Demain marquera le 19ᵉ anniversaire de sa disparition.
Christian d'Oriola, escrimeur français né le 3 octobre 1928 à Perpignan et décédé le 29 octobre 2007 à Nîmes, est le seul fleurettiste au monde à avoir remporté quatre médailles d'or olympiques et huit titres mondiaux, désigné Escrimeur du XXe siècle par la Fédération internationale d'escrime en 2001.
Issu d'une famille bourgeoise de tradition vigneronne de Perpignan, Christian Marie Auguste d'Oriola est initié à l'escrime dès l'âge de neuf ans par son père, dans la salle d'armes aménagée au sous-sol de la demeure familiale. Élève du lycée François-Arago de Perpignan, il dispute ses premières compétitions officielles à 13 ans et affronte les meilleurs séniors régionaux à 15 ans. À 17 ans, il remporte le Challenge Mabilleau. Formé ensuite à Montpellier sous la direction du maître d'armes Michel Alaux, au sein de l'Association Jean-Louis, il entre en équipe de France à 18 ans en 1946. L'année suivante, à Lisbonne, il enlève son premier titre mondial individuel au fleuret à 19 ans, devenant le plus jeune champion du monde de la discipline. Aux Jeux olympiques de Londres en 1948, la presse britannique le surnomme "d'Artagnan" : médaillé d'or par équipes, il doit toutefois céder le titre individuel à son coéquipier Jehan Buhan, plus expérimenté. Il remporte un deuxième titre mondial en 1949, malgré une urémie survenue durant la préparation, puis deux autres en 1951, individuel et par équipes.
Les Jeux olympiques d'Helsinki en 1952 constituent l'apogée de sa carrière : le 27 juillet, l'équipe de France décroche l'or au terme d'une finale de près de cinq heures ; le 28 juillet, d'Oriola s'impose en individuel en remportant l'intégralité de ses huit assauts en finale, battant l'Italien Edoardo Mangiarotti. Le Monde salue la "pureté" de sa victoire. Il obtient la même année le Grand Prix de la Presse Sportive. Champion du monde à nouveau en 1953 et 1954, il subit en 1955 une défaite face au Hongrois József Gyuricza en finale des championnats du monde, liée à son opposition initiale au fleuret électrique adopté dès 1954. Il adapte sa technique et remporte le titre olympique individuel à Melbourne en 1956, tout en recevant le Prix Guy Wildenstein de l'Académie des sports. Porte-drapeau de la délégation française lors des Jeux de Rome en 1960, il se classe septième du tournoi de fleuret individuel à 32 ans. Il poursuit ses compétitions jusqu'en 1970, remportant à 42 ans le titre de champion de France d'épée par équipes avec la salle Réant de Montpellier. De 1970 à 1980, il exerce comme arbitre international, puis occupe le poste de vice-président de la Fédération française d'escrime jusqu'en 1984. Installé à Nîmes après sa carrière sportive, il exerce la profession d'inspecteur d'assurances dans les départements limitrophes. Il est également membre de l'Académie des sports. Avec Lucien Gaudin, Léon Marchand, Teddy Riner et Martin Fourcade, il partage le record français de quatre médailles d'or olympiques.
1928 : naissance le 3 octobre à Perpignan (Pyrénées-Orientales)
1941 : premières compétitions officielles, à 13 ans
1945 : remporte le Challenge Mabilleau à 17 ans
1946 : entre en équipe de France séniors à 18 ans
1947 : champion du monde individuel de fleuret à Lisbonne, à 19 ans ; champion du monde par équipes
1948 : Jeux olympiques de Londres - médaille d'or par équipes, médaille d'argent en individuel ; surnommé "d'Artagnan" par la presse britannique
1949 : champion du monde individuel de fleuret
1951 : champion du monde individuel et par équipes
1952 : double champion olympique à Helsinki (individuel et par équipes) ; Grand Prix de la Presse Sportive
1953 : champion du monde individuel et par équipes
1954 : champion du monde individuel de fleuret
1956 : champion olympique individuel à Melbourne ; médaillé d'argent par équipes ; Prix Guy Wildenstein de l'Académie des sports
1960 : porte-drapeau de la délégation française aux Jeux olympiques de Rome
1970 : champion de France d'épée par équipes avec la salle Réant de Montpellier, à 42 ans
1971 : Légion d'honneur ; épouse la fleurettiste Catherine Delbarre
1995 : Légion d'honneur (promotion pascale)
2001 : désigné Escrimeur du XXe siècle par la Fédération internationale d'escrime
2007 : décès le 29 octobre à Nîmes, à 79 ans
Christian d'Oriola est issu d'une famille bourgeoise de Perpignan aux racines vigneronnes, qualifiée de "famille de bourgeois honorés" par l'historien Philippe Lazerme. Son père, dont le nom complet n'est pas documenté dans les sources consultées, lui enseigne l'escrime dès l'enfance dans la salle d'armes familiale. Élève du lycée François-Arago de Perpignan - dont une promotion 2009-2012 a été nommée en son honneur - il quitte sa ville natale pour se former à Montpellier auprès de Michel Alaux. En 1971, il épouse Catherine Delbarre, connue sous le prénom Kate, elle-même escrimeuse de haut niveau : fleurettiste internationale, elle représente la France aux Jeux olympiques de 1956 à Melbourne et de 1960 à Rome. Après le décès de son mari, Kate Delbarre-d'Oriola est nommée membre honoraire de la Fédération internationale d'escrime.
