Pierre Dux, acteur, metteur en scène et administrateur de théâtre français, est né à Paris le 21 octobre 1908 sous le nom de Pierre Alexandre Martin. Deux fois administrateur général de la Comédie-Française et résistant décoré de la Croix de guerre, il est mort à Paris le 1er décembre 1990 à 82 ans.
Fils du comédien Alexandre Martin, dit Alexandre Vargas, qui jouait à l'Odéon, et de l'actrice Émilienne Dux, sociétaire de la Comédie-Française, Pierre Dux grandit dans un milieu entièrement voué au théâtre. Déclaré à l'état civil sous le nom de Martin, ses parents ne l'ayant pas reconnu à la naissance, il entre au Conservatoire national d'art dramatique en 1927. Il y remporte le Premier Prix de comédie sous la direction du professeur Jules Truffier, et intègre aussitôt la Comédie-Française comme pensionnaire en 1929, dans le rôle de Figaro du Barbier de Séville. Il devient sociétaire en 1935. La même année, avec son camarade Fernand Ledoux, il rédige un rapport financier qui aboutit à la nomination d'Édouard Bourdet comme administrateur général et amorce une réforme de la Maison. Pierre Dux s'essaie ensuite à la mise en scène : il monte Le Légataire universel de Regnard vers 1937, puis Ruy Blas de Victor Hugo avec Marie Bell, avant de signer en 1942 la mise en scène de La Reine morte de Henry de Montherlant, dans des décors de Roland Oudot.
Mobilisé à la déclaration de guerre et participant à la retraite de Dunkerque, Pierre Dux s'engage sous l'Occupation dans la Résistance au sein de la section "théâtre et cinéma", avec pour mission de cacher des armes dans les égouts reliant le Théâtre-Français à la Banque de France. Nommé administrateur général de la Comédie-Française en septembre 1944, il accueille le général de Gaulle au gala de réouverture, avant de démissionner un an plus tard. Il revient à ce poste en août 1970 pour neuf ans, révélant Isabelle Adjani dans L'École des femmes de Molière (1973) et invitant les metteurs en scène étrangers Terry Hands et Giorgio Strehler. La réforme des statuts (1975) et la restauration du bâtiment (1974-1976) marquent son second mandat. Au cinéma, il collabore avec Costa-Gavras dans Z (1969), aux côtés de Yves Montand et Jean-Louis Trintignant, puis dans Section spéciale (1975). Élu à l'Académie des beaux-arts en 1977, il y fait son entrée le 29 novembre 1978 et publie Vive le théâtre en 1984.
1908 : Naissance le 21 octobre à Paris, sous le nom de Pierre Alexandre Martin.
1925 : Premiers pas sur scène à 17 ans, lors d'un remplacement de dernière minute à Anvers (date approximative).
1927 : Entre au Conservatoire national d'art dramatique, dans la classe de Jules Truffier.
1929 : Premier Prix du Conservatoire ; intègre la Comédie-Française comme pensionnaire dans Le Barbier de Séville.
1935 : Devient sociétaire de la Comédie-Française.
1942 : Mise en scène de La Reine morte de Henry de Montherlant à la Comédie-Française, dans des décors de Roland Oudot.
1944 : Nommé administrateur général de la Comédie-Française (démissionne en juillet 1945).
1957 : Produit et interprète Patate de Marcel Achard, 812 représentations consécutives.
1962 : Autorisé par le Conseil d'État à porter officiellement le nom Dux.
1969 : Rôle du chef de la police dans Z de Costa-Gavras, avec Yves Montand.
1970 : Reprend la direction de la Comédie-Française pour un second mandat (jusqu'en 1979).
1975 : Réforme des statuts de la Comédie-Française ; joue dans Section spéciale de Costa-Gavras.
1978 : Entrée officielle à l'Académie des beaux-arts, section Membres libres.
1984 : Publication de Vive le théâtre, mémoires dédiés à sa petite-fille Élodie.
1990 : Molière du comédien pour Quelque part dans cette vie. Meurt le 1er décembre à Paris.
Pierre Dux naît hors mariage du comédien Alexandre Martin dit Alexandre Vargas et de l'actrice Émilienne Dux, sociétaire de la Comédie-Française. Non reconnu officiellement par ses parents, il est déclaré à l'état civil sous le nom de Martin, avant d'être autorisé en 1962 par le Conseil d'État à porter le patronyme Dux. Il épouse une première fois Madeleine Foujane en 1927 ; leur fils Jean-Pierre naît en 1929. Il se marie ensuite avec Francine Bessy, actrice reconvertie. Sa petite-fille Élodie est la dédicataire de ses mémoires de 1984. Il vit principalement à Paris, avec une résidence secondaire à Neuvic, en Corrèze.
