Jean Amadou, de son nom complet Jean Marius Amadou, est un humoriste, chansonnier, journaliste et écrivain français né le 1er octobre 1929 à Lons-le-Saunier (Jura) et mort le 23 octobre 2011 à Neuilly-sur-Seine. Co-créateur du Bébête Show en 1983, il reste l'une des voix satiriques les plus cultivées de la radio et de la télévision françaises du XXe siècle.
Jean Marius Amadou naît le 1er octobre 1929 à Lons-le-Saunier dans une famille d'orientation radicale-socialiste originaire de l'Hérault. Son père, Ernest Amadou, exerce comme inspecteur des PTT. Après une formation de comédien au théâtre des Célestins à Lyon, il tente sa chance à Paris avec l'ambition de mener une carrière de tragédien, mais échoue au troisième tour du concours d'entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Il se tourne alors vers la scène satirique et devient chansonnier en 1958 au théâtre de Dix Heures, puis au Don Camilo et à Bobino. Parallèlement, il pratique le doublage de films américains. En 1965, il anime aux côtés de Maurice Horgues l'émission Ce soir, on égratigne sur la première chaîne de l'ORTF. En 1972, il coproduit avec Philippe Bouvard l'émission Samedi soir. De 1974 à 1981, il présente sur TF1 l'émission dominicale C'est pas sérieux aux côtés de Jean Bertho, Anne-Marie Carrière, Guy Piérauld et Jacques Mailhot.
En 1983, Jean Amadou co-crée avec Stéphane Collaro et Jean Roucas Le Bébête Show sur TF1, émission satirique à marionnettes dont il assure l'écriture des textes et qui devient un phénomène populaire de la décennie. En 1985, il rejoint l'équipe de Tournez manège !, produite par Jacques Antoine. À la radio, il anime à partir de 1973 la tranche du dimanche matin de L'Oreille en coin sur France Inter aux côtés de Maurice Horgues, Anne-Marie Carrière et Jacques Mailhot. De 1987 à 1995, il forme un duo quotidien avec Maryse Gildas dans la matinale d'Europe 1, où il tient également une chronique jusqu'en 2004-2005. De 2003 à 2010, il est sociétaire des Grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL. Commentateur sportif pour France Inter et le quotidien L'Équipe, il couvre le Tour de France, le Tournoi des Cinq Nations et la Coupe d'Europe de football. À partir de 1995 et jusqu'en 2010, il se produit régulièrement au théâtre des Deux Ânes à Paris avec ses complices Jacques Mailhot et Jean Bertho dans un tour d'horizon politique satirique.
1929 : naissance le 1er octobre à Lons-le-Saunier (Jura)
1951 : premiers rôles au théâtre à Lyon, notamment dans Jedermann mis en scène par Charles Gantillon
1954 : joue dans Les Mystères de Paris au théâtre La Bruyère à Paris, mise en scène de Georges Vitaly
1958 : devient chansonnier au théâtre de Dix Heures à Paris
1960 : mariage avec Jeannine Valette ; naissance de sa fille Catherine
1965 : co-présente Ce soir, on égratigne sur la première chaîne de l'ORTF avec Maurice Horgues
1972 : coproduit Samedi soir avec Philippe Bouvard
1973 : rejoint L'Oreille en coin sur France Inter
1974 : début de C'est pas sérieux sur TF1 (jusqu'en 1981)
1978 : publication de son premier ouvrage, Il était une mauvaise foi, chez Robert Laffont
1983 : co-crée Le Bébête Show sur TF1 avec Stéphane Collaro et Jean Roucas
1987 : rejoint la matinale d'Europe 1 en duo avec Maryse Gildas
1995 : débuts réguliers sur la scène du théâtre des Deux Ânes à Paris
1996 : nommé officier de l'ordre national du Mérite
2001 : lauréat du prix Richelieu
2003 : intègre les Grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL en qualité de sociétaire
2007 : nommé officier de l'ordre des Arts et des Lettres
2010 : élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur
2011 : décès le 23 octobre à Neuilly-sur-Seine à l'âge de 82 ans
Jean Amadou est issu d'une famille d'origine héraultaise établie dans le Jura. Son père, Ernest Amadou, était inspecteur des PTT. La carrière du jeune Jean commence à Lyon, avant qu'il ne s'installe à Paris pour poursuivre son ambition théâtrale. En 1960, il épouse Jeannine Valette ; de cette union naît une fille, Catherine. Après la séparation d'avec Jeannine Valette, Jean Amadou vit avec Sylviane Codjia, qui demeure sa compagne jusqu'à son décès. Il réside à Neuilly-sur-Seine. Érudit reconnu par ses pairs, il se définissait lui-même comme un « adepte de la mauvaise foi » et un « saltimbanque », refusant le terme de chansonnier qu'il jugeait réducteur.
Proche de Philippe Bouvard, de Jacques Mailhot et de Pierre Bellemare, Jean Amadou cultivait une sociabilité professionnelle durable fondée sur la confiance artistique réciproque. Commentateur attentif de la vie politique française, il se revendiquait d'une sensibilité de droite, affirmant ne pas être de gauche dans une interview accordée à Valeurs actuelles en 2008. Amateur éclairé d'histoire contemporaine, il connaissait par coeur les membres des gouvernements de la IIIe et de la IVe République et était un spécialiste reconnu de la Première Guerre mondiale. Grand amateur de sport, il couvrit également la compétition cycliste et rugbystique pour France Inter et L'Équipe.
