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Autre personnalité née le 24/03/1944

Biographie

Héritier d'une famille de journalistes, Dominique Bromberger, né le  24 mars 1944 à Paris, a incarné pendant trente ans la voix de la politique étrangère sur TF1 puis France Inter, avant de disparaître des antennes après 2008.


Parcours

Élu président de l'Amicale des étudiants de Sciences Po en 1965-1966, Dominique Bromberger débute sa carrière dès 1966 à Radio Monte-Carlo avant de partir en coopération à Beyrouth, où il anime une émission en français pour la radio libanaise. Il couvre pour France Inter les événements de Septembre noir en Jordanie en 1970, ce qui lui vaut d'être engagé par la station à son retour. Sur France Inter, il présente en alternance avec Yves Mourousi le journal de 13 heures, Inter Actualités Magazine, magazine de soixante minutes mêlant journal et entretiens avec artistes, écrivains et cinéastes. Les archives de l'INA attestent sa présence à l'antenne dès décembre 1972, notamment pour commenter des sujets de politique intérieure, interviewant en direct Michel Rocard ou Alain Krivine. À l'éclatement de l'ORTF en 1975, il rejoint TF1 comme rédacteur en chef adjoint, aux côtés de Roger Gicquel et Yves Mourousi. Il est alors soumis à ce qu'il décrit lui-même comme "une atmosphère de pression" en fin de septennat Giscard, ce qui le conduit à préférer partir comme correspondant à Londres pour TF1 et Radio France, puis à Washington pour TF1. Il revient ensuite à Paris pour prendre la direction du service étranger de TF1 et le poste de directeur délégué à l'information. Pendant vingt ans, il assure le remplacement régulier de Roger Gicquel puis de Patrick Poivre d'Arvor au journal de vingt heures. Sa méthode de travail est celle d'un artisan minutieux : "Je commence à y travailler la veille. Et je prends des notes tout au long de la journée. Parfois, le matin, il faut que je change mon fusil d'épaule au dernier moment." (La Dépêche du Midi). Parallèlement à l'audiovisuel, il collabore aussi à la presse écrite : Le Télégramme, L'Indépendant et le magazine financier Investir.

En 1993, il crée sur TF1 la série documentaire Décisions secrètes, consacrée aux grandes décisions de l'histoire contemporaine. Il quitte la chaîne en 1995 sur un conflit éditorial : "Elle a suscité des jalousies dans la chaîne : j'embêtais tout le monde." (La Dépêche du Midi). Il rejoint Arte, où il présente le journal le 7½ de 1996 à 1998 avant d'en diriger la rédaction parisienne, un projet qu'il juge lui-même "trop ambitieux" pour les moyens de la chaîne. C'est Jean-Luc Hees, directeur de France Inter, qui le sollicite directement pour remplacer Bernard Guetta. À partir d'octobre 1997, il tient chaque matin à 8h17 la chronique Regards sur le monde, déplacée à partir de 2006 dans l'émission Et pourtant, elle tourne. En 2004, il participe comme représentant de France Inter au Forum économique mondial de Davos. En 2007, il produit pour la station la série estivale Sur les pas de Rimbaud : "On a toujours tenté de percer le mystère Rimbaud en s'en tenant aux textes. Moi, j'ai tenté de suivre ses pas." Sa collaboration avec France Inter s'achève le 26 juin 2008.


Repères chronologiques

  • 1944 : Naissance à Paris.
  • 1965-1966 : Élu président de l'Amicale des étudiants de Sciences Po.
  • 1966 : Débuts à Radio Monte-Carlo, puis coopération à Beyrouth pour la radio libanaise.
  • 1970 : Couverture de Septembre noir en Jordanie pour France Inter. Engagement par la station à son retour.
  • 1972 : Présence attestée à l'antenne de France Inter, interviews de Michel Rocard et Alain Krivine (archives INA).
  • 1975 : Entrée à TF1. Correspondant successif à Londres puis à Washington.
  • 1993 : Création sur TF1 de la série Décisions secrètes.
  • 1994 : Chevalier de la Légion d'honneur (1er avril).
  • 1995 : Départ de TF1 sur conflit éditorial.
  • 1996 : Arrivée sur Arte, présentation du journal le 7½.
  • 1997 : Lancement de la chronique Regards sur le monde sur France Inter à la demande de Jean-Luc Hees. Officier de l'Ordre national du Mérite (10 novembre).
  • 1999 : Coauteur et narrateur du documentaire Ceaușescu, la folie du pouvoir.
  • 2001 : Grave accident de scooter avenue de Suffren à Paris. Trois semaines de coma, sept opérations, sept mois d'hospitalisation.
  • 2004 : Publication de Un aller-retour (Robert Laffont). Prix Vérité de la ville du Cannet. Participation au Forum économique mondial de Davos.
  • 2006 : Publication de Clichy-sous-Bois, Vallée des Anges (Arléa).
  • 2008 : Fin de la collaboration avec France Inter (26 juin).
  • 2010 : Publication de C'est ça, la Russie (Actes Sud), dernier ouvrage publié à ce jour.

