José Artur, né le 20 mai 1927 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 24 janvier 2015 à Paris, est un homme de radio et comédien français. Il est le créateur et l'animateur du Pop Club, magazine culturel nocturne diffusé sur France Inter pendant quarante ans, de 1965 à 2005.
Issu d'une famille bretonne catholique de huit enfants, José Artur entre dans le milieu du spectacle à dix-sept ans grâce au comédien François Périer, dont il devient le secrétaire particulier puis l'ami. Il débute au cinéma en 1946 dans Le Père tranquille de René Clément, puis tourne sous la direction de Maurice Labro dans Les Gosses mènent l'enquête en 1947. Il poursuit une carrière de comédien de théâtre durant les années 1950, jouant notamment aux côtés de Pierre Brasseur, et adapte sur scène Le Voleur d'enfants d'après Jules Supervielle. À partir de 1951, il rejoint la radio publique. Au début des années 1960, il anime sur France Inter la tranche matinale ainsi qu'une émission destinée aux jeunes, Table ouverte. En février 1964, la direction du paquebot France lui confie la direction artistique des croisières du navire, fonction qu'il occupera jusqu'en 1968.
Le 4 octobre 1965, José Artur lance sur France Inter Le Pop Club, magazine quotidien diffusé en soirée de 22 h à 23 h 30. Le programme est d'abord enregistré au bar Noir de la Maison de la Radio, puis au salon Louis-Delluc du Fouquet's et, dans ses dernières années, au sous-sol du Drugstore Publicis. Premier producteur de l'émission, Jean-Marie Houdoux est rejoint par les conseillers musicaux Bernard Lenoir, Patrice Blanc-Francard, Pierre Lattès et Claude Villers. Le studio voit défiler artistes, écrivains, hommes politiques et musiciens, parmi lesquels Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Costa-Gavras, Paul Meurisse, Yves Montand ou Eddie Barclay. L'émission s'arrête le 30 mai 2005 après quarante ans d'antenne sans interruption notable. En parallèle, José Artur fait quelques apparitions au cinéma dans Z de Costa-Gavras (1969), Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne (1982) et Tombés du ciel de Philippe Lioret (1994).
1927 : naissance le 20 mai à Saint-Germain-en-Laye
1944 : rencontre avec François Périer, dont il devient le secrétaire particulier
1946 : premier rôle au cinéma dans Le Père tranquille de René Clément
1951 : début de sa carrière à France Inter
1957 : naissance de sa fille Sophie Artur, de son union avec Colette Castel
1964 : direction artistique des croisières du paquebot France
1965 : lancement du Pop Club sur France Inter le 4 octobre
1969 : apparition dans Z de Costa-Gavras
1972 : naissance de son fils David Artur, à Neuilly-sur-Seine
1982 : rôle dans Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne
1988 : publication de Parlons de moi, y'a que ça qui m'intéresse chez Robert Laffont
2005 : dernière émission du Pop Club le 30 mai
2009 : publication d'Au plaisir des autres chez Michel Lafon
2011 : nomination comme commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres le 19 juillet
2015 : mort le 24 janvier à Paris
José Artur naît dans une famille bretonne catholique de huit enfants. Son grand-père, Auguste Artur, a présidé la chambre de commerce de Morlaix. Son père Jules Artur (1890-1980), commissaire de la Marine puis secrétaire général de l'Union syndicale des tissus, des matières premières et de l'habillement, est militant du corporatisme chrétien et catholique traditionaliste. Élève rebelle à la discipline, il suit ses études secondaires dans plusieurs écoles catholiques. De son union avec la comédienne Colette Castel naît en 1957 sa fille Sophie Artur, devenue comédienne. D'un second mariage naît en 1972 à Neuilly-sur-Seine son fils David Artur, devenu producteur et animateur de radio et de télévision. Selon la base IMDb, il a également été marié à une Marie-Christine.