Résistant engagé dès le 18 juin 1940, Pierre Dux reçoit la Croix de guerre pour ses activités clandestines. Son amitié avec Pierre Cardin, qui lui succède à l'Académie des beaux-arts en 1992, témoigne de la diversité de ses cercles. Proche de Pierre Fresnay, avec qui il partage notamment l'affiche de Monsieur Vincent (1947) et du Mon Faust de Paul Valéry, il cultive tout au long de sa carrière des liens forts avec les auteurs et metteurs en scène de son temps. En 1990, il reçoit le Molière du comédien pour Quelque part dans cette vie d'Israël Horovitz, aux côtés de Jane Birkin.
Pierre Dux meurt le 1er décembre 1990 à Paris, à 82 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Il était encore en activité au moment de sa disparition, assurant des représentations de Quelque part dans cette vie d'Israël Horovitz, aux côtés de Jane Birkin. Le président de la République François Mitterrand adresse un télégramme de condoléances à son épouse le 3 décembre 1990, soulignant sa rigueur et son engagement pour le théâtre français. La Comédie-Française, institution qu'il avait dirigée lors de deux mandats successifs, est parmi les premières à saluer la mémoire de son ancien administrateur.
Pierre Dux est inhumé au cimetière de Montmartre, à Paris. La Comédie-Française, où il fit ses débuts en 1929 et qu'il dirigea lors de deux mandats (1944-1945 et 1970-1979), constitue le principal lieu de mémoire de son parcours. L'Académie des beaux-arts, dont il fut membre libre à partir de 1978, perpétue également son souvenir au sein de l'Institut de France.
1 - À 17 ans, Pierre Dux monte sur scène pour la première fois à Anvers en remplaçant un acteur malade en 48 heures. Ses deux atouts : une bonne mémoire et un smoking neuf acquis grâce à l'argent d'une moissonneuse-lieuse gagnée à une tombola.
2 - Lors du gala de réouverture de la Comédie-Française en 1944, devant le général de Gaulle, Pierre Dux présenta par erreur Jean Schlumberger à la place de Paul Valéry et réciproquement, avant d'emprunter le mauvais couloir pour reconduire le Général à sa voiture.
3 - Patate de Marcel Achard, refusé par plusieurs théâtres parisiens, triompha sous la direction de Pierre Dux dès sa création le 25 janvier 1957 : il joua le rôle-titre 812 fois, et la pièce affichait complet chaque soir pendant trois ans.
4 - En 1944, pour retenir Raimu, qui envisageait de quitter la Comédie-Française, Pierre Dux lui fit croire avoir reçu une lettre l'accusant de collaboration, lui signifiant qu'un retrait serait perçu comme un aveu. Raimu resta, à la satisfaction de toute la troupe.
5 - L'épée d'académicien de Pierre Dux fut sculptée par Paul Belmondo, père de Jean-Paul Belmondo. La garde porte les noms de ses deux rôles préférés, Alceste et Cyrano ; la lame, la maxime de Jules Truffier : « Le découragement est du temps perdu. »
6 - Au cours de sa carrière à la Comédie-Française, Pierre Dux a interprété successivement l'ensemble des rôles masculins du Misanthrope de Molière, des personnages de second plan jusqu'à Alceste, fait attesté par le Dictionnaire des théâtres du monde.
- Métier(s) : Acteur, metteur en scène, administrateur de théâtre
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Madeleine Foujane (1927-1939), Francine Bessy (vers 1950-1990)
- Enfants : Jean-Pierre (né en 1929)
- Distinctions : Croix de guerre, Molière du comédien (1990), membre libre de l'Académie des beaux-arts (1978)
« J'ai connu le plus grand trac de ma carrière. »
— Vive le théâtre (1984), cité dans la Notice de l'Académie des beaux-arts par Pierre Cardin, décembre 1992
« Ces voyages me donnaient l'impression de partir en vacances. Je me renouvelais. »
— Vive le théâtre (1984), cité dans la Notice de l'Académie des beaux-arts par Pierre Cardin, décembre 1992
« L'acteur de cinéma parle à des voisins immédiats, avec ce naturel qui ne peut, qui ne doit être que quotidien. »
— Vive le théâtre (1984), cité dans la Notice de l'Académie des beaux-arts par Pierre Cardin, décembre 1992
« Le risque majeur que courent les interprètes insuffisamment cultivés est la faute de goût, mais celui que font courir les commentateurs des cuistres, est l'ennui, seul genre dramatique condamné par Molière. »
— Vive le théâtre (1984), cité dans la Notice de l'Académie des beaux-arts par Pierre Cardin, décembre 1992