Cette année marque le 230ᵉ anniversaire de sa disparition.
Charles Lynch (1736-1796) est un planteur, colonel de milice et homme politique américain de Virginie, dont le nom est à l'origine des termes « loi de Lynch » et « lynchage », issus des procès extrajudiciaires qu'il mena contre des loyalistes en 1780.
Fils de Charles Lynch Sr., immigré irlandais arrivé en Virginie vers 1725 comme serviteur sous contrat, et de Sarah Clark, fille du planteur Christopher Clark, Charles Lynch naît en 1736 à Chestnut Hill, dans le comté de Goochland (auj. Charlottesville), en Virginie. Sa mère introduit la famille dans la communauté quaker vers 1750. Planteur de tabac et éleveur de bétail sur le domaine de Green Level, au bord de la rivière Staunton dans le comté de Bedford, Lynch devient une figure influente de sa région. En 1769, il est élu à la Virginia House of Burgesses à Williamsburg, où il côtoie les futurs artisans de l'indépendance américaine, notamment Richard Henry Lee, Patrick Henry et Edmund Pendleton. En 1775-1776, lors de la Convention de Virginie, il co-rédige avec ces délégués une ordonnance pour la fabrication locale de poudre à canon et d'armes pour la défense de la colonie. Avec son voisin Benjamin Clement, il construit un atelier de poudre à Hurt, de l'autre côté de la rivière Staunton.
À partir de 1778, Lynch est nommé responsable des mines de plomb du comté de Montgomery, ressource essentielle pour la fabrication de munitions. Cette même année, il est promu colonel de milice du comté de Bedford. En août 1780, face à une conspiration loyaliste visant à s'emparer des mines et de l'arsenal de la Nouvelle-Londres, Lynch organise des cours martiales informelles à son domaine de Green Level. Les suspects condamnés sont fouettés jusqu'à crier « Liberty Forever ! » et incorporés de force dans l'armée continentale. Au printemps 1781, il commande un régiment de 200 fusiliers virginiens envoyés renforcer le général Nathanael Greene dans le Sud. Ses hommes participent à la bataille de Guilford Courthouse le 15 mars 1781, où ils tiennent le flanc droit de la première ligne de Greene. Lynch siège ensuite au Sénat de Virginie de 1784 à 1789. Dans les dernières années de sa vie, il affranchit progressivement ses esclaves, invoquant la règle d'or et les droits naturels.
En août 1780, Charles Lynch organise à son domaine de Green Level des procès sommaires contre des habitants du sud-ouest de la Virginie soupçonnés de loyalisme envers la Couronne britannique. Ces audiences informelles, tenues sans jury ni procureur, violent les dispositions de la Déclaration des droits de Virginie de 1776, qui garantit à tout accusé le droit à un procès par jury. Les peines prononcées comprennent la flagellation jusqu'à ce que les condamnés crient « Liberty Forever ! » et leur incorporation forcée dans l'armée continentale. En mai 1782, Lynch emploie lui-même, dans une lettre à l'agent commercial William Hay, le terme « Lynchs Law » — première attestation documentée de l'expression. En décembre 1782, l'Assemblée générale de Virginie adopte un acte d'indemnité rétroactive en faveur de Lynch ainsi que des miliciens William Preston, Robert Adams et James Callaway, reconnaissant leurs actions comme « non strictement garanties par la loi, quoique justifiables par l'imminence du danger ».
1736 : Naissance à Chestnut Hill, comté de Goochland (auj. Charlottesville), Virginie coloniale
1750 : Sa mère Sarah Clark Lynch rejoint la communauté quaker, entraînant ses fils avec elle
1752 : Décès de Charles Lynch Sr.
1755 : Mariage avec Anne Terrell le 12 janvier ; installation à Green Level, comté de Bedford
1764 : Rupture informelle avec la communauté quaker, probablement en solidarité avec son frère Christopher
1767 : Nommé juge de paix du comté de Bedford ; exclu formellement de la communauté quaker pour avoir prêté serment
1769 : Élu à la Virginia House of Burgesses à Williamsburg
1775 : Co-rédaction d'une ordonnance de fabrication de poudre à canon et de plomb avec Richard Henry Lee, Patrick Henry et d'autres délégués de la Convention de Virginie
1778 : Promu colonel de milice ; prend la direction des mines de plomb du comté de Montgomery
1780 : Organisation de cours martiales informelles à Green Level contre des loyalistes accusés de conspiration
1781 : Participation à la bataille de Guilford Courthouse (15 mars) au sein des forces de Nathanael Greene
1782 : Indemnité rétroactive accordée par l'Assemblée générale de Virginie
1784 : Élu au Sénat de Virginie
1793 : Affranchissement officiel de plusieurs de ses esclaves, invoquant les droits naturels et la règle d'or
1796 : Décès le 29 octobre à Green Level (auj. Altavista), comté de Campbell, Virginie
Charles Lynch est le fils de Charles Lynch Sr., un Irlandais arrivé en Virginie vers 1725 comme serviteur sous contrat, et de Sarah Clark Lynch, fille du planteur Christopher Clark. Il a pour frère cadet John Lynch (1740-1820), fondateur de la ville de Lynchburg, pour frère Christopher Lynch, et pour sœur Sarah Lynch Terrell, militante abolitionniste. Le 12 janvier 1755, Charles épouse Anne Terrell, une quaker de la communauté South River, dans le comté de Bedford. Le couple s'établit à Green Level et élève cinq enfants, dont les fils aînés Charles et Anselm.