Au fil du Pop Club, José Artur tisse des liens durables avec des chroniqueurs et collaborateurs qu'il a contribué à révéler à France Inter : Claude Villers, Eve Ruggieri, Gérard Klein, Bernard Lenoir, Patrice Blanc-Francard ou encore Guy Bedos. Il copublie en 2006 chez Pré aux clercs Impertinences, insolences, vacheries, et autres traits d'esprit avec Claude Villers, et signe en 1999 chez Le Cherche Midi Fouquet's, Légende du siècle, ouvrage préfacé par Erik Orsenna. Pierre Perret décrit ses interventions par la formule des « mots trempés dans le cyanure ». Il préside également un temps les activités liées au mythique brasserie parisien dont il était un habitué.
José Artur meurt le 24 janvier 2015 à Paris, à l'âge de 87 ans, des suites d'un accident vasculaire cérébral. Il était hospitalisé depuis une dizaine de jours dans le 18e arrondissement de Paris lorsque survient le décès, annoncé à l'AFP par son fils David Artur. Conformément à sa volonté, il fait don de son corps à la science, et son corps est confié au centre du don des corps de l'université Paris-Descartes. Mathieu Gallet, alors président-directeur général de Radio France, lui rend hommage publiquement, saluant la disparition d'une « voix » et « tout une époque » de la radio. France Inter consacre la semaine suivant son décès à des rediffusions du Pop Club. Sa disparition intervient un mois après celle de Jacques Chancel, autre grande voix de la radio française, le 23 décembre 2014.
Les cendres de José Artur sont inhumées sous la plaque numéro 2920 du columbarium du cimetière du Père-Lachaise, dans la division 87, à Paris. La plaque est demeurée anonyme pendant plusieurs années après son décès, conformément à la discrétion souhaitée par la famille.
1 - Lors de son décès, France Inter rappelle qu'il avait rédigé lui-même sa propre nécrologie dès 1985, à l'antenne face à Claude Dominique, expliquant regretter de ne pas pouvoir entendre son éloge funèbre.
2 - Le Pop Club a successivement été diffusé depuis trois lieux parisiens emblématiques : le bar Noir de la Maison de la Radio, le salon Louis-Delluc du Fouquet's, puis le sous-sol du Drugstore Publicis sur les Champs-Élysées.
3 - Dans l'album Route de nuit de la série Michel Vaillant signé Jean Graton et paru en 1962, José Artur est cité nommément en voix radiophonique annonçant : « Ici José Arthur qui vous parlait depuis le bar de l'Escale, près des Champs-Élysées… ».
4 - L'émission a connu plusieurs génériques successifs dont l'un est composé par Claude Bolling et interprété par Les Parisiennes, un autre par le groupe Chagrin d'Amour avec sa chanteuse Valli, un par Pierre Perret et un signé Serge Gainsbourg en duo avec Jane Birkin.
5 - En 2020, la famille de José Artur dépose plainte pour « atteinte à l'intégrité d'un cadavre » contre un service de l'université Paris-Descartes, dans une affaire impliquant également la famille de la comédienne Micheline Dax, ayant aussi fait don de son corps à la science.
6 - José Artur est crédité de soixante-six années de présence à la radio française, depuis ses débuts en 1951 jusqu'à sa retraite progressive après l'arrêt du Pop Club en 2005, selon le discours officiel prononcé par Frédéric Mitterrand lors de sa décoration en 2011.
- Métier(s) : animateur de radio, comédien, producteur
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Colette Castel (mère de sa fille Sophie, née en 1957), second mariage dont est né David Artur en 1972
- Enfants : Sophie Artur (1957) et David Artur (1972)
- Distinctions : commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres (19 juillet 2011)
Le regret, c'est de ne pas pouvoir entendre ma nécro, donc je l'ai rédigée.
— Interview avec Claude Dominique, 1985 (archives INA)
J'agressais, en jouant du contre-pied comme d'une arme, pour sortir mes invités de leurs appréhensions, obtenir des ripostes « naturelles » et faire oublier le micro.
