtre de service public, montant des œuvres ambitieuses et ouvrant la programmation à des auteurs contemporains comme Edward Bond. Il quitte ses fonctions en 1973, refusant de voir le TNP transféré à Villeurbanne, et poursuit une carrière indépendante au théâtre et au cinéma.
Au cinéma, sa présence magnétique séduit les plus grands réalisateurs. Il tourne sous la direction de Claude Autant-Lara (La Jument verte), de Philippe de Broca ou encore d'Henri Colpi dans Une aussi longue absence, film qui obtient la Palme d'or à Cannes en 1961 et où il livre une interprétation bouleversante d'un amnésique. Sa carrière internationale le mène en Italie et en Angleterre, mais c'est sur les planches qu'il se sent le plus accompli. Metteur en scène prolifique, il dirige de nombreuses pièces au Théâtre de l'Œuvre, qu'il anime avec passion. En 2001, il reçoit le Molière du comédien dans un second rôle pour Becket ou l'Honneur de Dieu. Jusqu'à ses dernières années, Georges Wilson est resté un "artisan du théâtre", défendant une certaine éthique du métier qu'il a transmise à son fils, Lambert Wilson, avec qui il a partagé la scène à plusieurs reprises.
1921 : Naissance le 16 octobre à Champigny-sur-Marne.
1952 : Entrée dans la troupe du Théâtre National Populaire (TNP).
1953 : Triomphe dans le rôle-titre d'Ubu d'Alfred Jarry à Avignon.
1961 : Prix d'interprétation pour Une aussi longue absence à Cannes.
1963 : Nomination à la direction du TNP au Palais de Chaillot.
1964 : Mise en scène historique de Maître Puntila et son valet Matti de Brecht.
1971 : Réalisation du film La Vouivre.
1973 : Fin de son mandat à la direction du TNP.
1991 : Nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour La Vouivre.
2001 : Lauréat du Molière du meilleur comédien dans un second rôle.
2006 : Retrouve son fils Lambert pour la pièce Art de Yasmina Reza.
2010 : Décès le 3 février à Rambouillet à l'âge de 88 ans.
Georges Wilson est le fils d'Henri Wilson et de Jeanne Gally. Il a été marié à Nicole Wilson, avec qui il a eu deux fils : Jean-Marie et Lambert Wilson. Sa relation avec Lambert, bien que marquée par l'exigence d'un père rigoureux et parfois intimidant, s'est transformée en une complicité artistique profonde, culminant lors de leurs collaborations théâtrales. Homme de culture et de conviction, il vivait loin des mondanités, cultivant un goût pour la solitude et le travail bien fait dans sa maison de campagne, où il aimait se ressourcer entre deux créations.
Ses engagements étaient avant tout tournés vers la défense du théâtre subventionné et l'accès de tous à la culture. Il a lutté pour que le Palais de Chaillot demeure un lieu de rassemblement populaire, s'opposant parfois violemment aux réformes administratives qu'il jugeait technocratiques. Fidèle à la mémoire de Jean Vilar, il a toujours prôné une déontologie stricte du comédien, refusant les facilités du vedettariat pour se concentrer sur le service des textes. Il a également soutenu de nombreux jeunes metteurs en scène et auteurs, considérant que le théâtre devait être un organisme vivant en perpétuelle mutation, tout en respectant les fondations classiques qui en font la noblesse.
Georges Wilson s'est éteint le 3 février 2010 au centre hospitalier de Rambouillet, à l'âge de 88 ans. Sa disparition est survenue quelques jours après une hospitalisation pour des complications liées à son âge avancé. Ses obsèques ont été célébrées dans l'intimité familiale, suivies d'une cérémonie religieuse en l'église Saint-Roch à Paris, la paroisse des artistes. Le monde du théâtre, représenté par de nombreuses figures du TNP et de la Comédie-Française, lui a rendu un vibrant hommage. Lambert Wilson a salué un père "exigeant mais passionné", dont l'héritage moral continue de guider son propre parcours.
Georges Wilson repose au cimetière de Saint-Léger-en-Yvelines, village qu'il affectionnait particulièrement. Son nom reste attaché au Palais de Chaillot à Paris, ainsi qu'au Théâtre de l'Œuvre dont il fut l'une des âmes créatrices durant de longues années. Une salle du Théâtre national populaire à Villeurbanne porte également son nom, en hommage à sa contribution majeure à l'institution.
1 - Georges Wilson était réputé pour ses colères homériques en répétition lorsqu'il estimait que le texte n'était pas respecté ou que la concentration faiblissait, mais il était le premier à encourager ses acteurs après la représentation.
2 - Pour son rôle dans Une aussi longue absence, il a passé plusieurs semaines à observer des patients amnésiques afin de trouver la justesse du regard et l'absence de présence physique qui caractérisent son personnage.
3 - Il a longtemps hésité à accepter la direction du TNP après Vilar, craignant de ne pas être à la hauteur de l'héritage, avant d'être convaincu par la troupe qui voyait en lui le seul successeur naturel possible.
4 - Grand amateur de musique classique, il concevait souvent ses mises en scène comme des partitions musicales, attachant une importance primordiale au rythme des répliques et à la musicalité de la langue française.
- Métier(s) : Acteur, metteur en scène, directeur de théâtre
- Résidence principale : Yvelines (France)
- Relations de couple : Nicole Wilson
- Enfants : Jean-Marie Wilson, Lambert Wilson
- Distinctions : Commandeur des Arts et des Lettres, Molière du second rôle (2001)