Cette année marque le 50ᵉ anniversaire de sa disparition.
Stanley Baker, acteur et producteur gallois né le 28 février 1928 à Ferndale, a marqué le cinéma britannique des années 1950-1960 en incarnant des personnages de classe ouvrière à l'écran, avant de coproduire et de jouer dans Zoulou (1964), film fondateur de sa carrière.
Fils d'un mineur de charbon qui avait perdu une jambe dans un accident minier et travaillait ensuite comme opérateur d'ascenseur à la mine, William Stanley Baker grandit à Ferndale, dans la vallée de Rhondda. Benjamin d'une famille de trois enfants, il se décrit lui-même comme un enfant turbulent passionné de football et de boxe. Son talent est repéré très tôt par son professeur Glynne Morse, qui l'encourage à se tourner vers le théâtre. À quatorze ans, il est remarqué lors d'une pièce scolaire par le réalisateur Sergei Nolbandov, qui l'emmène aux studios Ealing pour un test : Baker fait ainsi une courte apparition non créditée dans Undercover (1943). De 1944 à 1945, il intègre le Birmingham Repertory Theatre, où il côtoie Paul Scofield et Dennis Quilley. Après son service militaire au sein du Royal Army Service Corps (1946-1948), où il atteint le grade de sergent, il reprend sa carrière sur les scènes londoniennes, remplaçant notamment Richard Burton dans plusieurs productions théâtrales.
Au cinéma, Baker est longtemps cantonné aux seconds rôles et aux personnages de soldats en raison de son physique imposant, jusqu'à sa rencontre déterminante avec le réalisateur américain Joseph Losey. En 1959, leur collaboration sur L'Enquête de l'inspecteur Morgan lui apporte une consécration internationale, confirmée par Les Criminels (1960), Eva (1962) et Accident (1967). Parallèlement, Baker tourne avec le réalisateur Cy Endfield dans Train d'enfer (1957), puis dans Les Canons de Navarone (1961) de J. Lee Thompson, aux côtés de Gregory Peck, et dans Sodome et Gomorrhe (1962) de Robert Aldrich. En 1963, il fonde la société Diamond Films avec Endfield et produit Zoulou (1964), dans lequel il incarne le lieutenant John Chard lors de la bataille de Rorke's Drift. C'est sur ce tournage qu'il offre à Michael Caine, qu'il avait croisé dans Commando en Corée (1956), son premier grand rôle. En 1967, il cofonde ensuite Oakhurst Productions avec Michael Deeley et produit notamment Trois milliards d'un coup (1967) de Peter Yates et L'Italian Job (1969) de Peter Collinson.
1928 : naissance le 28 février à Ferndale, vallée de Rhondda, Pays de Galles
1943 : première apparition au cinéma, non créditée, dans Undercover de Sergei Nolbandov
1944 : intègre le Birmingham Repertory Theatre
1946 : service militaire au Royal Army Service Corps ; atteint le grade de sergent
1950 : épouse l'actrice Ellen Martin ; premiers rôles notables dans des productions britanniques
1955 : rôle dans Richard III de Laurence Olivier, qui lui offre une première percée hors des seconds rôles
1957 : premier rôle principal dans Train d'enfer de Cy Endfield ; nomination aux BAFTA pour Section d'assaut sur le Sittang
1959 : collaboration fondatrice avec Joseph Losey dans L'Enquête de l'inspecteur Morgan
1961 : tourne dans Les Canons de Navarone de J. Lee Thompson, aux côtés de Gregory Peck et David Niven
1963 : fonde Diamond Films avec Cy Endfield
1964 : sort Zoulou, qu'il coproduit et dans lequel il incarne le lieutenant John Chard
1967 : cofonde Oakhurst Productions avec Michael Deeley ; tourne Accident de Joseph Losey
1970 : reçoit la liberté de la ville de Ferndale
1975 : tient le rôle principal dans la mini-série Qu'elle était verte ma vallée et dans le film Zorro de Duccio Tessari, avec Alain Delon
1976 : nommé chevalier le 1er juin ; décède le 28 juin à Malaga d'un cancer du poumon compliqué d'une pneumonie
Stanley Baker épouse en 1950 l'actrice Ellen Martin, que lui a présentée Richard Burton, avec qui il entretient une amitié indéfectible depuis leurs premières années au théâtre gallois. Le couple a quatre enfants : Martin et Sally (jumeaux), Glyn et Adam. Glyn Baker a lui-même mené une carrière d'acteur, apparaissant notamment dans Les Oies sauvages (1978) aux côtés de Richard Burton, et dans Le Retour du Jedi (1983). La famille réside principalement à Londres et possède une villa de vacances en Espagne. Baker envoie ses enfants dans des écoles privées anglaises, choix qui lui vaut des critiques de la part de certains de ses alliés politiques de gauche.