— Au plaisir des autres, Michel Lafon, 2009
José Artur, vous avez passé votre vie à nous égratigner, à nous prêter votre micro, vous dont le sourire remplaçait l'esprit de synthèse, vous allez nous manquer. Votre force était de ne rien faire mais de le faire tous les jours. Vous qui ne parliez que par citations, vous serez enterré dans votre dernier trou de mémoire.
— Auto-nécrologie lue à l'antenne, interview avec Claude Dominique, 1985 (archives INA)
Même le pôle Nord a un sud.
Il n'y a pas de fumeur sans feu.
Le silence est la sieste du bruit.
Boire ou séduire, il faut choisir.
Branler du chef n'est pas inconvenant.
Faire rire une femme, c'est la séduire.
La bourse ou les bourses mènent le monde.
Pour tout croyant, la mort est une promotion.
La seule école libre est l'école buissonnière.
Dieu ne recevra jamais le prix Nobel de la paix.
Le verbe être est plus noble que le verbe avoir.
Même pour quitter une femme, on a besoin d'elle.
La solitude est souvent plus aigüe à deux que seul.
J'aime bien l'insolence, si c'est moi qui la manie.
Un incinéré ne peut pas se retourner dans sa tombe.
En Corse, c'est l'âne qui porte tout, sauf le deuil.
Tout être qui aura tenté de vivre, sera puni de mort.
Un indien qui a la rougeole n'a pas l'air contagieux.
Je n'aime pas travailler la veille d'un jour de congé.
Observer une jeune femme qui dort retarde la misogynie.
Les incorruptibles n'ont pas de prix : ils ont un tarif.
Rentrer son ventre sur la bascule ne rend pas moins lourd.
L'amour éternel relève du hasard ou de la mort prématurée.
Avec la radio, surtout la nuit, on peut encore faire rêver.
Beaucoup d'académiciens sont plus épuisés que leurs oeuvres.
Tant qu'elle a ses dents de lait, une femme est inoffensive.
Un cheveu sur la tête c'est peu, dans la soupe c'est beaucoup.
L'or et l'argent s'oxydent eux-mêmes et pourrissent les autres.
Le comble du racisme ? Pisser sur Jacob sans pisser sur Delafon !
Une poule devant une omelette contemple l'ensemble de son oeuvre.
Chez les pauvres, il n'y a que les cheveux qui deviennent argent.
Une journée commence mal quand le bain est plus chaud que le thé.
Le taxi est comme le prêt bancaire, rare quand on a besoin de lui.
Le vrai mystère de la religion : il y a des gens pour la pratiquer.
Le soleil est masculin, la lune est féminine. Quant à moi, j'hésite.
Il est plus intéressant de jauger les êtres plutôt que de les juger.
Il est très rare qu'une vie ratée reçoive l'aumône d'une mort réussie.
Ecrire un livre avec un chien demande plus de travail qu'avec un nègre.
Si les artistes sont des pelouses, les imprésarios en sont les tondeuses.
J'ai arrêté d'envoyer des vêtements à l'Abbé Pierre. Il ne les met jamais.
J'ai arrêté d'envoyer de vieux habits à l'abbé Pierre. Il ne les met jamais !
On peut vivre des années avec sa femme puis on devient progressivement sourd.
Dans une maison, celui qui a l'autorité est souvent celui qui en bave le plus.
Tels les artistes comiques, les humoristes doivent mourir pour être respectés.
La vérité est le contraire du poison, elle n'est dangereuse qu'à petites doses.
Il est difficile d'avoir de l'indulgence pour des crimes qu'on ne comprend pas.
On devrait pouvoir se faire interdire de mariage, comme on le fait pour le jeu.
On ne doit jamais avoir honte de ses lettres d'amour, mais parfois de l'adresse.
S'il n'y avait que les riches pour avoir des enfants, il y aurait moins de pauvres.
A la fin de sa vie, quand Orson Welles était dans sa baignoire, C'était l'eau ou lui.
Je me suis marié une fois à l'église, deux fois à la mairie, le reste, à la sauvette.
Le vrai jugement dernier, ce sera Dieu qui comparaîtra devant le tribunal des hommes.
