Acteur français né à Dunkerque, Paul Gustave Pierre Meurisse s’impose dès l’après-guerre par une présence élégante et un jeu ironique, entre théâtre et cinéma. Paul Meurisse marque durablement le polar et le film noir, de Les Diaboliques à L’Armée des ombres.
Né le 21 décembre 1912 à Dunkerque, Paul Meurisse grandit en Corse puis à Dijon. Après des études de droit à Aix-en-Provence et un emploi de clerc de notaire, il rejoint Paris pour la scène. En 1936, il remporte un radio-crochet, entre en revue au Trianon et se produit en cabarets, avant de privilégier le théâtre. Mobilisé en 1939, il revient sur les planches et se fait remarquer en avril 1940 au théâtre des Bouffes-Parisiens dans Le Bel Indifférent de Jean Cocteau, aux côtés d’Édith Piaf. Au cinéma, il apparaît dans plusieurs films durant les années 1940, puis s’impose en 1946 avec Macadam. Son allure froide et sa diction précise l’orientent vers des personnages d’autorité, notamment des policiers, qu’il interprète régulièrement à la fin des années 1940 et au début des années 1950. Cette période installe un registre de cynisme contrôlé qui deviendra sa signature.
À partir du milieu des années 1950, il alterne grands films populaires et théâtre, cultivant une élégance distante qui sert aussi bien le drame que la comédie. En 1955, il atteint une notoriété majeure avec Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot, puis retrouve le réalisateur pour La Vérité (1960), où il campe un avocat au ton faussement détaché. Il devient pensionnaire de la Comédie-Française de 1956 à 1958, sans s’y établir durablement, et poursuit une filmographie dense. Dans les années 1960, il incarne le commandant Dromard, dit “Le Monocle”, dans Le Monocle noir et L’Œil du Monocle. Il marque ensuite le cinéma de Jean-Pierre Melville avec Le Deuxième Souffle (1966), où son entrée se fait par un long monologue, puis L’Armée des ombres (1969), en chef de réseau de la Résistance. Dans les années 1970, il se recentre davantage sur la scène, notamment avec Mon père avait raison de Sacha Guitry.
1912 : naissance à Dunkerque (France)
1936 : victoire à un radio-crochet à Paris
1939 : mobilisation
1940 : création scénique de Le Bel Indifférent aux Bouffes-Parisiens, avec Édith Piaf
1942 : mariage avec l’actrice Michèle Alfa (union jusqu’en 1946)
1946 : rôle marquant dans Macadam
1951 : mariage avec Micheline Cheirel (union jusqu’en 1955)
1955 : succès avec Les Diaboliques
1956 : entrée comme pensionnaire à la Comédie-Française (jusqu’en 1958)
1960 : rôle d’avocat dans La Vérité
1966 : commissaire Blot dans Le Deuxième Souffle
1969 : Luc Jardie dans L’Armée des ombres
1978 : reprise scénique de Mon père avait raison
1979 : décès à Neuilly-sur-Seine ; inhumation au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine
Fils de Théobald Fortuné Henri Meurisse, sous-directeur de banque, et de Germaine Céline Goetghebeur, il conserve une vie privée relativement discrète malgré une notoriété durable. En 1940, sa collaboration scénique avec Édith Piaf s’accompagne d’une relation qui dure jusqu’en 1942. Il se marie ensuite avec l’actrice Michèle Alfa (Paris, 1942–1946) ; le couple réside notamment rue de Berri. Il épouse ensuite Micheline Cheirel (Ézy-sur-Eure, 1951–1955). En 1960, il se marie avec Micheline Gary à Paris, union maintenue jusqu’à son décès en 1979. Il vit ensuite à Neuilly-sur-Seine, où il décède.
Son parcours est aussi marqué par des reconnaissances officielles : il est fait officier de la Légion d’honneur et officier de l’ordre des Arts et des Lettres. Il reçoit également la Croix du combattant ainsi que la Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 avec agrafe France. Sur le plan institutionnel, il est pensionnaire de la Comédie-Française de 1956 à 1958, avant de poursuivre une carrière plus libre entre grandes salles parisiennes et tournages. Après sa disparition, ses mémoires, Les Éperons de la liberté, paraissent peu de temps plus tard.
Dunkerque, sa ville natale, conserve plusieurs repères publics liés à sa mémoire locale, tandis que sa carrière se lit surtout à Paris. On associe son parcours aux Bouffes-Parisiens, à la Comédie-Française et à des scènes comme le théâtre Hébertot, où il joue Mon père avait raison. Ses derniers lieux de vie se situent à Neuilly-sur-Seine, commune où il meurt et où se trouve aussi sa sépulture.
Au début de l’année 1979, Paul Meurisse est encore en activité et se produit au théâtre dans Mon père avait raison de Sacha Guitry. Il décède d’une crise cardiaque à son domicile de Neuilly-sur-Seine. Sa disparition met fin à une carrière partagée entre le cinéma, où il a souvent incarné des figures d’autorité ou de mystère, et le théâtre, qu’il n’a jamais cessé de fréquenter. Ses mémoires, Les Éperons de la liberté, paraissent peu de temps après et prolongent l’accès à son itinéraire.
Paul Meurisse est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine (division 5). Le lieu se visite aux horaires d’ouverture du cimetière et permet de se recueillir dans un cadre calme, à proximité d’autres sépultures de personnalités. Sur place, l’identification de la tombe se fait par le nom de l’acteur.
1 - En 1936, il gagne un radio-crochet à Paris, tremplin qui l’amène du cabaret au théâtre et prépare ses débuts à l’écran quelques années plus tard, après une première période comme chanteur de revue.
2 - En avril 1940, il joue Le Bel Indifférent de Jean Cocteau aux Bouffes-Parisiens avec Édith Piaf. Selon les éléments biographiques disponibles, Piaf devient alors sa compagne jusqu’en 1942.
3 - Dans Le Deuxième Souffle de Jean-Pierre Melville, il entre en scène par un long monologue, souvent cité comme un exemple de son phrasé et de son flegme, au service d’un commissaire méthodique.
4 - Ses mémoires, Les Éperons de la liberté, paraissent peu de temps après sa mort et éclairent son itinéraire : études de droit, détour par la chanson, puis une carrière dominée par le théâtre et le cinéma.
- Métier(s) : acteur, comédien
- Résidence principale : Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
- Relations : Édith Piaf (jusqu’en 1942) ; Michèle Alfa ; Micheline Cheirel ; Micheline Gary
- Enfants : —
- Distinctions : officier de la Légion d’honneur ; officier de l’ordre des Arts et des Lettres ; Croix du combattant ; Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 (agrafe France)