Jean Bouise, acteur français né en 1929 au Havre et mort en 1989 à Lyon, compte parmi les seconds rôles du cinéma français. Chimiste de formation devenu comédien, il reçoit le César du second rôle pour Coup de tête et devient l'acteur fétiche de Luc Besson.
Diplômé de l'École supérieure de chimie de Rouen, Jean Bouise délaisse la chimie après un stage d'art dramatique organisé à l'été 1950 par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Il y rencontre Roger Planchon, avec lequel il participe à la création du Théâtre de la Comédie de Lyon, puis du Théâtre de la Cité de Villeurbanne, devenu Théâtre national populaire en 1972. Sur scène, il interprète aussi bien Molière et Shakespeare que les créations contemporaines de la troupe, et œuvre à la décentralisation théâtrale. Son premier rôle au cinéma date de 1962, dans L'Autre Cristobal d'Armand Gatti, tourné à Cuba et présenté au Festival de Cannes 1963 sans sortie en salle. Il y incarne un double de Fidel Castro, puis tourne Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov en 1964, avant de prêter sa voix au capitaine Haddock dans Tintin et les Oranges bleues.
Au fil des années 1960 et 1970, Jean Bouise enchaîne les seconds rôles pour les principaux metteurs en scène de l'époque. Il tourne Les Choses de la vie avec Claude Sautet, Z et L'Aveu avec Costa-Gavras, Monsieur Klein avec Joseph Losey et Section spéciale du même Costa-Gavras. Sa prestation dans Le Vieux Fusil de Robert Enrico, aux côtés de Philippe Noiret et Romy Schneider, lui vaut une nomination au César en 1976. Il obtient finalement la récompense du meilleur acteur dans un second rôle en 1980 pour Coup de tête de Jean-Jacques Annaud, où il donne la réplique à Patrick Dewaere. Dans les années 1980, il devient l'acteur fétiche de Luc Besson, qui lui confie un rôle dans Le Dernier Combat, puis dans Subway, Le Grand Bleu et Nikita, son dernier film, sorti après sa mort.
1929 : naissance au Havre, le 3 juin
1950 : stage d'art dramatique, rencontre avec Roger Planchon
1951 : débuts au théâtre de la Comédie de Lyon (Bottines et collets montés)
1962 : premier rôle au cinéma dans L'Autre Cristobal, tourné à Cuba
1964 : Soy Cuba et capitaine Haddock dans Tintin et les Oranges bleues
1969 : Z de Costa-Gavras
1970 : Les Choses de la vie de Claude Sautet
1975 : Le Vieux Fusil de Robert Enrico (nomination au César 1976)
1976 : Monsieur Klein de Joseph Losey
1979 : Coup de tête de Jean-Jacques Annaud
1980 : César du meilleur acteur dans un second rôle pour Coup de tête
1983 : Le Dernier Combat, premier long métrage de Luc Besson
1985 : Subway de Luc Besson
1988 : Le Grand Bleu de Luc Besson
1989 : mort à Lyon le 6 juillet ; Nikita, son dernier rôle, sortira en 1990
Né au Havre en 1929 dans un milieu modeste, Jean Bouise s'oriente d'abord vers la chimie et obtient son diplôme à l'École supérieure de chimie de Rouen avant de bifurquer vers le théâtre. C'est lors du stage d'art dramatique de 1950 qu'il rencontre la comédienne Isabelle Sadoyan, d'origine arménienne, par l'intermédiaire de Roger Planchon. Le couple se marie et reste uni jusqu'à la mort de l'acteur en 1989. Aux côtés d'Isabelle Sadoyan, il participe aux débuts du Théâtre de la Comédie de Lyon, où il confectionne aussi les costumes et gère l'éclairage des spectacles de la troupe.
