Naissance
Villeneuve-le-Roi (94), France
Nationalité
Astrologie
16 personnalités prénommées Michèle

Biographie

Michèle Alliot-Marie, née le 10 septembre 1946 à Villeneuve-le-Roi, est une femme politique française gaulliste, première femme à avoir successivement dirigé les ministères de la Défense, de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères sous la Ve République.


Parcours

Fille de Bernard Marie, arbitre international de rugby à XV, ancien député des Pyrénées-Atlantiques et maire de Biarritz, Michèle Alliot-Marie grandit dans une famille ancrée dans la politique du Pays basque. Elle fréquente le lycée de la Folie Saint-James à Neuilly-sur-Seine avant d'entreprendre des études de droit et de lettres à la Sorbonne, puis à l'université Panthéon-Assas, où elle décroche un doctorat en droit en 1973. En 1982, elle obtient un doctorat d'État en science politique à l'université Panthéon-Sorbonne avec une thèse intitulée Décisions politiques et structures administratives. Maître de conférences en droit public à l'École de droit de la Sorbonne à partir de 1984, elle entre en politique locale en 1983 comme conseillère municipale de Ciboure. Élue députée des Pyrénées-Atlantiques en 1986, elle est nommée secrétaire d'État à l'Enseignement auprès du ministre René Monory dans le gouvernement de Jacques Chirac, occupant ainsi ses premières fonctions gouvernementales.

En 1993, elle rejoint le gouvernement d'Édouard Balladur comme ministre de la Jeunesse et des Sports, poste depuis lequel elle fait adopter la loi créant l'interdiction de stade dans le football. En décembre 1999, candidate à la présidence du RPR face au favori Jean-Paul Delevoye, elle l'emporte avec 62,71 % des voix au second tour, devenant la première femme à diriger un grand parti politique français. Son soutien à Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2002 lui vaut la nomination comme ministre de la Défense - poste qu'aucune femme n'avait encore occupé en France ni au sein des cinq grandes puissances nucléaires. Elle gère notamment la crise ivoirienne de 2004 et le conflit israélo-libanais de 2006. Après avoir succédé à Rachida Dati à la Justice en 2009, elle est nommée en novembre 2010 ministre des Affaires étrangères, succédant à Bernard Kouchner. Elle forme alors avec son compagnon Patrick Ollier, simultanément nommé ministre des Relations avec le Parlement, le premier couple à siéger ensemble dans un gouvernement sous la Ve République.


Controverse

En janvier 2011, alors que la révolution tunisienne s'intensifie, Michèle Alliot-Marie propose à la tribune de l'Assemblée nationale de mettre à la disposition du gouvernement de Zine el-Abidine Ben Ali le savoir-faire des forces de sécurité françaises, trois jours avant la chute du régime. Cette déclaration est interprétée comme un soutien au dictateur et déclenche de vives critiques. Les semaines suivantes, Le Canard enchaîné révèle que la ministre a effectué ses vacances en Tunisie dans le jet privé d'Aziz Miled, un homme d'affaires proche de Ben Ali, et que ses parents ont conclu une acquisition immobilière avec ce même homme d'affaires pendant le séjour. Le Premier ministre François Fillon confirme par ailleurs qu'elle avait autorisé la livraison de grenades lacrymogènes à la police tunisienne. Face à la polémique, Michèle Alliot-Marie démissionne le 27 février 2011, remplacée par Alain Juppé. En 2019, elle est mise en examen pour prise illégale d'intérêts pour avoir, entre 2010 et 2012, participé comme adjointe au maire de Saint-Jean-de-Luz au vote de subventions municipales dont des fonds ont été ensuite orientés vers un festival présidé par son père Bernard Marie. En 2024, le tribunal correctionnel de Nanterre la condamne à six mois d'emprisonnement avec sursis, qualifiant la prise illégale d'intérêts d'« indirecte » et de « mesurée ». Ses avocats annoncent immédiatement un appel. Par ailleurs, appuyé sur un rapport de l'OLAF, le Parlement européen lui réclame en 2023 le remboursement d'environ 600 000 euros correspondant aux salaires versés à son neveu Florimond Olive, accrédité comme assistant parlementaire de 2014 à 2019 et soupçonné d'exercer un emploi fictif. Michèle Alliot-Marie conteste cette décision devant la Cour de justice de l'Union européenne.


