Résumé biographique
Résistante, épouse de président et actrice des solidarités internationales, Danielle Mitterrand s’impose comme une figure centrale de la vie publique française, entre engagement dans la Résistance, rôle à l’Élysée et présidence de la fondation France Libertés – Fondation Danielle-Mitterrand.
Parcours
Née en 1924 à Verdun dans une famille d’enseignants laïcs, Danielle Gouze est marquée très tôt par les engagements politiques de ses parents. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle rejoint la Résistance en Bourgogne comme agente de liaison et participe aux activités des maquis. Elle rencontre François Mitterrand dans ce contexte et l’épouse en octobre 1944 à Paris. Après la Libération, elle le suit dans ses responsabilités politiques tout en exerçant le métier de relieuse d’art pendant plusieurs décennies. De 1981 à 1995, elle accompagne la présidence de son mari à l’Élysée tout en définissant un rôle autonome. En 1986, elle crée France Libertés – Fondation Danielle-Mitterrand, qui devient le principal cadre de son action publique jusqu’à sa mort en 2011.
Repères de carrière
29 octobre 1924 : Naissance de Danielle Émilienne Isabelle Gouze à Verdun (Meuse).
Années 1940 : Engagement dans la Résistance en Bourgogne comme agente de liaison, participation aux maquis et obtention ultérieure de la médaille de la Résistance.
28 octobre 1944 : Mariage avec François Mitterrand à Paris, après la Libération.
Années 1950-1970 : Installation à Paris, activité de relieuse d’art et soutien aux débuts de la carrière ministérielle et parlementaire de François Mitterrand.
10 mai 1981 : Élection de François Mitterrand à la présidence de la République, début de son rôle d’épouse du président à l’Élysée.
21 mai 1981 : Entrée en fonction officielle comme épouse du président de la République française.
4 mars 1986 : Création de France Libertés – Fondation Danielle-Mitterrand, fondation reconnue d’utilité publique.
1991 : La fondation obtient un statut consultatif auprès des Nations unies pour ses actions internationales.
Années 1990 : Multiplication des missions sur le terrain (Kurdistan, Sahara occidental, Amérique latine, Tibet, Palestine, Cuba).
1999 : Réception du Light of Truth Award décerné par le dalaï-lama pour son engagement aux côtés du peuple tibétain.
Années 2000 : Priorité donnée à la défense de l’eau comme bien commun et aux droits des peuples autochtones dans le cadre de la fondation.
2009 : Inauguration d’écoles portant son nom à Erbil et Souleimaniye, au Kurdistan irakien, en lien avec France Libertés.
21 octobre 2011 : Participation publique aux 25 ans de France Libertés malgré des problèmes de santé importants.
22 novembre 2011 : Décès à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris ; la présidence de la fondation est reprise par son fils Gilbert Mitterrand.
Vie personnelle et engagements
Danielle Mitterrand grandit dans une famille d’enseignants engagés dans la laïcité et le mouvement ouvrier, entre Chalon-sur-Saône, le Jura, Dinan et Cluny. Pendant la guerre, la maison familiale abrite des résistants, ce qui influence durablement ses choix. Elle épouse François Mitterrand en octobre 1944 et le couple a trois fils : Pascal (né et décédé en 1945), Jean-Christophe (né en 1946) et Gilbert (né en 1949). Longtemps installée à Paris, notamment rue de Bièvre, elle reste attachée à Cluny où la famille possède une maison. Ses engagements publics se structurent autour des droits humains, du soutien aux peuples en lutte (Kurdes, Sahraouis, Tibétains, peuples autochtones, Palestiniens) et de la défense de l’eau comme bien commun, au sein de France Libertés et de nombreux réseaux internationaux.
Anecdotes
1 – À 17 ans, Danielle Gouze devient agente de liaison dans la Résistance en Bourgogne, ce qui lui vaudra la médaille de la Résistance après la guerre.
2 – Le jour de son mariage, le 28 octobre 1944, François Mitterrand quitte le banquet avant la fin pour une réunion politique ; Danielle décide de le suivre immédiatement, illustrant la place que prend l’engagement dans leur vie commune.
3 – En 1991, son projet de visite aux camps de réfugiés sahraouis provoque la réaction du roi Hassan II, qui la qualifie d’« épouse morganatique » à la télévision, épisode qui met en lumière sa prise de position sur le Sahara occidental.
4 – Pendant plus de trente ans, elle exerce le métier de relieuse d’art à Paris, métier qu’elle découvre par hasard en se promenant dans le Quartier latin et qu’elle continue à pratiquer parallèlement à la carrière politique de son mari.
5 – Elle refuse l’étiquette de « Première dame » et préfère se présenter comme « épouse du président de la République », revendiquant un rôle défini par ses propres engagements plutôt que par le protocole.
6 – Pour son action en faveur des Kurdes, notamment au Kurdistan irakien, elle reçoit le surnom de « mère des Kurdes » et voit des écoles porter son nom à Erbil et Souleimaniye.
Lieux de mémoire
Née à Verdun, Danielle Mitterrand passe son enfance entre la Bourgogne, le Jura et Dinan avant que sa famille ne s’établisse à Cluny, ville centrale dans son parcours. À l’âge adulte, elle vit principalement à Paris, d’abord dans le 16ᵉ arrondissement puis rue de Bièvre et à l’Élysée. Décédée en 2011 à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, elle est inhumée au cimetière de Cluny, dans le caveau familial aux côtés de sa sœur, faisant de cette ville un lieu de mémoire majeur.
Contexte du décès
À partir de 2010, Danielle Mitterrand connaît plusieurs hospitalisations, notamment à Madrid après une chute, puis en septembre 2011 à l’hôpital européen Georges-Pompidou pour une insuffisance respiratoire. Le 18 novembre 2011, elle est de nouveau hospitalisée à Paris pour une anémie grave et placée en coma artificiel. Elle meurt le 22 novembre 2011 à l’âge de 87 ans à l’hôpital Georges-Pompidou. Son cercueil est présenté au funérarium des Batignolles avant son inhumation le 26 novembre 2011 au cimetière de Cluny, dans le caveau familial où repose déjà sa sœur Christine Gouze-Rénal. Ses obsèques rassemblent sa famille, des responsables politiques, des militants et des représentants des causes qu’elle a soutenues.
Points clés
• Métier(s) : résistante, relieuse d’art, présidente de fondation, actrice du mouvement associatif et de la solidarité internationale
• Résidence principale : Paris, France (avec un ancrage durable à Cluny, Saône-et-Loire)
• Relations : mariée à François Mitterrand (1944-1996, jusqu’au décès de celui-ci)
• Enfants : Pascal (1945-1945), Jean-Christophe (né en 1946), Gilbert (né en 1949)
• Distinctions : médaille de la Résistance ; grand-croix de l’ordre de la Couronne (Pays-Bas, 1991) ; ordre de Gabriela Silang (Philippines, 1989) ; distinctions diverses liées aux droits humains, dont le Light of Truth Award (1999)