Vie personnelle et engagements

Dominique Bromberger est issu d'une famille dont le journalisme constitue la trame depuis quatre générations. Son arrière-grand-père paternel, Herman Bromberger, avait quitté la Suisse alémanique vers 1880 pour s'installer à Marseille, attiré par la maison Noilly-Prat. Son grand-père paternel, journaliste au Petit Marseillais, épousa une Alsacienne et mourut jeune dans les années 1930, contraignant la famille à rejoindre Paris. Son père Hervé Bromberger (1918-1998), seul de la fratrie à ne pas être journaliste, fut réalisateur de cinéma, d'abord assistant de Jean Cocteau avant de signer plusieurs films dont Identité judiciaire (1951) et Seul dans Paris avec Bourvil (1952). Ses deux grands-oncles paternels, Merry (1906-1978) et Serge Bromberger (1912-1986), furent journalistes de renom, ce dernier grand reporter au Figaro et lauréat du prix Albert-Londres en 1949. Son frère cadet Christian Bromberger (né en 1946) est ethnologue, spécialiste de l'Iran et du football, professeur à l'université d'Aix-Marseille. Sur la réalité matérielle de leur enfance, les deux frères en gardaient une perception différente : "Dominique est mon aîné de deux ans et demi, et il avait davantage l'impression que nous étions dans une situation économique précaire. Ce n'était pas mon sentiment." (entretien avec Christian Bromberger, Christophe Pons). Le 1er mars 2001, un accident de scooter grave l'immobilise sept mois. Il en tire un témoignage sur le coma et l'expérience de mort imminente, publié en 2004, et milite depuis pour le port du casque intégral. Sa femme est mentionnée dans son récit de l'accident, sans que son identité soit documentée publiquement.

Au fil de sa carrière, Dominique Bromberger a travaillé aux côtés de figures majeures du journalisme français : Roger Gicquel et Yves Mourousi à TF1, Patrick Poivre d'Arvor dont il assura les remplacements au vingt heures, et Bernard Guetta qu'il remplace sur France Inter en 1997. Il décrit sans ambages les rapports de force dans les rédactions : "Vers la fin du septennat de Giscard, on a senti... pas de censure, non, mais comme une atmosphère de pression." Sur les auditeurs de France Inter tentant de l'entraîner dans des polémiques en direct : "il arrive parfois que je me fâche." (La Dépêche du Midi). Ses engagements publics, associatifs ou politiques ne sont pas documentés.


Lieux de référence

Né à Paris, Dominique Bromberger y a passé l'essentiel de sa vie professionnelle. Au moment de son retour d'hospitalisation en 2001, il réside dans le 14e arrondissement. Ses racines familiales le rattachent à Marseille et Aix-en-Provence côté paternel, au Comtat Venaissin côté maternel, ainsi qu'à l'Alsace par sa grand-mère paternelle. La famille Bromberger passait ses grandes vacances d'enfance en Haute-Savoie, au bord du lac de Genève, puis dans une maison du Var acquise par son père. Sa carrière l'a conduit à résider à Londres puis à Washington comme correspondant, avant son retour définitif à Paris.


Anecdotes

  • Après son accident de 2001, Dominique Bromberger conserve sur son bureau sa montre brisée lors du choc, arrêtée à 6h50, heure exacte de la collision avenue de Suffren. "J'ai ma montre cassée, là-haut, sur mon bureau." (article retour antenne, 2001).
  • Depuis sa salle de réanimation, pour vérifier qu'il est conscient, les médecins lui demandent qui est le nouveau maire de Paris. Il répond correctement et précise spontanément que "cette victoire à Paris n'était pas un succès pour la gauche dans son ensemble." Les médecins sourient. (article retour antenne, 2001).
  • Il croit avoir regardé les attentats du 11 septembre 2001 en direct sur LCI depuis sa salle de réanimation et en avoir informé les infirmières. Sa femme affirme qu'aucun téléviseur n'est jamais entré dans ce service. Il conclut : "Peut-être que mes souvenirs, je les ai reconstruits dans le monde de la morphine." (article retour antenne, 2001).
  • Avant de reprendre l'antenne en novembre 2001, après huit mois d'absence, sa première phrase est : "J'ai un peu peur. Je ne sais pas si les idées que j'ai, ou que j'aurai, n'ont pas déjà été développées." (article retour antenne, 2001).
  • En avril 1992, dans une chronique sur l'Afghanistan post-soviétique, il imagine par anticipation un État islamiste utilisant des missiles contre des avions civils. Le texte est qualifié de "prémonitoire" après le 11 septembre 2001.
  • Son arrière-grand-père Hermann Bromberger appartenait à la communauté suisse de Marseille, alors si nombreuse qu'elle alignait une équipe de football ayant remporté le championnat de France.

