Laure Adler, née Laure Suzanne Anne Clauzet le 11 mars 1950 à Caen, est une journaliste, biographe, essayiste, éditrice et productrice de radio et de télévision française. Elle a dirigé France Culture de 1999 à 2005 et a reçu le prix Fémina Essai en 1998 pour sa biographie de Marguerite Duras.
Fille d'un ingénieur agronome, Laure Clauzet passe son enfance à Conakry, en Guinée française, puis, après l'indépendance de ce pays, à Abidjan en Côte d'Ivoire jusqu'à ses dix-sept ans. Revenue en France avec sa famille en 1967, elle s'inscrit au lycée de jeunes filles Jeanne-d'Arc à Clermont-Ferrand, où elle prend part aux mobilisations de Mai 68 en qualité de déléguée lycéenne pour l'Union nationale des comités d'action lycéens. Elle y découvre les oeuvres de Jean-Paul Sartre, de Simone de Beauvoir et de Marguerite Duras. Après une maîtrise de philosophie, elle soutient en 1978, à l'École des hautes études en sciences sociales, une thèse de troisième cycle en histoire sous la direction de Jean-Paul Aron, consacrée à la presse des femmes entre 1830 et 1850. Elle entre à France Culture au début des années 1970 pour remplacer une amie, travaillant d'abord comme assistante du producteur Jacques Duchateau sur l'émission Panorama, puis devenant productrice en 1974. Elle participe à la création de l'émission Les Nuits magnétiques, dont elle confie l'animation à Alain Veinstein, qui deviendra son second mari.
Entre 1981 et 1987, Laure Adler intervient régulièrement dans l'émission de débat Droit de réponse de Michel Polac sur TF1. En 1989, François Mitterrand la nomme conseillère à la culture, poste qu'elle occupe jusqu'en 1993 et dont elle tire le livre L'Année des adieux (Flammarion, 1995). De 1993 à 1997, elle anime sur France 2 l'émission nocturne de débats culturels Le Cercle de minuit, créée par Michel Field. En 1997, elle prend la responsabilité des essais et documents aux éditions Grasset. En 1998, elle publie chez Gallimard une biographie de Marguerite Duras, fruit de douze années d'amitié avec l'écrivaine et de six ans de recherches incluant un voyage au Vietnam, qui lui vaut le prix Fémina Essai. En janvier 1999, elle est nommée directrice de France Culture, poste qu'elle occupe jusqu'en septembre 2005, avant de prendre la direction du secteur littéraire des éditions du Seuil, dont elle est licenciée en 2006. De 2016 à 2023, elle anime sur France Inter l'émission d'entretiens L'Heure bleue. En 2024 et 2025, elle présente sur LCP une collection de grands entretiens féministes, et publie en octobre 2025 Vierges : Histoires et tabous aux éditions Albin Michel.
1950 : naissance le 11 mars à Caen
1967 : retour en France à Clermont-Ferrand après l'enfance en Afrique
1968 : déléguée lycéenne lors des événements de Mai 68 ; rencontre Alfred Adler dans un kibboutz en Israël
1974 : entre comme productrice à France Culture
1978 : soutenance de thèse de 3e cycle en histoire à l'EHESS
1979 : publication de À l'aube du féminisme : les premières journalistes, Payot
1983 : publication de Secrets d'alcôve : une histoire du couple de 1830 à 1930, Hachette
1989 : nommée conseillère culturelle auprès du président François Mitterrand
1993 : présente Le Cercle de minuit sur France 2
1998 : publication de la biographie Marguerite Duras (Gallimard) ; prix Fémina Essai
1999 : nommée directrice de France Culture (jusqu'en 2005)
2005 : publication de Dans les pas de Hannah Arendt, Gallimard
2016 : prend la présentation de L'Heure bleue sur France Inter
2020 : publication de La Voyageuse de nuit, Grasset
2023 : dernière émission de L'Heure bleue sur France Inter
2025 : publication de Vierges : Histoires et tabous, Albin Michel
Laure Adler est la fille d'un ingénieur agronome dont le nom de naissance est Clauzet. Elle grandit en Afrique subsaharienne avant de s'installer à Clermont-Ferrand. Elle rencontre après 1968 l'ethnologue Alfred Adler dans un kibboutz en Israël : il devient son premier mari, et elle conservera son nom pour sa vie professionnelle après leur divorce. De cette union naît un premier enfant en 1970. En 1985, son deuxième enfant, Rémi, décède de maladie à l'âge de neuf mois, expérience qu'elle relate dans le livre À ce soir (Gallimard, 2001). Elle se marie en secondes noces avec l'écrivain et producteur de radio Alain Veinstein (né en 1942), avec lequel elle a deux filles, Léa et Paloma. Elle réside à Malakoff, dans les Hauts-de-Seine.
