Dizzy Gillespie, né John Birks Gillespie le 21 octobre 1917 à Cheraw (Caroline du Sud) et décédé le 6 janvier 1993, est un trompettiste et compositeur de jazz américain, cofondateur du bebop avec Charlie Parker et pionnier du jazz afro-cubain.
John Birks Gillespie naît le 21 octobre 1917 à Cheraw, en Caroline du Sud, dernier enfant d'une fratrie de neuf. Son père, James Penfield Gillespie, maçon de profession et chef d'orchestre amateur, initie ses enfants aux bases de la musique avant de décéder quand John a dix ans. Gillespie apprend le piano dès l'âge de quatre ans, puis se forme à la trompette en autodidacte à douze ans. Une bourse lui permet d'intégrer le Laurinburg Institute en Caroline du Nord, où il affine sa technique pendant deux ans. En 1935, il rejoint sa famille installée à Philadelphie, où il intègre l'orchestre de Frankie Fairfax. C'est le pianiste Bill Doggett qui lui attribue le surnom de Dizzy, en observant qu'il transporte sa trompette dans un simple sac en papier plutôt qu'un étui standard. En 1937, il part pour New York et remplace son idole Roy Eldridge au sein du big band de Teddy Hill, avec lequel il effectue sa première tournée européenne et grave son premier enregistrement, King Porter Stomp.
De 1939 à 1941, Gillespie est soliste principal au sein de l'Orchestre de Cab Calloway, qui qualifie ses improvisations de « chinoiseries ». Congédié à la suite d'une altercation en 1941, il fréquente au Minton's Playhouse et au Monroe's Uptown House de Harlem Charlie Parker et Thelonious Monk, avec lesquels il élabore les fondements du bebop. En 1944, il participe à la première séance d'enregistrement bebop avec Coleman Hawkins. En 1945, il forme un quintet avec Parker et initie au bebop de jeunes musiciens dont Miles Davis. En 1947, il s'associe au percussionniste cubain Chano Pozo pour composer Manteca au Carnegie Hall de New York, acte fondateur du jazz afro-cubain. En 1952, Gillespie se rend en France sur invitation de Charles Delaunay, se produisant au Théâtre des Champs-Élysées et enregistrant avec son troisième big band. À partir de 1956, il est le premier musicien de jazz envoyé en tournée par le département d'État américain pour des missions de diplomatie culturelle au Moyen-Orient et en Amérique du Sud.
1917 : Naissance le 21 octobre à Cheraw (Caroline du Sud), dernier des neuf enfants de James Penfield Gillespie et Lottie Powe.
1935 : Intègre l'orchestre de Frankie Fairfax à Philadelphie après deux ans au Laurinburg Institute ; reçoit le surnom de Dizzy.
1937 : Rejoint le big band de Teddy Hill à New York, grave King Porter Stomp et effectue une tournée en Europe.
1939 : Intègre l'Orchestre de Cab Calloway comme soliste principal jusqu'en 1941.
1940 : Mariage avec Lorraine Willis le 9 mai à Boston.
1944 : Première séance d'enregistrement bebop avec Coleman Hawkins (Woody 'n' You).
1947 : Compose Manteca avec Chano Pozo au Carnegie Hall de New York, fondement du jazz afro-cubain.
1953 : Accident lors d'une représentation à Manhattan à la suite duquel sa trompette est accidentellement courbée à 45 degrés vers le haut ; Gillespie adopte définitivement ce design.
1956 : Premier musicien de jazz mandaté par le département d'État américain pour une tournée de diplomatie culturelle.
1964 : Candidature indépendante à l'élection présidentielle américaine.
1968 : Conversion à la foi bahá'íe.
1978 : Interprète Salt Peanuts avec le président Jimmy Carter lors d'un concert à la Maison-Blanche.
1989 : Grammy Lifetime Achievement Award et National Medal of Arts, remise par le président George H.W. Bush.
1990 : Kennedy Center Honors.
1993 : Décès le 6 janvier à l'Englewood Hospital and Medical Center (New Jersey), à l'âge de 75 ans.
Dernier des neuf enfants de James Penfield Gillespie, maçon et musicien amateur, et de Lottie Powe, John Birks grandit à Cheraw dans un foyer modeste. Son père décède quand il a dix ans. Après deux ans au Laurinburg Institute, il rejoint sa famille à Philadelphie en 1935. En 1937, il rencontre Lorraine Willis, danseuse dans l'orchestre d'Edgar Hayes ; ils se marient le 9 mai 1940 à Boston. Lorraine gère les finances et les affaires professionnelles de Dizzy jusqu'à sa mort. En 1953, Gillespie entame une liaison avec la compositrice Connie Bryson, dont naît le 10 mars 1958 sa fille Jeanie Bryson, qui devient chanteuse de jazz.
