François Périer, né François Gabriel Marie Pillu à Paris en 1919, est un acteur français dont la carrière s'étend sur plus de six décennies, entre cinéma et théâtre, couronné par le BAFTA du meilleur acteur étranger en 1957 pour son rôle dans Gervaise.
François Périer naît le 10 novembre 1919 dans le 16e arrondissement de Paris, fils d'un père négociant en vin. A quinze ans, il adresse une lettre à Louis Jouvet pour exprimer sa vocation de comédien. Jouvet l'encourage et le jeune François s'inscrit au cours Simon, l'une des plus anciennes écoles d'art dramatique de Paris, avant d'intégrer le Conservatoire national supérieur d'art dramatique la même année que Gérard Oury et Bernard Blier. En 1938, il obtient le prix Réjane pour son interprétation des Jours heureux de Claude-André Puget au théâtre Michel, marquant une première consécration. La même année, il fait ses débuts au cinéma dans Hôtel du Nord de Marcel Carné, puis dans La Fin du jour de Julien Duvivier. Durant l'Occupation, il enchaîne les rôles et s'oriente vers des compositions plus complexes : Premier Bal de Christian-Jaque en 1941 lui vaut un succès populaire, et Un revenant du même réalisateur en 1946 confirme l'étendue de son registre, du comique au dramatique.
A partir de 1950, François Périer accède à une autre dimension en incarnant Heurtebise, l'ange de la mort, dans Orphée de Jean Cocteau, rôle qu'il reprend en 1960 dans Le Testament d'Orphée. En 1956, il campe Coupeau dans Gervaise de René Clément, adaptation du roman de Zola, et obtient le BAFTA du meilleur acteur étranger en 1957, premier acteur français à recevoir cette distinction. Fellini lui confie ensuite le rôle d'Oscar dans Les Nuits de Cabiria. Parallèlement, il codirige pendant une quinzaine d'années le théâtre de la Michodière avec Pierre Fresnay, mettant en scène Sartre, Molière et le boulevard. Dans la seconde partie de sa carrière, il incarne des figures d'autorité complexes : le commissaire du Samouraï de Jean-Pierre Melville en 1967, le procureur de Z de Costa-Gavras en 1969, le patron du Cercle rouge de Melville en 1970, et l'avocat de Stavisky d'Alain Resnais en 1974.
1919 : naissance le 10 novembre à Paris 16e sous le nom de François Gabriel Marie Pillu
1934 : à quinze ans, écrit à Louis Jouvet pour solliciter une formation d'acteur
1935 : intègre le cours Simon puis le Conservatoire national supérieur d'art dramatique
1938 : obtient le prix Réjane pour Les Jours heureux ; débuts au cinéma dans Hôtel du Nord de Marcel Carné
1941 : succès populaire avec Premier Bal de Christian-Jaque ; mariage avec Jacqueline Porel
1948 : création des Mains sales de Jean-Paul Sartre au théâtre Antoine
1950 : rôle d'Heurtebise dans Orphée de Jean Cocteau
1956 : Gervaise de René Clément ; codirection du théâtre de la Michodière avec Pierre Fresnay
1957 : BAFTA du meilleur acteur étranger pour Gervaise ; Les Nuits de Cabiria de Federico Fellini
1967 : rôle du commissaire dans Le Samouraï de Jean-Pierre Melville
1969 : rôle du procureur dans Z de Costa-Gavras
1977 : Grand Prix national du théâtre
1978 : promu Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres
1988 : Molière d'honneur
1989 : publication de ses mémoires Profession menteur
1991 : diagnostic de la maladie d'Alzheimer ; progressif retrait de la scène
2002 : décès le 28 juin à Paris d'un arrêt cardiaque, à l'âge de 82 ans
François Périer grandit à Paris, fils d'un négociant en vin. Il fréquente le Lycée Janson-de-Sailly avant de se consacrer entièrement au théâtre à quinze ans. En 1941, il épouse la comédienne Jacqueline Porel, petite-fille de la grande actrice Réjane. De cette union naissent Anne-Marie Périer en 1945, journaliste et épouse du chanteur Michel Sardou, et Jean-Pierre Périer en 1943, assistant metteur en scène de Costa-Gavras, mort prématurément en 1966. François Périer reconnaît et élève comme son fils Jean-Marie Périer, né en 1940 d'une liaison de Jacqueline Porel avec le chanteur Henri Salvador. Le couple divorce en 1947.