Jean Amadou décède le 23 octobre 2011 à son domicile de Neuilly-sur-Seine à l'âge de 82 ans, à la suite d'une maladie évolutive déclarée depuis 2010. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Malade depuis environ un an, il avait progressivement mis un terme à ses apparitions scéniques au théâtre des Deux Ânes et à ses chroniques radiophoniques. Les obsèques sont célébrées le 27 octobre 2011 au crématorium du Père-Lachaise à Paris, en présence de nombreuses personnalités du monde du spectacle. Pierre Bellemare, ami et partenaire de radio de longue date, rendit un hommage public à son décès. Jacques Mailhot, directeur du théâtre des Deux Ânes, confirma le décès et lui rendit hommage sur France 3. Michel Leeb était présent aux obsèques aux côtés de Sylviane Codjia.
Jean Amadou a été inhumé au crématorium du Père-Lachaise à Paris lors d'une cérémonie célébrée le 27 octobre 2011. Son nom reste associé au théâtre des Deux Ânes, scène parisienne sur laquelle il s'est produit régulièrement pendant plus de quinze ans aux côtés de Jacques Mailhot et Jean Bertho.
1 - Sa taille exceptionnelle de 1,93 m lui valait, au théâtre des Deux Ânes, le surnom affectueux de « Maître 93 » de la part de ses confrères chansonniers, jeu de mots sur le numéro de département des Hauts-de-Seine où il résidait.
2 - Candidat au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il échoue au troisième tour ; cet échec l'oriente vers la satire politique et la chanson, carrière dans laquelle il dépasse largement sa notoriété de comédien potentiel.
3 - Alors que Le Bébête Show atteignait des millions de téléspectateurs, Jean Amadou en assurait l'écriture dans l'ombre de Jean Roucas, présentateur à l'antenne ; il était le seul collaborateur de l'émission à avoir derrière lui plus de vingt ans de carrière dans le comique satirique.
4 - Pour mieux pratiquer la satire politique sans être taxé de partialité, Jean Amadou refusait publiquement d'afficher toute appartenance partisane ; en 1981, son désaccord avec Jean Bertho, qui avait pris position pour François Mitterrand avant la présidentielle, lui valut une mise à l'écart temporaire de la télévision.
5 - Spécialiste reconnu de la Première Guerre mondiale, Jean Amadou connaissait par coeur la composition des gouvernements de la IIIe et de la IVe République, ce qui lui permettait d'enrichir ses chroniques satiriques de références historiques que rares étaient ses confrères capables de mobiliser spontanément.
- Métier(s) : humoriste, chansonnier, chroniqueur radio, journaliste, écrivain, acteur
- Résidence principale : Neuilly-sur-Seine
- Relations de couple : Jeannine Valette (épouse, 1960) ; Sylviane Codjia (dernière compagne)
- Enfants : Catherine (née vers 1960)
- Distinctions : officier de l'ordre national du Mérite (1996), prix Richelieu (2001), officier de l'ordre des Arts et des Lettres (2007), chevalier de la Légion d'honneur (2010)
« L'homme politique qui prétend ne jamais avoir menti ne fait qu'un mensonge de plus. »
— Je m'en souviendrai, de ce siècle, Robert Laffont, 2000
« Considérer les événements avec la plus extrême mauvaise foi est le seul moyen aujourd'hui de les voir tels qu'ils sont. »
— Il était une mauvaise foi, Robert Laffont, 1978
« Nous sommes une nation où les intérêts supérieurs de l'État s'arrêtent aux frontières des intérêts inférieurs des particuliers. »
— Les Français, mode d'emploi, Robert Laffont, 2008
« Tout gouvernement qui s'installe a, pendant un an environ, une excuse toute trouvée pour calmer l'impatient appétit de ceux qui l'ont élu, c'est le Hdgp, c'est-à-dire Héritage désastreux du gouvernement précédent. »
— Vous n'êtes pas obligés de me croire, Robert Laffont, 1999
Ne laissez jamais le temps au temps. Il en profite.
'Comme les vendanges, les amours tardifs sont les plus délicieux.'
Comme les vendanges, les amours tardives sont les plus délicieuses.
S'il y a deux substantifs que je redoute quand on parle de télévision, c'est "culture" et "éducation".
Pourquoi un employé de la SNCF voyage-t-il gratuitement alors qu'un employé des PTT paie ses timbres ?
Nous sommes une nation où les intérêts supérieurs de l'Etat s'arrêtent aux frontières des intérêts inférieurs des particuliers.
La France, comme la femme, vous offre tout quand vous n'en attendez plus rien et vous glisse entre les doigts lorsque vous en espérez quelque chose.
Socrate disait: "Je sais que je ne sais rien", donc chacun de nous en sait plus que Socrate, puisque nous savons au moins que Socrate ne savait rien.
Nous cherchons toujours à savoir ce qui se passe dans la tête de ceux qui nous dirigent, même si nous avons toutes les raisons de penser qu'il ne s'y passe rien.
La devise des mousquetaires était : "Un pour tous, tous pour un...". Celle des politiques est : "Un
pour tous et tous pour moi...", ce qui n'est pas tout à fait la même chose.