Engagée dans les questions féministes depuis sa jeunesse, Laure Adler a consacré une grande partie de son oeuvre à l'histoire des femmes, des premières journalistes aux artistes contemporaines. En mars 2007, elle signe avec cent cinquante intellectuels un texte appelant à voter pour Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle. En 2008, elle donne des cours d'histoire des femmes et du féminisme à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle est membre du conseil d'administration du Théâtre de la Ville à Paris, et a présidé l'association Le Transfo, Art et Culture en région Auvergne, de juillet 2006 à février 2008.
1 - Arrivée à France Culture au début des années 1970 par hasard pour remplacer une amie, Laure Adler y travaillera finalement quarante ans, gravissant tous les échelons jusqu'à la direction de la chaîne.
2 - Sa biographie de Marguerite Duras a nécessité six ans de recherches, dont un voyage au Vietnam sur les lieux d'enfance de l'écrivaine, et s'appuie sur des archives inédites consultées par Laure Adler, qui fut l'amie de Duras pendant une douzaine d'années.
3 - Le titre de son essai La Voyageuse de nuit (2020) est emprunté à une phrase de Chateaubriand : "La vieillesse est une voyageuse de nuit : la terre lui est cachée ; elle ne découvre plus que le ciel."
4 - Lors du mouvement de Mai 68, alors lycéenne à Clermont-Ferrand, elle fut menacée d'exclusion à trois mois du baccalauréat pour son engagement militant, et ne dut son maintien qu'à l'intervention de son professeur de philosophie.
5 - Elle avait créé l'émission Les Nuits magnétiques à France Culture en en confiant l'animation à Alain Veinstein, celui qui allait devenir son second mari.
- Métier(s) : journaliste, biographe, essayiste, productrice de radio et de télévision, éditrice
- Résidence principale : Malakoff (Hauts-de-Seine)
- Relations de couple : Alfred Adler (1er mariage, divorces) ; Alain Veinstein (2e mariage)
- Enfants : un premier enfant (1970) ; Rémi (décédé en 1985) ; Léa Veinstein ; Paloma Veinstein
- Distinctions : prix Fémina Essai 1998 (pour Marguerite Duras)
La vieillesse, comme un engagement vis-à-vis de soi-même de ne pas déroger à ce qu'on tente d'être.
— La Voyageuse de nuit, Grasset, 2020 (cité par Babelio)
Ce que le féminisme m'a fait, c'est qu'il m'a ouvert des portes de compréhension du monde, épanouissant ma capacité à percevoir les injustices.
— Wikiquote FR, d'après Les femmes artistes sont dangereuses, Flammarion, 2018
Il y a une manière particulière des femmes d'aimer les livres, de pratiquer l'art de la lecture, d'avoir besoin des livres comme d'une sève nourricière et même de considérer certains moments de leur existence que vivre c'est lire.
— Les femmes qui lisent sont dangereuses, Flammarion, 2006, p. 15
Les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes ; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange, singulière, tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations.
— Les femmes qui lisent sont dangereuses, Flammarion, 2006, p. 13
La vieillesse, comme un engagement vis-à-vis de soi-même de ne pas déroger à ce qu'on tente d'être.
— La Voyageuse de nuit, Grasset, 2020 (cité par Babelio)
Ce que le féminisme m'a fait, c'est qu'il m'a ouvert des portes de compréhension du monde, épanouissant ma capacité à percevoir les injustices.
— Wikiquote FR, d'après Les femmes artistes sont dangereuses, Flammarion, 2018
Il y a une manière particulière des femmes d'aimer les livres, de pratiquer l'art de la lecture, d'avoir besoin des livres comme d'une sève nourricière et même de considérer certains moments de leur existence que vivre c'est lire.
— Les femmes qui lisent sont dangereuses, Flammarion, 2006, p. 15
Les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes ; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange, singulière, tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations.
— Les femmes qui lisent sont dangereuses, Flammarion, 2006, p. 13