Le sandwich à la mayonnaise est sponsorisé par la Chambre Syndicale de la Teinturerie.
Celui qui vole avec de l'argent dans la poche se fait peur. Le fauché qui vole a peur.
Un pays où le litre d'essence est devenu plus cher que le litre de rouge est en danger.
Les urnes électorales sont davantage des corbeilles à papier que des lieux de réflexion.
Si une femme ne veut pas, elle parle cinq heures, si elle veut, elle se tait dix minutes.
Il est des jeux radiophoniques comme de l'amour : à en connaître la finalité, on est déçu.
Si les terroristes avaient des dons d'orateur et des micros, ils poseraient moins de bombes.
Quand la marée monte, il n'est plus important de savoir à qui appartient le château de sable.
En flattant, on ne peut pas à tous les coups faire fortune, mais on peut manger tous les jours.
Une maison de campagne, c'est aller chercher très près le plaisir de rentrer chez soi le lundi.
Certains dîners gratuits sont tellement ennuyeux qu'un sandwich payant est, de loin, préférable.
Jésus, portant sa croix dans la montée du Golgotha, aurait souhaité avoir un diable pour l'aider.
Pour faire une émission, parfois, il vaut mieux faire maîtresse de ministre que maîtrise de philo.
Il y a vraiment des gens insupportables : ils ont tout pour être malheureux et ils ne le sont pas.
Cousteau est devenu célèbre en faisant des ronds dans l'eau, qu'il a versés sur son compte en banque.
La légende d'Hamlet ne mourra jamais, mais certains soirs des metteurs en scène la blessent gravement.
La peinture se vend mieux que la littérature : il est plus facile de planter un clou que de finir un livre.
Les automobilistes du dimanche baisent comme ils conduisent : pas assez souvent, trop vite et sans assurance.
On ne réalise vraiment que l'on a perdu à la roulette qu'une fois sorti de la salle de jeu, pas à l'intérieur.
Il y a deux actes légaux de la vie pour lesquels on doit se cacher avant de les accomplir : le vote et l'amour.
"Y'aurait beaucoup à dire", phrase préférée des gens n'ayant rien à dire et qui sont obligés de faire semblant.
Chez les gens modestes, le tout est de savoir s'ils cassent les verres plus vite qu'ils n'achètent la moutarde.
Le pilon dans le poulet, c'est bon ; dans l'ancien combattant, c'est émouvant ; dans l'édition, c'est déprimant.
Il y a des appareils photo si compliqués que, quand on a fini de faire le point sur un bébé, c'est déjà un homme.
Il y a des appareils photo si compliqués que, quand on a fini de faire le point sur un bébé, c'est déjà un soldat.
Tant que les parents vivent, on a l'impression d'être immortel. Après, plus jamais on ne sera un enfant, pour personne.
En vieillissant on devient de plus en plus obsédé, de moins en moins sexuel. Heureusement qu'il nous reste le baisemain.
On commence par dire : "Ne fais pas de bruit quand tu rentres", et cela devient très vite : "Ne fais pas de bruit si tu rentres."
Le plaisir qu'ont les gens de vous annoncer un deuil aussi bien qu'une naissance. L'important, c'est d'être le premier à le faire.
La radio et la télé resteront toujours, avec ou sans image, de la parole alternée avec de la musique, des mots et des notes, rien de plus.
Couper le téléphone chez soi, de temps en temps, est une jouissance comparable à celle de la ballerine qui enlève ses chaussons et son tutu.
Il y a des êtres qui sont tellement laids qu'ils pourraient attaquer leur mère en dommages et intérêts, ils toucheraient sûrement quelque chose.
Imaginez la tête d'un trapéziste qui s'élance dans le vide et qui, au lieu de mains tendues, voit son partenaire porteur les bras croisés, en signe de protestation.
Le regret, c'est de ne pas pouvoir entendre ma nécro, donc je l'ai rédigée.
— Interview avec Claude Dominique, 1985 (archives INA)
J'agressais, en jouant du contre-pied comme d'une arme, pour sortir mes invités de leurs appréhensions, obtenir des ripostes « naturelles » et faire oublier le micro.
