Née Claude Cahour le 13 novembre 1912 à Château-Gontier, Claude Pompidou est l'épouse de Georges Pompidou, dix-neuvième président de la République française. Collectionneuse d'art contemporain, elle rénova l'Élysée, créa la Fondation Claude-Pompidou en 1970 et mourut à Paris en 2007 à 94 ans.
Issue d'une famille de notables mayennais, Claude Cahour grandit à Château-Gontier où son père, Pierre Cahour, exerce comme médecin-chef de l'hôpital Saint-Joseph. Scolarisée à l'Institut Jeanne-d'Arc puis au collège universitaire de Château-Gontier, elle pratique le piano et l'équitation avant de rejoindre Paris pour des études de droit à la faculté. C'est dans un cinéma du Quartier latin, vers 1933, qu'elle rencontre Georges Pompidou, alors enseignant. Ils se fiancent à Clermont-Ferrand et se marient le 29 octobre 1935 dans la chapelle de l'hospice Saint-Joseph. Le couple passe trois ans à Marseille, où Georges Pompidou est nommé professeur au lycée Saint-Charles, avant de revenir à Paris en 1938 au lycée Henri-IV. Sans enfant biologique, ils adoptent en 1942 un garçon, Alain Pompidou, qui deviendra professeur d'histologie et député européen de 1989 à 1999.
En 1962, lorsque Georges Pompidou est nommé Premier ministre par le général Charles de Gaulle, Claude Pompidou refuse d'emménager à l'hôtel Matignon, préférant conserver leur appartement du 24 quai de Béthune sur l'île Saint-Louis. Dès l'installation à l'Élysée en juin 1969, elle entreprend une rénovation profonde du palais : elle confie une antichambre à l'artiste Yaacov Agam et la salle à manger ainsi qu'un fumoir au designer Pierre Paulin. Elle redécore également le fort de Brégançon et l'hôtel de Marigny. Habillée par les maisons Dior, Pierre Cardin, Guy Laroche ou Yves Saint Laurent -- dont la plupart des tenues lui sont prêtées --, elle représente la haute couture française lors des voyages officiels. En 1970, elle crée la Fondation Claude-Pompidou, reconnue d'utilité publique, pour venir en aide aux personnes âgées, aux malades hospitalisés et aux enfants handicapés.
En octobre 1968, l'assassinat de Stefan Marković, ancien employé de l'acteur Alain Delon, déclenche une affaire qui éclabousse Claude Pompidou. Des photographies prétendument compromettantes la mettant en scène lors de soirées libertines circulent dans des cercles politiques et médiatiques, alors que son mari se prépare à une candidature présidentielle. La Brigade mondaine établit rapidement que les clichés sont des photomontages : le visage de Claude Pompidou avait été substitué à celui d'une actrice dans une revue pornographique suédoise. Le commissaire Pierre Ottavioli déclare publiquement que la preuve du trucage a mis fin au battage médiatique. Les enquêteurs et plusieurs historiens interprètent l'opération comme une manoeuvre destinée à déstabiliser Georges Pompidou dans le contexte de tension croissante avec le général de Gaulle. Un arrêt de la chambre d'accusation rendu en 1976 conclut que les poursuites auraient dû s'orienter ailleurs, sans aboutir à aucune condamnation liée à la mise en cause de Claude Pompidou.
1912 : naissance de Claude Jacqueline Cahour le 13 novembre à Château-Gontier, Mayenne
1919 : décès de sa mère Germaine Houssaye, victime de la pandémie de grippe espagnole
1933 : rencontre avec Georges Pompidou dans un cinéma du Quartier latin à Paris
1935 : mariage avec Georges Pompidou le 29 octobre à Château-Gontier
1942 : adoption d'Alain Pompidou, né le 5 avril 1942 à Paris
1962 : refus d'emménager à l'hôtel Matignon lorsque son mari devient Premier ministre
1968 : mise en cause calomnieuse lors de l'affaire Marković, photos prouvées falsifiées
1969 : devient première dame de France le 20 juin, à l'investiture de Georges Pompidou
1970 : création et reconnaissance d'utilité publique de la Fondation Claude-Pompidou
1974 : décès de Georges Pompidou le 2 avril ; elle quitte définitivement l'Élysée
1977 : inauguration du Centre Georges-Pompidou le 31 janvier, en présence de Valéry Giscard d'Estaing
1994 : exposition Autour d'une collection à la Maison des arts Georges-Pompidou de Cajarc
1997 : publication de ses mémoires, L'Élan du coeur : propos et souvenirs, chez Plon
2007 : décès à Paris le 3 juillet, à l'âge de 94 ans
Fille du médecin Pierre Cahour et de Germaine Mélanie Houssaye, décédée en 1919 de la grippe espagnole, Claude Pompidou perd sa mère à l'âge de six ans. Sa soeur, Jacqueline Cahour, épouse en 1947 l'énarque François Castex. Claude Pompidou épouse Georges Pompidou le 29 octobre 1935 ; le couple adopte Alain Pompidou, né en 1942, qui deviendra médecin, député européen et père de trois fils, Thomas, Romain et Yannick. Les Pompidou possèdent une propriété à Cajarc, dans le Lot, non loin de celle de la romancière Françoise Sagan, et y reçoivent des artistes comme Pierre Soulages et Bernard Buffet.
