Résumé biographique

Journaliste, animateur et auteur, Claude Villers a été l’une des voix les plus identifiables de France Inter, mêlant satire, reportage et culture du voyage. Président du Tribunal des flagrants délires, il a aussi popularisé un art du récit radiophonique.


Parcours

Né le 22 juillet 1944 à Everly (Seine-et-Marne) sous le nom de Claude Marx, il grandit près d'Arras, à Barly, dans un milieu ouvrier. Très tôt au travail, il enchaîne des emplois et obtient sa carte de presse en 1961. Après des débuts dans la presse écrite, il passe à la radio : d'abord Europe n°1, puis France Inter en 1964. À partir de 1965, il participe au Pop Club de José Artur. En 1968, il s'installe à New York au bureau de l'ORTF et couvre la scène culturelle américaine, notamment le festival de Woodstock en 1969. Revenu en France en 1971, il présente À plus d'un titre (1971-1973) et enchaîne des formats d'auteur dont Pas de panique (1972) et Marche ou rêve (1976-1978), entre satire, reportage régional et récits de voyage. Il produit aussi Comme on fait sa nuit on se couche (1978), prolongeant l'observation des ambiances nocturnes.

En 1980, il crée Le Tribunal des flagrants délires, émission satirique enregistrée en public, dont il incarne le président jusqu'en 1983. Il alterne ensuite responsabilités et créations : passage à RMC au début des années 1980, projets télévisuels, puis fondation de Pacific FM en 1986, présentée comme une « radio voyage ». Revenu à France Inter à la fin des années 1980, il développe Bienvenue au Paradis (1988-1990), Le Vrai-faux journal de France Inter (1991) et Marchands d'histoires (1992-1995). Il conclut sa carrière à l'antenne avec Je vous écris du plus lointain de mes rêves (1997-2004) et publie son autobiographie Parole de rêveur en 2004. Parallèlement, il écrit de nombreux récits et essais, dont Francis Blanche, le tonton flingué (2000) et des livres de voyage comme Au nord du monde (2005) ou Le Nord du nord (2009). Installé en Gironde, il préside le Centre régional des lettres d'Aquitaine, devenu l'agence régionale pour l'écrit et le livre.


Repères chronologiques

1944 : Naissance à Everly (Seine-et-Marne), sous le nom de Claude Marx
1961 : Obtention de la carte de presse
1964 : Entrée à France Inter
1965 : Participation au Pop Club de José Artur
1968 : Départ à New York pour le bureau de l'ORTF
1969 : Couverture du festival de Woodstock
1971 : Présentation de À plus d'un titre
1976 : Lancement de Marche ou rêve
1980 : Création de Le Tribunal des flagrants délires
1986 : Fondation de Pacific FM
1992 : Début de Marchands d'histoires
1997 : Lancement de Je vous écris du plus lointain de mes rêves
2004 : Départ à la retraite et publication de Parole de rêveur
2023 : Décès à Saint-Médard-de-Mussidan (Dordogne)


Vie personnelle et engagements

Installé à partir de la fin des années 1980 à Pessac-sur-Dordogne (Gironde), Claude Villers y vit avec son épouse, Colette. Après son départ de l'antenne en 2004, il poursuit une activité d'écrivain, centrée sur la mémoire radiophonique et les récits de voyage, tout en continuant à se déplacer. Il revendique des passions durables pour les trains, les paquebots et les itinéraires au long cours, thèmes présents dans ses émissions comme dans ses ouvrages. Il garde une image de conteur, davantage attachée au récit et à l'écoute qu'à l'exposition médiatique continue.

En parallèle de son travail de journaliste et d'auteur, il s'implique dans la vie culturelle en Nouvelle-Aquitaine. Il est président du Centre régional des lettres d'Aquitaine à partir de 1998, structure devenue ensuite l'agence régionale pour l'écrit et le livre. Il participe aussi à des jurys, notamment au festival d'Angoulême (1976, 1979 et 1993). Sur le versant littéraire et satirique, il rejoint l'Académie Alphonse-Allais, prolongeant un goût pour l'humour et la parodie. Auteur prolifique, il signe ou co-signe près de trente ouvrages et participe à Concarneau au Salon du livre maritime, dont il est président d'honneur en 1997 et 1998.


Lieux de référence

Ses lieux de référence couvrent plusieurs étapes nettes : Everly (Seine-et-Marne), où il naît, et Barly, près d'Arras, où il grandit. À Paris, il est durablement associé aux studios de France Inter à la Maison de la Radio. Il séjourne aussi à New York à la fin des années 1960 pour l'ORTF. Il s'installe ensuite en Gironde, à Pessac-sur-Dordogne, non loin de Mussidan.


Contexte du décès

En fin de vie, Claude Villers réside en Gironde, à Pessac-sur-Dordogne. Hospitalisé et placé en convalescence dans la région de Mussidan, en Dordogne, il subit plusieurs opérations avant de s'éteindre dans ce centre de soins. Les obsèques se déroulent dans l'intimité, selon le souhait de ses proches, dans le secteur où il vivait depuis des années. Les hommages publics insistent sur son rôle de grande voix de France Inter et sur son art de raconter, entre satire, reportage et voyage.


Où se recueillir ?

Claude Villers est inhumé au cimetière de Pessac-sur-Dordogne (Gironde). Pour un recueillement, le plus adapté est de privilégier ce lieu, dans la commune où il vivait. Les hommages peuvent aussi passer par la mémoire radiophonique, notamment via les archives disponibles de France Inter autour du Tribunal des flagrants délires.


Anecdotes

1 - Avant d'être connu au micro, il a pratiqué le catch de foire en 1959 sous le surnom « l'Homme au masque de soie », une parenthèse souvent rappelée pour expliquer son goût du spectacle et des personnages.
2 - Depuis New York, il rapporte pour l'ORTF et la presse française des récits sur l'Amérique de la fin des années 1960, et couvre notamment le festival de Woodstock en 1969, contre l'avis de certains responsables.
3 - En 1986, il fonde Pacific FM et la présente comme une « radio voyage », prolongeant à l'antenne une obsession pour les départs, les cartes et les itinéraires, loin des formats de studio classiques.
4 - Son livre Francis Blanche, le tonton flingué reçoit un prix de l'humour en 2002, signe que sa plume satirique prolongeait l'esprit radiophonique au-delà des émissions, avec un goût assumé pour la caricature.


Points clés

- Métier(s) : journaliste, homme de radio et de télévision, auteur
- Résidence principale : Pessac-sur-Dordogne (Gironde)
- Relations : marié à Colette
- Enfants : —
- Distinctions : prix de l'humour (2002) pour Francis Blanche, le tonton flingué