Claude Rich, acteur français né le 8 février 1929 à Strasbourg et mort le 20 juillet 2017 à Orgeval (Yvelines), a construit une carrière de plus de six décennies entre théâtre, cinéma et télévision, formant au Conservatoire la génération qui allait renouveler le jeu français.
Orphelin de père à six ans, Claude Rich quitte Strasbourg pour Paris en 1935 avec sa mère et ses trois frères et soeurs. Envoyé en pension à l'École du Gai Savoir de Neauphle-le-Vieux pendant la guerre, il y découvre le théâtre grâce à un professeur qui lui transmet sa passion pour les marionnettes. Pour aider sa mère, il travaille comme employé de banque tout en suivant les cours de comédie de Charles Dullin et ceux du Centre d'Art Dramatique de la rue Blanche, avant d'intégrer le Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Sa promotion de 1953, dont aucun premier prix n'est décerné cette année-là, réunit des camarades qui deviendront des figures du cinéma français : Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle et Bruno Cremer. Ensemble, ils forment ce que la presse appellera la "bande du Conservatoire". Ses débuts au théâtre de la Renaissance précèdent son entrée au cinéma en 1955, avec un rôle dans Les Grandes Manoeuvres de René Clair.
Dans les années 1960, Claude Rich alterne des seconds rôles notables : il donne la réplique à Lino Ventura dans Les Tontons flingueurs de Georges Lautner (1963), à Louis de Funès dans Oscar d'Édouard Molinaro (1967), et signe l'un des rôles les plus ambitieux de cette période sous la direction d'Alain Resnais dans Je t'aime, je t'aime (1968), où il interprète un homme voyageant dans son passé après une tentative de suicide : Resnais l'a choisi expressément pour son timbre de voix. La même année, François Truffaut lui confie un rôle dans La Mariée était en noir, aux côtés de Jeanne Moreau. Durant les décennies 1970 et 1980, il revient à sa passion première, le théâtre, notamment dans Lorenzaccio d'Alfred de Musset mis en scène par Franco Zeffirelli à la Comédie-Française (1976), et dans Hadrien VII, pour lequel il reçoit le Prix du Syndicat de la critique. Son retour au cinéma s'accomplit en 1992 avec Le Souper d'Édouard Molinaro, dans lequel il incarne Talleyrand face à Claude Brasseur : la prestation lui vaut le César du meilleur acteur en 1993. Il enchaîne avec La Fille de d'Artagnan de Bertrand Tavernier (1994) et Capitaine Conan du même réalisateur (1996), avant d'interpréter Panoramix dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat (2002), qui lui vaut un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière la même année. En 2012, Pascal Bonitzer le dirige dans Cherchez Hortense face à Jean-Pierre Bacri, rôle qui lui vaut une nouvelle nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle en 2013. Sa dernière apparition au cinéma est le film Lady Grey d'Alain Choquart, tourné en 2014.
1929 : naissance le 8 février à Strasbourg (Bas-Rhin)
1935 : installation à Paris avec sa mère, au 95 boulevard Saint-Michel, après la mort de son père
1943-1944 : pension à l'École du Gai Savoir de Neauphle-le-Vieux, naissance de sa passion pour le théâtre
1953 : sortie du Conservatoire national supérieur d'art dramatique avec le deuxième prix de comédie
1955 : débuts au cinéma dans Les Grandes Manoeuvres de René Clair
1957 : acquisition d'une maison à Orgeval (Yvelines)
1959 : mariage avec l'actrice Catherine Renaudin le 26 juin à Paris
1963 : rôle d'Antoine Delafoy dans Les Tontons flingueurs de Georges Lautner
1968 : rôle principal dans Je t'aime, je t'aime d'Alain Resnais, Coquille d'argent du meilleur acteur au Festival de Saint-Sébastien
1971 : Prix du Syndicat de la critique pour Hadrien VII
1976 : rôle-titre de Lorenzaccio à la Comédie-Française, mis en scène par Franco Zeffirelli
1987 : Molière du comédien pour Faisons un rêve de Sacha Guitry
1989 : création au théâtre du rôle de Talleyrand dans Le Souper de Jean-Claude Brisville, aux côtés de Claude Brasseur
1990 : Molière du comédien pour Le Souper
1993 : César du meilleur acteur pour Le Souper (film de 1992)
2002 : César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière ; rôle de Panoramix dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre
2017 : décès le 20 juillet à Orgeval, des suites d'un cancer, à l'âge de 88 ans
Claude Rich est le fils d'un père ingénieur d'origine alsacienne, mort de la grippe à l'âge de 40 ans, et d'une mère d'origine bordelaise qui avait elle-même voulu être sculptrice. Cette mère, catholique pratiquante, espérait que son fils deviendrait prêtre. Le 26 juin 1959, Claude Rich épouse à Paris l'actrice Catherine Renaudin (1932-2021), connue sous le nom de Catherine Rich. Ils ont deux filles, Delphine Rich, qui deviendra comédienne, et Natalie Rich-Fernandez, peintre. Ils adoptent également un garçon prénommé Rémy, après la mort de son père biologique, le comédien Bernard Noël. Claude Rich s'installe définitivement à Orgeval dès 1957 dans une maison qu'il y acquiert, et y réside jusqu'à sa mort.