Christian d'Oriola est le cousin par alliance du cavalier Pierre Jonquères d'Oriola, double champion olympique de saut d'obstacles (1952 et 1964). Les deux sportifs catalans célèbrent ensemble leurs succès aux Jeux de Helsinki en 1952. Après sa reconversion dans le secteur des assurances à Nîmes, d'Oriola reste lié au monde de l'escrime en tant que membre de l'Académie des sports et correspondant de la Fédération internationale d'escrime. Ses échanges épistolaires avec son ancien maître Michel Alaux sont conservés et ont été étudiés par la fille de ce dernier, Myriam Alaux, en collaboration avec Kate Delbarre-d'Oriola.
Christian d'Oriola décède le 29 octobre 2007 à Nîmes, à l'âge de 79 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. La Fédération internationale d'escrime annonce sa disparition dès le 31 octobre 2007 par une lettre urgente adressée aux présidents des fédérations nationales, saluant "un escrimeur de talent d'un style remarquable" ayant réussi "l'exploit de s'adapter au fleuret académique et au fleuret électrique". La FIE, dont il était membre d'honneur, rappelle dans ce document son titre d'Escrimeur du XXe siècle décerné en 2001. Aucune cérémonie funèbre publique de grande ampleur n'est documentée dans les sources consultées.
Christian d'Oriola est inhumé au cimetière de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales. Le lycée François-Arago de Perpignan, où il fut élève, a donné le nom de sa promotion 2009-2012 en son honneur. Aucun autre mémorial ou monument public dédié à sa mémoire n'est documenté dans les sources consultées.
1 - Battu en finale des championnats de France juniors par Jehan Buhan à 18 ans, d'Oriola annonce fièrement le résultat par téléphone à son père, qui lui répond : "Tu n'es que second !". Il déclare avoir retenu la leçon : seule la première place compterait désormais à ses yeux.
2 - Lors des championnats du monde 1949, d'Oriola remporte le titre individuel alors qu'il souffre d'une urémie contractée durant sa préparation, contrainte médicale qui l'avait écarté des podiums les deux années précédentes.
3 - À Helsinki en 1952, d'Oriola remporte la finale par équipes en totalisant dix victoires sur dix assauts dans l'épreuve collective, performance dont Le Figaro attribue le mérite à son maître Michel Alaux dans un article intitulé "Après les succès de d'Oriola aux Jeux, rendons à César...".
4 - En 1956, d'Oriola réalise le double exploit de remporter l'or olympique individuel au fleuret non électrique (1952) puis au fleuret électrique (1956), deux techniques radicalement différentes qu'il est le seul champion de l'époque à avoir maîtrisées à ce niveau, selon la FIE.
5 - Sa correspondance personnelle avec Michel Alaux, son maître d'armes à Montpellier, a été conservée et étudiée bien après sa mort par Myriam Alaux et Kate Delbarre-d'Oriola à Nîmes, à partir de 2012.
6 - En 1970, à 42 ans, il remporte encore le titre de champion de France d'épée par équipes, soit 29 ans après ses premières compétitions officielles en 1941 et dix ans après ses derniers Jeux olympiques.
- Métier(s) : escrimeur (fleuret), arbitre international, vice-président de la Fédération française d'escrime, inspecteur d'assurances
- Résidence principale : Nîmes (après la carrière sportive)
- Relations de couple : Catherine Delbarre, dite Kate (épousée en 1971)
- Enfants : non documentés dans les sources consultées
- Distinctions : 4 médailles d'or olympiques (1948 par équipes, 1952 individuel et par équipes, 1956 individuel), 2 médailles d'argent olympiques (1948 individuel, 1956 par équipes), 8 titres mondiaux (individuel : 1947, 1949, 1953, 1954 ; par équipes : 1947, 1951, 1953, 1958), Légion d'honneur (1971, 1995), Prix Guy Wildenstein de l'Académie des sports (1956), Grand Prix de la Presse Sportive (1952), Escrimeur du XXe siècle - FIE (2001)
« À partir de ce jour-là, seule la première place a compté à mon esprit. »
— Cité dans Fernand Albaret, "Les d'Oriola et les vendanges olympiques", La Table ronde, 1965 (repris par Wikipedia FR)