La vie de Lynch est marquée par la tension entre ses convictions religieuses et ses ambitions politiques. Membre actif de la communauté quaker jusqu'en 1767, il occupe les fonctions de clerc et de délégué à l'Assemblée quaker de Virginie avant d'en être exclu pour avoir prêté serment en tant que juge de paix. Sa sœur Sarah Lynch Terrell et son frère John Lynch restent des quakers dévoués et militants de la cause abolitionniste, contrairement à Charles qui possède lui-même des esclaves. Il s'engage néanmoins, à partir de 1793, dans la libération progressive de ses esclaves, devenant l'un des rares planteurs virginiens à pratiquer la manumission à cette époque.
Charles Lynch décède le 29 octobre 1796 à son domaine de Green Level, dans le comté de Campbell, en Virginie, à l'âge d'environ 60 ans. La cause du décès n'a pas été documentée dans les sources historiques disponibles. Conformément aux valeurs quakers de simplicité et d'égalité qu'il avait conservées malgré sa rupture officielle avec la communauté, Lynch est inhumé sans pierre tombale sur son domaine. Une stèle portant l'inscription « zealous and active Patriot of the Revolution » est placée sur sa tombe à une date ultérieure. Son domaine Green Level est détruit par un incendie en 1879 ; la demeure Avoca, construite sur le même emplacement, abrite aujourd'hui le musée Avoca à Altavista.
Le musée Avoca (Avoca Museum), situé à Altavista dans le comté de Campbell, en Virginie, est établi sur le site du domaine de Green Level où vivait Charles Lynch. Ce musée conserve archives et collections relatives à Lynch et à la Révolution américaine. La tombe de Lynch se trouve sur ce même site, marquée par une stèle commémorative ajoutée après sa mort.
1 - Aucun portrait de Charles Lynch réalisé de son vivant n'a survécu. D'après le biographe Wyatt Golden, la seule description physique transmise indique que « les hommes Lynch étaient grands ». La seule image disponible est un dessin conceptuel réalisé en 2026 par l'artiste Kyle Griffith.
2 - Au moment de sa mort, Lynch ne détenait plus que deux personnes réduites en esclavage — désignées « Old Ned and his wife » — la loi virginienne interdisant la libération des esclaves de plus de 45 ans. Il en avait pourtant compté 24 en 1784.
3 - Lynch ne commit aucune exécution documentée en 1780 : les peines prononcées lors de ses cours martiales informelles étaient la flagellation jusqu'à ce que les condamnés crient « Liberty Forever ! », suivie de leur conscription dans l'armée continentale.
4 - La poudre à canon fabriquée par Lynch et Benjamin Clement dans leur atelier de Hurt alimentait les soldats patriotes, tandis que le plomb extrait des mines qu'il supervisait dans le comté de Montgomery leur servait à mouler leurs balles.
5 - Dans une lettre du 11 mai 1782, Lynch emploie lui-même « Lynchs Law » pour désigner les punitions que son contremaître Sanders infligeait aux loyalistes des mines de plomb — première attestation documentée de l'expression, antérieure à ses associations avec le racisme et les exécutions sommaires.
- Métier(s) : planteur, colonel de milice, juge de paix, sénateur de Virginie
- Résidence principale : Green Level (auj. Altavista), comté de Campbell, Virginie
- Relations de couple : Anne Terrell (mariage le 12 janvier 1755)
- Enfants : cinq enfants, dont les fils aînés Charles et Anselm
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée
« Je suis convaincu qu'il existe un groupe qui, par le mensonge, a trompé de bonnes personnes pour leur faire écouter ses arguments — ce sont pour la plupart des Tories, et Sanders leur a appliqué la loi de Lynch pour commerce illégal avec les Noirs, etc. »
— Lettre à William Hay, 11 mai 1782, Archives de Virginie (traduit de l'anglais) ; reproduite dans Christopher Waldrep (dir.), Lynching in America. A History in Documents, NYU Press, 2006, p. 36-37