Après son divorce, François Périer épouse en 1949 la comédienne Marie Daëms, dont il se sépare en 1959, puis convole en 1961 avec Colette Boutoulaud, sa dernière épouse. Parmi ses amitiés notables figurent Pierre Cardin, le couturier, et José Artur, son ancien secrétaire, ainsi que Jean-Pierre Cassel et Jean Rochefort, présents à ses obsèques. Soucieux de la transmission, il publie en 1989 ses mémoires Profession menteur, puis en 1995 Lettres à un jeune comédien. Il prête sa voix depuis 1956 à la collection de livres-disques Piccolo, Saxo et Compagnie chez Philips, cinq volumes destinés à initier les enfants à la musique classique.
Diagnostiqué avec la maladie d'Alzheimer en 1991, François Périer réduit progressivement ses activités, continuant à travailler à la radio jusqu'en 1996. Sa dernière apparition au cinéma remonte à Mémoires d'un jeune con en 1996. Il décède le 28 juin 2002, à son domicile du 8e arrondissement de Paris, d'un arrêt cardiaque à 19h15, à l'âge de 82 ans. Le décès est annoncé publiquement le lendemain par José Artur, son ancien secrétaire. Une messe privée est célébrée dans une chapelle de la rue Jean-Goujon, dans le 8e arrondissement, strictement réservée à la famille. Aux obsèques au cimetière de Passy, de nombreuses personnalités du monde du spectacle se pressent, parmi lesquelles Alain Delon, Michel Piccoli, Mireille Darc, Jean-Pierre Cassel, Jean Rochefort, Guy Bedos et le couturier Pierre Cardin.
François Périer est inhumé au cimetière de Passy, division 8, dans le 16e arrondissement de Paris. Il repose aux côtés de la comédienne Réjane, grand-mère de sa première femme Jacqueline Porel, et de l'acteur Marc Porel, son beau-fils.
1 - A quinze ans, François Périer présente les Fourberies de Scapin devant Louis Jouvet. Ce dernier lui déclare que si Molière l'a vu, il s'est retourné dans sa tombe. Périer lui répond qu'il sera donc à l'endroit, puisque Jouvet lui-même y est passé.
2 - Avant de se consacrer au théâtre, François Périer débute comme courtier d'assurances pour subvenir à ses besoins, tout en fréquentant assidument le cours Simon le soir après ses journées de travail.
3 - En 1982, François Périer incarne un Salieri vénéneux dans Amadeus de Peter Shaffer, mis en scène par Roman Polanski au théâtre Marigny, Polanski tenant lui-même le rôle de Mozart face à lui.
4 - Pour les cinq volumes de la collection Piccolo, Saxo et Compagnie chez Philips à partir de 1956, François Périer assure seul la narration de ces livres-disques destinés aux enfants, qui initiaient des générations à la musique classique.
5 - En 2005, François Périer reçoit à titre posthume le Prix du Brigadier, récompense de la presse théâtrale française, pour une carrière de près de soixante ans sur les planches.
- Métier(s) : acteur, metteur en scène de théâtre
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Jacqueline Porel (1941-1947), Marie Daëms (1949-1959), Colette Boutoulaud (1961-2002)
- Enfants : Anne-Marie Périer (1945), Jean-Pierre Périer (1943-1966), Jean-Marie Périer (1940, reconnu)
- Distinctions : Prix Réjane (1938), BAFTA du meilleur acteur étranger (1957), Grand Prix national du théâtre (1977), Commandeur des Arts et des Lettres (1978), Molière d'honneur (1988), Prix du Brigadier posthume (2005)
Je suis assez content d'être comédien. Quand je vois l'époque où nous vivons, la déraison qui très souvent est la règle de vie de nos contemporains, je suis assez content de ne pas vraiment appartenir à ce monde-là.
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