Charles Biétry, né le 5 novembre 1943 à Rennes, est un journaliste sportif français qui a profondément transformé la couverture télévisuelle du sport en France, notamment comme directeur des sports de Canal+ de 1984 à 1998, avant de s'engager publiquement contre la maladie de Charcot.
Passionné de sport dès l'enfance, Charles Biétry pratique le football en amateur comme gardien de but avant de s'orienter vers le journalisme. Diplômé du Centre de formation des journalistes de Paris en 1966, il entre à l'Agence France-Presse où il gravit rapidement les échelons pour devenir grand reporter. C'est aux Jeux olympiques de Munich, en septembre 1972, qu'il s'impose comme un journaliste de terrain d'exception : présent à la base aérienne de Fürstenfeldbruck lors de la prise d'otages perpétrée par le groupe Septembre Noir, il est le premier à annoncer en exclusivité la mort des membres de la délégation olympique israélienne, contredisant le communiqué officiel des autorités allemandes qui évoquait un sauvetage. Ce scoop, transmis à l'AFP en pleine nuit, marque les esprits du milieu. En 1980, il prend la direction du service des sports de l'AFP, poste qu'il occupe jusqu'en 1984. Il publie également, dès 1976, le Livre d'or du football aux éditions Solar, premier ouvrage d'une carrière d'auteur qui se prolongera jusqu'à ses mémoires.
En 1984, Charles Biétry rejoint la jeune chaîne Canal+ comme directeur des sports, fonction qu'il exercera quatorze ans. Sous sa direction, le service des sports passe de quatre journalistes à soixante-dix, et la chaîne cryptée révolutionne la diffusion du football et du rugby en France. Biétry innove en formant une paire de commentateurs avec Michel Denisot, crée des émissions qui deviennent des références - Jour de foot, L'Équipe du dimanche - et lance la couverture des sports américains. Il contribue aussi à l'émergence de journalistes devenus des voix majeures du sport français, parmi lesquels Thierry Gilardi, Éric Bayle et Grégoire Margotton. Parallèlement, il est PDG d'Eurosport France de 1993 à 1998, et président du PSG omnisports de 1992 à 1998. Après un passage éphémère à la présidence du Paris Saint-Germain Football de juillet à décembre 1998, il rejoint TF1, puis France Télévisions comme directeur des sports de 2000 à 2001. Il est ensuite directeur éditorial de L'Équipe TV jusqu'à mi-2011, avant de participer au lancement de beIN Sport en juin 2012 comme directeur délégué, poste qu'il occupe jusqu'en novembre 2014. En janvier 2025, il publie ses mémoires, La Dernière Vague, chez Flammarion, ouvrage qui reçoit le prix Sport Scriptum 2025, décerné par l'UJSF et FDJ United, dont la dotation de 5 000 euros et les droits d'auteur sont intégralement reversés à la recherche contre la maladie de Charcot.
1943 : naissance le 5 novembre à Rennes.
1966 : diplômé du Centre de formation des journalistes de Paris ; entre à l'Agence France-Presse comme reporter.
1972 : couvre les Jeux olympiques de Munich pour l'AFP ; annonce en exclusivité la mort des otages israéliens à Fürstenfeldbruck.
1976 : publication du Livre d'or du football aux éditions Solar.
1980 : nommé directeur des sports à l'AFP.
1984 : nommé directeur des sports de Canal+ ; commente le premier match de football diffusé sur la chaîne, Nantes contre Monaco, le 20 août.
1992 : élu président du PSG omnisports ; joue comme gardien de but à l'Union sportive Ville-d'Avray.
1993 : nommé PDG d'Eurosport France ; décoré chevalier de la Légion d'honneur par décret du 29 mars.
1997 : nommé président d'honneur de Bretagne Football Association.
1998 : préside le Paris Saint-Germain Football de juillet à décembre, succédant à Michel Denisot.
2000 : nommé directeur des sports de France Télévisions et conseiller à la présidence du groupe.
2006 : producteur et consultant d'Onzeo, chaîne satellite commune de l'AS Saint-Étienne et du RC Lens.
2010 : reçoit le Prix de la carrière de l'Association des écrivains sportifs.
2012 : nommé directeur délégué de beIN Sport France pour le lancement de la chaîne ; conseiller municipal de Carnac (Morbihan) à partir de 2014.
2022 : diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot) en août.
2023 : révèle publiquement sa maladie dans L'Équipe et avoir organisé son suicide assisté en Suisse ; promu officier de la Légion d'honneur par décret du 13 juillet.
2025 : publication de La Dernière Vague chez Flammarion (29 janvier) ; prix Sport Scriptum 2025 de l'UJSF et FDJ United.
Né à Rennes, Charles Biétry est de culture et d'identité bretonnes revendiquées tout au long de sa vie, notamment à travers sa présidence d'honneur de la Bretagne Football Association à partir de 1997 et son installation à Carnac, en Morbihan, où il réside depuis de nombreuses années. Il est également conseiller municipal de cette commune depuis 2014. Sa formation académique comprend des études de lettres avant l'entrée au Centre de formation des journalistes de Paris. Marié à Monique, il est père de deux enfants, Juliette et François, et grand-père de quatre petits-enfants. Sa femme et ses enfants ont été associés à la démarche de suicide assisté organisée en Suisse à la suite du diagnostic de la maladie de Charcot.