En 1968, Gillespie se convertit à la foi bahá'íe, dont le principe d'unité de l'humanité oriente ses engagements pour la paix internationale jusqu'à la fin de sa vie. Musicien engagé dans le dialogue interculturel, il participe au Grand Échiquier de Jacques Chancel aux côtés du trompettiste classique Maurice André. Gillespie anime la transmission musicale auprès des jeunes générations, notamment au sein de l'United Nations Orchestra fondé en 1988 avec Arturo Sandoval et Paquito D'Rivera. Son voisin à Corona (Queens) dans les années 1950 n'est autre que Louis Armstrong. À sa mort en 2004, Lorraine Willis Gillespie rejoint Dizzy et sa mère Lottie au cimetière de Flushing.
Diagnostiqué d'un cancer du pancréas en 1991, Dizzy Gillespie met progressivement fin à ses tournées. Il décède le 6 janvier 1993 à l'Englewood Hospital and Medical Center, dans le New Jersey, à l'âge de 75 ans. Les obsèques donnent lieu à deux cérémonies : une cérémonie privée bahá'íe, conformément à ses convictions religieuses, suivie d'une cérémonie publique à la cathédrale Saint-Jean-le-Théologien de New York, ouverte à tous ses admirateurs. Le chanteur Tony Bennett et le comédien Bill Cosby figurent parmi les personnalités ayant rendu publiquement hommage à sa mémoire. Un hommage est rendu les 2 et 3 juillet 1993 au Cannet (Alpes-Maritimes), où l'United Nations Orchestra, conduit par Paquito D'Rivera, crée A Night in Englewood en sa mémoire.
Dizzy Gillespie repose au cimetière de Flushing (163-06, 46th Avenue, Queens, New York), aux côtés de sa mère Lottie. Sa veuve Lorraine Willis Gillespie les a rejoints à sa mort en 2004. Un buste en bronze à son effigie a été érigé dans le jardin du Tivoli au Cannet (Alpes-Maritimes). Son étoile est inscrite au Hollywood Walk of Fame, au 7057, Hollywood Boulevard.
1 - Le gonflement exceptionnel des joues de Gillespie lors du jeu a été officiellement reconnu par la communauté médicale sous l'appellation Gillespie's Pouches. Cette dilatation pathologique des muscles jugaux touche d'autres instrumentistes à vent, mais Gillespie en est le cas référent dans la littérature médicale.
2 - En 1964, Gillespie se porte candidat indépendant à l'élection présidentielle américaine, proposant de rebaptiser la Maison-Blanche en Blues House et de nommer Miles Davis à la tête de la CIA, Malcolm X procureur général et Duke Ellington secrétaire d'État.
3 - Lors d'un concert de jazz à la Maison-Blanche en 1978, Gillespie convainc le président Jimmy Carter d'entonner la ligne vocale de Salt Peanuts. Filmée et diffusée à la télévision, la séquence illustre la capacité de Gillespie à entraîner n'importe quel interlocuteur dans ses improvisations.
4 - Lors d'une tournée africaine du département d'État américain, Gillespie est intronisé chef traditionnel au Nigeria sous le titre de Baashere of Iperu. La communauté locale lui rend les honneurs réservés aux chefs tribaux, fait documenté lors des tournées diplomatiques musicales américaines.
5 - Une des trompettes au pavillon coudé de Gillespie est conservée par le National Museum of American History de la Smithsonian Institution à Washington, ce qui fait de lui l'un des rares musiciens de jazz dont l'instrument est entré dans une collection muséale nationale de son vivant.
- Métier(s) : Trompettiste, compositeur, chef d'orchestre et chanteur de jazz
- Résidence principale : Englewood, New Jersey (États-Unis)
- Relations de couple : Lorraine Willis (épouse, 1940-1993)
- Enfants : Jeanie Bryson (née le 10 mars 1958, fille hors mariage avec Connie Bryson)
- Distinctions : Grammy Award (1975), Grammy Lifetime Achievement Award (1989), National Medal of Arts (1989), Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres de France (1989), Kennedy Center Honors (1990), Polar Music Prize (1993), Hollywood Walk of Fame (1995, posthume)
J'ai arrêté de fumer le jour où Miles est mort.
— DownBeat, juillet 1992, entretien (traduit de l'anglais)
Lorraine sait gérer l'argent. Sans elle, je n'aurais pas un sou.
— To Be, or Not...to Bop - Memoirs of Dizzy Gillespie (avec Al Fraser), Doubleday, 1979, cité par Robin D.G. Kelley, The New York Times, 21 juillet 2002 (traduit de l'anglais)
La musique de Charlie Parker et moi a posé les fondations de toute la musique qui se joue aujourd'hui. Notre musique sera la musique classique de l'avenir.
— To Be, or Not...to Bop - Memoirs of Dizzy Gillespie (avec Al Fraser), Doubleday, 1979 (traduit de l'anglais)