Militant socialiste convaincu, Baker diffuse des messages politiques pour le Parti travailliste d'Harold Wilson au Pays de Galles et participe activement à la Campagne pour le Désarmement nucléaire (CND). Avant la sortie de Zoulou (1964), il est mis en garde contre sa prise de parole lors d'un rassemblement de la CND, de crainte que son engagement à gauche ne nuise aux ventes du film aux États-Unis. Passionné de rugby, il reçoit en 1970 la liberté de la ville de Ferndale, où une plaque commémorative est apposée sur sa maison natale. Il reconnaît également, peu avant sa mort, avoir été joueur compulsif toute sa vie.
Le 13 février 1976, Baker reçoit un diagnostic de cancer du poumon, consécutif à des décennies de tabagisme intensif. Une intervention chirurgicale est pratiquée le mois suivant, mais le cancer s'est propagé aux os. Baker décède le 28 juin 1976 dans un hôpital de Malaga, en Espagne, d'une pneumonie survenue en complication du cancer. Il avait été nommé chevalier le 1er juin 1976 mais ne put être investi en personne à Buckingham Palace, la cérémonie ayant lieu après sa mort. Richard Burton, ami de toujours, lui rendit publiquement hommage dans un texte intitulé « Lamentation pour un Gallois mort » publié le 11 juillet 1976. Le chef zoulou Mangosuthu Buthelezi, qui avait joué dans Zoulou (1964), fit parvenir une gerbe de fleurs aux obsèques de Baker.
Le corps de Stanley Baker est incinéré au crématorium de Putney Vale, à Londres. Ses cendres sont dispersées sur une colline surplombant sa maison d'enfance à Ferndale. Le Ferndale RFC, club de rugby des vallées de Rhondda, a inauguré en son honneur le « Sir Stanley Baker Lounge » le 24 novembre 2006, en présence de sa veuve Ellen Lady Baker et de ses fils.
1 - Lors du tournage de Zoulou (1964), Baker se souvint avoir croisé Michael Caine dans Commando en Corée (1956) et lui confia le rôle du lieutenant Bromhead. Ce fut le premier grand rôle de Caine, qui lança définitivement sa carrière internationale.
2 - Baker fut approché en 1961 pour incarner James Bond dans James Bond 007 contre Dr. No, mais refusa de s'engager sur un contrat de trois films. Sean Connery obtint le rôle ; Baker reconnut plus tard regretter cette décision.
3 - Avec Cy Endfield et Joseph Losey, Baker n'a jamais signé le moindre contrat écrit : une poignée de main suffisait. Les deux réalisateurs américains citaient cette loyauté comme l'une des qualités premières de l'acteur.
4 - À son apogée à la fin des années 1950, Baker percevait 120 000 livres sterling par film, à une époque où le prix moyen d'une maison britannique ne dépassait pas 3 000 livres.
5 - Le chef zoulou Mangosuthu Buthelezi, qui avait joué le roi Cetshwayo dans Zoulou (1964), adressa une gerbe de fleurs aux obsèques de Baker avec le message : « L'homme blanc le plus décent que j'aie jamais rencontré. »
- Métier(s) : acteur, producteur de cinéma
- Résidence principale : Londres
- Relations de couple : Ellen Martin (épouse de 1950 à sa mort en 1976)
- Enfants : Martin, Sally, Glyn, Adam
- Distinctions : nomination aux BAFTA du meilleur acteur britannique (1960) ; nomination à l'Emmy du meilleur acteur pour Qu'elle était verte ma vallée (1975) ; nommé chevalier le 1er juin 1976 (investi à titre posthume)
Je ne fais pas de films pour me voir jouer, je le fais pour jouer.
— Wikiland.org, biographie (traduit de l'anglais)
Je me suis décidé il y a des années que les meilleurs rôles au cinéma allaient toujours au méchant. J'étais déterminé à accaparer le marché du mauvais garçon.
— TCM.com, profil biographique (traduit de l'anglais)
Je n'ai aucun regret. J'ai eu une vie fantastique. Depuis le début, j'ai été entouré d'amour. Je suis le fils d'un mineur gallois et je suis né dans l'amour, je me suis marié par amour et j'ai passé ma vie dans l'amour.
— Déclaration à sa femme Ellen, rapportée par plusieurs sources biographiques (Wikiland, cinemaderien.fr), peu avant sa mort en 1976