Attaché à la décentralisation culturelle prônée par Roger Planchon, Jean Bouise reste fidèle à la troupe lyonnaise jusqu'en 1979 et défend l'idée d'un théâtre populaire en province. Au cinéma, ses choix reflètent un engagement politique assumé : il collabore à trois reprises avec Costa-Gavras et incarne volontiers des résistants ou des opposants. Soucieux de soutenir les débutants, il accepte de tourner pour de jeunes réalisateurs comme Luc Besson, dont il porte le premier long métrage, Le Dernier Combat. Au fil des années 1980, il donne la réplique à une nouvelle génération d'acteurs, parmi lesquels Jean Reno, Vincent Lindon, Thierry Lhermitte et François Cluzet.
Jean Bouise meurt le 6 juillet 1989, à l'âge de 60 ans, à l'hôpital Léon-Bérard de Lyon, des suites d'un cancer du poumon. Il tournait alors Nikita, qui restera son dernier film et qu'il ne verra pas achevé. Luc Besson, dont il était devenu l'acteur fétiche, lui rend hommage par cette formule : « On arrivait tellement à le croire qu'il a disparu sans qu'on s'en aperçoive », et lui dédie le film à sa sortie en 1990. Une salle du Théâtre national populaire de Villeurbanne, où il avait beaucoup joué, porte son nom.
Jean Bouise est inhumé au cimetière de Saint-Hilaire-de-Brens, dans l'Isère, sous une dalle d'une grande sobriété. Son épouse, la comédienne Isabelle Sadoyan, morte en 2017, repose à ses côtés dans le même cimetière. À Villeurbanne, une salle du Théâtre national populaire, scène à laquelle il consacra ses débuts, perpétue par ailleurs sa mémoire.
1 - Son tout premier rôle au cinéma le mena à Cuba, en 1962, pour L'Autre Cristobal d'Armand Gatti, où il campa un double burlesque de Fidel Castro ; le tournage se déroula en pleine crise des missiles.
2 - Peu de spectateurs le savent : Jean Bouise interpréta le capitaine Haddock dans Tintin et les Oranges bleues, en 1964, l'une de ses rares incursions dans un registre proche du film pour la jeunesse.
3 - Pour incarner son personnage dans Z, de Costa-Gavras, l'acteur déclara puiser dans le sentiment de terreur qu'il avait éprouvé pendant les représailles de la Libération, mêlant mémoire intime et fiction politique.
4 - Aux débuts du Théâtre de la Comédie de Lyon, Jean Bouise ne se contentait pas de jouer : il aidait Isabelle Sadoyan à coudre les costumes de la troupe et gérait lui-même l'éclairage des spectacles.
5 - Porte-parole du Théâtre de la Cité, il présentait les spectacles aussi bien aux journalistes qu'aux ouvriers devant les usines, illustrant son attachement à un théâtre populaire et décentralisé en province.
- Métier(s) : acteur (cinéma et théâtre)
- Résidence principale : Lyon et sa région
- Relations de couple : marié à la comédienne Isabelle Sadoyan, jusqu'à sa mort en 1989
- Enfants : aucun enfant attesté publiquement
- Distinctions : César du meilleur acteur dans un second rôle (1980, pour Coup de tête)
« Nous avons le devoir de faire un énorme travail de décentralisation. »
— Interview au Théâtre de la Cité, ORTF Rhône-Alpes / INA, 1964
« Nous avons cherché. Nous avons progressé. À petits pas. Et nous progresserons encore. Et nous chercherons encore. À petits pas. »
— Télérama, « Le Premier des seconds », 11 janvier 1989
« Je fais ce que je crois pouvoir faire. Et tout se fait en se faisant. C'est souvent en regardant les autres qu'on apprend le mieux. En se taisant. »
— Télérama, « Le Premier des seconds », 11 janvier 1989
« Nous avons le devoir de faire un énorme travail de décentralisation. »
— Interview au Théâtre de la Cité, ORTF Rhône-Alpes / INA, 1964
« Nous avons cherché. Nous avons progressé. À petits pas. Et nous progresserons encore. Et nous chercherons encore. À petits pas. »
— Télérama, « Le Premier des seconds », 11 janvier 1989
« Je fais ce que je crois pouvoir faire. Et tout se fait en se faisant. C'est souvent en regardant les autres qu'on apprend le mieux. En se taisant. »
— Télérama, « Le Premier des seconds », 11 janvier 1989