Bibliographie

  • L'Itinéraire de Parhan au château d'Alamut et au-delà (1978)
  • Le Grand Manège, Rencontre avec les maîtres du monde (Plon, 1993)
  • Un aller-retour (Robert Laffont, 2004) - Prix Vérité 2004, ville du Cannet
  • Préface de Sans Dessus Dessous de Jules Verne (Actes Sud, 2005)
  • Clichy-sous-Bois, Vallée des Anges (Arléa, 2006)
  • C'est ça, la Russie (Actes Sud, 2010)

Filmographie

  • Ceaușescu, la folie du pouvoir (1999) - documentaire, coauteur et narrateur

Points clés

  • Métier(s) : Journaliste, chroniqueur de politique étrangère, écrivain
  • Résidence principale : Paris (14e arrondissement)
  • Relations de couple : marié lors de son accident
  • Enfants : Non documentés
  • Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur (1994), Officier de l'Ordre national du Mérite, Prix Vérité 2004 de la ville du Cannet pour Un aller-retour
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Autres présentateurs de journaux télévisés nés dans les années 1940

Citations

Vers la fin du septennat de Giscard, on a senti... pas de censure, non, mais comme une atmosphère de pression.

— La dépêche du Midi, 06/02/2003

Dans un monde où tous les autres pays courent après le changement, la Russie serait-elle le seul à ne pas changer ?

— Étonnants Voyageurs, à propos de C'est ça, la Russie, 2010

La politique étrangère d'un pays varie assez peu d'un Président à l'autre. Les intérêts de la France socialiste étaient grosso modo les mêmes que sous Giscard.

— La Dépêche du Midi

J'avais dans l'idée que, une fois sorti du coma, je revivrais à 100 % comme j'avais vécu et que, me tenir informé, c'était me tenir prêt dès que mon corps me permettrait de redémarrer.

— Article retour à l'antenne France Inter, novembre 2001

Si je ne suis pas mort sur le coup, et si j'ai encore ma raison, c'est parce que je portais un casque intégral. C'est mon message essentiel aux usagers des deux-roues : portez un casque intégral !

— Article retour à l'antenne France Inter, novembre 2001

Vers la fin du septennat de Giscard, on a senti... pas de censure, non, mais comme une atmosphère de pression.

— La dépêche du Midi, 06/02/2003

Dans un monde où tous les autres pays courent après le changement, la Russie serait-elle le seul à ne pas changer ?

— Étonnants Voyageurs, à propos de C'est ça, la Russie, 2010

La politique étrangère d'un pays varie assez peu d'un Président à l'autre. Les intérêts de la France socialiste étaient grosso modo les mêmes que sous Giscard.

— La Dépêche du Midi

J'avais dans l'idée que, une fois sorti du coma, je revivrais à 100 % comme j'avais vécu et que, me tenir informé, c'était me tenir prêt dès que mon corps me permettrait de redémarrer.

— Article retour à l'antenne France Inter, novembre 2001

Si je ne suis pas mort sur le coup, et si j'ai encore ma raison, c'est parce que je portais un casque intégral. C'est mon message essentiel aux usagers des deux-roues : portez un casque intégral !

— Article retour à l'antenne France Inter, novembre 2001

Questions autour de Dominique Bromberger

Qui est né le même jour que Dominique Bromberger ?
Alyson Hannigan, Lake Bell, Sylvestre, Harry Houdini et Jerzy Kukuczka sont nés le 24 mars comme Dominique Bromberger.
Quel âge a Dominique Bromberger ?
Dominique Bromberger a 82 ans. Il aura 83 ans le 24 mars.
Quels journalistes français sont nés en 1944 comme Dominique Bromberger ?
Quels journalistes sont nés à Paris comme Dominique Bromberger ?
Quels journalistes français sont du signe Bélier comme Dominique Bromberger ?
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