— Au plaisir des autres, Michel Lafon, 2009
José Artur, vous avez passé votre vie à nous égratigner, à nous prêter votre micro, vous dont le sourire remplaçait l'esprit de synthèse, vous allez nous manquer. Votre force était de ne rien faire mais de le faire tous les jours. Vous qui ne parliez que par citations, vous serez enterré dans votre dernier trou de mémoire.
— Auto-nécrologie lue à l'antenne, interview avec Claude Dominique, 1985 (archives INA)
Même le pôle Nord a un sud.
Il n'y a pas de fumeur sans feu.
Le silence est la sieste du bruit.
Boire ou séduire, il faut choisir.
Branler du chef n'est pas inconvenant.
Faire rire une femme, c'est la séduire.
La bourse ou les bourses mènent le monde.
Pour tout croyant, la mort est une promotion.
La seule école libre est l'école buissonnière.
Dieu ne recevra jamais le prix Nobel de la paix.
Le verbe être est plus noble que le verbe avoir.
Même pour quitter une femme, on a besoin d'elle.
La solitude est souvent plus aigüe à deux que seul.
J'aime bien l'insolence, si c'est moi qui la manie.
Un incinéré ne peut pas se retourner dans sa tombe.
En Corse, c'est l'âne qui porte tout, sauf le deuil.
Tout être qui aura tenté de vivre, sera puni de mort.
Un indien qui a la rougeole n'a pas l'air contagieux.
Je n'aime pas travailler la veille d'un jour de congé.
Observer une jeune femme qui dort retarde la misogynie.
Les incorruptibles n'ont pas de prix : ils ont un tarif.
Rentrer son ventre sur la bascule ne rend pas moins lourd.
L'amour éternel relève du hasard ou de la mort prématurée.
Avec la radio, surtout la nuit, on peut encore faire rêver.
Beaucoup d'académiciens sont plus épuisés que leurs oeuvres.
Tant qu'elle a ses dents de lait, une femme est inoffensive.
Un cheveu sur la tête c'est peu, dans la soupe c'est beaucoup.
L'or et l'argent s'oxydent eux-mêmes et pourrissent les autres.
Le comble du racisme ? Pisser sur Jacob sans pisser sur Delafon !
Une poule devant une omelette contemple l'ensemble de son oeuvre.
Chez les pauvres, il n'y a que les cheveux qui deviennent argent.
Une journée commence mal quand le bain est plus chaud que le thé.
Le taxi est comme le prêt bancaire, rare quand on a besoin de lui.
Le vrai mystère de la religion : il y a des gens pour la pratiquer.
Le soleil est masculin, la lune est féminine. Quant à moi, j'hésite.
Il est plus intéressant de jauger les êtres plutôt que de les juger.
Il est très rare qu'une vie ratée reçoive l'aumône d'une mort réussie.
Ecrire un livre avec un chien demande plus de travail qu'avec un nègre.
Si les artistes sont des pelouses, les imprésarios en sont les tondeuses.
J'ai arrêté d'envoyer des vêtements à l'Abbé Pierre. Il ne les met jamais.
J'ai arrêté d'envoyer de vieux habits à l'abbé Pierre. Il ne les met jamais !
On peut vivre des années avec sa femme puis on devient progressivement sourd.
Dans une maison, celui qui a l'autorité est souvent celui qui en bave le plus.
Tels les artistes comiques, les humoristes doivent mourir pour être respectés.
La vérité est le contraire du poison, elle n'est dangereuse qu'à petites doses.
Il est difficile d'avoir de l'indulgence pour des crimes qu'on ne comprend pas.
On devrait pouvoir se faire interdire de mariage, comme on le fait pour le jeu.
On ne doit jamais avoir honte de ses lettres d'amour, mais parfois de l'adresse.
S'il n'y avait que les riches pour avoir des enfants, il y aurait moins de pauvres.
A la fin de sa vie, quand Orson Welles était dans sa baignoire, C'était l'eau ou lui.
