Jean-Pierre Pernaut, né le 08 avril 1950, incarne le journal télévisé du terroir français pendant trente-trois ans au 13 heures de TF1. Fils de boulanger amiénois devenu figure tutélaire des régions, il impose un traitement populaire de l'actualité loin des élites parisiennes, valorisant artisans, patrimoine local et traditions rurales dans une France profonde qu'il met quotidiennement en lumière face à treize millions de téléspectateurs fidèles.
Diplômé de l'ESJ Lille (École Supérieure de Journalisme), Jean-Pierre Pernaut débute au journal La Voix du Nord avant de rejoindre France Inter puis TF1 en 1975. Reporter de terrain, il couvre les conflits au Liban et en Afghanistan dans les années 1970, obtenant le Prix Albert-Londres en 1977 pour ses reportages de guerre. Cette reconnaissance journalistique légitime sa crédibilité avant son installation durable au journal de 13 heures de TF1 en 1988, succédant à Yves Mourousi.
Il transforme radicalement le format en privilégiant systématiquement les sujets régionaux, les métiers artisanaux, les spécialités culinaires et le patrimoine architectural français. Cette ligne éditoriale valorisant les terroirs face à la mondialisation lui vaut une fidélité d'audience exceptionnelle, dépassant régulièrement quarante pour cent de parts de marché. Il collabore étroitement avec Patrick Poivre d'Arvor qui anime le 20 heures sur la même chaîne, les deux présentateurs incarnant durant des décennies les visages de l'information sur TF1.Il lance JPP TV (web TV) en 2020-2022, et intervient sur LCI.
En 2010, Jean-Pierre Pernaut suscite une polémique en tenant des propos critiques sur les prénoms d'origine étrangère lors d'un reportage en maternité. Accusé de dérives identitaires par plusieurs associations antiracistes, il présente des excuses tout en défendant son attachement aux traditions françaises. Cette séquence cristallise les critiques récurrentes sur sa vision conservatrice de la France, certains intellectuels dénonçant une folklorisation nostalgique du monde rural.
En 2019, des tensions émergent avec la direction de TF1 concernant le traitement médiatique du mouvement des Gilets jaunes. Jean-Pierre Pernaut revendique une proximité assumée avec les revendications des classes populaires et des territoires périphériques, position qui lui vaut des accusations de complaisance envers la contestation sociale. La chaîne défend néanmoins sa liberté éditoriale jusqu'à son départ en décembre 2020.
Originaire d'Amiens où son père exerce la profession de boulanger, Jean-Pierre Pernaut épouse en premières noces Dominique Bonnet avec qui il a deux enfants, Olivier Pernaut et Julia Pernaut. Après son divorce, il se remarie en 2001 avec Nathalie Marquay, Miss France 1987, avec qui il a deux enfants, Tom Pernaut né en 2003 et Lou Pernaut née en 2005. Passionné d'aviation, il obtient son brevet de pilote et possède un avion personnel qu'il utilise pour ses déplacements professionnels et privés.
Il entretient une amitié professionnelle durable avec Michel Drucker, les deux hommes partageant une vision populaire de la télévision française. Défenseur militant des régions et du monde rural, Jean-Pierre Pernaut s'engage contre la désertification des campagnes et la disparition des commerces de proximité. Il multiplie les initiatives pour promouvoir l'artisanat local et les savoir-faire traditionnels, position qui lui vaut reconnaissance dans les territoires ruraux et critiques dans les milieux urbains progressistes.
Jean-Pierre Pernaut décède le 2 mars 2022 à l'hôpital Georges-Pompidou (Paris 15e) où il a été hospitalisé fin février 2022, des suites d'un cancer du poumon, à l'âge de soixante et onze ans. Diagnostiqué d'un cancer de la prostate en 2018 dont il avait publiquement annoncé la rémission, il développe ensuite cette pathologie pulmonaire qui l'emporte rapidement malgré les traitements. Son épouse Nathalie Marquay et ses quatre enfants sont à ses côtés durant ses derniers moments.
Ses obsèques sont célébrées le 8 mars 2022 en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, sa ville natale, en présence de plusieurs milliers de personnes venues de toute la France. Les hommages affluent de l'ensemble du monde politique et médiatique, saluant sa longévité exceptionnelle à l'antenne et son attachement aux territoires. Emmanuel Macron salue un journaliste qui a su raconter la France dans sa diversité et sa profondeur pendant plus de trois décennies.
Jean-Pierre Pernaut repose au cimetière des Arches (ou cimetière paysager) de Louveciennes (Yvelines, banlieue ouest Paris), près d'un aqueduc, lieu champêtre discret.La Chapelle-en-Serval dans l'Oise est une commune où il possédait une résidence secondaire. Il résidait principalement à Longueville en Seine-et-Marne avec son épouse Nathalie Marquay et leurs enfants. Ses funérailles se sont déroulées en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, ville picarde où il est né et qui symbolise son ancrage provincial revendiqué tout au long de sa carrière télévisuelle.
Jean-Pierre Pernaut conservait systématiquement une baguette de pain sur le plateau du journal de 13 heures, clin d'œil à la profession paternelle et symbole de son attachement aux traditions françaises. Cette baguette était renouvelée quotidiennement et provenait de différentes boulangeries artisanales selon les reportages programmés.
Durant ses vacances, il pilotait lui-même son avion pour rejoindre ses destinations, refusant souvent les transports classiques. Cette autonomie aérienne lui permettait de découvrir la France vue du ciel et alimentait sa connaissance géographique du territoire qu'il valorisait à l'antenne.
Il entretenait une rivalité amicale avec son concurrent Laurent Delahousse qui lui succède indirectement sur France 2. Les deux hommes incarnaient deux visions opposées du journal télévisé : régionalisme populaire contre vision parisienne élitiste, opposition régulièrement commentée dans les médias spécialisés.