Charles Biétry a côtoyé tout au long de sa carrière des personnalités majeures du sport et des médias : il a joué au football avec Pelé, interviewé Mike Tyson en prison pour la chaîne Action en 2020, et commenté la boxe aux côtés de Jean-Paul Belmondo et de Marcel Bouttier. Nathalie Iannetta, directrice des sports de Radio France et présidente du jury du Prix Sport Scriptum 2025, a débuté sa carrière télévisuelle avec lui. Engagé depuis 2023 en faveur d'une loi française sur l'aide à mourir, il a utilisé un logiciel d'intelligence artificielle pour continuer à s'exprimer publiquement après avoir perdu l'usage de la parole, notamment lors d'une intervention dans l'émission Sept à huit sur TF1 avec Audrey Crespo-Mara, et dans un témoignage diffusé sur France 2 en juin 2026.
1 - En septembre 1972, Charles Biétry est le seul journaliste de l'AFP présent à Fürstenfeldbruck lors du dénouement fatal de la prise d'otages. Sa dépêche annonçant la mort des athlètes israéliens contredit directement le communiqué officiel des autorités allemandes qui affirmait un sauvetage réussi.
2 - En 1992, alors qu'il dirige le service des sports de Canal+, Charles Biétry joue encore comme gardien de but dans l'équipe première de l'Union sportive Ville-d'Avray, club amateur de la banlieue parisienne.
3 - Le premier match de football diffusé sur Canal+ le 20 août 1984, Nantes contre Monaco, est commenté par Charles Biétry et Michel Denisot. Ce match marque le début de la transformation de la relation entre le football professionnel et la télévision payante en France.
4 - Après le diagnostic de sa maladie de Charcot en août 2022, Charles Biétry continue de pratiquer le vélo contre l'avis de ses médecins, estimant que cette activité sportive a retardé la progression de la pathologie en l'aidant à maintenir sa musculature plus longtemps que prévu.
5 - Les droits d'auteur de La Dernière Vague, ses mémoires publiées en janvier 2025, ainsi que la dotation du prix Sport Scriptum 2025 (5 000 euros) ont été intégralement reversés à la recherche contre la maladie de Charcot et à l'accompagnement des malades, conformément à la volonté de l'auteur.
6 - Lors de son intervention sur TF1 dans Sept à huit en janvier 2025, Charles Biétry, ayant perdu l'usage de la parole, a répondu aux questions d'Audrey Crespo-Mara grâce à un logiciel d'intelligence artificielle capable de restituer sa voix à partir d'enregistrements archivés.
- Métier(s) : journaliste sportif, directeur de chaîne, dirigeant de club de football
- Résidence principale : Carnac (Morbihan)
- Relations de couple : marié à Monique
- Enfants : deux enfants (Juliette et François)
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur (1993), officier de la Légion d'honneur (2023), Prix de la carrière de l'Association des écrivains sportifs (2010), Prix Sport Scriptum 2025 pour La Dernière Vague
« C'est déjà dur de mourir ; mais mal mourir, c'est une double peine. »
— La Dernière Vague, Flammarion, 2025, repris par Fnac L'éclaireur, janvier 2025
« Je comprends ce qui me gagne : toujours pas la peur de mourir, mais la peur d'avoir peur. »
— La Dernière Vague, Flammarion, 2025, p. 94
« Je serai donc journaliste. Un moyen par défaut de fréquenter le haut niveau sans en faire partie. »
— La Dernière Vague, Flammarion, 2025, p. 21
« Pour garder le moral, j'ai besoin du sport. Le jour où je ne pourrai plus faire de vélo, cela ira très vite. »
— Interview L'Équipe, 8 avril 2023
« On a tout organisé avec ma femme et mes enfants. Je ne veux pas être branché sur une machine pour respirer alors qu'il n'y a plus rien, plus d'avenir. Je ne veux pas souffrir et surtout faire souffrir ma famille. »
— Interview L'Équipe, 8 avril 2023
« C'est déjà dur de mourir ; mais mal mourir, c'est une double peine. »
— La Dernière Vague, Flammarion, 2025, repris par Fnac L'éclaireur, janvier 2025
« Je comprends ce qui me gagne : toujours pas la peur de mourir, mais la peur d'avoir peur. »
— La Dernière Vague, Flammarion, 2025, p. 94
« Je serai donc journaliste. Un moyen par défaut de fréquenter le haut niveau sans en faire partie. »
— La Dernière Vague, Flammarion, 2025, p. 21
« Pour garder le moral, j'ai besoin du sport. Le jour où je ne pourrai plus faire de vélo, cela ira très vite. »
— Interview L'Équipe, 8 avril 2023
« On a tout organisé avec ma femme et mes enfants. Je ne veux pas être branché sur une machine pour respirer alors qu'il n'y a plus rien, plus d'avenir. Je ne veux pas souffrir et surtout faire souffrir ma famille. »
— Interview L'Équipe, 8 avril 2023