Collectionneuse avec son mari depuis 1948, Claude Pompidou s'intéresse particulièrement aux oeuvres d'Yves Klein. Elle est amie de Coco Chanel, de la princesse Grace de Monaco et de Colette Senghor. Sensibilisée aux plus défavorisés dès ses années étudiantes -- elle s'occupe alors des personnes démunies du quartier de la rue Mouffetard à Paris --, sa Fondation, créée en 1970, étend progressivement son action à la lutte contre la maladie d'Alzheimer et ouvre en 2014, en partenariat avec le CHU de Nice, l'Institut Claude-Pompidou, spécialisé dans l'accueil et le traitement des patients Alzheimer.
Claude Pompidou meurt le 3 juillet 2007 à son domicile parisien, l'hôtel d'Hasselin, au 24 quai de Béthune sur l'île Saint-Louis. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la Fondation Claude-Pompidou, qui annonce le décès sans autre précision. Elle avait 94 ans. Ses obsèques sont célébrées le 6 juillet en l'église Saint-Louis-en-l'Île à Paris, en présence du président de la République Nicolas Sarkozy, du Premier ministre François Fillon et de l'ancien président Jacques Chirac accompagné de son épouse Bernadette Chirac. Nicolas Sarkozy salue le même jour une très grande dame, tandis que Jacques Chirac évoque la perte d'une de ses amies les plus proches.
Claude Pompidou repose au cimetière d'Orvilliers, dans les Yvelines, aux côtés de son époux Georges Pompidou, dont elle avait reçu de son vivant une clef personnelle du cimetière. L'Institut Claude-Pompidou, inauguré à Nice en 2014, et les établissements de la fondation perpétuent son nom et son action en faveur des plus fragiles.
1 - Lors du voyage officiel aux États-Unis en mars 1970, Claude Pompidou emporte trente-deux tenues de grands couturiers et huit chapeaux ; cette garde-robe vaut au couple présidentiel une double page dans le Washington Post.
2 - Le couple Pompidou entretient deux chevaux offerts par le roi du Maroc Hassan II, sur lesquels ils pratiquent l'équitation lors de leurs séjours réguliers dans leur propriété de Cajarc, dans le Lot, à proximité de la maison de Françoise Sagan.
3 - En 1968, des photos compromettantes circulant dans la presse s'avèrent être des photomontages : la Brigade mondaine retrouve la revue pornographique suédoise dont le visage de Claude Pompidou avait remplacé celui d'une actrice, mettant fin au volet calomniateur de l'affaire Marković.
4 - Dès 1948, les époux Pompidou achètent leur première toile abstraite signée du peintre alors peu connu Youla Chapoval. En 1958, Claude offre à son mari une oeuvre de Pierre Soulages ; en 1962, l'accrochage d'un tableau de Soulages dans le bureau du Premier ministre fait sensation.
5 - Claude Pompidou refuse d'emménager à l'hôtel Matignon en 1962 quand son mari devient Premier ministre. Elle tient à conserver leur appartement de cinq pièces au 24 quai de Béthune, sur l'île Saint-Louis, estimant que quitter ce lieu signifierait perdre sa liberté.
- Métier(s) : première dame de France (1969-1974), présidente de la Fondation Claude-Pompidou (1974-2007)
- Résidence principale : Paris (île Saint-Louis)
- Relations de couple : épouse de Georges Pompidou (mariage le 29 octobre 1935)
- Enfants : Alain Pompidou (adopté en 1942)
- Distinctions : fondatrice d'une fondation reconnue d'utilité publique (1970)
« Ma vie a été un tel naufrage après la mort de mon mari. Toute ma vie était totalement liée à lui. »
— Propos cités in Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée, Perrin
« Être libre, pouvoir me promener dans les rues lorsque j'en ai envie. Faire des courses comme autrefois, entrer au hasard dans un cinéma. »
— Propos de 1970 sur ce qui lui manquait le plus en tant que première dame, citée in Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée, Perrin
« Je suis une Française parmi d'autres, élevée en province. Des vertus qui m'ont été enseignées dès mon enfance, je crois avoir conservé l'essentiel. Il se trouve que j'ai partagé l'existence d'un homme au destin exceptionnel, ce qui m'a conduite, contre toute attente, sur le devant de la scène. »
— Claude Pompidou, L'Élan du coeur : propos et souvenirs, Plon, 1997 (préface)
« Moi, j'ai trouvé cela très dur. Pour mon mari d'abord, je voyais que c'était très fatigant. Cela a duré au moins un mois. D'abord, nous n'étions pas en France, nous étions en voyage officiel en Iran et en Afghanistan, donc il a fallu revenir rapidement pour trouver une situation difficile. Ce que je trouvais très dur, c'est que cela traîne si longtemps. »
— Émission L'Heure de vérité (à propos de mai 1968), citée in Wikipédia et Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée, Perrin
« Je m'en suis entièrement occupée. Refaire les salons anciens est ce qui m'a donné le plus de mal. J'ai voulu refaire le décor, reconstituer les ensembles, retrouver les meubles dispersés, refaire les soieries d'origine à Lyon, réussir les éclairages. J'adore la décoration. C'est une manie chez moi : il faut que je sois chez moi, j'ai vraiment besoin de vivre dans un décor créé par moi. »
— Propos sur la rénovation de l'Élysée, citée in Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée, Perrin