Raymond Souplex, de son vrai nom Raymond Guillermain, est un acteur, chansonnier, dialoguiste et scénariste français (1901-1972), né à Paris, dont la carrière télévisuelle culmine avec le rôle du commissaire Bourrel dans Les Cinq Dernières Minutes, série policière diffusée sur l'ORTF de 1958 à 1972.
Né le 1er juin 1901 place du Panthéon, dans le 5e arrondissement de Paris, Raymond Guillermain grandit dans une famille de fonctionnaires de la capitale. Recalé au Conservatoire national d'art dramatique en 1920, il mène de front, pendant plusieurs années, une activité de clerc d'huissier le jour et de chansonnier le soir, fréquentant les cabarets et cafés-théâtres parisiens : le Caveau de la République, le théâtre du Coucou et le théâtre des Deux Ânes. C'est dans ces salles qu'il rencontre Jane Sourza, sa complice professionnelle pour plus de trois décennies. En 1933, sur les instances de la Chambre des huissiers, il renonce définitivement à son emploi de clerc. Dès 1935, il participe aux émissions radiophoniques de Radio Cité aux côtés de Noël-Noël et de Saint-Granier. Avec Jane Sourza, il co-crée et interprète l'émission humoristique Sur le banc, dans laquelle il joue un clochard philosophe nommé La Hurlette, personnage qu'il dit avoir inspiré d'un certain Adalbert Biart de Chéradine, clochard réel de son enfance.
Sa carrière au cinéma débute en 1939 avec Sur le plancher des vaches de Pierre-Jean Ducis. Après une interruption liée à la Seconde Guerre mondiale, Henri-Georges Clouzot l'engage en 1948 dans Manon, aux côtés de Cécile Aubry, Serge Reggiani et Michel Bouquet. En 1950, il incarne un chanteur de charme vieillissant dans Lady Paname, film d'Henri Jeanson avec Louis Jouvet et Suzy Delair. En 1951, il joue aux côtés de Bourvil dans Garou-Garou, le passe-muraille de Jean Boyer, rôle qui élargit sa notoriété auprès du grand public. Parallèlement, il apparaît en 1954 dans Si Versailles m'était conté... de Sacha Guitry. C'est toutefois la télévision qui lui confère une popularité sans précédent : en 1957, le réalisateur Claude Loursais le choisit pour incarner l'inspecteur Antoine Bourrel dans Les Cinq Dernières Minutes, série policière dont les 56 premiers épisodes sont diffusés de 1958 à 1973. Souplex compose lui-même l'apparence physique de son personnage : la coupe à la brosse, la moustache postiche, la gabardine, le noeud papillon et le chapeau rond. Le personnage est promu commissaire en 1965. Son adjoint dans la série est Jean Daurand, dans le rôle de l'inspecteur Dupuy, tandem si familier des téléspectateurs que les deux acteurs le reprennent ensemble dans les films L'assassin viendra ce soir et La Malédiction de Belphégor.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Raymond Souplex continue à se produire sur des scènes parisiennes et sur Radio Paris. En août 1943, il participe à un voyage à Berlin en compagnie d'autres artistes français, parmi lesquels Édith Piaf, Loulou Gasté, Albert Préjean et Viviane Romance. Le groupe pose devant la porte de Brandebourg, dans le cadre d'un voyage officiellement destiné à promouvoir la chanson française. Cet épisode, ajouté à une tournée antérieure dans des usines du Troisième Reich, lui vaut un blâme administratif à la Libération. Aucune procédure judiciaire ni condamnation n'est documentée au-delà de cette sanction disciplinaire.
1901 : naissance le 1er juin, place du Panthéon, Paris 5e, sous le nom de Raymond Guillermain
1920 : échec au concours d'entrée au Conservatoire national d'art dramatique
1927 : mariage avec Lucienne Arduini
1930 : naissance de sa fille Perrette Souplex
1933 : abandonne son emploi de clerc d'huissier et se consacre pleinement à la scène
1935 : participation aux émissions de Radio Cité ; lancement de l'émission Sur le banc
1939 : premiers pas au cinéma dans Sur le plancher des vaches
1943 : voyage à Berlin avec un groupe d'artistes français, blâme à la Libération
1948 : rôle dans Manon d'Henri-Georges Clouzot
1949 : reprise de Sur le banc sur Radio Luxembourg, émission diffusée jusqu'en 1963
1951 : rôle dans Garou-Garou, le passe-muraille aux côtés de Bourvil
1954 : apparition dans Si Versailles m'était conté... de Sacha Guitry
1957 : choisi par Claude Loursais pour incarner le commissaire Bourrel
1958 : première diffusion de Les Cinq Dernières Minutes sur RTF Télévision
1972 : décès le 22 novembre à son domicile parisien, en cours de tournage du 56e épisode de la série
Raymond Souplex est le fils de Léon Adrien Guillermain, chef de service du bureau de bienfaisance du 5e arrondissement de Paris, et de Zélie Ernestine Pesloux. Il est le cadet d'une fratrie de quatre enfants. Son pseudonyme de scène est l'anagramme du nom de jeune fille de sa mère. Élève au lycée Louis-le-Grand, il y mène des études de droit en parallèle de ses premières activités de chansonnier. En 1927, il épouse Lucienne Arduini, avec qui il reste marié jusqu'à sa mort. De leur union naît en 1930 Perrette Souplex, qui deviendra actrice et interprétera en 1996 un rôle dans un épisode tardif des Cinq Dernières Minutes.