Repères chronologiques

1946 : naissance le 10 septembre à Villeneuve-le-Roi (Seine-et-Oise)
1971 : mariage avec Michel Alliot, professeur de droit à l'université Panthéon-Assas
1982 : doctorat d'État en science politique, université Panthéon-Sorbonne
1986 : élue députée des Pyrénées-Atlantiques ; secrétaire d'État à l'Enseignement (gouvernement Chirac)
1993 : ministre de la Jeunesse et des Sports (gouvernement Balladur)
1995 : élue maire de Saint-Jean-de-Luz
1999 : élue présidente du RPR, première femme à la tête d'un grand parti politique français
2002 : nommée ministre de la Défense, première femme à ce poste en France
2007 : nommée ministre de l'Intérieur (première femme) ; crée la Direction centrale du renseignement intérieur
2009 : nommée garde des Sceaux, ministre de la Justice
2010 : nommée ministre des Affaires étrangères (première femme)
2011 : démission suite à la polémique sur ses vacances en Tunisie pendant la révolution
2014 : élue au Parlement européen (LR, groupe PPE)
2019 : mise en examen pour prise illégale d'intérêts à Saint-Jean-de-Luz
2024 : condamnée à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nanterre


Vie personnelle et engagements

Michèle Alliot-Marie est la fille de Bernard Marie, arbitre international de rugby à XV et maire de Biarritz, et de Renée Leyko. Après ses études secondaires au lycée de la Folie Saint-James à Neuilly-sur-Seine, elle épouse en 1971 Michel Alliot, son ancien professeur de droit à l'université Panthéon-Assas, qui avait été directeur de cabinet d'Edgar Faure au ministère de l'Éducation nationale en 1968-1969. Ce mariage lui ouvre les portes des milieux académiques et ministériels. Le couple divorce en 1984. Depuis 1988, Michèle Alliot-Marie est la compagne de Patrick Ollier, homme politique LR, ancien ministre des Relations avec le Parlement dans le gouvernement François Fillon.

Établie à Saint-Jean-de-Luz, dont elle fut maire de 1995 à 2002, elle est l'auteure de plusieurs ouvrages, dont La République des irresponsables (Odile Jacob, 1999) et ses mémoires Au coeur de l'État (Plon, 2013), dans lequel elle décrit les coulisses du pouvoir sous Nicolas Sarkozy. Gaulliste revendiquée, elle fonde en 2006 le mouvement interne Le Chêne au sein de l'UMP, qu'elle préside jusqu'en 2014. Elle parraine Laurent Wauquiez lors du congrès des Républicains de 2017 et intègre le bureau politique de LR. Elle s'est opposée à la loi portée par Christiane Taubira sur le mariage pour tous et s'est abstenue lors du vote au Parlement européen sur l'accord CETA.


Anecdotes

1 - En début de carrière, lors de ses passages à l'Assemblée nationale comme conseillère politique, Michèle Alliot-Marie s'y présente en pantalon, en violation du règlement imposant le tailleur aux femmes. Sa résistance aboutit à la modification du règlement en sa faveur.
2 - Ministre de la Défense, elle passe chaque réveillon de la Saint-Sylvestre auprès des soldats déployés en opérations extérieures : à Kaboul en 2002 et 2004, à Yamoussoukro en 2003, en Oman en 2005 et au Liban-Sud en 2006.
3 - En mai 2005, le président Jacques Chirac envisageait de nommer Michèle Alliot-Marie à Matignon, mais choisit finalement Dominique de Villepin, selon des informations publiées ultérieurement dans la presse française.
4 - En 2007, Forbes la classe 11e femme la plus puissante au monde et 1re en France, soit un bond de 46 places par rapport à son classement de l'année précédente, après sa nomination à l'Intérieur.
5 - En novembre 2010, Michèle Alliot-Marie et son compagnon Patrick Ollier entrent simultanément dans le gouvernement Fillon, formant le premier couple à siéger ensemble au sein d'un gouvernement sous la Ve République.