Catholique pratiquant, Claude Rich se définissait lui-même comme un chrétien "un peu pitoyable", assistant à la messe chaque dimanche. Il déclarait croire en l'amour de Dieu "de la même façon que l'on ne sait pas toujours pourquoi on aime une personne". En décembre 2006, il signe un manifeste de "soutien total" à Benoît XVI en faveur de la célébration de la messe tridentine. Sa foi ne l'empêchait pas de revendiquer une liberté artistique totale : il refusait d'être réduit au statut de "comédien catholique", souhaitant pouvoir "jouer tour à tour un salaud ou un saint". Passionné de chiens depuis longtemps, il s'était confié sur cet attachement dans l'émission de télévision 30 Millions d'Amis dans les années 1990, présentant son chien Bastion.
Claude Rich meurt le 20 juillet 2017 à son domicile d'Orgeval, des suites d'un cancer, à l'âge de 88 ans, entouré de sa famille. La nature exacte du cancer n'a pas été rendue publique par la famille. Ses obsèques sont célébrées six jours plus tard, le 26 juillet 2017, en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul d'Orgeval, en présence de nombreuses personnalités du cinéma et du théâtre. Son épouse Catherine Rich, effondrée selon les témoins, est soutenue par leurs filles et sa petite-fille. Gilles Jacob, président d'honneur du Festival de Cannes, lance sur Twitter une pétition afin que le service public rende hommage à l'acteur. Alain Terzian, président de l'Académie des César, apporte publiquement son soutien à cette démarche.
Claude Rich est inhumé à Orgeval (Yvelines), dans le cimetière jouxtant l'église Saint-Pierre-Saint-Paul où ses obsèques ont eu lieu. Un espace culturel portant son nom a été inauguré en sa présence dès 2004 dans la commune alsacienne de Masevaux. En novembre 2022, Orgeval inaugure à son tour un espace culturel Claude Rich. Une allée Claude-et-Catherine-Rich honore sa mémoire et celle de son épouse dans le 6e arrondissement de Paris.
1 - Lors de la promotion de 1953 du Conservatoire, aucun premier prix de comédie n'est décerné : Claude Rich n'en ressort qu'avec le deuxième prix, une situation aussi singulière que ses condisciples de la même année, Belmondo, Rochefort et Marielle, devenus tous des figures du cinéma français.
2 - C'est son timbre de voix, plus que son jeu d'acteur, qui décide Alain Resnais à le choisir pour le rôle principal de Je t'aime, je t'aime en 1968, selon les propos du réalisateur rapportés dans la revue Positif.
3 - En 1966, René Clément lui confie le rôle du général Leclerc dans Paris brûle-t-il ?, permettant à cet enfant qui avait assisté à la Libération de Paris adolescent d'interpréter l'un des officiers qui y avait joué un rôle central.
4 - Auteur dramatique à part entière, il signe plusieurs pièces créées sur des scènes parisiennes : Le Zouave (1975), Un Habit pour l'hiver (1979) et Une Chambre sur la Dordogne (1987), publiée aux éditions Calmann-Lévy, cette dernière mise en scène par Jorge Lavelli au Théâtre Hébertot.
5 - En 1986, lorsque Jean-Jacques Annaud adapte Le Nom de la rose, c'est Claude Rich qui prête sa voix au narrateur de la version française, sans apparaître à l'écran, signe de la reconnaissance particulière dont il jouissait auprès des réalisateurs pour ses qualités vocales.
- Métier(s) : acteur, scénariste, auteur dramatique
- Résidence principale : Orgeval (Yvelines)
- Relations de couple : Catherine Renaudin (épouse, 1959-2017)
- Enfants : Delphine Rich (comédienne), Natalie Rich-Fernandez (peintre), Rémy (fils adoptif)
- Distinctions : César du meilleur acteur (1993, pour Le Souper), César d'honneur (2002), Molière du comédien (1987, 1990, 2003, 2006, 2009), Coquille d'argent du meilleur acteur à Saint-Sébastien (1968), Prix du Syndicat de la critique (1971), Prix Henri-Langlois (2008), Prix du Brigadier (2008), Officier de la Légion d'honneur (2003), Commandeur de l'ordre national du Mérite (2009)
« C'est fou ce qu'on peut s'attacher à un animal. C'est fou ce que l'animal est un confident. »
— Émission 30 Millions d'Amis, années 1990
« Ne me transformez pas en comédien catholique. Je veux rester un acteur qui puisse jouer tour à tour un salaud ou un saint. »
— La Croix, 15 avril 2006
« Je ne suis pas un très bon chrétien. Je n'étudie pas beaucoup ma religion, mais je crois en l'amour de Dieu. De la même façon que l'on ne sait pas toujours pourquoi on aime une personne, j'aime Dieu. Je le fréquente tous les dimanches. »
— La Croix, 15 avril 2006
« C'est fou ce qu'on peut s'attacher à un animal. C'est fou ce que l'animal est un confident. »
— Émission 30 Millions d'Amis, années 1990
« Ne me transformez pas en comédien catholique. Je veux rester un acteur qui puisse jouer tour à tour un salaud ou un saint. »
— La Croix, 15 avril 2006
« Je ne suis pas un très bon chrétien. Je n'étudie pas beaucoup ma religion, mais je crois en l'amour de Dieu. De la même façon que l'on ne sait pas toujours pourquoi on aime une personne, j'aime Dieu. Je le fréquente tous les dimanches. »
— La Croix, 15 avril 2006