Sur le plan professionnel, le duo formé avec Jane Sourza constitue l'axe central de sa vie d'artiste pendant plus de trente ans, des cabarets de Montmartre aux ondes de Radio Luxembourg. Sa collaboration avec le réalisateur Claude Loursais s'étend sur quinze années consécutives. Raymond Souplex est par ailleurs mentionné dans Je me souviens de Georges Perec, recueil paru en 1978 : l'écrivain cite le comédien au 349e souvenir sur les 480 que compte l'ouvrage. Son nom est aussi attaché à un square du 18e arrondissement de Paris, à l'angle des rues Montcalm et Marcadet.
Raymond Souplex décède le 22 novembre 1972 à son domicile du 7, rue Cauchois, dans le 18e arrondissement de Paris, des suites d'un cancer du poumon. Il est alors en cours de tournage du 56e épisode des Cinq Dernières Minutes, intitulé Un gros pépin dans le chasselas. L'épisode, inachevé, est complété par Claude Loursais et Claude-Jean Bonnardot grâce à un dispositif scénaristique introduisant un juge d'instruction, joué par Jacques Bouvier ; la diffusion n'intervient qu'en novembre 1973. La presse spécialisée de l'époque, notamment Télé 7 Jours, souligne la disparition du personnage de Bourrel comme la fin d'une ère de la télévision policière française. Aucun hommage officiel d'institution publique n'est documenté par les sources disponibles.
Raymond Souplex est inhumé au cimetière de Gentilly (Val-de-Marne). Son épouse Lucienne Arduini, décédée en 1993, repose dans la même tombe familiale. Un square porte son nom dans le 18e arrondissement de Paris, à l'angle des rues Montcalm et Marcadet, dans le quartier où il a longtemps résidé.
1 - Le pseudonyme "Souplex" n'est pas une invention : il s'agit de l'anagramme exact du nom de jeune fille de sa mère, Zélie Ernestine Pesloux, fait documenté par l'acte de naissance aux Archives de Paris.
2 - Pour créer le personnage de La Hurlette dans Sur le banc, Souplex s'inspire directement d'un clochard réel qu'il avait connu enfant, nommé Adalbert Biart de Chéradine, selon l'almanach de Télé 7 Jours de 1963.
3 - Les premiers épisodes des Cinq Dernières Minutes fonctionnaient comme une émission-jeu en direct : deux téléspectateurs assistant au tournage en studio devaient deviner l'identité du coupable avant la résolution finale, concept abandonné après quelques épisodes.
4 - La réplique culte du commissaire Bourrel est "Bon Dieu ! Mais c'est bien sûr !", et non "Bon sang ! Mais c'est bien sûr !", confusion fréquente dans la mémoire collective.
5 - Souplex compose lui-même l'ensemble de l'apparence physique du commissaire Bourrel : la coupe en brosse, la moustache postiche, la gabardine, le noeud papillon et le chapeau melon, sans intervention du département costumes de l'ORTF.
6 - Par égard pour son incarnation du commissaire Bourrel, les personnages policiers qui lui succèdent dans la série après 1972 ne portent plus le nom de Bourrel et s'appellent respectivement Le Carré, Cabrol et Massard.
- Métier(s) : acteur, chansonnier, dialoguiste, scénariste
- Résidence principale : Paris (18e arrondissement)
- Relations de couple : Lucienne Arduini (mariage en 1927, jusqu'au décès en 1972)
- Enfants : Perrette Souplex (1930-2024)
- Distinctions : aucune récompense officielle documentée dans les sources consultées
« Parler pour ne rien dire, marcher pour ne pas avancer. Vaut mieux se taire et rester assis. »
— Citation attribuée à Raymond Souplex, recueillie par des sites de référence de citations (source primaire d'origine non identifiée avec précision)
« Parler pour ne rien dire, marcher pour ne pas avancer. Vaut mieux se taire et rester assis. »
— Citation attribuée à Raymond Souplex, recueillie par des sites de référence de citations (source primaire d'origine non identifiée avec précision)