Résumé biographique
Paulette Guinchard-Kunstler est une femme politique française qui a consacré sa carrière à la défense des personnes âgées et à la prise en charge de la dépendance. Issue du milieu rural franc-comtois, elle a exercé comme infirmière de secteur psychiatrique avant de devenir une spécialiste reconnue des questions de solidarité et d'autonomie.
Parcours
Née le 3 octobre 1949 à Reugney dans le Doubs, Paulette Guinchard-Kunstler exerce d'abord comme infirmière de secteur psychiatrique. Elle s'engage très tôt dans l'action syndicale à la CFDT et adhère au PSU en 1969, puis au Parti socialiste en 1986. Elle est adjointe au maire de Besançon de 1983 à 1995 et conseillère régionale de Franche-Comté de 1986 à 1997. Elle développe une expertise sur les personnes âgées et la dépendance.
En 1997, elle est élue députée de la deuxième circonscription du Doubs. Elle est nommée secrétaire d'État aux Personnes âgées auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité dans le gouvernement Lionel Jospin en novembre 2000. Elle pilote la loi du 20 juillet 2001 instaurant l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Elle quitte ses fonctions en mai 2002. Battue aux législatives de 2007, elle préside la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie de 2013 à 2017.
Controverse
Le 4 mars 2021, Paulette Guinchard-Kunstler met fin à ses jours par suicide assisté à Berne en Suisse, atteinte d'une maladie neurodégénérative héréditaire incurable. Elle avait survécu à deux cancers et souffrait depuis une dizaine d'années. Elle avait demandé à son amie Marie-Guite Dufay d'annoncer publiquement son geste pour en faire un acte militant en faveur d'une loi sur l'aide active à mourir. Ce choix a relancé le débat sur la fin de vie en France, certains y voyant une contradiction avec ses positions antérieures favorables à la sédation profonde et opposées à l'euthanasie active.
Repères chronologiques
- 1949 : Naissance à Reugney dans le Doubs
- 1969 : Adhésion au PSU
- 1983 : Adjointe au maire de Besançon
- 1986 : Conseillère régionale de Franche-Comté et adhésion au Parti socialiste
- 1997 : Élection comme députée de la deuxième circonscription du Doubs
- 2000 : Nomination comme secrétaire d'État aux Personnes âgées
- 2001 : Loi instaurant l'allocation personnalisée d'autonomie
- 2002 : Fin de ses fonctions ministérielles
- 2013 : Présidence de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie
- 2017 : Fin de présidence de la CNSA
- 2021 : Décès à Berne en Suisse
Vie personnelle et engagements
Paulette Guinchard-Kunstler est issue d'une famille d'agriculteurs du Doubs. Elle se marie en 1973 avec Jean Kunstler, dont elle a un fils, Georges, né en 1977. Elle se remarie en 2005 avec Denis Pagnier. Elle vit longtemps à Besançon puis à Chaux-Neuve dans le Haut-Doubs. Elle reste attachée à ses origines rurales et évoque souvent ses racines paysannes, notamment en disant qu'elle était capable de traire les vaches.
Elle entretient une amitié de longue date avec Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle collabore étroitement avec Lionel Jospin lors de son passage au gouvernement. Elle milite pour la reconnaissance des aidants familiaux et des professionnels du médico-social. Elle défend un service public de la dépendance et une solidarité nationale renforcée envers les personnes âgées. Elle préside des organisations associatives pour les seniors après ses mandats électifs.
Contexte du décès
Paulette Guinchard-Kunstler meurt le 4 mars 2021 à Berne en Suisse, à l'âge de 71 ans, par suicide assisté en raison d'une maladie neurodégénérative héréditaire incurable. Elle avait survécu à deux cancers. Son geste, entouré de ses proches dont son mari Denis Pagnier, est annoncé publiquement par Marie-Guite Dufay à sa demande. Il suscite des hommages de Lionel Jospin et de plusieurs personnalités politiques pour son engagement sur la fin de vie.
Lieux de référence
Reugney dans le Doubs est sa commune de naissance. Besançon est le lieu de ses débuts politiques et de son mandat d'adjointe au maire. Chaux-Neuve dans le Haut-Doubs est sa commune de résidence en fin de vie. Une partie de ses cendres repose au cimetière de Couilly-Pont-aux-Dames en Seine-et-Marne aux côtés de celles de son frère Jacques, et une autre partie au cimetière de Nizas dans l’Hérault.
Anecdotes
- Elle aimait rappeler ses origines paysannes en disant qu'elle était la seule ministre capable de traire les vaches.
- Elle citait souvent Marivaux : Bien écouter, c'est presque répondre, pour expliquer son approche du travail parlementaire.
- Elle évoquait son suicide assisté de manière pragmatique, comme on parle de faire le jardin, selon le témoignage de son mari.
- Elle avait demandé à Marie-Guite Dufay d'annoncer son geste après sa mort pour en faire un plaidoyer militant.
- Elle a survécu à deux cancers avant d'être atteinte de sa maladie neurodégénérative héréditaire.
Points clés
- Métier(s) : infirmière de secteur psychiatrique, femme politique
- Résidence principale : Doubs, Franche-Comté
- Relations de couple : Mariée à Jean Kunstler (1973), puis à Denis Pagnier (2005)
- Enfants : Un fils, Georges Kunstler (né en 1977)
- Distinctions : Secrétaire d'État aux Personnes âgées (2000-2002), présidente de la CNSA (2013-2017)






