Robert Chapatte (1921-1997) est un coureur cycliste puis journaliste sportif français, né à Neuilly-sur-Seine, commentateur du Tour de France à la télévision, à l'origine de Stade 2 et auteur du théorème de Chapatte : une minute d'avance à dix kilomètres de l'arrivée.
Robert Chapatte commence par le football à Saint-Maur-des-Fossés, où il joue avec Louis Caput, avant qu'Ernest Catudal leur conseille d'abandonner le ballon rond pour le vélo. Vainqueur en 1944 du championnat de poursuite par équipes amateurs avec Roger Riol, Jean Guegen et André Chassang, il remporte le Prix Goullet-Fogler en 1945 avec Émile Ignat, puis des américaines au Vélodrome d'Hiver et les Six Jours d'Alger en 1946. Coureur professionnel pendant onze saisons, de 1944 à 1954, notamment chez Mercier, Olympia-Dunlop et Rochet-Dunlop, il participe à cinq Tours de France, de 1948 à 1952, et termine seizième du classement général en 1949. Cette année-là, il remporte aussi le Circuit des Pyrénées et devient le premier coureur à répondre à une interview à la télévision française. Il gagne le Grand Prix d'Espéraza en 1952.
Après sa carrière sportive, Robert Chapatte écrit pour L'Aurore et Le Provençal, puis commente le Tour de l'Ouest 1955 sur Radio Monte-Carlo. Lors d'une étape, son micro et celui de Georges Briquet, de la RTF, sont intervertis ; Briquet le fait entrer à la RTF, où il reste jusqu'en 1959. À la télévision de 1960 à 1968, il commente le cyclisme et apparaît dans Les Coulisses de l'exploit et dans Sports-Dimanche, où officient aussi Michel Drucker, Roger Couderc et Thierry Roland. Écarté de la télévision après mai 1968, il rejoint Europe 1. En 1975, il devient chef du service des sports d'Antenne 2, lance Sport sur la 2, future Stade 2, qu'il présente jusqu'en 1985, et reçoit en 1978 le prix Henri Desgrange de l'Académie des sports. Il commente ensuite le Tour de France avec Jacques Anquetil, Raymond Poulidor, puis Patrick Chêne, et couvre son dernier Tour en 1994.
1921 : naissance à Neuilly-sur-Seine
1936 : débuts à l'Étoile Sportive de Saint-Maur-des-Fossés
1944 : titre de poursuite par équipes amateurs avec Roger Riol, Jean Guegen et André Chassang ; début de sa carrière professionnelle
1946 : victoires dans des américaines au Vélodrome d'Hiver et aux Six Jours d'Alger
1948 : premier des cinq Tours de France disputés, jusqu'en 1952
1949 : seizième du Tour de France, vainqueur du Circuit des Pyrénées, première interview télévisée d'un coureur français
1952 : victoire au Grand Prix d'Espéraza
1955 : commente le Tour de l'Ouest sur Radio Monte-Carlo, rencontre Georges Briquet et entre à la RTF
1960 : commentateur de cyclisme à la télévision, jusqu'en 1968
1966 : publication de Le cyclisme, la télé et moi aux éditions Solar
1968 : écarté de la télévision après mai 1968, il rejoint Europe 1
1975 : chef du service des sports d'Antenne 2, il lance Sport sur la 2, future Stade 2
1978 : prix Henri Desgrange de l'Académie des sports
1994 : dernier Tour de France commenté ; chevalier de la Légion d'honneur
1997 : décès à Paris, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière
Robert Jean Étienne Chapatte est le fils d'Aimé Chapatte, transporteur originaire de Charleroi, et de Marcelle Potin, mandataire aux halles de Paris. Il habite Saint-Maur-des-Fossés, où ses grands-parents tiennent un café rue Beauséjour fréquenté par des sportifs, et débute en 1936, à quinze ans, à l'Étoile Sportive. En 1938, Louis Caput le remarque lors du Premier Pas Dunlop et l'incite à la compétition. Il est le père de Dominique Chapatte, né en 1948, animateur et producteur de télévision, qui présente l'émission Turbo sur M6 depuis 1987. Il a possédé une résidence secondaire à Sainte-Maxime, dans le Var.
Dans les années 1980, Robert Chapatte préside bénévolement l'association France Compétition, structure amateure à l'origine de l'équipe professionnelle Système U. Son amitié avec Georges Briquet, née d'une inversion de micros en 1955, lui ouvre les portes de la RTF. À Antenne 2, il forme un duo de commentateurs du Tour de France avec Jacques Anquetil, puis avec Raymond Poulidor et Patrick Chêne, qui prendra plus tard la direction des sports. Il signe en 1966 Le cyclisme, la télé et moi aux éditions Solar, réédité en 1967 sous le titre Mes tours de France chez Presses Pocket.
Robert Chapatte meurt en janvier 1997 à Paris, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13e arrondissement, à l'âge de 75 ans. Malade lors de son dernier Tour de France en 1994, il retombe malade en 1997. Sa dernière apparition publique a eu lieu aux obsèques du journaliste Pierre Chany. La cause précise du décès n'est pas documentée. Il est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine, sa ville natale.
Robert Chapatte repose au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, ville où il est né. Sa tombe se situe dans la division 1 de ce cimetière.
1 - Pour Robert Chapatte, la minute est une valeur précise : à l'étape de Gap du Tour de France 1993, Bjarne Riis est rattrapé à quelques centaines de mètres de l'arrivée avec 56 secondes d'avance au lieu d'une minute.
2 - Selon Robert Chapatte, un échappé seul avec une minute d'avance a plus de chances qu'un groupe plus avantagé : le solitaire roule à fond jusqu'au bout, alors que le groupe se ménage pour le sprint et se surveille.
3 - En juillet 1994, Robert Chapatte abandonne le Tour de France dans les Pyrénées après être tombé malade, et raconte s'être endormi à Lourdes avant de se réveiller dans un hôpital parisien.
4 - Le 7 avril 1960, dans le journal télévisé de 20 heures de la RTF, Robert Chapatte interroge Jacques Anquetil, André Darrigade et Jean Stablinski quelques jours avant Paris-Roubaix, dans un reportage conservé par l'INA.
5 - Jean-Paul Ollivier raconte avoir annoncé à Robert Chapatte, à son arrivée à Stade 2, des rétrospectives sur les anciens champions, pour lesquelles il a parcouru la France à la rencontre des anciens coureurs encore vivants.
- Métier(s) : coureur cycliste, journaliste sportif, commentateur de télévision
- Résidence principale : non documentée (résidence secondaire à Sainte-Maxime, dans le Var)
- Relations de couple : non documentées
- Enfants : Dominique Chapatte (né en 1948)
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur (1994), chevalier de l'ordre national du Mérite, officier de l'Ordre du Mérite sportif, prix Henri Desgrange (1978)
« Je me suis endormi à Lourdes et je me suis réveillé à l'hôpital à Paris. »
— L'Humanité, 21 janvier 1997, propos relatifs au Tour de France 1994