Points clés

- Métier(s) : femme politique, universitaire
- Résidence principale : Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques)
- Relations de couple : Michel Alliot (marié 1971, divorcé 1984) ; Patrick Ollier (compagnon depuis 1988)
- Enfants : non documentés publiquement
- Distinctions : Officière de la Légion d'honneur (2022) ; Commandeur de l'ordre de l'Étoile d'Anjouan (Comores) ; Commandeur de l'ordre du Mérite ivoirien ; Officier de l'ordre de la République (Égypte) ; Commandeur de l'ordre de l'Étoile équatoriale (Gabon) ; Palmes magistrales de 1re classe du Pérou ; Prix de la révélation politique du Trombinoscope (1999) ; Ministre de l'année du Trombinoscope (2005)


Autres ministres français de l'intérieur nés dans les années 1940

Citations

C'est un devoir d'être prête, si c'était la décision du Président.

— Le Figaro, 10 octobre 2010

Nous n'avons pas besoin de quelqu'un qui change d'idées aussi souvent que de jupe.

— Congrès d'investiture de l'UMP, janvier 2007

le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type.

— Assemblée nationale, séance du 11 janvier 2011

Bien qu'ayant le sentiment de n'avoir commis aucun manquement, j'ai décidé de quitter mes fonctions de ministre des Affaires étrangères et européennes.

— Lettre de démission adressée à Nicolas Sarkozy, 27 février 2011

Questions autour de Michèle Alliot-Marie

Quel est le vrai nom de Michèle Alliot-Marie ?
Michèle Alliot-Marie est née Michèle Yvette Marie-Thérèse Jeanne Honorine Marie le 10 septembre 1946. Le nom composé Alliot-Marie est le nom d'usage qu'elle a adopté après son mariage avec Michel Alliot en 1971, et qu'elle a conservé après leur divorce en 1984.
Pourquoi Michèle Alliot-Marie a-t-elle démissionné en 2011 ?
En février 2011, Michèle Alliot-Marie a démissionné du poste de ministre des Affaires étrangères après plusieurs polémiques liées à ses vacances de fin d'année en Tunisie pendant la révolution qui allait renverser Ben Ali. Elle avait notamment voyagé dans le jet privé d'un homme d'affaires proche du régime et tenu des propos devant l'Assemblée nationale proposant un soutien sécuritaire français au gouvernement tunisien.
Michèle Alliot-Marie a-t-elle été condamnée par la justice ?
En 2024, Michèle Alliot-Marie a été condamnée par le tribunal correctionnel de Nanterre à six mois d'emprisonnement avec sursis pour prise illégale d'intérêts commise entre 2010 et 2012, alors qu'elle était adjointe au maire de Saint-Jean-de-Luz. Ses avocats ont immédiatement annoncé un appel.
Combien de ministères Michèle Alliot-Marie a-t-elle dirigés ?
Michèle Alliot-Marie a dirigé quatre ministères régaliens successivement : la Défense (2002-2007), l'Intérieur (2007-2009), la Justice (2009-2010) et les Affaires étrangères (2010-2011). Elle a été la première femme à occuper chacun de ces postes, ce qui constitue un record sous la Ve République.
Qui est le compagnon de Michèle Alliot-Marie ?
Depuis 1988, Michèle Alliot-Marie est la compagne de Patrick Ollier, homme politique LR né en 1944. Tous deux ont siégé simultanément dans le gouvernement Fillon à compter de novembre 2010, formant le premier couple à être membres ensemble d'un gouvernement sous la Ve République.
Qui est né le même jour que Michèle Alliot-Marie ?
Elsa Schiaparelli, Paul de Saint Sernin, Changpeng Zhao, Gustavo Kuerten et Les Minipouss sont nés le 10 septembre comme Michèle Alliot-Marie.
Quel âge a Michèle Alliot-Marie ?
Michèle Alliot-Marie a 80 ans. Elle aura 81 ans le 10 septembre.
Quels responsables politiques français sont nés en 1946 comme Michèle Alliot-Marie ?
Quels responsables politiques français sont du signe Vierge comme Michèle Alliot-Marie ?
Lien copié dans le presse-papier !