Je me suis marié une fois à l'église, deux fois à la mairie, le reste, à la sauvette.
Le vrai jugement dernier, ce sera Dieu qui comparaîtra devant le tribunal des hommes.
Le sandwich à la mayonnaise est sponsorisé par la Chambre Syndicale de la Teinturerie.
Celui qui vole avec de l'argent dans la poche se fait peur. Le fauché qui vole a peur.
Un pays où le litre d'essence est devenu plus cher que le litre de rouge est en danger.
Les urnes électorales sont davantage des corbeilles à papier que des lieux de réflexion.
Si une femme ne veut pas, elle parle cinq heures, si elle veut, elle se tait dix minutes.
Il est des jeux radiophoniques comme de l'amour : à en connaître la finalité, on est déçu.
Si les terroristes avaient des dons d'orateur et des micros, ils poseraient moins de bombes.
Quand la marée monte, il n'est plus important de savoir à qui appartient le château de sable.
En flattant, on ne peut pas à tous les coups faire fortune, mais on peut manger tous les jours.
Une maison de campagne, c'est aller chercher très près le plaisir de rentrer chez soi le lundi.
Certains dîners gratuits sont tellement ennuyeux qu'un sandwich payant est, de loin, préférable.
Jésus, portant sa croix dans la montée du Golgotha, aurait souhaité avoir un diable pour l'aider.
Pour faire une émission, parfois, il vaut mieux faire maîtresse de ministre que maîtrise de philo.
Il y a vraiment des gens insupportables : ils ont tout pour être malheureux et ils ne le sont pas.
Cousteau est devenu célèbre en faisant des ronds dans l'eau, qu'il a versés sur son compte en banque.
La légende d'Hamlet ne mourra jamais, mais certains soirs des metteurs en scène la blessent gravement.
La peinture se vend mieux que la littérature : il est plus facile de planter un clou que de finir un livre.
Les automobilistes du dimanche baisent comme ils conduisent : pas assez souvent, trop vite et sans assurance.
On ne réalise vraiment que l'on a perdu à la roulette qu'une fois sorti de la salle de jeu, pas à l'intérieur.
Il y a deux actes légaux de la vie pour lesquels on doit se cacher avant de les accomplir : le vote et l'amour.
"Y'aurait beaucoup à dire", phrase préférée des gens n'ayant rien à dire et qui sont obligés de faire semblant.
Chez les gens modestes, le tout est de savoir s'ils cassent les verres plus vite qu'ils n'achètent la moutarde.
Le pilon dans le poulet, c'est bon ; dans l'ancien combattant, c'est émouvant ; dans l'édition, c'est déprimant.
Il y a des appareils photo si compliqués que, quand on a fini de faire le point sur un bébé, c'est déjà un homme.
Il y a des appareils photo si compliqués que, quand on a fini de faire le point sur un bébé, c'est déjà un soldat.
Tant que les parents vivent, on a l'impression d'être immortel. Après, plus jamais on ne sera un enfant, pour personne.
En vieillissant on devient de plus en plus obsédé, de moins en moins sexuel. Heureusement qu'il nous reste le baisemain.
On commence par dire : "Ne fais pas de bruit quand tu rentres", et cela devient très vite : "Ne fais pas de bruit si tu rentres."
Le plaisir qu'ont les gens de vous annoncer un deuil aussi bien qu'une naissance. L'important, c'est d'être le premier à le faire.
La radio et la télé resteront toujours, avec ou sans image, de la parole alternée avec de la musique, des mots et des notes, rien de plus.
Couper le téléphone chez soi, de temps en temps, est une jouissance comparable à celle de la ballerine qui enlève ses chaussons et son tutu.
Il y a des êtres qui sont tellement laids qu'ils pourraient attaquer leur mère en dommages et intérêts, ils toucheraient sûrement quelque chose.
Imaginez la tête d'un trapéziste qui s'élance dans le vide et qui, au lieu de mains tendues, voit son partenaire porteur les bras croisés, en signe de protestation.